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    <title><![CDATA[Internationalistes 13 (Maghreb)]]></title>
    <link>http://www.internationalistes13.org/categorie-293917.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Maghreb&quot; du blog &quot;Internationalistes 13&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
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        <title><![CDATA[Internationalistes 13 (Maghreb)]]></title>
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    <pubDate>Sun, 12 Feb 2012 08:43:08 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Sun, 12 Feb 2012 08:43:08 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.internationalistes13.org</copyright>            <category>Maghreb</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Pétrole: qui va profiter de la chute de Kadhafi?]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-petrole-qui-va-profiter-de-la-chute-de-kadhafi-83098967.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">&nbsp;Par Julie de la Brosse - publié le 01/09/2011 à 18:05</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <a href=
    "http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/petrole-qui-va-profiter-de-la-chute-de-kadhafi_261625.html">http://lexpansion.lexpress.fr/entreprise/petrole-qui-va-profiter-de-la-chute-de-kadhafi_261625.html<br></a><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/08/24/30/Libye/presidentLybie.jpg" class="GcheTexte" alt="presidentLybie.jpg" height="353" width="408">De nombreuses
    entreprises sont dans les starting-blocks pour profiter des gisements pétroliers en Libye. Les anciennes terres de Khadafi sont en train de se transformer en champ de bataille économique. Etat
    des forces en présence.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">REUTERS/Finbarr O'Reilly</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">C'est une autre guerre qui se joue actuellement en Libye. Une guerre plus discrète, mais tout aussi stratégique. Selon des informations de Libération, la France
    aurait dès juillet dernier conclu un accord avec le Conseil national de transition (CNT) dans l'objectif de récupérer 35% du pétrole libyen en échange du soutien total et permanent du
    gouvernement français. Une information fermement démentie côté français, par Alain Juppé, le ministre des affaires étrangères, mais aussi côté libyen, par le CNT lui-même. Chez Total, on affirme
    carrément ne jamais avoir entendu parler de cette affaire.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">En coulisses néanmoins, les entreprises ne le cachent pas, elles sont dans les starting-blocks pour préparer l'après Khadafi, et leurs futurs contrats. Depuis le
    mois de juin par exemple Total a envoyé à deux reprises des représentants à Benghazi, le fief de la rébellion, afin d'établir des contacts avec le CNT. Dans ses pas, d'autres entreprises
    françaises devraient entamer leur pèlerinage sur les anciennes terres du dictateur libyen. Le mois prochain, une mission de sociétés françaises est organisée en Libye. Des représentants d'Alstom,
    d'EADS, de Thales ou encore d'Alcatel Lucent devraient faire partie du voyage, ainsi que des représentants de sociétés plus petites du secteur hospitalier ou pétrolier.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">L'enjeu est de taille. Pour l'heure la machine pétrolière libyenne est quasiment l'arrêt, et la situation ne devrait pas revenir à la normale avant plusieurs mois.
    Mais le pays est le 17è producteur mondial de pétrole, et concentre les plus grosses réserves en Afrique, loin devant le Nigeria. Chaque jour, avant la rébellion, il produisait 1,8 million de
    barils, soit 2% de la production mondiale. Ceci est assez faible, mais à terme, les experts estiment que la Libye a les moyens de doubler sa production à 4 millions de barils par jour. Par
    ailleurs, l'or noir libyen présente un sérieux avantage. Il est léger et pauvre en souffre, ce qui le rend moins cher à raffiner.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Forte concurrence italienne</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les rebelles fêtent l'arrivée des troupes dans Tripoli</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">REUTERS/Reuters TV</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Mais les géants français ne sont pas les seuls à convoiter les richesses du pays. Or, le gouvernement de transition rebelle l'a annoncé dès la semaine dernière :
    les pays qui ont aidé les rebelles à renverser Mouammar Kadhafi seront ceux qui auront le plus d'opportunités dans l'industrie pétrolière libyenne d'après-guerre.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour l'heure, la France semble plutôt bien positionnée, première nation à avoir plaidé en faveur d'une intervention militaire et reconnu le CNT. Mais l'Italie fait
    figure de concurrent sérieux. Le pays est historiquement présent en Libye, avec 182 entreprises sur place. La compagnie Eni, principal producteur étranger de pétrole en Libye (280.000 barils par
    jour avant l'insurrection) oeuvre dans le pays depuis 1959. Par ailleurs, le gouvernement italien, dans un premier temps hésitant à soutenir la rébellion, a très vite rattrapé son retard.
    Devançant les autres pays européen, Sylvio Berlusconi a notamment été le premier à répondre aux demandes d'aides financières de Mahmoud Jibril, le numéro deux du CNT, en débloquant le 25 août une
    tranche d'aide de 350 millions d'euros. Depuis une semaine, la compagnie pétrolière ENI a vu son cours bondir de 6,25%. Quant à celui de Total (55.000 barils avant l'insurrection), il a progressé
    de 4,78% sur cette période.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Le Brésil, la Russie et la Chine à la traîne</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Pour d'autres pays au contraire, comme le Brésil, l'Allemagne ou la Russie, qui ont voté contre les mesures frappant le régime de Kadhafi, la situation est beaucoup
    plus compliquée. Dès mars dernier, la Russie, qui est présente sur le marché libyen de l'armement, du rail ou encore des hydrocarbures, a commencé à chiffrer ses pertes. Rosoboronexport,
    l'entreprise publique d'armements, évaluait par exemple à quatre milliards de dollars le manque à gagner entraîné par l'embargo décrété fin février par l'Onu sur la vente d'armes à la Libye.
    Aujourd'hui les entreprises russes sont conscientes qu'il faudra du temps pour normaliser leurs relations commerciales avec la rébellion, mais elles espèrent que l'amélioration de la situation
    rimera avec la reprise des contrats.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">La situation est également délicate pour la Chine, dont 3% du pétrole est fourni par la Libye. Au début du conflit, le pays s'est abstenu de voter la résolution de
    l'ONU pour protéger les rebelles. Fin juin, néanmoins, Pékin a fini par reconnaitre le CNT "comme interlocuteur important". Depuis, elle multiplie les signaux et les appels à la stabilisation
    pour éviter que les 18,8 milliards de dollars qu'elle a investis dans le pays ne partent en fumée...</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Des espoirs déçus?</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Attention toutefois à ne pas redistribuer trop rapidement les cartes. Les pays qui ont soutenu la rébellion pourraient voir leurs espoirs déçus. Selon les
    observateurs notamment "le nouveau pouvoir libyen n'a aucune raison de brader son pétrole à ses amis entre guillemets, sachant que demain ils auront plein d'amis à travers le monde", estime par
    exemple Francis Perrin, expert de la Libye au Centre Arabe d'Etudes pétrolières. Même le CNT ne semble plus si sûr de pouvoir répondre à ses promesses. Il n'y aura "pas de favoritisme politique"
    et le nouveau régime procédera de façon "transparente", a notamment annoncé ce jeudi un porte-parole du CNT, Guma al-Gamaty, quelques heures avant le début à Paris d'un sommet consacré à la
    reconstruction du pays...</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 01 Sep 2011 21:56:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5186878919e79cd8da0956f1d44bd998</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-petrole-qui-va-profiter-de-la-chute-de-kadhafi-83098967-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Rabat : Répression violente des jeunes du Mouvement du 20 février]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-rabat-repression-violente-des-jeunes-du-mouvement-du-20-fevrier-81547390.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Dimanche, 14 Août 2011 00:28&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<a href=
    "http://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/666-rabat-repression-violente-des-jeunes-du-mouvement-du-20-fevrier.html">lakome.com</a>&nbsp;&nbsp;</span><br>
    &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>
    <span style="font-size: 10pt;">Climat de tensions à Rabat. Les forces de l’ordre ont violement dispersé la manifestation du Mouvement du 20 février de la soirée du samedi 13 août 2011. Plusieurs
    personnes ont été blessées et d’autres ont été arrêtées.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Des dizaines de policiers sont intervenus pour interdire la soirée artistique prévue à la fin de la manifestation du Mouvement du 20 février.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">A 23 heures, quelques centaines de manifestants ont été surpris par des dizaines de membres des forces auxiliaires qui ont confisqué une camionnette, des
    haut-parleurs et un groupe électrogène appartenant au Mouvement du 20 février.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Quatre jeunes ont été expulsés à coups de matraques de la camionnette avant que « la police ne demande au chauffeur de se diriger vers le 2e arrondissement »,
    indique Youssef Raissouni, président de la section de Rabat de l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH).</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">A l'heure où ces lignes sont écrites (00 H 20), le conducteur de la camionnette n’a toujours pas été relâché et son véhicule a été mis à la fourrière.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Après la saisie de la camionnette, les jeunes ont organisé un sit-in (improvisé) qui a été violement réprimé. « Nous ne savons toujours pas combien de personnes ont
    été arrêtées ou blessées », nous déclare Omar Radi, membre du Mouvement du 20 février.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">La police a aussi saisi les téléphones portables de plusieurs manifestants. « Quand la police m'a volé mon téléphone, j'étais en train de les photographier se
    diriger vers nous. Après ils ont tabassé tout le monde », explique le bloggeur Larbi, dans une déclaration à lakome.com. « J’ai fini par récupérer mon téléphone mais toutes mes photos ont été
    supprimées », ajoute l’auteur de larbi.org.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">L’intervention de la police est venue à l’instant où les jeunes s’apprêtaient à organiser une activité artistique à la place de la Poste, à 50 mètres du
    Parlement.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Le boulevard Mohamed V a été complètement assiégé par les forces de l’ordre qui ont aussi interdit aux manifestants de s’approcher du Parlement.</span><br>
    <br>
    <br>
    <br>
    <br>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 14 Aug 2011 15:47:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">1157b97a862f7070bbfe1b9c388cdb9c</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-rabat-repression-violente-des-jeunes-du-mouvement-du-20-fevrier-81547390-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Manifestation à Tunis contre le gouvernement de transition et pour l'indépendance de la justice.]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-manifestation-a-tunis-contre-le-gouvernement-de-transition-et-pour-l-independance-de-la-justice-81156215.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <br>
    <img src="http://idata.over-blog.com/0/08/24/30/Tunisie/Manif-Teaser.jpg" class="CtreTexte" alt="Manif-Teaser.jpg" height="220" width=
    "520">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Manifestants devant le Théâtre municipal sur la grande
    avenue de Tunis. Photo publiée sur <a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=184667314932347&amp;set=a.184667164932362.48466.124793554253057&amp;type=1">Facebook</a>.<br>
    &nbsp;<br>
    <span style="font-size: 10pt;">Des manifestants ont défilé lundi matin dans les rues de Tunis pour sommer le gouvernement de transition de rompre définitivement avec le régime du président déchu
    Zine el-Abidine Ben Ali. Ils dénonçaient notamment une justice aux ordres qui laisse filer les cadres corrompus de l’ancien régime.</span><br>
    &nbsp;<br>
    <span style="font-size: 10pt;">La semaine dernière, plusieurs annonces ont fait sortir de leurs gonds ceux qui étaient descendus dans la rue pour faire chuter Ben Ali. D’abord la libération de
    Béchir Tekkari, un ancien ministre poursuivi dans une affaire de falsification de contrat au profit d'un de ses proches. Ensuite la fuite de Saida Agrebi, une proche de la famille Ben Ali, et
    ancienne présidente de l’association des mères tunisiennes, qui s’est envolée pour Paris le 30 juillet. Alors qu’elle est soupçonnée d’être impliquée dans des affaires de corruption, le ministère
    de la Justice a déclaré n’avoir pas eu le temps de traiter son affaire "eu égard au volume du travail dans les tribunaux".</span><br>
    &nbsp;<br>
    <span style="font-size: 10pt;">Ces affaires éclatent alors que plusieurs proches de l’ancien régime ont déjà été acquittés dans des circonstances douteuses et que d’autres tardent à comparaître
    devant la justice, notamment les deux derniers ministres de l’Intérieur sous Ben Ali. Des errements judiciaires dénoncés par le Groupe des 25, un collectif d’avocats qui accuse le gouvernement de
    protéger les caciques du régime.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a href=
    "http://observers.france24.com/fr/content/20110808-manifestation-tunis-gouvernement-manipule-justice-pourrait-falsifier-elections-revolution-14-janvier">Source et suite</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <div>
    <iframe src="http://www.youtube.com/embed/l5Td9P_Uwxk" frameborder="0" height="349" width="560"></iframe>
  </div>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 09 Aug 2011 06:33:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c5a1337f03c084722dd5d3aaf27dd8f9</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-manifestation-a-tunis-contre-le-gouvernement-de-transition-et-pour-l-independance-de-la-justice-81156215-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[LE SUCCES DES MARCHES DU 6 AOÛT: AUTRE PREUVE DE LA JUSTESSE DES CHOIX DU MVT20FEVRIER]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-le-succes-des-marches-du-6-aout-autre-preuve-de-la-justesse-des-choix-du-mvt20fevrier-81075889.html</link>        <description><![CDATA[<p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;"><em>Par Ali Fkir, 8/8/2011</em></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;"><em>Source : <a href="http://solidmar.blogspot.com/2011/08/le-succes-des-marches-du-6-aout-autre.html">Solidarité
    Maroc</a><br></em></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;<img src="http://idata.over-blog.com/0/08/24/30/Maroc/manif-6-8.jpg" class="CtreTexte" alt="manif-6-8.jpg" height=
    "300" width="400"></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #9a0000;"><strong>Le succès incontestable des marches populaires organisées le 6 août 2011 par le mouvement du 20 février démontre
    une fois de plus que ce mouvement n'est pas simplement légitime ( le peuple a le droit/devoir de se défendre, de lutter pour changer le système pourri. C'est une tautologie), mais aussi une
    nécessité historique, c'est le produit de la lutte des classes dans notre pays</strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">La résistance populaire déterminée, consciente , organisée, armée de patience et de LONG SOUFFLE, résistance qui évite les
    querelles intestinales (relatives à des contradictions secondaires conjoncturelles)...c'est la VOIE DU SALUT.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">Nous autres moins jeunes (pour ne pas dires vieux) nous sommes fiers des jeunes (filles et garçons) du MVT20FEVRIER, nous
    saluons hautement les composantes vives qui l'épaulent.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">LE CHANGEMENT est INÉLUCTABLE n'en déplaise aux potentats du système, aux arrivistes de tous poils, aux déserteurs et
    autres bras-cassés qui ne font que dénigrer le MVT20FEVRIER et ses composantes sans donner sur le terrain quelque chose de mieux.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">Le MVT20FEVRIER est un mouvement pluriel, le front des classes populaires se "construit" au fur et à mesure que le
    mouvement prend de l'ampleur, s'enracine, s'aguerrit; les rapports de forces s'établissent, se muent à partir du degrés de l'engagement et de la combativité de chaque classe sociale, de chaque
    composante politique.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">Ceux et celles qui luttent réellement pour le changement se doivent de harceler le régime qui cimente le bloc des classes
    dominantes, l'attaquer sur tous les fronts : politique, syndical, social, front de la lutte des droits humains, des femmes démocrates, des jeunes, des enchômagéEs...Une guerre d'usure
    généralisée. Pas de répit, le peuple doit serrer plus l'étau autour du cou de la tyrannie.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;"><strong><em>L'histoire du peuple marocain est pleine de déceptions suite:</em></strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- Aux tergiversations du régime</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- Aux promesses non tenues du régime à la veilles des "scrutins", au cours des soulèvements populaires...</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- A la traîtrise de certains "leaders" politiques, syndicalistes...</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- A la démission de certaines forces politiques jadis opposantes à la tyrannie</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- A la makhzanisation éhontée de beaucoup d'intellectuels jadis progressistes</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- A la capitulation des classes moyennes paniquées par les mouvements légitimes des travailleurs et des déshérités.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">Ces dangers planent toujours sur les luttes actuelles. La vigilance nous interpelle.</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- La tentation de cautionner les "élections"makhzeniennes subsiste toujours</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- La tentation d'inféoder le mouvement à telle ou telle composante existe certainement</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- Le projet de miner de l'intérieur le mouvement existe aussi</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- L'impatience petite-bourgeoise de certains militants peut causer des dégâts</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- La répression est une constante qu'il faut intégrer dans les programmes des luttes</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- La démission de personnes ou de groupes de personnes est un facteur malheureusement inhérent aux luttes des
    peuples</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- La récupération des rebuts politiques par le régime en vue de les "usiner" en cales est une pratique usuelle du
    régime</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">- La zizanie semée par les bras-cassés au nom de la pureté idéologique...</span>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong>DONC PAS D’HÉSITATION, IL FAUT AVANCER.</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong>" LA RÉVOLUTION N'EST PAS UN DÎNER DE GALA".</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong>La lutte déterminée des masses populaires, conscientes et organisées est la VOIE DU SALUT</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong>VIVE LE MVT20FEVRIER</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: center; line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong>VIVE LE PEUPLE! VIVE LE PEUPLE EN LUTTE!</strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 18pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong><em>A l'appel du MVT20FEVRIER, le peuple marocain a marché le samedi 6 août 2011.</em></strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 18pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;"><strong><em>Ci-dessous un mini échantillon des marches locales.</em></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #cd0000;">&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>&nbsp;</em></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>Kénitra</em></strong></span> <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">:</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;"><a href=
    "http://lakome.com/%D9%85%D8%B1%D8%A6%D9%8A%D8%A7%D8%AA/77-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%AF%D8%AB/7223-%D8%A5%D8%A8%D8%AF%D8%A7%D8%B9%D8%A7%D8%AA-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D8%B9%D8%A7%D8%B1%D8%A7%D8%AA-%D9%81%D9%8A-%D9%88%D9%82%D9%81%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%82%D9%86%D9%8A%D8%B7%D8%B1%D8%A9">
    <span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://lakome.com/%D9%85%D8%B1%D8%A6%D9%8A%D8%A7%D8%AA/77-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%AF%D8%AB/7223-%D8%A5%D8%A8%D8%AF%D8%A7%D8%B9%D8%A7%D8%AA-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D8%B9%D8%A7%D8%B1%D8%A7%D8%AA-%D9%81%D9%8A-%D9%88%D9%82%D9%81%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%82%D9%86%D9%8A%D8%B7%D8%B1%D8%A9</span></a></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>Casablanca</em></strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=fckyh4YgIlw&amp;feature=share"><span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://www.youtube.com/watch?v=fckyh4YgIlw&amp;feature=share</span></a></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>Mohammedia</em></strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=jCS0C89aGfk&amp;feature=youtu.be"><span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://www.youtube.com/watch?v=jCS0C89aGfk&amp;feature=youtu.be</span></a></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>Rabat</em></strong></span><span style=
    "font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=XrVNxQdfjfY&amp;feature=player_embedded"><span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://www.youtube.com/watch?v=XrVNxQdfjfY&amp;feature=player_embedded</span></a></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;"><a href="http://www.blogger.com/goog_1640408101"><span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://www.youtube.com/watch?v=WxYea3J1fvM&amp;feature=player_embedded#at=10</span></a></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span><span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>Fès</em></strong></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><a href="http://www.blogger.com/goog_1640408104"><span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://www.youtube.com/watch?v=RB2D8UJNKZI</span></a></span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="line-height: 20pt;">
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #333333;">&nbsp;</span><span style=
    "font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><strong><em>Tétouan</em></strong></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 13pt; font-family: TrebuchetMS; color: #670000;"><a href="http://www.youtube.com/watch?v=lK4AZFsE3EI&amp;feature=share"><span style=
    "color: #5389aa; text-decoration: none;">http://www.youtube.com/watch?v=lK4AZFsE3EI&amp;feature=share</span></a></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 07 Aug 2011 23:26:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">5809773c0cfdf14ff72e85bf95bf3056</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-le-succes-des-marches-du-6-aout-autre-preuve-de-la-justesse-des-choix-du-mvt20fevrier-81075889-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Premier forum social jeunesse Maghreb-Machrek tenu à Bizerte Pour un large front de la jeunesse arabe insurgée]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-premier-forum-social-jeunesse-maghreb-machrek-tenu-a-bizerte-pour-un-large-front-de-la-jeunesse-arab-81075494.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">Source : <a href="http://www.elwatan.com/reportage/pour-un-large-front-de-la-jeunesse-arabe-insurgee-06-08-2011-135236_117.php">El Watan</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">C’est une véritable cure de jouvence que celle que nous a offerte une partie de l’élite juvénile maghrébine et arabe.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://img.over-blog.com/300x224/0/08/24/30/Tunisie/forum-social.jpg" class="GcheTexte" alt="forum social" height="224" width="300">Une cinquantaine de
    jeunes issus du mouvement associatif du Maghreb et du monde arabe se sont réunis les 29 et 30 juillet derniers en Tunisie pour évoquer le rôle de la jeunesse dans les processus démocratiques en
    cours dans la région.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Première rencontre du genre, la «conférence de Bizerte» promet d’être le prélude à un large mouvement à même de fédérer toutes les forces vives du Maghreb et du
    Moyen-Orient autour d’un front de résistance démocratique commun.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">C’est une véritable cure de jouvence que celle que nous a offerte une partie de l’élite juvénile maghrébine et arabe à l’occasion du premier forum social jeunesse
    Maghreb-Machrek. Une rencontre qu’a abritée la ville de Bizerte, en Tunisie, les 29 et 30 juillet derniers, autour du thème «Le rôle des jeunes dans la transition démocratique», et qui a regroupé
    une cinquantaine de participants issus principalement du mouvement associatif et des ONG. Six militants associatifs algériens, convient-il de le souligner, ont pris part à cet important
    rendez-vous : Abdelouahab Fersaoui (RAJ), Abdelhak Ladjini (RAJ), Imed Boubekri (LADDH), Abla Saâdi (Association algérienne des femmes démocrates, AFAD), Sofiane Baroudi (Comité national pour la
    défense des droits des chômeurs) et Menad Taklit (Mouvement des étudiants). Le complexe touristique Sidi Salem de Bizerte s’est transformé à l’occasion en une sorte d’université d’été de la
    jeunesse guévariste et altermondialiste arabe. Une grand-messe militante, où la fièvre révolutionnaire a pimenté les tonalités estivales inhérentes à ce genre d’établissement, plutôt habitué à
    servir de lieu de villégiature en cette saison du farniente.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les émules arabes du Che</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">L’icône d’Ernesto Che Guevara se décline sur tous les t-shirts, et sous mille et un avatars. Les coiffures rasta refont surface. Guitare en bandoulière, les plus
    fervents nous égaient d’un medley de chants révolutionnaires que l’on croyait révolus. Cheikh Imam, Marcel Khalifa ou encore les poèmes impertinents de Mahmoud Darwich et autres Fouad Negm sont
    repris en chœur à tout bout de champ, sans oublier le désormais incontournable «echaâb yourid isqat ennidham». Remise au goût du jour, l’Internationale est conjuguée à tous les tons et à tous les
    dialectes. Tout au long du trajet qui nous a conduit d’Alger à Bizerte via Tunis, Sofiane et Menad nous serviront gaiement, pour leur part, tout le répertoire musical algérien engagé, de Debza à
    Amazigh Kateb. Et chaque groupe de sortir les hymnes enfouis dans sa mémoire de résistance, et relayés de génération en génération par des contingents entiers de militants.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Vive impression d’un congrès de la gauche arabe, où anarchistes, syndicalistes et autres «ismes» gauchisants se côtoient allègrement dans une bonne intelligence
    pour fomenter quelque plan d’une insurrection future contre le triumvir constitué par l’Autoritarisme, le Patriarcat et le Capital. Mais il faut rendre à César ce qui appartient à César et
    préciser que cette rencontre est une initiative du Forum social maghrébin (voir encadré) avec un financement de la Fondation Friedrich Ebert.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Dès vendredi soir, les délégations des pays participants ont commencé à prendre leurs quartiers. Comme on peut le deviner, les Tunisiens étaient présents en force.
    La délégation marocaine était également bien fournie avec, à la clé, de nombreux jeunes issus du Mouvement du 20 février. On déplore, en revanche, l’absence de la majorité des représentants
    moyen-orientaux. Seuls les délégués du Liban, du Bahreïn, de la Jordanie/Palestine et du sultanat d’Oman ont pu faire le déplacement.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Deux jours durant, les participants ont eu tout le loisir d’échanger leurs expériences en matière de lutte citoyenne. Ils ont décortiqué les situations politiques,
    sociales, artistiques, dans leur pays respectifs. Ils ont fait le plein d’énergie en affûtant leurs rêves et en se projetant désormais dans un destin collectif, même si celui-ci reste encore à
    définir. Comme le fait remarquer Imed Boubekri de la LADDH, en citant un proverbe chinois : «Rêver seul, ce n’est qu’un rêve, mais rêver ensemble, c’est déjà la réalité.» Même si aucune stratégie
    claire ne s’est dégagée à l’issue de ces deux jours, il n’empêche que cette conférence de Bizerte a eu le mérite de dessiner les contours d’un front commun de résistance démocratique, un début de
    plateforme autour d’un noyau dur régional et d’un réseau jeunesse Maghreb-Machrek sans frontières, solidement arrimé à la modernité et ayant résolument foi dans l’avenir.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Une transversalité exceptionnelle pour de nouveaux protocoles de résistance tenant compte du potentiel jeunes dans les sociétés de la région, un potentiel qui a
    largement fait ses preuves, au demeurant, au plus fort des révolutions tunisienne et égyptienne, sans parler de toutes les autres contestations en marche, de Casa à Damas en passant par Alger,
    Benghazi, Sanaa et Manama, etc. L’occasion d’une grosse émulation donc que ce forum de Bizerte où pour la première fois – on ne se lassera pas de le répéter – un tel rassemblement de jeunes se
    tient, et sous la bannière de la Tunisie libre. Tout un symbole !</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Quel modèle de transition démocratique ?</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">La matinée de la première journée a vu la programmation de deux conférences liminaires qui se sont tenues dans une magnifique bâtisse ancienne dénommée «Dar Sidi
    Djelloul». La première conférence, donnée par Moufida El Missaoui, a pour titre : «Quelques expériences de transition démocratique». La deuxième sera animée par l’emblématique avocat et
    vice-président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme, Anouar El Kousri, sous le titre : «Les mécanismes de la transition démocratique». Deux communications plutôt
    théoriques donc qui vont se proposer de donner un aperçu de quelques expériences démocratiques marquantes de par le monde. « Nous sommes mis en demeure de fonder un projet démocratique en
    s’inspirant des modèles existants, tout en gardant à l’esprit que chaque expérience démocratique a ses spécificités», souligne Moufida Missaoui, avant d’ajouter : «La Tunisie a tout pour être un
    modèle pour d’autres pays en termes de transition démocratique, aussi nous nous devons d’être très vigilants durant cette étape.»</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Et de passer en revue les expériences démocratiques en Grèce, en Espagne post-franquiste et au Portugal. Anouar El Kousri, lui, a focalisé son intervention
    exclusivement sur l’expérience tunisienne, actualité oblige. Le conférencier s’est longuement appesanti sur les nouvelles institutions mises en place après le 14 janvier pour gérer la transition
    démocratique au pays d’El Bouazizi, en attendant la Constituante du 23 octobre. Il se félicite de ce que pour la première fois en Tunisie des élections vont être organisées sans le ministère de
    l’Intérieur ni le gouvernement, avec seulement la Haute instance indépendante pour les élections comme maître de cérémonie. Il note que l’une des difficultés à venir va être le financement des
    partis, particulièrement durant l’animation de la campagne électorale. Et d’accabler la justice en martelant : «La justice est restée en l’état. J’ai eu à plaider devant des magistrats qui, sans
    exception aucune, n’ont jamais fait preuve d’indépendance de leur vie. Ces mêmes juges qui étaient instrumentalisés par Ben Ali viennent aujourd’hui statuer dans des affaires de corruption et
    viennent juger les proches de Ben Ali. C’est aberrant !»</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Le pouvoir aux jeunes</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les premiers débats s’avèrent passionnés. Yosra Frawes, du Forum des jeunes pour la citoyenneté et la créativité (Tunisie), insiste sur le rôle de l’approche
    «micro-politique» dans l’instauration du changement en plaidant pour une transformation par le bas de l’ordre social à travers, notamment, des politiques économiques et sociales appropriées (lire
    interview). Prenant le micro, Abdelouahab Fersaoui, le tout jeune président de RAJ, a aussitôt invité l’assistance à observer une minute de silence à la mémoire des «martyrs de la démocratie» en
    Tunisie et dans le monde arabe. Dans la foulée, il exhorte les Tunisiens à prévoir une loi qui garantirait les droits des familles des martyrs de la révolution, en évoquant au passage
    l’expérience des victimes d’Octobre 88 en Algérie dont les droits ont été bafoués.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">La séance plénière dans l’après-midi a vu défiler à la tribune les représentants de tous les pays qui ont pris part à cette rencontre. Ils ont eu ainsi à raconter
    chacun l’expérience des luttes démocratiques dans son pays et les entraves rencontrées par les jeunes face aux régimes en place. Nous consacrerons un round-up complet à cette question dans nos
    prochaines éditions. Il convient de retenir en tout cas qu’il a beaucoup été question du rôle des jeunes dans les processus de changement en cours. «Les jeunes qui ont conduit cette révolution ne
    peuvent pas être écartés de la transition démocratique», résume un intervenant. Sofiane Baroudi se plaît, du haut de ses 22 ans, à mettre un bémol à cette euphorie du «jeunisme» et à démystifier
    le «pouvoir des jeunes» : «D’abord, il faut dire que la jeunesse est une valeur consumériste. Un concept marketing. C’est avant tout un concept de consommation. C’est quoi un jeune ? C’est une
    façon de s’habiller, de se coiffer, de parler. C’est une force de consommation, mais ce n’est pas encore un possédant», analyse-t-il, avant de s’interroger : «Peut-on ériger un projet
    révolutionnaire sur une frange qui est elle-même multiclasse ? Il faut convenir qu’il y a autant de jeunes obscurantistes que de jeunes progressistes. On ne peut donc pas construire un projet
    démocratique en se basant uniquement sur les jeunes.»</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">La deuxième journée de ce forum a été entièrement consacrée au travail en ateliers. Cinq workshops ont été mis en place à cet effet : «Les jeunes et la justice
    transitionnelle», «Les jeunes et la résistance civile», «Les jeunes et les droits sociaux et économiques», «Les jeunes et l’action politique» et enfin «Les jeunes et la création». Les
    participants se sont ensuite donné rendez-vous en plénière pour écouter les rapporteurs de chaque atelier. Un débat enthousiaste s’en est suivi. A la clôture des travaux, Abdelouahab Fersaoui a
    proposé la rédaction d’un communiqué commun pour réagir solennellement aux derniers événements qui embrasent la région, notamment en Libye et en Syrie. Une proposition qui restera sans écho.
    «Même s’il est vrai que le forum n’est qu’un espace de débat et qu’il n’est pas habilité à prendre des décisions, les organisations participantes auraient pu se concerter autour d’un communiqué.
    C’est la moindre des choses pour une rencontre de cette dimension», regrette Abdelouahab. Mais, malgré cette défaillance, tout le monde s’est accordé à dire que, pour une première conférence de
    ce type, ce fut incontestablement un bon début en attendant un espace organique plus large, avec des stratégies d’action entre sociétés civiles de la région autrement plus percutantes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Qu’est-ce que le Forum social maghrébin ?</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Le Forum social maghrébin est un espace d’échanges et de débats regroupant les altermondialistes de la zone Maghreb. Il s’inscrit sous l’égide du Forum social
    mondial (FSM) qui a vu le jour à Porto Alegre, au Brésil, en 2001. Sous le slogan : «Un autre monde est possible», le FSM se présente comme une réponse au Forum économique mondial de Davos
    (Suisse) et se veut une offensive sociale organisée contre la mondialisation néo-libérale. Il soutient tous les projets alternatifs qui font de la résistance à l’ordre capitaliste dominant. En
    2005, le FSM s’est doté d’un manifeste dit «Le Manifeste de Porto Alegre» avec, à la clé, «12 propositions pour un autre monde possible».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Parmi ces propositions, la suppression de la dette publique, le démantèlement des paradis fiscaux, la défense de l’environnement, la promotion d’un commerce
    équitable, le démantèlement des bases militaires et le droit à la souveraineté alimentaire. Depuis le forum de Porto Alegre, plusieurs forums régionaux ont vu le jour un peu partout dans le
    monde. Et c’est ainsi qu’en 2008, le Forum social maghrébin a été crée à El Jadida, au Maroc. Une réflexion était engagée depuis pour la création d’un «Forum social arabe».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Mais comme le mot «arabe» posait problème au vu de la diversité ethnique et confessionnelle qui caractérise cette région, les promoteurs de cette idée lui ont
    préféré la dénomination «Forum social Maghreb-Machrek». Celui-ci devrait être lancé officiellement en mars 2012 à Tunis. Ce forum social jeunesse Maghreb-Machrek qui vient de se tenir à Bizerte
    se veut ainsi une rencontre préparatoire en prévision de cette nouvelle structure. A noter que la rencontre de Bizerte, tout en étant une initiative du Forum social maghrébin, a été organisée par
    deux associations tunisiennes, en l’occurrence le Forum des jeunes pour la citoyenneté et la créativité et l’Organisation tunisienne pour la citoyenneté.</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 07 Aug 2011 23:19:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">54cfae5064a7046bcb36c40f39419101</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-premier-forum-social-jeunesse-maghreb-machrek-tenu-a-bizerte-pour-un-large-front-de-la-jeunesse-arab-81075494-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[RÉVOLUTION ININTERROMPUE DANS LES PAYS DU MONDE ARABE]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-revolution-ininterrompue-dans-les-pays-du-monde-arabe-80617352.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;">dimanche 31 juillet 2011</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Publié dans :</span> <a href="http://www.npa2009.org/content/r%C3%A9volution-ininterrompue-dans-les-pays-du-monde-arabe"><span style="font-size: 10pt;">Hebdo Tout
    est à nous ! 113 (28/07/11)</span></a><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les révolutions tunisienne et égyptienne ont démontré qu’une alternative à l’ordre établi était possible et nécessaire partout dans le monde. Au Maghreb, au Machrek
    ou en Europe, de nombreux outils et modes de protestation ont été et sont utilisés pour faire tomber les dictatures et refuser l’austérité imposée par les dirigeants.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Six mois seulement se sont écoulés depuis la chute de Ben Ali, l’indéracinable dictateur de Tunisie, protégé par la bourgeoisie internationale – en premier lieu
    française. Cinq mois à peine que son homologue égyptien Hosni Moubarak, véritable coqueluche du Fonds monétaire international, devait à son tour quitter précipitamment une présidence dont bien
    peu pensaient pouvoir le déloger un jour.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Ces deux événements sont d’une ampleur considérable et ont constitué, constituent, et constitueront un immense espoir pour les peuples du monde arabe, et bien
    au-delà. Face à un monde capitaliste globalisé, impitoyable pour les plus faibles, ces deux révolutions ont démontré qu’il y avait une autre issue à la crise du système capitaliste, une autre
    issue que de se laisser aller au désespoir et à la résignation.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">C’est le sens à donner aux multiples processus en cours actuellement, qui touchent le Maghreb et le Machrek, à des degrés et des rythmes propres à chaque pays.
    C’est bien la révolution tunisienne qui a permis l’entrée en lutte du peuple égyptien. C’est également la symbolique déclenchée par la combinaison et la simultanéité des deux événements qui ont
    sonné le début des insurrections populaires et des mouvements revendicatifs qui ont touché, sous des formes et à des degrés divers, les uns après les autres, tous les pays du monde arabe... et
    certains pays européens. « Il n’y a plus de doutes. Le vent qui a électrisé le monde arabe ces derniers mois, l’esprit des protestations répétées en Grèce, des luttes étudiantes en
    Grande-Bretagne et en Italie, des mobilisations anti-Sarkozy en France... est arrivé jusqu’ici » notent fort justement nos camarades de l’État espagnol.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Des Revendications universelles</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">En développant l’informatique et les réseaux sociaux de communication, le capitalisme a certes développé de nouveaux besoins aliénants, mais également de nouvelles
    exigences démocratiques. Plus aucun dictateur ne peut aujourd’hui organiser la répression de son peuple à huis clos. L’information en temps réel gérée directement par les protagonistes des
    révolutions en cours, alimente une réflexion collective de masse sur l’histoire au présent. Elle donne corps à l’universalité des revendications portées aussi bien par les manifestants de la
    place Tahrir que par les indignés de la Puerta del Sol... ou par les insurgés syriens contournant chaque jour par de nouvelles astuces, le black-out que voudrait imposer le président criminel
    Bachar al-Assad. Dès lors, c’est la confrontation des situations, leurs similitudes, l’identification aux autres, qui deviennent moteurs de la radicalisation et dessinent une sorte de « cahier
    revendicatif » universel :</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">- tous les mouvements en cours convergent dans une critique radicale des dictatures et des régimes antidémocratiques. Le fameux « Dégage ! » accompagné du gracieux
    geste « effaceur » de la main est maintenant décliné à toute occasion, avec pour cible, au choix, un simple patron, un roi ou un président ! Au-delà de l’anecdote et son côté ludique, il s’agit
    d’une volonté d’en finir avec toute forme de pouvoir personnel et monolithique.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">- Ce sont les formes mêmes des représentations politiques, et institutionnelles qui sont actuellement en crise. En Tunisie, comme en Égypte, pour ne prendre que ces
    deux exemples, les tenants de la dictature, loin d’avoir désarmé, comptent reconstituer leur influence à l’occasion des futures élections.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">- L’immolation de Mohammed Bouazizi, suivie d’autres en Algérie et en Égypte, a constitué un traumatisme majeur pour toute une jeunesse sans avenir, sacrifiée sur
    l’autel des profits des entreprises capitalistes. Précarité, absence d’avenir sont devenus insupportables, « là-bas » comme ici !</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Oui, en quelques mois le monde a changé, et nous assistons à une remontée des luttes – y compris en Chine, où pourtant le taux de croissance n’a cessé de monter ! –
    qui nous permet de passer du slogan défensif « un autre monde est possible » à celui plus combatif « un autre monde est nécessaire ». Nous, anticapitalistes, y ajoutons que seules les révolutions
    pourront en finir avec ce vieux monde porteur d’injustice sociale et de barbarie. De nouveau, l’histoire va dans le bon sens, celui des bouleversements sociaux profonds et des révolutions ! Nous
    pouvons enfin l’affirmer sans passer pour des rêveurs impénitents.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Rapport de forces</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Cet « optimisme de la volonté » ne doit pas, pour autant nous faire oublier que les ennemis de ces révolutions en marche sont nombreux, organisés, influents,
    riches, corrupteurs et tout autant déterminés que nous le sommes, et surtout que le sont les révolutionnaires arabes.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">C’est tout d’abord sur le plan de la bataille idéologique que se mène la contre-révolution, qu’elle prenne la forme d’articles de presses défaitistes, ou du
    maintien coûte que coûte des anciennes cliques dirigeantes dans les sphères du pouvoir :</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">- certains articles de propagande publiés sur internet par des blogueurs, purs produits des « think-tank » américains tentent la démoralisation, prédisent à
    répétition l’échec des processus. C’est le cas par exemple de Shadi Hamid de la Brooking Institution (tout un programme !) pour qui « le printemps arabe est terminé » et que « tout le monde se
    fait massacrer ». Comme si nous ne savions pas que les processus révolutionnaires sont de nature complexe, que leurs parcours peuvent être longs, chaotiques, parsemés de reculs, d’incertitudes,
    de doutes même.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">- Les élections qui vont se tenir dans les tout prochains mois en Égypte et en Tunisie constituent un enjeu majeur dans l’évaluation du rapport entre forces
    sociales après seulement quelques mois de remise en cause de l’ordre établi. En Tunisie comme en Égypte, l’impérialisme veille à ses propres intérêts et verrait d’un très mauvais œil
    l’organisation d’élections réellement démocratiques qui donneraient la parole aux sans-voix et jetteraient les bases d’un véritable pouvoir populaire issu des mobilisations, remettant en cause
    les équilibres géopolitiques antérieurs. Ce débat est au cœur des mobilisations actuelles dans les deux pays et débouchera au terme de l’actuel bras de fer soit sur un pouvoir calqué sur l’ancien
    régime, une démocratie formelle alignée sur les « exemples » occidentaux, soit sur l’édification d’un nouveau système, issu d’une assemblée constituante, basé sur les organes de contre-pouvoir
    que sont les comités révolutionnaires et autres structures populaires de terrain.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les forces politiques issues des régimes post-coloniaux ont toutes, plus ou moins, participé à la survie des régimes dictatoriaux et ont permis aux capitalistes
    occidentaux de maintenir les peuples du Maghreb et du Machrek sous leur domination. C’est la raison essentielle qui fait qu’aujourd’hui leur crédibilité est faible voire inexistante face aux
    aspirations populaires. Elles n’ont plus le moindre rôle historique à jouer dans la situation actuelle, où la question du pouvoir est posée. Cela ne veut pas dire qu’elles vont quitter ce pouvoir
    par un claquement de doigt.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Dans la floraison des nouvelles formations politiques postulant aux prochaines élections, tant en Égypte qu’en Tunisie, survivent des caciques des dictatures
    affublés de nouveaux masques plus présentables.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les rassemblements des derniers jours au Caire et à Tunis s’en prennent systématiquement à la persistance de ces anciens partisans de Ben Ali et de Moubarak,
    toujours présents dans l’appareil d’État (police, justice, armée) ou dans les conseils d’administration des multinationales. Les centaines de milliers de manifestants ont conscience qu’un futur
    ne sera possible que débarrassé à jamais des forces contre révolutionnaires. Ce ne sont pas non plus les partis religieux, entrés tardivement dans l’action, et pour un temps marginalisés, qui
    constitueront autour d’eux une vraie opposition révolutionnaire à même d’accomplir un renversement social de cette importance. Leur projet de société ne remet en cause ni le capitalisme ni la
    propriété privée des moyens de production.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">C’est bien du côté des forces révolutionnaires et progressistes que doivent s’élaborer les actions de masse, qui en dehors de la tenue d’élections seront les seules
    à imposer et à garantir les avancées sociales voulues par le plus grand nombre. Cette tâche est immense, indispensable et devra s’appuyer sur un soutien international sans faille. L’absence
    cruelle d’une alternative anticapitaliste, internationaliste implantées dans chaque pays est assurément aujourd’hui un handicap sérieux à ce programme.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Troupes impérialistes... dégagez !</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Alors qu’ils ont toujours été les plus fidèles alliés des dictatures, les pays engagés dans les forces de l’Otan interviennent militairement sur le sol libyen au
    prétexte d’en chasser Kadhafi , créant parallèlement de toutes pièces une coalition alternative, le CNT composé – pour la partie connue de ses membres – de bon nombre d’anciens responsables de la
    dictature. Sans revenir ici sur ce débat, il nous faut réaffirmer que jamais la libération des peuples, ni au Maghreb ni en Syrie, ne pourra se faire à l’ombre des bombardiers des forces
    impérialistes. Les insurgés syriens le répètent en permanence, « Nous ne voulons pas d’intervention étrangère ! Nous chasserons nous-mêmes Bachar ».</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Notre devoir de militantEs anticapitalistes résidant dans des pays engagés dans l’Otan est de dénoncer cette ingérence impérialiste qui vise à reprendre le contrôle
    de toute la région, au profit des multinationales. Il est également de renforcer notre soutien à la cause palestinienne qui demeure un étendard universel de la lutte contre l’impérialisme. Il est
    aussi bien sûr d’agir enfin contre les entreprises européennes et françaises qui continuent de surexploiter dans une indifférence médiatique complice les salariés des centres d’appel... Comme le
    dit le député espagnol Luis Zamora, « Il y a une révolution permanente, ininterrompue dans la tête de millions de personnes ! »</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Alain Pojolat</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 01 Aug 2011 11:18:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">bec24707fe9750db5952b033638fcc8f</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-revolution-ininterrompue-dans-les-pays-du-monde-arabe-80617352-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[2011 : le printemps arabe ?]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-2011-le-printemps-arabe-76598347.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    &nbsp;
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;">&nbsp;</span><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><em>5 juin 2011 par <a href=
    "http://www.afriquesenlutte.org/auteur/samir-amin"><span style="text-decoration: none;">Samir Amin</span></a>&nbsp;&nbsp;<a href="http://www.afriquesenlutte.org/mot/analyse"><span style=
    "text-decoration: none;">&nbsp;</span></a></em></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">&nbsp;</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Il est toujours dangereux de généraliser en parlant du «&nbsp;monde arabe&nbsp;», en ignorant par là même la diversité des
    conditions objectives qui caractérisent chacun des pays de ce monde. Je centrerai donc les réflexions qui suivent sur l’Égypte, dont on reconnaîtra sans difficulté le rôle majeur qu’elle a
    toujours rempli dans l’évolution générale de la région.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Égypte a été le premier pays de la périphérie du capitalisme mondialisé qui a tenté «&nbsp;d’émerger&nbsp;». Bien avant le
    Japon et la Chine, dès le début du XIXe siècle, Mohammed Ali avait conçu et mis en œuvre un projet de rénovation de l’Égypte et de ses voisins immédiats du Mashreq arabe. Cette expérience forte a
    occupé les deux-tiers du XIXe siècle et ne s’est essoufflée que tardivement dans la seconde moitié du règne du Khédive Ismail, au cours des années 1870. L’analyse de son échec ne peut ignorer la
    violence de l’agression extérieure de la puissance majeure du capitalisme industriel central de l’époque&nbsp;: la Grande Bretagne. Par deux fois, en 1840, puis dans les années 1870 par la prise
    du contrôle des finances de l’Égypte khédivale, enfin par l’occupation militaire (en 1882), l’Angleterre a poursuivi avec acharnement son objectif&nbsp;: la mise en échec de l’émergence d’une
    Égypte moderne.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Sans doute le projet égyptien connaissait-il des limites, celles qui définissaient l’époque, puisqu’il s’agissait évidemment
    d’un projet d’émergence dans et par le capitalisme, à la différence du projet de la seconde tentative égyptienne (1919-1967) sur laquelle je reviendrai. Sans doute, les contradictions sociales
    propres à ce projet comme les conceptions politiques, idéologiques et culturelles sur la base desquelles il se déployait ont-elles leur part de responsabilité dans cet échec. Il reste que sans
    l’agression de l’impérialisme, ces contradictions auraient probablement pu être surmontées, comme l’exemple japonais le suggère.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Égypte émergente battue a été alors soumise pour près de quarante ans (1880-1920) au statut de périphérie dominée, dont
    les structures ont été refaçonnées pour servir le modèle de l’accumulation capitaliste/ impérialiste de l’époque. La régression imposée a frappé, au-delà du système productif du pays, ses
    structures politiques et sociales, comme elle s’est employée à renforcer systématiquement des conceptions idéologiques et culturelles passéistes et réactionnaires utiles pour le maintien du pays
    dans son statut subordonné.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Égypte, c’est à dire son peuple, ses élites, la nation qu’elle représente, n’a jamais accepté ce statut. Ce refus obstiné
    est à l’origine donc d’une seconde vague de mouvements ascendants qui s’est déployée au cours du demi-siècle suivant (1919-1967). Je lis en effet cette période comme un moment continu de luttes
    et d’avancées importantes. L’objectif était triple&nbsp;: démocratie, indépendance nationale, progrès social. Ces trois objectifs – quelles qu’en aient été les formulations limitées et parfois
    confuses – sont indissociables les uns des autres. Cette interconnexion des objectifs n’est d’ailleurs rien d’autre que l’expression des effets de l’intégration de l’Égypte moderne dans le
    système du capitalisme/ impérialisme mondialisé de l’époque. Dans cette lecture, le chapitre ouvert par la cristallisation nassériste (1955-1967) n’est rien d’autre que le dernier chapitre de ce
    moment long du flux d’avancée des luttes, inauguré par la révolution de 1919-1920.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le premier moment de ce demi-siècle de montée des luttes d’émancipation en Égypte avait mis l’accent – avec la constitution
    du Wafd en 1919 – sur la modernisation politique par l’adoption d’une forme bourgeoise de démocratie constitutionnelle et sur la reconquête de l’indépendance. La forme démocratique imaginée
    permettait une avancée laïcisante – sinon laïque au sens radical du terme – dont le drapeau (associant le croissant et la croix – un drapeau qui a fait sa réapparition dans les manifestations de
    janvier et février 2011) constitue le symbole. Des élections «&nbsp;normales&nbsp;» permettaient alors non seulement à des coptes d’être élus par des majorités musulmanes, mais encore davantage à
    ces mêmes coptes d’exercer de très hautes fonctions dans l’Etat, sans que cela ne pose le moindre problème.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Tout l’effort de la puissance britannique, avec le soutien actif du bloc réactionnaire constitué par la monarchie, les
    grands propriétaires et les paysans riches, s’est employé à faire reculer les avancées démocratiques de l’Égypte wafdiste. La dictature de Sedki Pacha, dans les années 1930 (abolition de la
    constitution démocratique de 1923), s’est heurtée au mouvement étudiant, fer de lance à l’époque des luttes démocratiques anti-impérialistes. Ce n’est pas un hasard si, pour en réduire le danger,
    l’ambassade britannique et le Palais royal ont alors soutenu activement la création des Frères musulmans (1927) qui s’inspiraient de la pensée «&nbsp;islamiste&nbsp;» dans sa version
    «&nbsp;salafiste&nbsp;» (passéiste) wahabite formulée par Rachid Reda, c’est à dire la version la plus réactionnaire (antidémocratique et anti progrès social) du nouvel «&nbsp;Islam
    politique&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La conquête de l’Ethiopie entreprise par Mussolini et la perspective d’une guerre mondiale se dessinant, Londres s’est
    trouvé obligé de faire des concessions aux forces démocratiques, permettant le retour du Wafd en 1936 et la signature du Traité anglo-égyptien de la même année – un Wafd au demeurant lui-même
    «&nbsp;assagi&nbsp;». La seconde guerre mondiale a, par la force des choses, constitué une sorte de parenthèse. Mais le flux de montée des luttes a repris dès le 21 février 1946, avec la
    constitution du bloc étudiant-ouvrier, renforcé dans sa radicalisation par l’entrée en scène des communistes et du mouvement ouvrier. Là encore, les forces de la réaction égyptienne, soutenues
    par Londres, ont réagi avec violence et mobilisé à cet effet les Frères musulmans qui ont soutenu une seconde dictature de Sedki Pacha, sans parvenir à faire taire le mouvement. Le Wafd revenu au
    gouvernement, sa dénonciation du Traité de 1936, l’amorce de la guérilla dans la zone du Canal encore occupée, n’ont été mis en déroute que par l’incendie du Caire (1951), une opération dans
    laquelle les Frères musulmans ont trempé.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le premier coup d’État des Officiers libres (1952), mais surtout le second inaugurant la prise de contrôle par Nasser (1954)
    sont alors venus pour «&nbsp;couronner&nbsp;» cette période de flux continu des luttes selon les uns, ou pour y mettre un terme, selon les autres. Le nassérisme a substitué à cette lecture que je
    propose de l’éveil égyptien, un discours idéologique abolissant toute l’histoire des années 1919-1952 pour faire remonter la «&nbsp;révolution égyptienne&nbsp;» à juillet 1952. A l’époque,
    beaucoup parmi les communistes avaient dénoncé ce discours et analysé les coups d’Etat de 1952 et 1954 comme destinés à mettre un terme à la radicalisation du mouvement démocratique. Ils
    n’avaient pas tort, car le nassérisme ne s’est cristallisé comme projet anti-impérialiste qu’après Bandoung (avril 1955). Le nassérisme a alors réalisé ce qu’il pouvait donner&nbsp;: une posture
    internationale résolument anti-impérialiste (associée aux mouvements panarabe et panafricain), des réformes sociales progressistes (mais non «&nbsp;socialistes&nbsp;»). Le tout, par en haut, non
    seulement «&nbsp;sans démocratie&nbsp;» (en interdisant aux classes populaires le droit de s’organiser par elles-mêmes et pour elles-mêmes), mais en «&nbsp;abolissant&nbsp;» toute forme de vie
    politique.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le vide créé appelait l’Islam politique à le remplir. Le projet a alors épuisé son potentiel d’avancées en un temps bref –
    dix années de 1955 à 1965. L’essoufflement offrait à l’impérialisme, dirigé désormais par les États-Unis, l’occasion de briser le mouvement, en mobilisant à cet effet leur instrument militaire
    régional&nbsp;: Israël. La défaite de 1967 marque alors la fin de ce demi-siècle de flux. Le reflux est amorcé par Nasser lui-même, choisissant la voie des concessions à droite –
    («&nbsp;l’infitah&nbsp;» – l’ouverture, entendre «&nbsp;à la mondialisation capitaliste&nbsp;») plutôt que la radicalisation pour laquelle se battaient, entre autres, les étudiants (dont le
    mouvement occupe le devant de la scène en 1970, peu avant puis après la mort de Nasser). Sadate qui lui succède accentue la portée de la dérive à droite et intègre les Frères musulmans dans son
    nouveau système autocratique. Moubarak poursuit dans la même voie.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La période de reflux qui suit (1967-2011) couvre à son tour presqu’un demi-siècle. L’Égypte, soumise aux exigences du
    libéralisme mondialisé et aux stratégies des Etats-Unis, a cessé d’exister comme acteur actif régional et international. Dans la région, les alliés majeurs des Etats-Unis – l’Arabie saoudite et
    Israël – occupent le devant de la scène. Israël peut alors s’engager dans la voie de l’expansion de sa colonisation de la Palestine occupée, avec la complicité tacite de l’Égypte et des pays du
    Golfe.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Égypte de Nasser avait mis en place un système économique et social critiquable mais cohérent. Nasser avait fait le pari
    de l’industrialisation pour sortir de la spécialisation internationale coloniale qui cantonnait le pays à l’exportation de coton. Ce système a assuré une répartition des revenus favorable aux
    classes moyennes en expansion, sans appauvrissement des classes populaires. Sadate et Moubarak ont œuvré au démantèlement du système productif égyptien, auquel ils ont substitué un système
    totalement incohérent, exclusivement fondé sur la recherche de la rentabilité d’entreprises qui ne sont pour la plupart que des sous-traitants du capital des monopoles impérialistes. Les taux de
    croissance égyptiens, prétendument élevés, qu’exalte depuis trente ans la Banque mondiale, n’ont aucune signification. La croissance égyptienne est vulnérable à l’extrême. Cette croissance, par
    ailleurs, s’est accompagnée d’une incroyable montée des inégalités et du chômage qui frappe une majorité de jeunes. Cette situation était explosive&nbsp;; elle a explosé.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’apparente «&nbsp;stabilité du régime&nbsp;» que Washington vantait reposait sur une machine policière monstrueuse (1 200
    000 hommes contre 500 000 seulement pour l’armée), qui se livrait à des abus criminels quotidiens. Les puissances impérialistes prétendaient que ce régime «&nbsp;protégeait&nbsp;» l’Égypte de
    l’alternative islamiste. Or, il ne s’agit là que d’un mensonge grossier. En fait, le régime avait parfaitement intégré l’Islam politique réactionnaire (le modèle wahabite du Golfe) dans son
    système de pouvoir, en lui concédant la gestion de l’éducation, de la justice et des médias majeurs (la télévision en particulier). Le seul discours autorisé était celui des mosquées confiées aux
    Salafistes, leur permettant de surcroît de faire semblant de constituer «&nbsp;l’opposition&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La duplicité cynique du discours de l’establishment des États-Unis (et sur ce plan Obama n’est pas différent de Bush) sert
    parfaitement ces objectifs. Le soutien de fait à l’Islam politique annihile les capacités de la société à faire face aux défis du monde moderne (il est à l’origine du déclin catastrophique de
    l’éducation et de la recherche), tandis que la dénonciation occasionnelle des «&nbsp;abus&nbsp;» dont il est responsable (assassinats de coptes, par exemple) sert à légitimer les interventions
    militaires de Washington engagé dans la soit disant «&nbsp;guerre contre le terrorisme&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le régime pouvait paraître «&nbsp;tolérable&nbsp;» tant que fonctionnait la soupape de sécurité que représentait
    l’émigration en masse des pauvres et des classes moyennes vers les pays pétroliers. L’épuisement de ce système (la substitution d’immigrés asiatiques à ceux en provenance des pays arabes) a
    entraîné la renaissance des résistances. Les grèves ouvrières de 2007 – les plus fortes du continent africain depuis 50 ans –, la résistance obstinée des petits paysans menacés d’expropriation
    par le capitalisme agraire, la formation de cercles de protestation démocratique dans les classes moyennes (les mouvements Kefaya et du 6 avril) annonçaient l’inévitable explosion - attendue en
    Égypte, même si elle a surpris les «&nbsp;observateurs étrangers&nbsp;». Nous sommes donc entrés dans une phase nouvelle de flux des luttes d’émancipation dont il nous faut alors analyser les
    directions et les chances de développement.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><strong>LES COMPOSANTES DU MOUVEMENT DEMOCRATIQUE</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La «&nbsp;révolution égyptienne&nbsp;» en cours illustre la possibilité de la fin annoncée du système
    «&nbsp;néolibéral&nbsp;», remis en cause dans toutes ses dimensions politiques, économiques et sociales. Ce mouvement gigantesque du peuple égyptien associe trois composantes actives&nbsp;: les
    jeunes «&nbsp;re-politisés&nbsp;» par leur propre volonté et dans des formes «&nbsp;modernes&nbsp;» qu’ils ont inventées, les forces de la gauche radicale, celles rassemblées par les classes
    moyennes démocrates.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les jeunes (environ un million de militants) ont été le fer de lance du mouvement. Ils ont été immédiatement rejoints par la
    gauche radicale et les classes moyennes démocrates. Les Frères musulmans, dont les dirigeants avaient appelé à boycotter les manifestations pendant les quatre premiers jours (persuadés que
    celles-ci seraient mises en déroute par la répression), n’ont accepté le mouvement que tardivement, lorsque l’appel, entendu par l’ensemble du peuple égyptien, a produit des mobilisations
    gigantesques de 15 millions de manifestants.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les jeunes et la gauche radicale poursuivent trois objectifs communs&nbsp;: la restauration de la démocratie (la fin du
    régime militaire et policier), la mise en œuvre d’une nouvelle politique économique et sociale favorable aux classes populaires (la rupture avec la soumission aux exigences du libéralisme
    mondialisé), et celle d’une politique internationale indépendante (la rupture avec la soumission aux exigences de l’hégémonie des États-Unis et du déploiement de son contrôle militaire sur la
    planète). La révolution démocratique à laquelle ils appellent est une révolution démocratique anti-impérialiste et sociale. Bien que le mouvement des jeunes reste diversifié dans sa composition
    sociale et ses expressions politiques et idéologiques, il se situe dans l’ensemble «&nbsp;à gauche&nbsp;». Les manifestations de sympathie spontanées et fortes avec la gauche radicale en sont le
    témoignage.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les classes moyennes se rassemblent dans l’ensemble autour du seul objectif démocratique, sans nécessairement remettre
    intégralement en cause le «&nbsp;marché&nbsp;» (tel qu’il est) et l’alignement international de l’Égypte. On ne doit pas ignorer le rôle d’un groupe de blogueurs qui participent – consciemment ou
    pas – à un véritable complot organisé par la CIA. Ses animateurs sont généralement des jeunes issus des classes aisées, américanisés à l’extrême, qui se posent néanmoins en
    «&nbsp;contestataires&nbsp;» des dictatures en place. Le thème de la démocratie, dans la version que sa manipulation par Washington impose, domine leurs interventions sur le «&nbsp;net&nbsp;».
    Ils participent de ce fait à la chaîne des acteurs des contre-révolutions orchestrées par Washington, déguisées en «&nbsp;révolutions démocratiques&nbsp;» sur le modèle «&nbsp;des révolutions
    colorées&nbsp;» de l’Europe de l’Est.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Mais on aurait tort de conclure que ce complot est à l’origine des révoltes populaires. La CIA tente néanmoins de renverser
    le sens du mouvement, d’éloigner les militants de leurs objectifs de transformation sociale progressiste et de les dévoyer sur d’autres terrains. Les chances de succès du complot deviennent
    sérieuses si le mouvement échoue dans la construction de la convergence de ses diverses composantes, à identifier des objectifs stratégiques communs et à inventer des formes d’organisation et
    d’action efficaces. On connaît des exemples de cet échec, aux Philippines et en Indonésie par exemple. Il est intéressant de noter à ce propos que nos blogueurs, qui s’expriment en anglais plutôt
    qu’en arabe (&nbsp;!), partis dans la défense de la «&nbsp;démocratie&nbsp;» - à l’américaine- développent souvent, en Egypte, des arguments destinés à légitimer les Frères Musulmans.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’appel à la manifestation formulé par les trois composantes actives du mouvement a été rapidement entendu par l’ensemble du
    peuple égyptien. La répression, d’une violence extrême les premiers jours (plus d’un millier de morts), n’a pas découragé ces jeunes et leurs alliés (qui, à aucun moment, n’ont appelé à leur
    secours les puissances occidentales comme on a pu le voir ailleurs). Leur courage a été l’élément décisif qui a entraîné dans la protestation, à travers tous les quartiers des grandes et des
    petites villes, voire de villages, une quinzaine de millions de manifestants pendant des jours et des jours (et parfois des nuits). Ce succès politique foudroyant a produit ses effets&nbsp;: la
    peur a changé de camp. Hilary Clinton et Obama ont découvert alors qu’il leur fallait lâcher Moubarak qu’ils avaient soutenu jusqu’alors, tandis que les dirigeants de l’armée sortaient du
    silence, refusaient de participer à la relève de la répression – sauvegardant ainsi leur image – et finalement déposaient Moubarak et quelques-uns de ses suppôts majeurs.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La généralisation du mouvement à l’ensemble du peuple égyptien constitue par elle-même un défi positif. Car ce peuple est,
    comme tous les autres, loin de constituer un «&nbsp;bloc homogène&nbsp;». Certains des segments qui le composent renforcent incontestablement la perspective d’une radicalisation possible.
    L’entrée dans la bataille de la classe ouvrière (environ 5 millions de travailleurs) peut être décisive. Les travailleurs en lutte (à travers de nombreuses grèves) ont fait progresser des formes
    d’organisation amorcées depuis 2007. On compte désormais plus d’une cinquantaine de syndicats indépendants. La résistance opiniâtre des petits paysans aux expropriations rendues possibles par
    l’annulation de la réforme agraire (les Frères musulmans ont voté au Parlement pour ces lois scélérates, sous prétexte que la propriété privée serait «&nbsp;sacrée&nbsp;» dans l’Islam et que la
    réforme agraire était inspirée par le diable communiste&nbsp;!) participe également de la radicalisation possible du mouvement.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Il reste qu’une masse gigantesque de «&nbsp;pauvres&nbsp;» ont participé activement aux manifestations de février 2011 et se
    retrouvent souvent dans des comités populaires constitués dans les quartiers pour «&nbsp;défendre la révolution&nbsp;». Ces «&nbsp;pauvres&nbsp;» peuvent donner l’impression (par les barbes, les
    voiles, les accoutrements vestimentaires) que le pays profond est «&nbsp;islamique&nbsp;», voire mobilisé par les Frères musulmans. En fait, leur entrée en scène s’est imposée à la direction de
    l’organisation. La course est donc engagée&nbsp;: qui des Frères et de leurs associés islamistes (les Salafistes) ou de l’alliance démocratique parviendra à formuler des alliances efficaces avec
    les masses désorientées, voire à les «&nbsp;encadrer&nbsp;» (terme que je récuse)&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Des avancées non négligeables dans la construction du front uni des forces démocratiques et des travailleurs sont en cours
    en Egypte. Cinq partis d’orientation socialiste (le Parti Socialiste égyptien, l’Alliance populaire démocratique –une majorité sortie de l’ancien parti du Tagammu, le Parti démocratique des
    travailleurs, le Parti des Socialistes révolutionnaires –trotskiste, et le Parti Communiste égyptien (qui avait été une composante du Tagammu) ont constitué en avril 2011 une Alliance des forces
    socialistes, et se sont engagés à poursuivre, à travers elle, leurs luttes en commun. Parallèlement un Conseil National (Maglis Watany) a été constitué par toutes les forces politiques et
    sociales acteurs du mouvement (les partis à orientation socialiste, les partis démocratiques divers, les syndicats indépendants, les organisations paysannes, les réseaux de jeunes, de nombreuses
    associations sociales). Les Frères Musulmans et les partis de droite ont refusé de participer à ce Conseil, réaffirmant ainsi ce qu’on sait&nbsp;: leur opposition à la poursuite du mouvement. Le
    Conseil rassemble environ 150 membres.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><strong>Face au mouvement démocratique, le bloc réactionnaire</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">En termes sociaux, le bloc réactionnaire est dirigé par la bourgeoisie égyptienne considérée dans son ensemble. Les formes
    d’accumulation dépendante à l’œuvre au cours des quarante dernières années ont produit l’émergence d’une bourgeoisie riche, bénéficiaire exclusive de l’inégalité scandaleuse qui a accompagné ce
    modèle «&nbsp;libéral-mondialisé&nbsp;». Il s’agit de dizaines de milliers, non pas «&nbsp;d’entrepreneurs inventifs&nbsp;» comme le discours de la Banque mondiale les présente, mais de
    millionnaires et de milliardaires qui tous doivent leur fortune à leur collusion avec l’appareil politique (la «&nbsp;corruption&nbsp;» est une composante organique de ce système). Cette
    bourgeoisie est compradore (dans la langue politique courante en Égypte le peuple les qualifie de «&nbsp;parasites corrompus&nbsp;»). Elle constitue le soutien actif de l’insertion de l’Égypte
    dans la mondialisation impérialiste contemporaine, l’allié inconditionnel des États-Unis.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Cette bourgeoisie compte dans ses rangs de nombreux généraux de l’armée et de la police, de «&nbsp;civils&nbsp;» associés à
    l’État et au parti dominant («&nbsp;National démocratique&nbsp;») créé par Sadate et Moubarak, de religieux (la totalité des dirigeants des Frères musulmans et des cheikhs majeurs de l’Azhar,
    sont tous des «&nbsp;milliardaires&nbsp;»).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Certes, il existe encore une bourgeoisie de petits et moyens entrepreneurs actifs. Mais ceux-là sont les victimes du système
    de racket mis en place par la bourgeoisie compradore, réduits le plus souvent au statut de sous-traitants dominés par les monopoles locaux, eux-mêmes courroies de transmission des monopoles
    étrangers. Dans le domaine de la construction, cette situation est presque généralisée&nbsp;: les «&nbsp;gros&nbsp;» raflent les marchés puis les sous-traitent avec les «&nbsp;petits&nbsp;».
    Cette bourgeoisie d’entrepreneurs authentiques sympathise avec le mouvement démocratique.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le versant rural du bloc réactionnaire n’est pas moins important. Il s’est constitué de paysans riches qui ont été les
    bénéficiaires majeurs de la réforme agraire nassérienne, se substituant à l’ancienne classe des grands propriétaires. Les coopératives agricoles mises en place par le régime nassérien associaient
    les petits paysans et les paysans riches et de ce fait fonctionnaient principalement au bénéfice des riches. Mais le régime avait pris des précautions pour limiter les agressions possibles contre
    les petits paysans. Ces précautions ayant été abandonnées par Sadate et Moubarak, sur la recommandation de la Banque mondiale, la paysannerie riche s’emploie maintenant à accélérer l’élimination
    de la petite paysannerie. Les paysans riches ont toujours constitué dans l’Égypte moderne une classe réactionnaire et ils le sont plus que jamais. Ils sont également le soutien majeur de l’Islam
    conservateur dans les campagnes et, par leurs rapports étroits (souvent de parenté) avec les représentants des appareils d’État et de la religion (l’Azhar est en Égypte l’équivalent d’une église
    musulmane organisée) dominent la vie sociale rurale. De surcroît une bonne partie des classes moyennes urbaines (en particulier les officiers de l’armée et de la police, mais également les
    technocrates et les professions libérales) sont sorties directement de la paysannerie riche.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Ce bloc social réactionnaire dispose d’instruments politiques à son service&nbsp;: l’armée et la police, les institutions de
    l’État, le parti politique privilégié (une sorte de parti unique de fait) – le Parti national démocratique créé par Sadate –, l’appareil religieux (l’Azhar), les courants de l’Islam politique
    (les Frères musulmans et les Salafistes). L’aide militaire octroyée par les États-Unis à l’armée égyptienne (1,5 milliard de dollars annuels) n’a jamais été destinée à renforcer la capacité de
    défense du pays, mais au contraire à en annihiler le danger par la corruption systématique, non pas connue et tolérée, mais soutenue positivement, avec cynisme. Cette «&nbsp;aide&nbsp;» a permis
    aux plus hauts officiers de s’approprier des segments importants de l’économie compradore égyptienne, au point qu’on parle en Égypte de «&nbsp;la société anonyme/ armée&nbsp;» (Sharika al
    geish).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le commandement de l’armée qui a pris la responsabilité de «&nbsp;diriger&nbsp;» la période de transition, n’est de ce fait
    pas «&nbsp;neutre&nbsp;», bien qu’il ait pris la précaution de paraître l’être en se dissociant de la répression. Le gouvernement «&nbsp;civil&nbsp;» à ses ordres (dont les membres ont été nommés
    par le haut commandement), composé en partie d’hommes de l’ancien régime, choisis néanmoins parmi les personnalités les moins visibles de celui-ci, a pris une série de mesures parfaitement
    réactionnaires destinées à freiner la radicalisation du mouvement. Parmi ces mesures une loi scélérate antigrève (sous prétexte de remettre en route l’économie du pays), une loi imposant des
    restrictions sévères à la constitution des partis politiques qui vise à ne permettre la possibilité d’entrer dans le jeu électoral qu’aux courants de l’Islam politique (les Frères musulmans en
    particulier) déjà bien organisés grâce au soutien systématique du régime ancien.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Et cependant, en dépit de tout cela, l’attitude de l’armée demeure en dernier ressort imprévisible. Car malgré la corruption
    de ses cadres (les soldats sont des conscrits mais les officiers sont des professionnels) le sentiment nationaliste n’est pas toujours absent chez tous. De surcroît l’armée souffre d’avoir
    pratiquement été écartée du pouvoir au profit de la police. Dans ces circonstances, et parce que le mouvement a exprimé avec force sa volonté d’écarter l’armée de la direction politique du pays,
    il est probable que le haut commandement envisagera pour l’avenir de rester dans les coulisses, renonçant à présenter ses hommes dans les élections à venir.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Si, évidemment, l’appareil policier demeure intact (aucune poursuite n’est envisagée contre ses responsables) comme
    l’ensemble de l’appareil d’État (les nouveaux gouverneurs sont tous des anciens du régime), le Parti national démocratique a, par contre, disparu dans la tourmente et sa dissolution prononcée par
    la justice. Néanmoins faisons confiance à la bourgeoisie égyptienne, elle saura faire renaître son parti sous des appellations nouvelles diverses.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><strong>L’ISLAM POLITIQUE</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les Frères musulmans constituent la seule force politique dont le régime avait non seulement toléré l’existence, mais dont
    il avait soutenu activement l’épanouissement. Sadate et Moubarak leur avaient confié la gestion de trois institutions fondamentales&nbsp;: l’éducation, la justice et la télévision. Les Frères
    musulmans n’ont jamais été et ne peuvent pas être «&nbsp;modérés&nbsp;», encore moins «&nbsp;démocratiques&nbsp;». Leur chef - le mourchid (traduction arabe de «&nbsp;guide&nbsp;», Führer) est
    autoproclamé et l’organisation repose sur le principe de la discipline et de l’exécution des ordres des chefs, sans discussions d’aucune sorte.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La direction est constituée exclusivement d’hommes immensément riches (grâce, entre autres, au soutien financier de l’Arabie
    Saoudite, c’est-à-dire de Washington), l’encadrement par des hommes issus des fractions obscurantistes des classes moyennes, la base par des gens du peuple recrutés par les services sociaux de
    charité offerts par la confrérie (et financés toujours par l’Arabie Saoudite), tandis que la force de frappe est constituée par les milices (les baltaguis) recrutés dans le lumpen.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les Frères musulmans sont acquis à un système économique basé sur le marché et totalement dépendant de l’extérieur. Ils sont
    en fait une composante de la bourgeoisie compradore. Ils ont d’ailleurs pris position contre les grandes grèves de la classe ouvrière et les luttes des paysans pour conserver la propriété de leur
    terre. Les Frères musulmans ne sont donc «&nbsp;modérés&nbsp;» que dans le double sens où ils ont toujours refusé de formuler un programme économique et social quelconque et que, de fait, il ne
    remettent pas en cause les politiques néo-libérales réactionnaires, acceptant de facto la soumission aux exigences du déploiement du contrôle des États-Unis dans le monde et dans la région. Ils
    sont donc des alliés utiles pour Washington (y-a-t-il un meilleur allié des États-Unis que l’Arabie Saoudite, patron des Frères&nbsp;?) qui leur a décerné un «&nbsp;certificat de
    démocratie&nbsp;»&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Mais les États-Unis ne peuvent avouer que leur stratégie vise à mettre en place des régimes «&nbsp;islamiques&nbsp;» dans la
    région. Ils ont besoin de faire comme si «&nbsp;cela leur faisait peur&nbsp;». Par ce moyen, ils légitiment leur «&nbsp;guerre permanente au terrorisme&nbsp;», qui poursuit en réalité d’autres
    objectifs&nbsp;: le contrôle militaire de la planète destiné à réserver aux États-Unis-Europe-Japon l’accès exclusif aux ressources. Avantage supplémentaire de cette duplicité&nbsp;: elle permet
    de mobiliser «&nbsp;l’islamophobie&nbsp;» des opinions publiques. L’Europe, comme on le sait, n’a pas de stratégie particulière à l’égard de la région et se contente de s’aligner au jour le jour
    sur les décisions de Washington. Il est plus que jamais nécessaire de faire apparaître clairement cette véritable duplicité de la stratégie des États-Unis, dont les opinions publiques –
    manipulées avec efficacité – sont dupes.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les États-Unis, (et derrière eux l’Europe) craignent plus que tout une Égypte réellement démocratique qui, certainement,
    remettrait en cause son alignement sur le libéralisme économique et la stratégie agressive des États-Unis et de l’OTAN. Ils feront tout pour que l’Égypte ne soit pas démocratique et, à cette fin,
    soutiendront, par tous les moyens, mais avec hypocrisie, la fausse alternative des Frères musulmans qui ont montré n’être qu’une minorité dans le mouvement du peuple égyptien pour un changement
    réel.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La collusion entre les puissances impérialistes et l’Islam politique n’est d’ailleurs ni nouvelle, ni particulière à
    l’Égypte. Les Frères musulmans, depuis leur création en 1927, ont toujours été un allié utile pour l’impérialisme et le bloc réactionnaire local. Ils ont toujours été un ennemi féroce des
    mouvements démocratiques en Égypte. Et les multimilliardaires qui assurent aujourd’hui la direction de la confrérie ne sont pas destinés à se rallier à la cause démocratique&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Islam politique est tout également l’allié stratégique des États-Unis et de leurs partenaires subalternes de l’OTAN à
    travers le monde musulman. Washington a armé et financé les Talibans, qualifiés de «&nbsp;héros de la liberté&nbsp;» («&nbsp;Freedom Fighters&nbsp;») dans leur guerre contre le régime national
    populaire dit «&nbsp;communiste&nbsp;» (avant et après l’intervention soviétique). Lorsque les Talibans ont fermé les écoles de filles créées par les «&nbsp;communistes&nbsp;», il s’est trouvé
    des «&nbsp;démocrates&nbsp;» et même des «&nbsp;féministes&nbsp;» pour prétendre qu’il fallait «&nbsp;respecter les traditions&nbsp;»&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">En Égypte, les Frères musulmans sont désormais épaulés par le courant salafiste («&nbsp;traditionaliste&nbsp;»), tout aussi
    largement financé par les pays du Golfe. Les Salafistes s’affirment extrémistes (wahabites convaincus, intolérants à l’égard de tout autre interprétation de l’Islam) et sont à l’origine des
    meurtres systématiques perpétrés contre les Coptes. Des opérations difficiles à imaginer sans le soutien tacite (et parfois davantage de complicité) de l’appareil d’État, en particulier de la
    justice, largement confiée aux Frères musulmans. Cette étrange division du travail permet aux Frères musulmans de paraître modérés&nbsp;; ce que Washington feint de croire. Il y a néanmoins des
    luttes violentes en perspective au sein des courants religieux islamistes en Égypte. Car l’Islam égyptien historique dominant est «&nbsp;soufi&nbsp;» dont les confréries rassemblent aujourd’hui
    15 millions de fidèles. Islam ouvert, tolérant, insistant sur la conviction individuelle plutôt que sur la pratique des rites («&nbsp;il y a autant de voies vers Dieu que d’individus&nbsp;»,
    disent-ils), le soufisme égyptien a toujours été tenu en suspicion par les pouvoirs d’État, lesquels, néanmoins, maniant la carotte et le bâton, se gardaient d’entrer en guerre ouverte contre
    lui.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Islam wahabite du Golfe se situe à ses antipodes&nbsp;: il est archaïque, ritualiste, conformiste, ennemi déclaré de toute
    interprétation autre que la sienne, laquelle n’est que répétitive des textes, ennemie de tout esprit critique – assimilé au Diable. L’Islam wahabite a déclaré la guerre au soufisme qu’il veut
    «&nbsp;extirper&nbsp;» et compte sur l’appui des autorités du pouvoir pour y parvenir. En réaction, les soufistes d’aujourd’hui sont laïcisants, sinon laïques&nbsp;; ils appellent à la séparation
    entre la religion et la politique (le pouvoir d’État et celui des autorités religieuses reconnues par lui, l’Azhar). Les soufistes sont des alliés du mouvement démocratique.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’introduction de l’Islam wahabite en Égypte a été amorcée par Rachid Reda dans les années 1920 et repris par les Frères
    musulmans dès 1927. Mais il n’a pris toute sa vigueur qu’après la seconde guerre mondiale lorsque la rente pétrolière des pays du Golfe, soutenus par les États-Unis en conflit avec la vague de
    libération nationale populaire des années 1960, a permis d’en démultiplier les moyens financiers.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><strong>L’Egypte et la stratégie des États-Unis&nbsp;: le modèle pakistanais</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">L’Égypte est une pièce angulaire dans la stratégie états-unienne de contrôle de la planète. L’objectif exclusif de
    Washington et de ses alliés - Israël et l’Arabie séoudite - est de faire avorter le mouvement démocratique en Égypte et, à cette fin, veulent imposer un «&nbsp;régime islamique&nbsp;» dirigé par
    les Frères Musulmans, qui est le seul moyen pour eux de perpétuer la soumission de l’Égypte. Le «&nbsp;discours démocratique&nbsp;» d’Obama n’est là que pour tromper les opinions naïves, celles
    des États-Unis et de l’Europe en premier lieu.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">On parle beaucoup, pour donner une légitimité à un gouvernement des Frères musulmans («&nbsp;ralliés à la
    démocratie&nbsp;!&nbsp;»), de l’exemple turc. Mais il ne s’agit là encore que de poudre aux yeux. Car l’armée turque, qui reste présente dans les coulisses, bien que certainement non démocratique
    et de surcroît un allié fidèle de l’OTAN, reste la garantie de la «&nbsp;laïcité&nbsp;» en Turquie. Le projet de Washington, ouvertement exprimé par Hilary Clinton, Obama et les «&nbsp;think
    tanks&nbsp;» à leur service, s’inspire du modèle pakistanais&nbsp;: l’armée («&nbsp;islamique&nbsp;») dans les coulisses, le gouvernement («&nbsp;civil&nbsp;») assumé par un (ou des) parti
    islamique «&nbsp;élu&nbsp;». Évidemment, dans cette hypothèse, le gouvernement «&nbsp;islamique&nbsp;» égyptien serait récompensé pour sa soumission sur l’essentiel (la non remise en cause du
    libéralisme et des soit disant «&nbsp;traités de paix&nbsp;» qui permettent à Israël la poursuite de sa politique d’expansion territoriale) et pourrait poursuivre, en compensation démagogique, la
    mise en œuvre de ses projets «&nbsp;d’islamisation de l’État et de la politique&nbsp;», et les assassinats des coptes&nbsp;!</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Belle démocratie que celle conçue à Washington pour l’Égypte. L’Arabie séoudite soutient évidemment, avec tous ses moyens
    (financiers), la mise en œuvre de ce projet. Car Ryad sait parfaitement que son hégémonie régionale (dans le monde arabe et musulman) exige la réduction de l’Égypte à l’insignifiance. Et le moyen
    est «&nbsp;l’islamisation de l’État et de la politique&nbsp;»&nbsp;; en fait, une islamisation à la wahabite, avec tous ses effets – entre autres celui de dévoiements fanatiques à l’égard des
    coptes et d’une négation des droits à l’égalité des femmes.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Cette forme d’islamisation est-elle possible&nbsp;? Peut être, mais au prix de violences extrêmes. La bataille est conduite
    sur l’article 2 de la Constitution du régime déchu. Cet article qui stipule que «&nbsp;la sharia est la source du droit&nbsp;», est une nouveauté dans l’histoire politique de l’Égypte. Ni la
    Constitution de 1923 ni celle de Nasser ne l’avaient imaginé. C’est Sadate qui l’a introduit dans sa nouvelle Constitution, avec le soutien triple de Washington («&nbsp;respecter les
    traditions&nbsp;»&nbsp;!), de Ryad («&nbsp;le Coran tient lieu de Constitution&nbsp;») et de Jérusalem («&nbsp;l’État d’Israël est un État juif&nbsp;»).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le projet des Frères Musulmans demeure la mise en place d’un Etat théocratique, comme en témoigne leur attachement à
    l’article 2 de la Constitution de Sadate-Moubarak. De surcroît, le programme le plus récent de l’organisation renforce encore cette vision passéiste par la proposition de mise en place d’un
    «&nbsp;Conseil des Ulémas&nbsp;» chargé de veiller à la conformité de toute proposition de loi aux exigences de la Sharia. Ce conseil constitutionnel religieux, est analogue à celui qui, en Iran,
    contrôle le «&nbsp;pouvoir élu&nbsp;». Le régime est alors celui d’un super parti religieux unique et tous les partis qui se revendiqueraient de la laïcité deviennent «&nbsp;illégaux&nbsp;».
    Leurs partisans, comme les non musulmans (les coptes), sont, de ce fait, exclus de la vie politique.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">En dépit de tout cela les pouvoirs à Washington et en Europe font comme si on pouvait prendre au sérieux la récente
    déclaration des Frères «&nbsp;renonçant&nbsp;» au projet théocratique (sans modifier leur programme&nbsp;!), une déclaration opportuniste, mensongère, de plus. Les experts de la CIA ne savent-ils
    donc pas lire l’arabe&nbsp;? La conclusion s’impose&nbsp;: Washington préfère le pouvoir des Frères, qui leur garantit le maintien de l’Egypte dans leur giron et dans celui de la mondialisation
    libérale, à celui de démocrates qui risqueraient fort de remettre en question le statut subalterne de l’Egypte.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le Parti de la Justice et de la Liberté, créé récemment et inspiré visiblement du modèle turc, n’est guère qu’un instrument
    des Frères. Les coptes y seraient admis (&nbsp;!), ce qui signifie qu’ils sont invités à accepter l’Etat musulman théocratique consacré par le programme des Frères, s’ils veulent avoir le droit
    de «&nbsp;participer&nbsp;» à la vie politique de leur pays. Passés à l’offensive, les Frères Musulmans créent des «&nbsp;syndicats&nbsp;», des «&nbsp;organisations paysannes&nbsp;» et une
    kyrielle de «&nbsp;partis politiques&nbsp;» revêtant des noms divers, dont le seul objectif est de diviser les fronts unis ouvriers, paysans et démocratiques en voie de construction, au bénéfice,
    bien entendu, du bloc contre-révolutionnaire.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le mouvement démocratique égyptien sera-t-il capable d’abroger cet article dans la nouvelle constitution à venir&nbsp;? On
    ne peut répondre à cette question que par un retour sur un examen des débats politiques, idéologiques et culturels qui se sont déployés dans l’histoire de l’Égypte moderne.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">On constate en effet que les périodes de flux sont caractérisées par une diversité d’opinions ouvertement exprimées qui
    relèguent la «&nbsp;religion&nbsp;» (toujours présente dans la société) à l’arrière-plan. Il en fut ainsi pendant les deux tiers du XIXe siècle (de Mohamed Ali au Khédive Ismaïl). Les thèmes de
    la modernisation (dans une forme de despotisme éclairé plutôt que démocratique) dominent alors la scène. Il en fut de même de 1920 à 1970&nbsp;: l’affrontement est ouvert entre les
    «&nbsp;démocrates bourgeois&nbsp;» et les «&nbsp;communistes&nbsp;» qui occupent largement le devant de la scène jusqu’au nassérisme. Celui-ci abolit ce débat pour lui substituer un discours
    populiste pan arabe, mais simultanément «&nbsp;modernisant&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les contradictions de ce système ouvrent la voie au retour de l’Islam politique. On constate, en contrepoint, que dans les
    phases de reflux la diversité d’opinions s’efface, laissant la place au passéisme prétendu islamique, qui s’octroie le monopole du discours autorisé par le pouvoir. De 1880 à 1920 les
    Britanniques ont construit cette dérive, entre autres par la condamnation à l’exil (en Nubie, pour l’essentiel) de tous les penseurs et acteurs modernistes égyptiens formés depuis Mohamed Ali.
    Mais on remarquera aussi que «&nbsp;l’opposition&nbsp;» à cette occupation britannique se range également dans cette conception passéiste. La Nahda (inaugurée par Afghani et poursuivie par
    Mohamed Abdou) s’inscrit dans cette dérive, associée à l’illusion ottomaniste défendue par le nouveau Parti Nationaliste de Moutapha Kemal et Mohammad Farid. Que cette dérive ait conduit, vers la
    fin de l’époque, aux écrits ultra-réactionnaires de Rachid Reda, repris par Hassan el Banna, fondateur des Frères musulmans, ne devrait pas surprendre.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Il en est de même dans la période de reflux des années 1970-2010. Le discours officiel du pouvoir (de Sadate et de
    Moubarak), parfaitement islamiste (la preuve&nbsp;: l’introduction de la Sharia dans la constitution et la délégation de pouvoirs essentiels aux Frères musulmans), est également celui de la
    fausse opposition, la seule tolérée, celle du discours des mosquées. L’article 2 peut paraître de ce fait, bien solidement ancré dans la «&nbsp;conviction&nbsp;» générale (la «&nbsp;rue&nbsp;»
    comme on se plaît à dire, par imitation du discours étatsunien).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">On ne saurait sous-estimer les effets dévastateurs de la dépolitisation mise en œuvre systématiquement pendant les périodes
    de reflux. La pente n’est jamais facile à remonter. Mais cela n’est pas impossible. Les débats en cours en Égypte sont axés – explicitement ou implicitement – sur cette question de la prétendue
    dimension «&nbsp;culturelle&nbsp;» du défi (en l’occurrence islamique). Indicateurs positifs&nbsp;: il a suffi de quelques semaines de débats libres imposés dans les faits pour voir le slogan
    «&nbsp;l’islam est la solution&nbsp;» disparaître dans toutes les manifestations au bénéfice de revendications précises sur le terrain de la transformation concrète de la société (liberté
    d’opinion, de formation des partis, syndicats et autres organisations sociales, salaires et droits du travail, accès à la terre, école et santé, rejet des privatisations et appel aux
    nationalisations etc.)</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Signe qui ne trompe pas&nbsp;: aux élections des étudiants, l’écrasante majorité (80%) des voix données aux Frères musulmans
    il y a cinq ans (lorsque seul ce discours était accepté comme prétendue opposition) a fait suite à une chute des Frères dans les élections d’avril à 20%&nbsp;! Mais l’adversaire sait également
    organiser la riposte au «&nbsp;danger démocratique&nbsp;». Les modifications insignifiantes de la Constitution (toujours en vigueur&nbsp;!) proposées par un comité constitué exclusivement
    d’islamistes choisis par le conseil suprême (l’armée) et adoptées à la hâte en avril par référendum (23% de «&nbsp;Non&nbsp;», mais une majorité de «&nbsp;oui&nbsp;» (forcée par les fraudes et un
    chantage massif des mosquées) ne concernent évidemment pas l’article 2.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Des élections présidentielles et législatives sont prévues pour septembre-octobre 2011. Le mouvement démocratique se bat
    pour une «&nbsp;transition démocratique&nbsp;» plus longue, de manière à permettre à ses discours d’atteindre véritablement les masses désemparées. Mais Obama a choisi dès les premiers jours de
    l’insurrection&nbsp;: une transition brève, ordonnée (c’est à dire sans remise en cause des appareils du régime) et des élections (donnant une victoire souhaitée aux Islamistes). Les
    «&nbsp;élections&nbsp;», comme on le sait, en Égypte comme ailleurs dans le monde, ne sont pas le meilleur moyen d’asseoir la démocratie, mais souvent celui de mettre un terme à la dynamique des
    avancées démocratiques.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Un dernier mot concernant la «&nbsp;corruption&nbsp;». Le discours dominant du «&nbsp;régime de transition&nbsp;» place
    l’accent sur sa dénonciation, associée de menaces de poursuites judiciaires (on verra ce qu’il en sera dans les faits). Ce discours est certainement bien reçu, en particulier par la fraction sans
    doute majeure de l’opinion naïve. Mais on se garde d’en analyser les raisons profondes et de faire comprendre que la «&nbsp;corruption&nbsp;» (présentée comme une déviance morale, façon discours
    moralisant étatsunien) est une composante organique nécessaire à la formation de la bourgeoisie. Non seulement dans le cas de l’Égypte et dans les pays du Sud en général, s’agissant de la
    formation d’une bourgeoisie compradore dont l’association aux pouvoirs d’État constitue le seul moyen pour son émergence. Je soutiens qu’au stade du capitalisme des monopoles généralisés, la
    corruption est devenue un élément constitutif organique de la reproduction du modèle d’accumulation&nbsp;: le prélèvement de la rente des monopoles exige la complicité active de l’État. Le
    discours idéologique («&nbsp;le virus libéral&nbsp;») proclame «&nbsp;pas d’État&nbsp;»&nbsp;; tandis que sa pratique est&nbsp;: «&nbsp;l’État au service des monopoles&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><strong>La zone des tempêtes</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Mao n’avait pas tort, lorsqu’il affirmait que le capitalisme (réellement existant, c’est-à-dire impérialiste par nature)
    n’avait rien à offrir aux peuples des trois continents (la périphérie constituée par l’Asie, l’Afrique et l’Amérique latine – cette «&nbsp;minorité&nbsp;» qui rassemble 85% de la population de la
    planète&nbsp;!) et que donc le Sud constituait la «&nbsp;zone des tempêtes&nbsp;», c’est-à-dire des révoltes répétées, potentiellement (mais seulement potentiellement) porteuses d’avancées
    révolutionnaires en direction du dépassement socialiste du capitalisme.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le «&nbsp;printemps arabe&nbsp;» s’inscrit dans cette réalité. Il s’agit de révoltes sociales potentiellement porteuses de
    la cristallisation d’alternatives, qui peuvent à long terme s’inscrire dans la perspective socialiste. C’est la raison pour laquelle le système capitaliste, le capital des monopoles dominants à
    l’échelle mondiale, ne peut tolérer le développement de ces mouvements. Il mobilisera tous les moyens de déstabilisation possibles, des pressions économiques et financières à la menace militaire.
    Il soutiendra, selon les circonstances, soit les fausses alternatives fascistes ou fascisantes, soit la mise en place de dictatures militaires. Il ne faut pas croire un mot de ce que dit Obama.
    Obama, c’est Bush, mais avec un autre langage. Il y a là une duplicité permanente dans le langage des dirigeants de la triade impérialiste (États-Unis, Europe occidentale, Japon).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Je n’ai pas l’intention, dans cet article, d’examiner avec autant de précision chacun des mouvements en cours dans le monde
    arabe (Tunisie, Libye, Syrie, Yémen et autres). Car les composantes du mouvement sont différents d’un pays à l’autre, tout comme le sont les formes de leur intégration dans la mondialisation
    impérialiste et les structures des régimes en place.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La révolte tunisienne a donné le coup d’envoi et a certainement fortement encouragé les Egyptiens. Par ailleurs, le
    mouvement tunisien bénéficie d’un avantage certain&nbsp;: la semi laïcité introduite par Bourguiba ne pourra sans doute pas être remise en cause par les Islamistes rentrés de leur exil en Grande
    Bretagne. Mais, simultanément, le mouvement tunisien ne paraît pas être en mesure de remettre en question le modèle de développement extraverti inscrit dans la mondialisation capitaliste
    libérale.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La Libye n’est ni la Tunisie, ni l’Égypte. Le bloc au pouvoir (Khadafi) et les forces qui se battent contre lui n’ont rien
    d’analogues avec ce qu’ils sont en Tunisie et en Égypte. Khadafi n’a jamais été qu’un polichinelle dont le vide de la pensée trouve son reflet dans son fameux «&nbsp;Livre vert&nbsp;». Opérant
    dans une société encore archaïque, il pouvait se permettre de tenir des discours successifs - sans grande portée réelle - «&nbsp;nationalistes et socialistes&nbsp;» puis se rallier le lendemain
    au «&nbsp;libéralisme&nbsp;». Il l’a fait «&nbsp;pour faire plaisir aux Occidentaux&nbsp;»&nbsp;!, comme si le choix du libéralisme n’aurait pas d’effets dans la société. Or, il en a eu, et, très
    banalement, aggravé les difficultés sociales pour la majorité. Les conditions étaient alors créées qui ont donné l’explosion qu’on connaît, immédiatement mise à profit par l’Islam politique du
    pays et les régionalismes. Car la Libye n’a jamais vraiment existé comme nation. C’est une région géographique qui sépare le Maghreb et le Mashreq. La frontière entre les deux passe précisément
    au milieu de la Libye. La Cyrénaïque est historiquement grecque et hellénistique, puis est devenue mashréqine. La Tripolitaine, elle, a été latine et est devenue maghrébine. De ce fait, il y a
    toujours eu une base pour des régionalismes dans le pays.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">On ne sait pas réellement qui sont les membres du Conseil national de transition de Benghazi. Il y a peut-être des
    démocrates parmi eux, mais il y a certainement des islamistes, et les pires d’entre eux, et des régionalistes. Dès l’origine, «&nbsp;le mouvement&nbsp;» a pris en Libye la forme d’une révolte
    armée, faisant feu sur l’armée, et non celle d’une vague de manifestations civiles. Cette révolte armée a par ailleurs appelé immédiatement l’Otan à son secours. L’occasion était alors donnée
    pour une intervention militaire des puissances impérialistes. L’objectif poursuivi n’est certainement ni la «&nbsp;protection des civils&nbsp;» ni la «&nbsp;démocratie&nbsp;», mais le contrôle du
    pétrole et l’acquisition d’une base militaire majeure dans le pays.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Certes, les compagnies occidentales contrôlaient déjà le pétrole libyen, depuis le ralliement de Khadafi au
    «&nbsp;libéralisme&nbsp;». Mais avec Khadafi on n’est jamais sûr de rien. Et s’il retournait sa veste et introduisait demain dans son jeu les Chinois ou les Indiens&nbsp;? Il y a plus grave.
    Khadafi avait, dès 1969, exigé l’évacuation des bases britanniques et états-uniennes mises en place au lendemain de la seconde guerre mondiale. Aujourd’hui, les États-Unis ont besoin de
    transférer l’Africom (le commandement militaire des États-Unis pour l’Afrique, une pièce importante du dispositif du contrôle militaire de la planète, toujours localisé à Stuttgart&nbsp;!) en
    Afrique. Or l’Union Africaine refuse de l’accepter et jusqu’à ce jour aucun État africain n’a osé le faire. Un laquais mis en place à Tripoli (ou à Benghazi) souscrirait évidemment à toutes les
    exigences de Washington et de ses alliés subalternes de l’OTAN.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les composantes de la révolte en Syrie n’ont jusqu’à présent pas fait connaître leurs programmes. Sans doute la dérive du
    régime baassiste, rallié au néo-libéralisme et singulièrement passif face à l’occupation du Golan par Israël est-elle à l’origine de l’explosion populaire. Mais il ne faut pas exclure
    l’intervention de la CIA&nbsp;: on parle de groupes qui ont pénétré à Diraa en provenance de la Jordanie voisine. La mobilisation des Frères Musulmans, qui avaient été à l’origine il y a quelques
    années des insurrections de Hama et de Homs, n’est peut-être pas étrangère au complot de Washington, qui s’emploie à mettre un terme à l’alliance Syrie/Iran, essentielle au soutien de Hezbollah
    au Liban et de Hamas à Gaza.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Au Yemen l’unité s’était construite sur la défaite des forces progressistes qui avaient gouverné le Sud du pays. Le
    mouvement va-t-il rendre sa vitalité à ces forces&nbsp;? Pour cette raison on comprend les hésitations de Washington et du Golfe.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">A Bahrein la révolte a été tuée dans l’œuf par l’intervention de l’armée séoudienne et le massacre, sans que les médias
    dominants n’y aient trouvé à redire. Deux poids, deux mesures, comme toujours.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La «&nbsp;révolte arabe&nbsp;» ne constitue pas l’exemple unique, même si elle en est l’expression la plus récente, de la
    manifestation de l’instabilité inhérente à la «&nbsp;zone des tempêtes&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Une première vague de «&nbsp;révolutions&nbsp;», si on les appelle ainsi, avait balayé certaines dictatures en Asie (les
    Philippines, l’Indonésie) et en Afrique (le Mali), qui avaient été mises en place par l’impérialisme et les blocs réactionnaires locaux. Mais ici les États-Unis et l’Europe étaient parvenus à
    faire avorter la dynamique de ces mouvements populaires, parfois gigantesques par les mobilisations qu’ils ont suscitées. Les États-Unis et l’Europe veulent répéter dans le monde arabe ce qui
    s’est passé au Mali, aux Philippines et en Indonésie&nbsp;: tout changer pour que rien ne change&nbsp;! Là-bas, après que les mouvements populaires se sont débarrassés de leurs dictateurs, les
    puissances impérialistes se sont employées à ce que l’essentiel soit préservé par la mise en place de gouvernements alignés sur le néolibéralisme et les intérêts de leur politique étrangère. Il
    est intéressant de constater que dans les pays musulmans (Mali, Indonésie), l’Islam politique a été mobilisé à cet effet.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">La vague des mouvements d’émancipation qui a balayé l’Amérique du Sud a par contre permis des avancées réelles dans les
    trois directions que représentent la démocratisation de l’État et de la société, l’adoption de postures anti-impérialistes conséquentes, l’engagement sur la voie de réformes sociales
    progressistes.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le discours dominant des médias compare les «&nbsp;révoltes démocratiques&nbsp;» du tiers monde à celles qui ont mis un
    terme aux «&nbsp;socialismes&nbsp;» de l’Europe orientale à la suite de la chute du «&nbsp;mur de Berlin&nbsp;». Il s’agit là d’une supercherie pure et simple. Car, quelles qu’aient été les
    raisons (compréhensibles) des révoltes en question, celles-ci s’inscrivaient dans la perspective de l’annexion de la région par les puissances impérialistes de l’Europe de l’Ouest (au bénéfice de
    l’Allemagne en premier lieu). En fait, réduits désormais au statut de «&nbsp;périphéries&nbsp;» de l’Europe capitaliste développée, les pays de l’Europe orientale connaîtront demain leur révolte
    authentique. Il y en a déjà les signes annonciateurs, dans l’ex-Yougoslavie en particulier.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les révoltes, potentiellement porteuses d’avancées révolutionnaires, sont à prévoir partout ou presque dans les trois
    continents, qui demeurent, plus que jamais, la zone des tempêtes, démentant par là les discours sirupeux sur le «&nbsp;capitalisme éternel&nbsp;» et la stabilité, la paix, le progrès démocratique
    qu’on lui associe. Mais ces révoltes, pour devenir des avancées révolutionnaires, devront surmonter de nombreux obstacles&nbsp;: d’une part, surmonter les faiblesses du mouvement, construire des
    convergences positives entre ses composantes, concevoir et mettre en œuvre des stratégies efficaces, mais aussi d’autre part mettre en déroute les interventions (y compris militaires) de la
    triade impérialiste. Car toute intervention militaire des États-Unis et de l’OTAN dans les affaires des pays du Sud, sous quelque prétexte que ce soit fût-il d’apparence sympathique - comme
    l’intervention «&nbsp;humanitaire&nbsp;» - doit être proscrite. L’impérialisme ne veut ni le progrès social, ni la démocratie pour ces pays. Les laquais qu’il place au pouvoir quand il gagne la
    bataille resteront des ennemis de la démocratie. On ne peut que déplorer que la «&nbsp;gauche&nbsp;» européenne, même radicale, ait cessé de comprendre ce qu’est l’impérialisme.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le discours dominant aujourd’hui appelle à la mise en œuvre d’un «&nbsp;droit international&nbsp;» qui autorise en principe
    l’intervention lorsque les droits fondamentaux d’un peuple sont bafoués. Mais les conditions ne sont pas réunies pour permettre d’avancer dans cette direction. La «&nbsp;communauté
    internationale&nbsp;» n’existe pas. Elle se résume à l’ambassadeur des États-Unis, suivi automatiquement par ceux de l’Europe. Faut-il faire la longue liste de ces interventions plus que
    malheureuses, criminelles dans leurs résultats (l’Irak, par exemple)&nbsp;? Faut-il rappeler le principe «&nbsp;deux poids, deux mesures&nbsp;» qui les caractérise (on pensera évidemment aux
    droits bafoués des Palestiniens et au soutien inconditionnel à Israël, aux innombrables dictatures toujours soutenues en Afrique)&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="color: #000000;"><span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica;"><strong>LE PRINTEMPS DES PEUPLES DU SUD ET L’AUTOMNE DU CAPITALISME</strong></span></span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Les «&nbsp;printemps&nbsp;» des peuples arabes, comme ceux que les peuples d’Amérique latine connaissent depuis deux
    décennies, que j’appelle la seconde vague de l’éveil des peuples du Sud – la première s’était déployée au 20 ième siècle jusqu’à la contre-offensive du capitalisme/impérialisme néo libéral –
    revêt des formes diverses allant des explosions dirigées contre les autocraties qui ont précisément accompagné le déploiement néo libéral à la remise en cause de l’ordre international par les
    «&nbsp;pays émergents&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Ces printemps coïncident donc avec «&nbsp;l’automne du capitalisme&nbsp;», le déclin du capitalisme des monopoles
    généralisés, mondialisés et financiarisés. Les mouvements partent, comme ceux du siècle précédent, de la reconquête de l’indépendance des peuples et des Etas des périphéries du système, reprenant
    l’initiative dans la transformation du monde. Ils sont donc avant tout des mouvements anti impérialistes et donc seulement potentiellement anti capitalistes. Si ces mouvements parviennent à
    converger avec l’autre réveil nécessaire, celui des travailleurs des centres impérialistes, une perspective authentiquement socialiste pourrait se dessiner à l’échelle de l’humanité entière. Mais
    cela n’est en aucune manière inscrit à l’avance comme une «&nbsp;nécessité de l’histoire&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le déclin du capitalisme peut ouvrir la voie à la longue transition au socialisme comme il peut engager l’humanité sur la
    voie de la barbarie généralisée. Le projet de contrôle militaire de la planète par les forces armées des Etats Unis et de leurs alliés subalternes de l’Otan, toujours en cours, le déclin de la
    démocratie dans les pays du centre impérialiste, le refus passéiste de la démocratie dans les pays du Sud en révolte (qui prend la forme d’illusions para religieuses
    «&nbsp;fondamentalistes&nbsp;» que les Islam, Hindouisme et Bouddhisme politiques proposent) opèrent ensemble dans cette perspective abominable. La lutte pour la démocratisation laïque prend
    alors une dimension décisive dans le moment actuel qui oppose la perspective d’une émancipation des peuples à celle de la barbarie généralisée.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Lectures complémentaires&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">&nbsp;Hassan Riad, L’Egypte nassérienne, Minuit 1964  &nbsp;Samir Amin, La nation arabe, Minuit 1976  &nbsp;Samir Amin, A
    life looking forward, Memories of an independent Marxist, Zed, London 2006  &nbsp;Samir Amin, L’éveil du Sud&nbsp;; Le temps des cerises, 2008</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le lecteur y trouvera mes lectures des réalisations du Vice-Roi Muhammad Ali (1805-1848) et des Khédives qui lui ont
    succédé, en particulier d’Ismail (1867-79), du Wafd (1920-1952), des positions du communisme égyptien face au nassérisme, de la dérive de la Nahda d’Afghani à Rachid Reda.</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, Actes Sud, 2009. Il s’agit là de la meilleure analyse des composantes de l’Islam
    politique (de Rachid Reda et des Frères Musulmans, des Salafistes modernes).</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Concernant le rapport entre le conflit nord/Sud et celui qui oppose l’amorce de la transition socialiste à la poursuite du
    déploiement du capitalisme, voir&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">&nbsp;Samir Amin, La crise, sortir de la crise du capitalisme ou sortir du capitalisme en crise&nbsp;?&nbsp;; Le Temps des
    Cerises, 2009  &nbsp;Samir Amin, La loi de la valeur mondialisée&nbsp;; Le temps des cerises, 2011  &nbsp;Samir Amin, Pour la cinquième internationale&nbsp;; Le temps des cerises, 2006
     &nbsp;Samir Amin, The long trajectory of historical capitalism&nbsp;; Monthly Review, New York, february 2011  &nbsp;Gilbert Achcar, Le choc des barbaries, Ed Complexe, Bruxelles</span>
  </p>
  <p style="margin-bottom: 13pt; text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Le Caire et Paris, mai 2011</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">* Samir Amin est directeur du Forum du Tiers monde</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 11pt; font-family: Helvetica; color: #000000;">Source : <a href="http://pambazuka.org">http://pambazuka.org</a><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Mon, 13 Jun 2011 17:32:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4a8b9ad06f60cb25dac4f28a34b1d361</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-2011-le-printemps-arabe-76598347-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Vitrolles. La fête du NPA sous le signe des révolutions dans le monde arabe]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-vitrolles-la-fete-du-npa-sous-le-signe-des-revolutions-dans-le-monde-arabe-76403863.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Samedi 18 juin à partir de 17h</span></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt;"><strong><span style="color: #ff0000;">Tunisie, Egypte, Libye, Syrie, Yemen… à qui le tour ?</span></strong></span><br>
    <em><span style="font-size: 12pt; color: #ff0000;"><strong>Quels processus ? Pourquoi ce processus ? Les causes ? Quels enjeux de part et d’autre de</strong></span></em><br>
    <em><span style="font-size: 12pt; color: #ff0000;"><strong>la Méditerranée ? Quels liens avec la crise du capitalisme ? Quelles tâches de solidarités ?</strong></span></em><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><strong>&nbsp;</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><strong>Témoignages et analyses avec Lotfi CHAWQUI (Commission Maghreb NPA),</strong></span><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><strong>Mohamed AMAMI (Militant Révolutionnaire Tunisien ex-membre de l’UGTT),</strong></span><br>
    <span style="font-size: 12pt; color: #000000;"><strong>Thomas SOMMER-HOUDEVILLE (membre de la première flottille de la liberté pour</strong></span><span style=
    "font-size: 12pt; color: #000000;"><strong>Gaza, auteur de « La flottille » et coordinateur de la seconde flottille).</strong></span><br>
    <br>
  </p>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: center;">
    <img src="http://img.over-blog.com/354x500/0/08/24/30/Solidarite-internationale/image001.png" class="noAlign" alt="image001.png" height="500" width="354">
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sat, 11 Jun 2011 15:39:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ad7fb16faa32c7b7cd670695663b1523</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-vitrolles-la-fete-du-npa-sous-le-signe-des-revolutions-dans-le-monde-arabe-76403863-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le port d’Alger paralysé depuis 4 jours]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-le-port-d-alger-paralyse-depuis-4-jours-74161130.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><strong>Les travailleurs durcissent le ton</strong></span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><em>Une rupture entre les dockers et leurs représentants de la section syndicale affiliée à l’UGTA se profile. Après 4 jours de grève qui a gelé l’activité du port
    d’Alger, les deux parties n’arrivent toujours pas à s’entendre sur les procédures à suivre</em>.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;"><img src="http://idata.over-blog.com/0/08/24/30/Algerie/port_478033_465x348.jpg" class="noAlign" alt="port_478033_465x348.jpg" height="348" width="465">La
    suspension de la grève est la condition préalable exigée par les représentants de l’UGTA pour entamer les négociations avec l’administration. Mais cette condition a été catégoriquement refusée
    par les grévistes. Hier encore, après une réunion de plus de deux heures avec l’administration, les syndicalistes sont sortis non pas avec des décisions convaincantes, mais avec l’idée de mettre
    fin à la grève qu’ils jugent illégale. Ils ont tenté durant l’après-midi de convaincre les grévistes de reprendre le travail puis entamer des négociations afin d’obtenir ce qu’ils réclament.
    «L’union locale affiliée à l’UGTA déclare la grève illégale, car il n’y a pas de préavis de grève», a déclaré Abdelaziz Lahlou, membre de la section syndicale du port d’Alger.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Concernant les journaliers, ce syndicaliste affirme que «l’UGTA a promis leur régularisation d’ici la fin de l’année». Cependant, les dockers refusent les promesses
    dont ils se disent victimes à chaque fois. «Les représentants de l’UGTA veulent nous convaincre de reprendre le travail. Mais jusque-là, ce syndicat ne nous a rien apporté», a dénoncé un
    travailleur journalier qui réitère qu’une note portant sur la régularisation de tous les journaliers a été communiquée en 2008. Mais jusque-là, 240 travailleurs demeurent journaliers.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">Les grévistes sont prêts pour une paralysie totale du port d’Alger. Les travailleurs de tous les services ont opté pour la grève illimitée jusqu’à la satisfaction
    de leur revendication.</span><br>
    <br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Le représentant du syndicat, pour sa part, accuse certaines parties de manipuler ce mouvement de protestation. «Il y a certains parmi le personnel de la manutention
    qui manipulent les travailleurs. Il y a ceux qui sont contre la grève, mais ont peur de reprendre le travail.» Un petit groupe de travailleurs est-il en mesure de menacer 3000 employés pour
    observer la grève contre leur volonté ? Selon les dires du syndicaliste de l’UGTA, ceux qui sont pour la grève sont une minorité. Ils ont réussi à manipuler les autres, mettant l’action sur le
    fait que les membres de la section syndicale du port d’Alger s’en démarquent. Mais les témoignages recueillis hier sur le terrain révèlent d’autres réalités. Les grévistes demandent
    l’augmentation du salaire de base. Certains sont journaliers, d’autres contractuels ou permanents.</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Mais leurs conditions socioprofessionnelles semblent les mêmes. Ils se plaignent tous de la politique salariale adoptée et de l’«injustice» dans l’attribution des
    primes qu’ils jugent «octroyées arbitrairement», notamment aux marins.</span><br>
    <span style="font-size: 10pt;">M. Lahlou estime que cette prime est concédée spécialement aux marins. Mais ce syndicaliste n’exclut pas l’ouverture du dossier portant sur la révision des primes,
    à condition que les travailleurs mettent fin à leur débrayage. Nous avons tenté d’avoir la position des responsables de l’entreprise portuaire d’Alger vis-à-vis de cette grève, en
    vain.&nbsp;&nbsp;</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Djedjiga Rahmani</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt;"><a href=
    "http://www.elwatan.com/actualite/les-travailleurs-durcissent-le-ton-19-05-2011-125085_109.php">http://www.elwatan.com/actualite/les-travailleurs-durcissent-le-ton-19-05-2011-125085_109.php</a><br></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Thu, 19 May 2011 08:36:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">14637ccb98d7d06c32a5a47c2a289bc9</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-le-port-d-alger-paralyse-depuis-4-jours-74161130-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[A qui profite l’attentat criminel de Marrakech ?]]></title>
        <link>http://www.internationalistes13.org/article-a-qui-profite-l-attentat-criminel-de-marrakech-72928919.html</link>        <description><![CDATA[<p>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">L’acte odieux perpétré ce jeudi sur la place de Jamaa la Fna à Marrakech, ne peut laisser insensibles les organisations du tissu associatif maghrébin en
    France.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Au-delà de la condamnation de ce crime, les associations signataires tiennent à exprimer leur indignation et leur crainte quant à l’exploitation&nbsp; ignoble
    qui peut être faite pour porter atteinte aux droits de l’Homme au Maroc.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Faut-il rappeler que c’est à la suite des actes similaires en mai 2003, qu’une loi dite « anti-terroriste » a été promulguée dans la précipitation et utilisée
    pour procéder à des enlèvements arbitraires et à pratiquer la torture dans le nouveau centre de Témara et à condamner injustement des centaines de personnes uniquement sur la base de soupçons
    d’appartenance à des prétendus réseaux terroristes !!!</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">D’autre part, cet attentat, arrive à point nommé pour ceux qui voient d’un mauvais œil la dynamique enclenchée par le mouvement des jeunes du « 20 février »,
    avec ses premiers résultats (un large soutien populaire, l’ébauche d’un large débat sur les maux qui gangrènent la société : la corruption, la justice et les moyens de communication qui sont au
    service exclusif du pouvoir, etc.)</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Depuis que le souffle de liberté qui a jailli avec la révolution tunisienne, la jeunesse marocaine, à l’instar d’autres jeunesses de la région et du monde,
    amplifie sa lutte et réaffirme avec un grand sens de responsabilité et par des marches pacifiques sa&nbsp; quête indéniable pour une véritable démocratie où le citoyen puisse jouir pleinement de
    la liberté, de la dignité et de la justice sociale.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Les auteurs et instigateurs de cet acte criminel, cherchent-ils à donner un coup de frein à cette formidable dynamique initiée par le mouvement des
    jeunes?</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Par ailleurs, et comme à l’accoutumée, les migrants maghrébins en Europe, risquent de subir les répercussions néfastes de ces attentas, par le biais des
    politiques basées sur des amalgames divers, sur la stigmatisation de l’étranger et l’islamophobie.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<span style="font-size: 10pt;">Les associations signataires,</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; condamnent cet&nbsp; attentat criminel,</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; présentent leurs sincères condoléances aux familles des victimes ;</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; réaffirment leur attachement à poursuivre leurs combats contre les atteintes des droits humains ;</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; apportent leur soutien aux luttes du mouvement démocratique et progressiste marocain pour l’établissement
    d’un Etat de droit au Maroc</span><br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">-&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; expriment leur vigilance quant à l’intransigeance de faire aboutir la dynamique enclenchée pour la
    démocratie, la liberté, la dignité et la justice sociale.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <br>
    <span style="font-size: 10pt;">Paris, le 29 avril 2011.</span><br>
    <br>
    &nbsp;<br>
    <span style="font-size: 10pt;">Premiers signataires : ASDHOM,&nbsp; ATMF, Les Amis de l’AMDH- Paris,&nbsp; FTCR, EMCEMO</span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 01 May 2011 17:56:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">7ba64799e770e5bcd800e7dbee777d6a</guid>
                <category>Maghreb</category>        <comments>http://www.internationalistes13.org/article-a-qui-profite-l-attentat-criminel-de-marrakech-72928919-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
