2 février 2012
Quel message voulaient envoyer ceux qui sont à l’origine des crimes commis contre « les Ultras » (supporters du club de
football du Caire), et qui ont fait 75 martyrs ?
Voulaient-ils réprimer des forces et des groupes qui ont participé à la révolution, et qui continuent à s’opposer au Conseil militaire ?
Ou bien ce crime, qui a eu lieu pour la date anniversaire de la « bataille des chameaux », a-t-il voulu confirmer que les commanditaires de cette bataille
estiment que le pouvoir et les forces qu’ils continuent à détenir les autorisent à commettre de nouveaux crimes ?
Le fait que ces crimes se soient passés quelques jours après la levée l’état d’urgence cherche-t-il à prouver que, sans celui-ci, la sécurité n’est pas
assurée ?
Ou bien encore, ce crime veut-il accréditer un scénario de route vers le chaos incluant des actes de vandalisme (comme cela avait été le cas avec le grand
incendie du Caire en 1952) ? Et cela après que les forces révolutionnaires soient parvenues à protéger l’honneur de la révolution et aient mis en lumière les prétendus grands risques qu’elle
ferait courir au pays.
Quel que soit le message que ce crime veut faire passer, la seule réponse des forces révolutionnaires est de dire « Non ». Les crimes commis contre les forces
révolutionnaires n’arrêteront pas la révolution, et ne terroriseront pas les révolutionnaires.
Les responsables de la « bataille des chameaux » de 2011, qui sont protégés par le Conseil militaire, ne parviendront pas à leurs fins. Ils échoueront comme la
précédente fois. Ils vont précipiter le régime actuel dans le même gouffre où ils ont mené celui de Moubarak. Les lois d’urgence qui n’ont pas pu protéger Moubarak, ne sauveront pas le maréchal
Tantaoui (au pouvoir depuis le 11 février 2011).
La machination actuelle a été mal organisée : elle n’est pas parvenue à masquer la complicité des forces de sécurité qui sont restées pendant des heures sans
broncher face aux massacres meurtriers. Celles-ci n’ont pas levé le petit doigt pour protéger les victimes. La seule conclusion que peuvent en tirer les révolutionnaires, c’est que la révolution
doit continuer, qu’elle doit remplir sa mission de briser le régime mis en place par Moubarak : le Conseil militaire, qui en constitue l’armature essentielle, n’a jamais cessé de défendre
Moubarak et son régime.
Le groupe de supporters de football « Ultras » qui s’est engagé très tôt dans la révolution et a milité dans les rangs révolutionnaires, fait la preuve chaque jour
qu’il est partie prenante de la révolution. Les « Ultras » se sont mis en place en Egypte comme réaction spontanée à la domination de la politique du profit et à la rapacité des capitalistes
envers le football. Ceux-ci ont transformé le foot en marché publicitaire, augmenté le prix des billets, mis en place un monopole sur la diffusion des matchs, et imposé la barbarie des forces de
l’ordre chargés de la sécurité.
Les « Ultras » ont été réprimés comme les autres groupes égyptiens s’opposant à l’oppression et à l’exploitation. Il n’était pas surprenant que les « Ultras »
prennent leur place au sein de la révolution égyptienne éprise de liberté et de justice. Ceux-ci assument pour cette cause tous les sacrifices faits par les forces révolutionnaires et militantes,
refusant que le Conseil militaire vole la révolution et rétablisse le régime d’oppression et d’exploitation.
Le crime qui a été commis lors de l’anniversaire de la « bataille des chameaux » n’est qu’une nouvelle tentative d’affaiblir les forces révolutionnaires après
l’échec de la politique de dénigrement, de répression et de tentative de les terroriser. Tout cela n’a pas réussi à pousser les révolutionnaires à la résignation.
Les Socialistes révolutionnaires soutiennent les « Ultras » face à ce crime. Il est nécessaire que toutes les forces révolutionnaires et militantes serrent les
rangs et soutiennent la révolution.
La première de nos revendications, c’est que toute la lumière soit faite sur cette machination, et que soient connues et punies les personnes impliquées, ou qui ont
failli à leur devoir face à celle-ci.
Vive l’Ultra en tant que groupe militant !
Gloire aux martyrs !
La révolution triomphera !
Honte aux criminels !
* Tract distribué par les Socialistes révolutionnaires à la manifestation du jeudi 2 février au Caire. Traduit de l’arabe par RF. Les passages mis entre
parenthèses ont été ajoutés par le traducteur.
Un an après le départ d'Hosni Moubarak, des milliers d'Égyptiens se sont à nouveau rassemblés Place Tahrir pour fêter le premier anniversaire de la révolte et crier
leur colère contre une révolution inachevée.
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11 et 12 janvier 2 débats avec Philip Rizq en solidarité à Paris avec la Révolution égyptienne pour les Droits économiques, sociaux et politiques
A l’appel de EGYPTE SOLIDARITE Le Mercredi 11 Janvier 2011, 19.30, au café Myanis, 132 Boulevard de Ménilmontant Paris 20ème (Metro Ménilmontant) Philip Rizk, cofondateur de la “Campagne populaire pour l¹audit et l¹annulation des dettes d'Egypte”, (The Popular Campaign for Egyptian Debt Audit and Cancellation http://www.dropegyptsdebt.org ) présentera l'état de la campagne en Egypte et dans le monde et discutera avec les militants en France des possibilités d'actions communes. Avec les comités populaires et les forces progressistes en Egypte, la “Campagne populaire pour l¹audit et l¹annulation des dettes d'Egypte” milite pour
0.obliger le gouvernement égyptien à auditer la dette pour annuler toutes les dettes odieuses, illégitimes et illégales
0.dégager des ressources pour les dépenses sociales (les intérêts et le principal de la dette consomment la moitié du budget de l’Etat)
0.développer une économie souveraine et solidaire (Selon John Adams, il y a deux façons de soumettre une nation : par le fer ou par la dette)
0.Les Egyptiens ne paieront pas les dettes illégitimes du dictateur déchu !
Avec Jubilee UK, CADTM, Attac Tunisie et Maroc, CADTM Bresil et Pologne, la campagne égyptienne a créé un réseau d’entraide et de coordination
Le Parlement européen a voté la suspension du paiement et l’audit des dettes des pays arabes en révolution
En France, des militants soutenant la révolution égyptienne ont créé un comité de soutien à cette campagne et vous invitent à le rejoindre
0.pour soutenir leur demande au gouvernement égyptien de réaliser un audit démocratique de la dette
0.pour obtenir les documents relatifs aux prêts de l’Egypte détenus par l’Etat, les banques, le Trésor français (gestionnaire du Club de Paris)
Pour plus d¹information : Egyptians for a Debt Audit <https://www.facebook.com/groups/232399976792797/> et universal day for Egyptian External Debt Audit and Cancellation <http://www.facebook.com/event.php?eid=274119772601919>
Organisé par la Librairie Envie de Lire
Le jeudi 12 janvier 19h00 la Librairie Envie de Lire 16 rue Gabriel Péri 94200 Ivry sur Seine Tél : 01 46 70 35 03
Philip Rizk, cinéaste et révolutionnaire, présente 6+1 courts métrages (40 mn en tout) et débat sur la révolution : ses causes, ses composantes sociales et régionales, son impact sur la place de l’Egypte dans la géopolitique et l’économie internationale, les campagnes populaires contre la répression et pour les droits politiques et sociaux
six films + 1 = 40mn
0.manifestation du 28 janvier 2011 à Embaba “Cairo Intifada”
0.4 jours avant et après le départ de Mubarak (10-12 février 2011) “La chute de Moubarak”
0.Les travailleurs de Mahalla dans la révolution du 25 janvier “Personne ne partira d'ici”
0.Les travailleurs de - l’usine privatisée du glucose – Turah dans la révolution du 25 janvier “Prisonniers de nos existences” -
0.Procès militaires de manifestants Nous voulons la liberté - Le récit de Mohamed Zaghloul
0.Contre la Loi anti-grèves “Nous ne serons plus des esclaves”
0.(+ en prime-) Conseil des ministres : 4 derniers jours de répression
Un évènement ne se déroule pas en boucle mais plutôt dans une sphère brisée. La vague de protestations qui a donnée suite à la révolution du 25 janvier n’a pas débuté sur la place Tahrir. Elle s’est produite dans des localités, des espaces, certains cachés et inexprimés et certains plus sombres que d’autres. Dans chaque récit historique il y a des moments muets, pourtant chaque instant a sa voix. Détachées et entremêlées, voilà six histoires de la “Révolution du 25 Janvier” égyptienne racontées par certaines de ces voix muettes. Filmé violemment. Collecté et édité par Intifadat Intifadat.
Des accusations sont portées contre les socialistes révolutionnaires dans certains milieux,-en premier lieu sur le site web du ministère de l'intérieur et sur
un certain nombre de chaînes de télévision par satellite,- qui montrent un extrait d’une vidéo d'une réunion organisée récemment par le Centre d'études socialistes à la suite du massacre de la
rue de Mohammad Mahmoud, sous l’intitulé « Quelle est la voie de la révolution? »
Kamal Khalil, Hossam el-Hamalawy et Sameh Naguib ont pris la parole à cette réunion. Le clip a montré un moment de la réunion où Sameh Naguib parle de comment les
révolutionnaires veulent la chute de l'État pour construire un nouvel État révolutionnaire et en quoi le Conseil militaire ne protège pas les intérêts du peuple égyptien, mais au lieu de cela
protège les intérêts des 1 000 familles les plus riches d’Égypte, du Pentagone, du gouvernement des États-Unis et des sionistes.
Le but du clip est de soulever une tempête contre nous au motif de notre position en faveur du renversement de l'Etat.
Nous répondons que dire que nous voulons la chute de l'Etat oppressif et la création d’un Etat juste n’est pas une accusation : c'est l’objectif pour lequel nous
luttons.
Comme Umm Kulthum l’a chanté, et des millions l’ont chanté avec elle il y a 60 ans : "l'état oppressif est effacé, par ma propre main." Nous gardons
notre rêve d’éradiquer l'état corrompu qui s'est répandu comme un cancer à travers le corps de l'Egypte.
Oui, nous cherchons à renverser l'Etat de tyrannie et de pauvreté qui nous a gouvernés pendant les 30 dernières années et qui continue à nous
gouverner aujourd'hui, l'État qui a tué des milliers de combattants dans ses prisons, l'État qui a pillé et volé les pauvres afin d'accroître la fortune des riches.
C'est l'Etat qui soutient les patrons dans leurs confrontations avec les travailleurs. C'est l'Etat qui refuse de renationaliser les entreprises qu'il a liquidées à
bas prix, bien que les tribunaux aient statué en faveur de la campagne des travailleurs pour les rendre à la propriété publique, démontrant que pour cet Etat, le pouvoir du capital est plus
important que l'autorité du système judiciaire.
C'est l'État qui autorise les capitalistes à licencier et à affamer les prolétaires, les paysans et les pauvres par milliers, puis qui proclame des lois qui
criminalisent leurs protestations.
Il s'agit de l'État qui établit entre ses citoyens une discrimination fondée sur la religion, le sexe et la race. C'est l'État raciste qui a massacré des réfugiés
soudanais en 2005 et agressé sexuellement des femmes en 2006 et 2011. C'est l'État sectaire qui a comploté pour brûler des églises et qui a persécuté des chrétiens coptes pauvres et qui a
finalement assassiné 24 d'entre eux en octobre cette année.
Il s'agit de l'État qui trompe le peuple à travers ses médias. Il exige l’austérité et demande aux gens de se serrer la ceinture et de maintenir en activité «
les rouages de la production », tout en annonçant au même moment la construction de palais et de centres de villégiature pour assurer le futur de « nos enfants ».
Oui, nous voulons renverser l'État. Nous voulons la chute de ses politiques de santé qui ont fait de la santé et des soins médicaux des produits destinés à
être achetés et vendus par ceux qui ont les moyens de payer, alors que les pauvres meurent par centaines parce que les hôpitaux publics ont été ruinés. Nous voulons renverser ses politiques
d’éducation, qui enseignent des mensonges et des falsifications à nos enfants dans des salles de classe qui s’effondrent sur leurs têtes parce qu'il n'y a pas d'argent pour la construction
d'écoles, au point que les élèves savent à peine parler arabe au moment où ils quittent l'école.
Nous voulons la chute du Ministère de l'Intérieur, de son ministre et de ses agents criminels qui ont tué plus de nos fils et de nos filles qu’il n’y a eu de décès
dans les désastres naturels. Nous voulons renverser les politiques d'appauvrissement systématique qui ont poussé plus de la moitié de notre peuple sous le seuil de pauvreté. Et la liste
s’allonge.
Cet état OPPRESSIF est protégé par une armée sous la direction du Conseil militaire de Moubarak. C'est pourquoi nous voulons mettre fin à la domination de cette
junte militaire qui, en moins d'un an, a volé plus de vies égyptiennes que Mubarak en 30 ans de pouvoir.
Oui, nous voulons que les dirigeants corrompus de l'armée soient jugés.
En 20 ans sous Moubarak, plus de 30 pour cent de l'économie sont passés sous leur contrôle sans aucune surveillance, sous la forme d'usines, d’hôtels, de
projets immobiliers, de fermes, de commerce d’armes et autres parties du budget de l'État, les taxes et les subventions dont nous les avons abreuvés, par le travail forcé de nos jeunes hommes sur
ce type de projets au cours du service militaire, sans aucune protection de leurs droits. Ce sont les dirigeants d’une armée qui a ouvert le feu sur nous et emprisonné des milliers de nos jeunes
gens libres après des procès militaires iniques.
Nous croyons que tôt ou tard, cette armée produira des dirigeants patriotiques qui rejoindront les rangs des révolutionnaires, comme dans toutes les révolutions au
cours de l'histoire.
Oui, nous voulons renverser ce régime et son Etat, de même que ses hommes corrompus, ses alliés opportunistes et son conseil militaire qui gouverne le pays à la
demande du président déchu. Nous prêtons serment de continuer la lutte avec les révolutionnaires dans les places Tahrir à travers le pays, malgré les campagnes de diffamation et l'intimidation,
jusqu'à ce qu'il tombe et que le peuple s’empare du pouvoir et de la richesse qui lui appartiennent de droit ... jusqu'à la victoire de la révolution que le peuple a
enflammée.
Oui, le peuple demande toujours la chute du régime et de son état corrompu et tyrannique. Gloire aux martyrs ! Victoire pour la révolution ! Le pouvoir et la
richesse au peuple !
Les Socialistes Révolutionnaires ( égyptiens)
21/12/2011
Déclaration publiée en anglais par l’International Socialist Organization
http://socialistworker.org/2011/12/23/egyptian-socialists-answer-attacks
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