Hossam el-Hamalawy, socialiste égyptien et journaliste, sur l'impact de l'attaque israélienne sur le convoi d'aide pour Gaza en Egypte.
Un effet d'entraînement est en train d'avoir lieu. Les gens font le lien entre la cause de la liberté en Palestine et celle de la liberté des travailleurs égyptiens.
Des manifestations monstres de dizaine de milliers de personnes au Caire, avec d'autres dans le delta du Nil, Alexandrie et les provinces du sud, furent les réponses immédiates à l'attaque.
Les participants y dénoncent les Israéliens dans leurs slogans avant de scander à propos du trucage des élections et de la brutalité policière ici.
Ils établissent des parallèles entre les actions israéliennes contre des militants de la paix et le traitement par le gouvernement égyptien des élections et des candidats.
Ce mouvement a mis une pression énorme sur la dictature de Hosni Moubarak. C'est pourquoi il a ouvert le passage de Rafah vers Gaza. Il veut que les critiques cessent.
Mais le passage de Rafah est conçu seulement pour le passage de personnes, pas pour le fret. Il y a d'autres passages à travers lesquels des équipements pourraient circuler, mais le gouvernement autorise Israël à les contrôler. Il a maintenant été obligé de dire que le passage de Rafah restera ouvert indéfiniment.
D'autres manifestations eurent lieu le vendredi de la semaine dernière, après la prière.
Les Frères Musulmans – le plus important mouvement d'opposition en Egypte - se mobilisent pour Gaza. Leurs slogans sont dirigés contre Israël, vers lequel le leadership voudrait que toutes les critiques soient adressées.
Mais lors d'une manifestation la semaine dernière, les socialistes scandèrent, « A bas Moubarak », et les plus jeunes membres des Frères Musulmans le scandaient avec eux, jusqu'à ce que les plus vieux les fassent taire. Il y a donc une tension ici, et un nouvelle énergie militante dans certains groupes.
Ceci doit être considéré dans le contexte d'une vague de grèves qui balaye l'Egypte depuis Septembre 2006.
Des six derniers mois, jusqu'à la semaine dernière, il y eut un camp de protestation permanent dans la zone parlementaire du Caire. Des travailleurs vinrent dans cette zone pour exprimer leurs doléances au gouvernement, en en faisant un espace plus ou moins libre.
Il y avait à peu près dix groupes de travailleurs là-bas - travailleurs du textile, travailleurs agricoles et en demande de terres, travailleurs fabriquants de téléphones, etc. Mais d'autres s'ajoutèrent. Il y eut des personnes avec des handicaps.
C'est probablement la première fois que des personnes handicapées sont venues ensemble organiser une manifestation en Egypte.
Ils militaient pour l'application de la loi qui définit que 5% des emplois de tous les secteurs privés et publics doivent revenir à des personnes handicapées. Ce règlement reste lettre morte.
Les travailleurs du textile et d'autres demandèrent justice après avoir été battus par la police. Le gouvernement a réprimé les manifestations et interdit aux gens de se réunir à cet endroit.
Liaisons
Des liens se tissent entre des luttes locales et les luttes régionales - et entre les luttes économiques et les luttes politiques.
Un groupe de dirigeants de grève représentant les travailleurs du textile de neuf compagnies ont diffusé par la radio une condamnation de l'attaque sur la flotille de la liberté la semaine dernière. Ils ont attqué le gouvernement égyptien pour sa complicité dans le siège de Gaza.
Ces leaders sont devenus actifs sur des questions économiques de première nécessité pour eux-mêmes et les travailleurs qu'ils représentent. Mais leur conscience s'est développée sur les deux dernières années. Ils sont politisés et discutent de questions plus larges, tout en les reliant.
L'économique nourrit le politique et inversement.
Dans le même temps il y a de la confusion au sommet. Moubarak, dictateur depuis 1981, se meurt et ressemble à un cadavre.
Notre régime est moins transparent que celui de la Grande-Bretagne donc nous n'avons pas de fuites de documents ou d'informations concernant les luttes internes, mais des fissures commencent à apparaître.
Mohamed El-Baradei, l'ancien directeur général de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, vient de rejoindre l'opposition. Les rats sentent le danger lorsqu'un navire est sur le point de couler.
Ce dont nous avons besoin est que les gens à travers le monde transmettent le message à propos de la lutte ici. Notre stratégie est d'atteindre les organisations de la classe ouvrière - syndicats, groupes communautaires, représentants du peuple - et de maintenir la pression.
Le régime est habitué à des mouvements portés par la classe moyenne contre la guerre, etc., mais il ne sait pas comment réagir à ces mouvements couvergents qui viennent d'en-bas.
Les leaders grévistes jouent maintenant un rôle dans le débat politique du pays, et nos dirigeants ne savent pas comment maîtriser cela.
L'un des premiers convois à atteindre Gaza après le massacre de 2008-2009 fut financé par les travailleurs en grève de la ville de Mahalla el-Kubra.
Il y a plusieurs convois d'aide organisés en ce moment, avec des représentants des usines en grève et des délégations qui vont vers Gaza.
Nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire ici. D'un moment à l'autre toutes ces choses peuvent s'unifier. Les gens adoptent de nouveaux rôles et de nouvelles idées.
Il y a une reprise des luttes depuis 2006 et j'espère que la gauche s'organise de façon efficace. Je suis fier de ce que nous avons accompli, mais ce n'est pas assez. Les choses avancent rapidement et le temps joue contre nous.
Traduit de l'anglais par Félix Boggio
Lien vers l'article original : http://www.socialistworker.co.uk/art.php?id=21455
Dimanche manifestation des travailleurs contre le gouvernement et pour l'augmentation du salaire minimum.
Bravant la loi d'urgence, un demi-millier de personnes, syndicalistes, fonctionnaires et membres de groupes d'opposition, ont manifesté dimanche au Caire pour réclamer un relèvement du salaire minimum , fixé depuis 1984 à 35 livres (6,5 dollars) par mois à 1200 livres (162 euros).
En pratique, le salaire minimum pratiqué tourne autour de 18 dollars par mois, mais les manifestants veulent que le gouvernement exécute une décision de justice qui
relèverait le chiffre et aiderait des millions de personnes défavorisées à faire face à la hausse des prix.
Les manifestations, bien que modestes, se sont récemment multipliées en Egypte, sur fond d'incertitudes quant à l'avenir politique. Au pouvoir depuis près de trente ans, le président Hosni
Moubarak, qui fêtera ses 82 ans cette semaine, n'a pas dit s'il briguerait un nouveau mandat l'an prochain.
"Les prix augmentent et les salaires des ouvriers baissent. La viande est devenue un luxe que la plupart d'entre nous ne peuvent s'offrir", explique Hicham Oakal, ouvrier dans une usine du delta
du Nil.
Dimanche, dans le centre du Caire, les manifestants, entourés par des centaines de membres des forces de sécurité, scandaient "Nous voulons des salaires suffisants pour le mois" et réclamaient le
départ de Moubarak.
Selon le Land Centre for Human Rights, le nombre de manifestations d'ouvriers a augmenté en Egypte, passant de 97 en 2002 à 742 en 2009.
Lundi un manifestant a été arrêté lors d'un nouveau rassemblement de l'opposition dans le centre du Caire, qui a dégénéré en un affrontement avec les forces
de l'ordre.
Plus d'une centaine de personnes, dont plusieurs députés de l'opposition, s'étaient réunis pour exiger la levée de l'état d'urgence, des amendements à la Constitution et la tenue d'élections
libres, avant d'être encerclées.
Les heurts ont débuté quand une vingtaine de manifestants a tenté de briser le cordon de police, jetant des bouteilles et des pancartes sur les forces de sécurité, qui ont riposté en frappant les
protestataires.
Un responsable de la police a confirmé l'arrestation d'un manifestant.
"A bas Moubarak", scandaient les manifestants.
Voir également d'autres videos sur le même sujet :
http://www.youtube.com/watch?v=OjlNrhBMu8I
http://www.youtube.com/watch?v=zdhszsVM0xI
http://www.youtube.com/watch?v=k9aSYuJFlGw
Commentaires