OPERATIONS OMO
par M. Saadoune
Un autre scientifique iranien a été assassiné en Iran. Ce n'est pas la première «tête» iranienne liée à la spécialité du nucléaire à tomber dans la guerre sans
merci livrée par les services occidentaux et par Israël contre les savants iraniens. On peut s'étonner qu'après les précédents assassinats, les services de sécurité iraniens ne parviennent pas à
sécuriser les savants iraniens qui sont une cible désignée de manière ouverte.
Le modus-operandi de ces opérations «Omo», qui est pratiquement le même - un homme à moto qui place une charge sous le véhicule de la cible -, aurait dû inciter à
rechercher une parade. Il est vrai qu'il n'est pas aisé de sécuriser des chercheurs et des savants quand ils continuent à mener, en parallèle à leur activité professionnelle, une vie
«normale».
Il y a pourtant un état de guerre déclaré aux savants et scientifiques iraniens qui pousserait à prendre des dispositions spéciales pour les préserver. En accusant
Israël et les Etats-Unis, les responsables iraniens ne font pas dans la litote propagandiste. Il s'agit très clairement de liquider les scientifiques iraniens et de les mettre dans une situation
d'insécurité afin d'entraver le programme nucléaire de l'Iran. Des actes et des opérations qui peuvent, sans aucune ambiguïté, être qualifiés de «terroristes» ont été commis contre des
scientifiques iraniens et une attaque informatique de grande ampleur qui ne peut qu'être le fait des moyens d'un Etat a été lancée pour entraver les activités d'enrichissement.
Le terme galvaudé de «guerre de l'ombre» ne doit pas faire écran au fait que l'on est bel et bien devant des entreprises terroristes d'assassinats organisées par
des Etats. Les responsables iraniens ne se trompent pas en qualifiant ce nouvel assassinat «d'action terroriste». La multiplication des assassinats et des tentatives de liquidation qui toutes
ne réussissent pas confirme très clairement qu'aux yeux des ennemis de l'Iran, l'arme de destruction massive, c'est la tête des savants iraniens.
Durant toutes ces dernières années de bras de fer autour du programme nucléaire iranien, il est devenu clair que le problème n'est pas que l'Iran cherche à posséder
la bombe nucléaire ce qu'il nie avec force mais d'avoir la «capacité» de faire la bombe. Maîtriser le processus d'enrichissement de l'uranium qu'aucune disposition du Traité de
non-prolifération n'interdit et qui peut être fait à des fins civiles est considéré comme un saut qualitatif intolérable dans une région où les Américains veulent préserver la suprématie et le
monopole nucléaire d'Israël. Mme Hillary Clinton affirme qu'aucune «raison crédible» ne justifie que l'Iran produise de l'uranium enrichi.
Hormis une volonté de lui imposer une interdiction d'enrichir l'uranium qui n'est pas prévue par le TNP, on chercherait plutôt quelles seront les «raisons
crédibles» devant amener l'Iran à renoncer à ce que le droit international lui permet. Les pressions croissantes contre ce pays et les menaces ouvertes dont il fait l'objet sont plutôt de nature
à inciter l'Iran à aller de l'avant dans la maîtrise du nucléaire. A plus forte raison quand c'est le «potentiel» de ses savants qui pose problème à Israël et aux Occidentaux.
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