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Internationalistes 13

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Blog de la commission internationale du Nouveau Parti Anticapitaliste 13

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TUNISIE LA RÉPRESSION EN MARCHE

C.R.L.D.H. Tunisie
اللجنة من أجل احترام الحريات وحقوق الإنسان في تونس
Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie
membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme
21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  - Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
contact@crldht.org / www.crldht.org


L’audience du Tribunal du 19 Novembre
du procès de Taoufik Ben Brik


 Le procès de Taoufik Ben Brik s’est ouvert ce matin, jeudi 19 novembre, à Tunis devant le tribunal de grande instance dans un contexte politique de grande crispation aggravé par le déploiement d’un dispositif de police impressionnant et disproportionné.

 À cette occasion les rédacteurs en chef de trois journaux hebdomadaires de l’opposition véritable et les principaux dirigeants de trois partis se sont vus interdire l’accès à leurs propres locaux ! L’objectif recherché a été, semble-t-il, de dissuader les délégations européennes présentes à Tunis de rendre visite à ces partis et/ou à la quinzième de composantes autonomes de la société civile prêtes à les accueillir. 

 L’audience du procès de Taoufik Ben Brik du 19 novembre a été interdite aux observateurs associatifs ainsi qu’à Me Houcine Bardi, du barreau de Paris, mandaté par le CRLDHT pour assister à ce procès qui sera suivi, le 26 novembre, par la deuxième audience du procès de Zouhair Makhlouf, puis le 30 novembre, par celle des étudiants arrêtés le 2 novembre 2009.  

 L’audience du 19 novembre a été suivie par trois avocats français, Me William Bourdon, avocat de Taoufik Ben Brik, et Me Léa Forestier (qui ont été accompagnés, à partir de Paris, par Sihem Ben Sedrine, Jean François Julliard, secrétaire général de RSF, Hélène Flautre, députée européenne et d’une équipe de FR3) et Me François Xavier Matteoli, ancien-bâtonnier des Hautes de Seine, mandaté par la FIDH et le REMDH.

 La veille, Me Mohamed Hassani Idrissi (Maroc), mandaté par le Groupe de Travail sur la liberté d’expression en Afrique du Nord (WGFENA) et Me Houcine Zaouhane (Algérie) avaient été refoulés à l’aéroport de Tunis-Carthage.

 L’audience du 19 novembre 2009 a été conduite au pas de charge (voir compte rendu ci-dessous) et de façon expéditive par le magistrat aux ordres, Fawzi Jebali, en présence uniquement des avocats et de trois membres de la famille de Taoufik Ben Brik (Azza son épouse et son frère et sa sœur, Jallel et Saida Zoghlami) ; les représentants des associations tunisiennes ayant été empêchés d’accéder à la salle d’audience.

 Sur la liste des 15 avocats choisis par leurs pairs et le bâtonnier Bechir Essid pour plaider au nom des 57 avocats qui se sont constitués dans cette affaire, seuls quatre ont pu plaider : Me Mokhtar Trifi (Président de la LTDH), Me Radhia Nasraoui (Présidente de l’ALTT), Me Chokri Belaid et Me Ahmed Nejib Chebbi.

 À la suite de la protestation des avocats et du bâtonnier contestant le droit de décider de l’ordre des plaidoiries que s’est arrogé le Président du Tribunal, ce dernier a interrompu l’audience de façon arbitraire annonçant que le prononcé du verdict aurait lieu le 26 novembre 2009.  

 Une fois de plus, la justice aux ordres a montré le peu de cas qu’elle fait des règles les plus élémentaires des droits de la défense et du droit à un procès équitable. 

 En dépit des informations qui ont circulés concernant des tractations en vue d’une présence d’observateurs diplomates européens ; l’Union Européenne et tous les états membres n’ont dépêché à l’audience aucun observateur.

Paris. Une soirée de Solidarité réussie

 C’est d’ailleurs ce qu’avaient prévu, au cours de la soirée de solidarité du 18 novembre, la plupart des intervenants.

 Une soirée politique, avec des moments de grande émotion, mais aussi festive avec une animation musicale de Mohamed Bhar.

 Coordonnée par Daniel Mermet, le célèbre journaliste de France Inter, et Omeya Essedik, les interventions brèves et diversifiées ont donné l’occasion à une quinzaine de personnes d’alterner les témoignages et les prises de position solidaires.

 Entamée par la lecture par Khemais Chammari (membre a Tunis du Comite de soutien a Taoufik Ben Brik et a Zouhair Makhlouf et de la nouvelle Commission Nationale pour la liberté d’expression et d’information en Tunisie) qui a lu l’émouvante lettre poème de prison écrite au cours de sa détention par Taoufik Ben Brik et intitulée « Le poète et le tyran », avant d’évoquer un certain nombre de brèves informations[1] ; la parole a été donnée à Maitre Michel Tubiana, Président d’honneur de la LDH et Vice Président de la Plate forme Euromed des ONG ; Mme Alima Boumedienne Thierry, sénatrice ; M. Pierre Laurent du PCF, M. Pierre Baron du NPA ; M. Robert Menard (ancien Président de RSF) ; M. Dominique Gerbaud, président de RSF[2], Mme Florence Aubenas, du Nouvel Observateur; M. François Gèze[3], directeur des éditions « La Découverte » et membre du « Comite International pour la libération de Taoufik Ben Brik ; Mme Geneviève Garigou, Présidente de la section française d’Amnesty international ;Kamel Jendoubi, Président du CRLDHT et du REMDH ; Mme Nahla Chahal, journaliste universitaire et porte parole de la « Campagne Civile internationale pour la protection du peuple palestinien » et M. Haytham Manna, porte parole de la « Commission Arabe des Droits de l’Homme ».

 Les engagements pris avec la mairie du 2eme arrondissement, le programme d’animation musical prévu par les organisateurs ont contraint ces derniers à s’en tenir à cette quinzaine de prises de parole[4].

 Une soirée solidaire, conviviale et d’une grande intensité au cours de laquelle Daniel Mermet a interviewé, à partir de Tunis par téléphone, Jalel Zoghlami ; le frère de Taoufik Ben Brik qui a témoigné de l’importance du dispositif policier déployé autour de la maison de Taoufik et Azza Ben Brik dont l’accès a été interdit de façon brutale aux représentants des associations et des partis tunisiens.

 Au terme de la réunion, le CRLDHT et la FTCR ont appelé à l’organisation, dans les semaines à venir, de rencontres aussi largement unitaires que celle du 18 novembre afin de renforcer l’élan de la mobilisation opérée depuis dix jours face à la fuite en avant répressive dans laquelle s’est engagé l’Etat-RCD au lendemain des élections-plébiscite du 25 Octobre 2009 marqué par un rituel d’allégeance comme la Tunisie n’a pas connu d’équivalent depuis l’indépendance en 1956. 

 Paris, le 19 Novembre 2009

Publié le 21/11/2009 à 07h12 dans Maghreb

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