Asie

Adaner Usmani
12 juillet 2010

En ce mois de juillet 2010, alors que le gouvernement pakistanais s’est lancé de toutes ses forces sur la voie de l’austérité imposée par le Fonds Monétaire International (FMI), les travailleurs du pays tout entier se retrouvent à faire eux-mêmes les frais des coûts toujours plus élevés d’une crise capitaliste dont ils ne sont pas responsables. Les coupes exigées par le FMI des subventions gouvernementales pour les produits de première nécessité – ainsi que les effets de la récession mondiale et locale – ont signifié une réduction drastique des salaires réels et une peur croissante de perdre son emploi. Pourtant, au moment que la gauche pakistanaise manque des forces et des moyens lui permettant de combattre toutes ces attaques dans les provinces les plus sous-développées et les plus opprimées du pays, plusieurs centaines de travailleurs ont entrepris des actions d’ampleur pour contrer cette situation.

Au milieu du mois de juin, 15’000 ouvriers travaillant dans la démolition des navires, organisés au sein du Syndicat démocratique des travailleurs de la démolition de navires de Gadani (GSBDWU), lui-même affilié à la Fédération Nationale des Syndicats (NTUF), ont mené une grève de deux jours pour protester contre les injustices croissantes et les conditions de travail dangereuses, contre les bas salaires et les heures de travail épouvantables.

A la fin du mois de juin, le syndicat avait annoncé qu’il mettait fin aux négociations sans cesse rompues puis reprises avec l’Association patronale. Puis, en raison du fait que l’accord promis – qui était censé satisfaire ses différentes revendications – n’ait pas été respecté à l’heure où la grève précédente avait été suspendue, le GSBDWU a renouvelé audacieusement sa grève le 5 juillet dernier, avec l’intention de poursuivre celle-ci jusqu’à ce que toutes ses revendications soient satisfaites.

Il est intéressant de remarquer que malgré des crises dans d’autres industries nationales, l’industrie de la démolition de navires à Gadani a fait de très bonnes affaires au cours des deux dernières années, partiellement en raison d’une décision gouvernementale consistant à supprimer les impôts portant sur les importations des bateaux (des carcasses de bateau) qui arrivent sur les côtes du Pakistan. De plus, les propriétaires de chantiers ont même profité de la crise mondiale, puisqu’un effondrement de l’industrie navale a condamné à la casse les bateaux inutilisés à des prix plus bas que de coutume.

A la fin juin, un article de la rubrique commerciale du journal Dawn [le plus ancien et le plus lu des journaux d’expression anglaise au Pakistan], présentant bien sûr le point de vue des propriétaires et ne faisant aucune mention de la lutte des travailleurs, a donné le chiffre record de 107 bateaux qui ont été réduits en ferraille dans l’année fiscale en cours.

Dans l’ensemble, cela représente 852’922 tonnes de ferraille (comparé aux 778’598 tonnes de l’année passée), une quantité s’approchant du million de tonnes annuelles qui, au début des années quatre-vingts, avait fait de Gadani le site de démolition de navires le plus célèbre au monde.

Au cours des décennies qui ont suivi, le site s’est fait faire surpasser par des sites en Inde et au Bangladesh (dans les dix premiers mois de 2001, par exemple, le chantier naval ne produisait plus que 160’000 tonnes de ferraille). Mais même ainsi, le site de Gadani atteint des niveaux de productivité très supérieurs à ses concurrents : alors qu’il faut plus de six mois pour démanteler un bateau de 5’000 tonnes en Inde ou au Bangladesh, une source officielle, citée par l’article du journal Dawn, prétend qu’à Gadani, le même bateau peut être démantelé en 30 à 45 jours.

Selon le syndicat, ce redressement s’est produit simultanément avec les surprofits engrangés par les propriétaires des chantiers. Dans une récente conférence de presse, tenue alors que des négociations avaient encore lieu, des représentants du GSBDWU ont montré avec exactitude quelle minuscule part de la somme totale encaissée par le patronat est destinée aux travailleurs. Et comment un bon morceau, grosso modo le tiers de ce qui est gagné par les travailleurs, est ramassé par les intermédiaires qui engagent les travailleurs

Il faut aussi absolument redire que l’inflation rampante des dernières années a attaqué la masse salariale. Il a aussi été mis en lumière, lors de la conférence de presse, que les travailleurs se retrouvent également exploités sans pitié en tant que consommateurs : la nourriture disponible dans les rares cantines étant vendue à des prix exorbitants.

Mais sans doute encore pires que ce niveau d’exploitation, ce sont les conditions horribles dans lesquelles les travailleurs de Gadani triment.

L’absence d’équipements et de normes de sécurité a été le thème central de la récente campagne menée par le syndicat : les travailleurs n’ont pas droit à des lunettes de protection, ni à des harnais, ni à des ceintures, etc.

De plus, il n’y a pas d’accès à des services médicaux d’urgence dans un proche voisinage. Avec comme résultat le fait atterrant que, cette année seulement, 18 travailleurs sont morts sur leur lieu de travail, la dernière victime n’ayant que 25 ans. La semaine passée, cet homme a fait une chute mortelle en grimpant, dans une quasi totale obscurité, sur une échelle recouverte d’huile.

En effet, l’industrie de la démolition de navires a longtemps été « célèbre » pour ces aspects : les atteintes à l’environnement et à la santé provoquées par la démolition des bateaux, dont les carcasses auxquelles sont attachés des produits chimiques toxiques, de l’amiante dans certains cas. A cela s’ajoutent les dangers terribles propres au travail lui-même. Tout cela avait été d’ailleurs le sujet d’un exposé sur un parc à ferraille américain qui avait gagné le prix Pulitzer en 1997.

Dans cet exposé, un assistant du garde des sceaux de Caroline du Nord avait comparé l’un de ces sites à l’« un des niveaux de l’enfer de Dante » (l’auteur de l’exposé mentionnait aussi qu’une grande partie du travail était en train d’être délocalisée vers d’Asie du sud, là où les régulations environnementales américaines n’existaient pas).

Dans leur lutte pour ces mesures de sécurité élémentaires et pour des salaires moins misérables, les travailleurs de Gadani se trouvent bien sûr confrontés non seulement à une Association patronale intransigeante et avare, mais aussi à la pleine force de l’Etat pakistanais.

Dans ce cas, le total asservissement de l’Etat au capital s’explique parfaitement bien par les milliers de milliards (trillion) de roupies que l’industrie en question a versés au trésor national durant la dernière année fiscale.

Selon des militants syndicaux, même l’establishment local défend les intérêts des propriétaires, puisque l’élite dirigeante fait une petite fortune en louant des parcelles sur le littoral aux compagnies propriétaires des chantiers. La grève d’il y a deux semaines a donc été réprimée sans compromis. Des douzaines de travailleurs ont reçu des coups de matraques et ont été arrosés de gaz lacrymogènes et cinq représentants du syndicat ayant été arrêtés. Ce qui est révélateur, c’est que la « task force » anti-terroriste a été déployée en plus la police (quelque chose qui rappelle la « guerre contre le terrorisme »…).

Ce qui n’est pas clair, c’est ce qui va se passer dans les semaines qui viennent. D’un côté, l’intransigeance de l’Association patronale n’est pas très encourageante ; ces derniers continuent de n’offrir rien d’autre que des concessions mineures (une augmentation salariale de 20% a été proposée il y a quelques jours, alors le syndicat exige 100%) et de promettre de vagues mesures de sécurité, ce qui témoigne de la confiance qu’ils ont dans leur propre capacité à mettre en échec un mouvement de grève (avec l’aide des armes de répression de l’Etat, bien sûr).

D’un autre côté, le GSBDWU semble exceptionnellement bien organisé : le fait qu’un ensemble de travailleurs, ethniquement si mélangés et employés sur des sites dispersés sur plus de 13 kilomètres de côtes, ait observé une grève totale il y a deux semaines, devrait nous inspirer de la confiance.

En plus de cela, la décision d’organiser une grève illimitée a été prise lors d’un meeting auquel participaient des représentants de tous ces sites. Le niveau des injustices subies a suscité un fort engagement qui, on l’espère, sera difficilement écrasé par l’Etat et le capital.

Si la grève de Gadani se conclut par un succès, alors cela promet d’offrir au reste de la classe ouvrière pakistanaise un exemple éblouissant du pouvoir qu’une majorité peut exercer sur une minorité.

Source : http://www.forumdesalternatives.org/FR/readarticle.php?article_id=23368

Des revendications salariales dans 700 usines avaient tourné à l'émeute près de Dacca

Les 800 000 ouvriers travaillant dans 700 usines textiles situées au Bangladesh, qui étaient en grève depuis le 19 juin pour réclamer des salaires plus élevés, ont repris le travail mercredi 23 juin. Le mouvement avait provoqué de violentes manifestations, rassemblant plusieurs dizaines de milliers de personnes et réprimées par les forces de l'ordre.

Mardi, dans la zone industrielle d'Ashulia, au nord de Dacca, la police anti-émeute a tiré des balles en caoutchouc et des bombes lacrymogènes sur les manifestants pour les disperser. Pour la quatrième journée consécutive, ils avaient érigé des barricades avec de vieux pneus, mis le feu à des camions, et lancé des projectiles sur les forces de l'ordre.

Ces mouvements ont créé un " climat de panique et d'anarchie ", avec le saccage d'une cinquantaine d'usines, empêchant de livrer des commandes à temps, selon le patronat des fabricants et des exportateurs de textile (BGMEA). Celui-ci avait décidé le même jour la fermeture de ces usines jusqu'à nouvel ordre.

Le ministre du travail, Mosharraf Hossain, avait alors promis, à l'issue d'une réunion d'urgence avec le patronat du textile, des hausses de salaires, mais avait aussi menacé de " mesures énergiques " les manifestants. Mercredi, après avoir reçu l'assurance du gouvernement que la sécurité serait garantie pour entamer des négociations, le BGMEA a décidé de rouvrir les usines. Celles-ci travaillent aussi bien pour les enseignes Walmart, H&M, Tesco, Carrefour, Metro que pour de grandes marques comme Tommy Hilfiger, Gap ou Levi Strauss.

Les ouvriers exigent un salaire d'au moins 5 000 takas (60 euros) par mois ; l'actuel salaire minimum, fixé en 2006, n'est que de 2 000 takas. Le Bangladesh est le pays où les ouvriers du textile sont le moins bien payés de la planète, selon l'International Trade Union Confederation, spécialisée dans le droit du travail et basée à Vienne (Autriche).

Les ouvriers affirment qu'ils ne peuvent plus subvenir aux besoins de leurs familles, en raison de la récente hausse des prix des biens de consommation. Rashida Akter, une jeune couturière de 23 ans employée sur un site de Dacca, dit ainsi qu'il lui " est devenu impossible de payer, comme par le passé, toutes ses factures avec un salaire de 1 200 takas ".

Au Bangladesh, l'industrie du textile représente 80 % des exportations et pèse, dans la balance commerciale, 12 milliards de dollars (9,8 milliards d'euros). Elle emploie quelque 2 millions de personnes, soit 40 % de la main-d'oeuvre nationale, réparties dans 4 000 usines. La plupart des employées sont des femmes.

Selon Gildas Minvielle, directeur de l'Observatoire économique de l'Institut français de la mode (IFM), le Bangladesh représente, pour les fabricants de prêt-à-porter, une alternative à la Chine, essentiellement dans le façonnage des vêtements bon marché et de la maille.

Jean-Marc Genis, le président exécutif de la Fédération des enseignes de l'habillement ajoute que " toutes les grandes enseignes font du "sourcing" en Asie, sans jamais concentrer toutes leurs commandes dans un seul pays. Elles sont dispersées entre la Chine, le Vietnam, le Bangladesh, le Cambodge, selon les prix et le savoir-faire local en façonnage ". Vu l'extrême multiplicité des fournisseurs, si l'un ne peut pas effectuer une commande, cette dernière est rapidement délocalisée ailleurs.

C'est l'essence même de la problématique sociale de la mondialisation dans le secteur du textile. Aucun des pays n'a vraiment de prise sur les commanditaires, ces géants du prêt-à-porter qui diversifient jusqu'à 700 ou 1 000 le nombre de leurs sous-traitants sur la planète entière. Cela leur permet de jouer la concurrence, d'imposer les tarifs les plus bas et de ne pas être trop dépendants de ces usines.

Cette tendance s'est accrue avec " le phénomène de changes qui n'est pas favorable aux vêtements de grande consommation : ils sont vendus en euros mais produits en zone dollar ", souligne Evelyne Chabalier, directrice des études économiques de l'IFM.

Nicole Vulser (avec AP et AFP)


Cet appel reste ouvert à signatures. Pour le signer, écrire à : solidaritythailand@gmail.com

Avec constance et détermination, les Chemises rouges se sont mobilisées pendant plus de deux mois dans les rues de Bangkok pour affirmer leur aspiration à la démocratie et à la justice sociale.

Le gouvernement conduit par Abhisit Vejjajiva a choisi de répondre à ces aspirations par la violence et la répression. En autorisant l’usage d’armes de guerre pour disperser les rassemblements, il a commis de très graves violations des droits humains. Le bilan est lourd : au moins 89 morts et près de 2000 blessés.

Aujourd’hui, les libertés démocratiques ne sont plus garanties : des mandats d’arrêts ont été issus contre 99 personnes. Les lieux de détentions de la plupart des personnes emprisonnées sont gardés secrets. Le gouvernement censure les médias alternatifs. Les chefs d’accusation sont particulièrement graves : de 3 à 15 ans de prisons pour « lèse majesté » et jusqu’à la peine de mort pour « terrorisme ».

Les Chemises rouges sont traitées par le gouvernement comme des « terroristes. C’est un mouvement composite, mais aujourd’hui porté pour l’essentiel par des gens ordinaires, laissés pour compte, dont les droits politiques élémentaires comme le respect de leur vote sont bafoués.

Le gouvernement thaïlandais peut poursuivre sa politique de répression d’autant plus librement que ses constantes violations des droits humains n’ont pas suscité les réactions de solidarité et les condamnations internationales à la mesure des événements. Nous appelons les organisations progressistes et démocratiques à exiger dans le plus grand nombre de pays possible la fin de la répression et le respect des libertés fondamentales en Thaïlande ; à engager une campagne internationale pour la libération des prisonniers politiques, pour l’arrêt des intimidations et des inculpations de Chemises rouges.

Nous demandons au gouvernement thaïlandais qu’il lève l’État d’urgence et rétablisse immédiatement les libertés démocratiques dans le pays ; qu’il mette fin à la répression contre les Chemises rouges et que tous les détenus soient relâchés sans délais.

Premiers signataires :

1.    Samir ABI, General Secretary, Attac (Togo)

2.    Gilbert ACHCAR, SOAS, Professor of the University of London (UK)

3.    Christophe AGUITON, Researcher (France)

4.    Osman AKINHAY, Writer and editor of Mesele Revue (Turkey)

5.    Greg ALBO, Professor at the York University, Toronto (Canada)

6.    Josep Maria ANTENTAS, Professor of sociology, Universitat Autonoma de Barcelona (Catalonia)

7.    Daniel ANTONINI, International Secretary of PRCF (France)

8.    Zely ARIANE, Spokesperson of KPRM-PRD (Indonesia)

9.    Salvador LOPEZ ARNAL, Writer and Professor-tutor of Mathematics , UNED (Spain)

10.    AU Loongyu, Editorial board member of China Labor Net (Hong Kong)

11.    Walter BAIER, Coordinator of the European network Transform ! Editor of the magazine Transform !, Vienne (Austria)

12.    Jean BATOU, Professor at the University of Lausanne (Switzerland)

13.    Pierre BEAUDET, Professor at the University of Ottawa (Canada)

14.    Walden BELLO, Member of the Congress, Akbayan representative (Philippines)

15.     Paul BENEDEK, Thai Red Australia (Australia)

16.    Olivier BESANCENOT, Spokesperson of NPA (France)

17.    Hugo BLANCO, Director of « Lucha Indígena »¨, (Peru)

18.    Saumen BOSE, Radical Socialist (India)

19.    Tapan BOSE, Radical Socialist (India)

20.    Peter Boyle, National Convener, Socialist Alliance (Australia)

21.    Alex Callinicos, Professor, chair of European Studies at King’s College London (UK)

22.    Porferia CARPINA, KASAMMAKA (Philippines)

23.    Mabel CARUMBA, Mindanao Peoples’ Peace Movement (Philippines)

24.    Kunal CHATTOPADHYAY, Professor of Comparative Literature, Jadavpur University, Radical Socialist (India)

25.    Kamal MITRA CHENOY, Chair, Centre for Comparative Politics & Political Theory, School of International Studies, Jawaharlal Nehru University, New Delhi (India)

26.    Ashok CHOUDHARY, National Forum of Forest People and Forest Workers (India)

27.    Annick COUPÉ, Spokesperson of Union Syndicale Solidaires (France)

28.    Cyc CUABO, ERDAC, Inc. (Philippines)

29.    Lucile DAUMAS, Attac (Marocco)

30.    Sushovan DHAR, Radical Socialist (India)

31.    Jean-Michel DOLIVO, Lawyer and MP, Lausanne (Switzerland)

32.    Jacques Fath, international head, PCF (France)

33.    Paulina FERNANDEZ CHRISTLIEB, Universidad Nacional Autónoma de México (Mexico)

34.    Carlos FERNANDEZ LIRIA, Professor of the Universidad Complutense de Madrid (Spain)

35.    Mano GANESAN, Convener of Civil Monitoring Commission (Sri Lanka)

36.    George GASTAUD, Philosopher, National Secretary of PRCF (France)

37.    Franck GAUDICHAUD – University of Grenoble (France)

38.    Elisabeth GAUTHIER, Managing Director of Espaces Marx, co-Editor of the European revue Transform ! (France)

39.    P.T. GEORGE, Intercultural Resources, Delhi (India)

40.    Susan GEORGE, Writer (France)

41.    Jocelyne HALLER, Member of the Constitutional Assembly of Geneva county (Switzerland)

42.    Adolfo GILLY, Historian, Professor at the Universidad Nacional Autónoma de México (Mexico)

43.    Sam GINDIN, Packer Visitor in Social Justice, York University (Canada)

44.    Rufino GONZAGA, Ranao Tri-People Movement for Genuine Peace and Development (Philippines)

45.    Karl GRÜNBERG, Trade-Union Secretary, SSP, Geneva (Switzerland)

46.    Sébastien GUEX, Professor at the University of Lausanne (Switzerland)

47.    Priyani GUNARATNA, Rural Services of SLBC (Sri Lanka)

48.    Shubhra GURURANI, Associate Professor, Department of Anthropology, York University, Toronto (Canada)

49.    Jean-Marie HARRIBEY, Economist, Professor at the Université Bordeaux IV (France)

50.    Nasir HASHIM, State Assemblyman (Malaysia)

51.    Mazher HUSSAIN, COVA (India)

52.    Linus JAYATILAKE, President of the United Federation of Labor (Sri Lanka)

53.    Andrée JELK-PEILA, President of the Public Service Trade-Union Cartel, Geneva (Switzerland)

54.    Dr. JEYAKUMAR, Member of Parliament (Malaysia)

55.    Abdul KHALID, Focal Person, CADTM-Pakistan (Pakistan)

56.    Alain KRIVINE, Former European MP (France)

57.     Hayri KOZANOGLU, Professor at the İstanbul University of Marmara, former President of the ÖDP (Turkey)

58.    Zbigniew Marcin KOWALEWSKI, Researcher and editor (Poland)

59.    Herman KUMARA, National Fisheries Solidarity Movement (Sri Lanka)

60.     Kenji KUNITOMI, JCRL (Japan)

61.    Max LANE, Asian Studies, University of Sydney (Australia)

62.    Bernard LANGLOIS, researcher North/South relations (France)

63.    Ronald LARA, IIRE-Manila (Philippines)

64.    Cha N. LAVANDER, Mindanao Tri-People Youth Center (Philippines)

65.    Doug LORIMER, Editor of Direct Action (Australia)

66.    Francisco LOUCA, MP, Bloc de Gauche representative (Portugal)

67.    Javier MAESTRO, Professor at the Universidad Complutense de Madrid, (Spain)

68.     Michael Löwy, Professor, Emerited research director, CNRS (France)

69.    Acmad MACATIMBOL, Lanao Alliance of Human Rights Advocates (Philippines)

70.    Lisa MACDONALD, International Relations Convener, Socialist Alliance (Australia)

71.    Ign MAHENDRA K, Chairperson, Working People Association (PRP) (Indonesia)

72.    Claire MARTENOT, member of the Constitutional Assembly of the Geneva county (Switzerland)

73.    Soma MARIK, Associate Professor of History, RKSM Vivekananda Vidyabhavan, member, Nari Nirjatan Pratirodh Mancha (Forum Against Women’s Oppression, Calcutta) (India)

74.    Emre ÖNGUN, Assistant Professor of the European University of Lefke, Head of Applied Sciences School (Northern Cyprus)

75.    Gustave MASSIAH, Founding member of CEDETIM /IPAM (France)

76.    Roberto MONTOYA, Writer, Madrid (Spain)

77.    Braulio MORO, Journalist, Radio France Internationale, Latin America Section (France)

78. Aldjia MOULAÏ, ACOR SOS Racisme (Switzerland)

79. P.K. MURTHY, Citu (India)

80. Saïd NAJIHI, Attac (Marocco)

81. Alessandro PELIZZARI, Trade-union secretary, Unia, Geneva (Switzerland)

82. William A. PELZ, Doctor at the Institute of Working Class History, Chicago (USA)

83. John PERCY, RSP National Secretary (Australia)

84. Manuel PEREZ ROCHA, Associate Fellow, Global Economy Project. Institut for Policy Studies, Washington (USA)

85. Philippe PIGNARRE, Editor (France)

86. Tommy ARDIAN PRATAMA, Institute for Crisis and Alternative Development Strategy (Indonesia)

87. Mimoun RAHMANI, Economist, ATTAC and CADTM Maroc (Marocco)

88. Pierre ROUSSET, Europe solidaire sans frontières (France)

89. Danielle SABAI, Journalist (France)

90. Enis Riza SAKIZLI, Film Director (Turkey)

91. Ma. Gittel SAQUILABON, Sumpay Mindanao (Philippines)

92. Mehmet SOGANCI, President of the Chamber of Engineers and Architects (Turkey)

93. Tanie SUANO, CONZARRD (Philippines)

94. Aparna SUNDAR, Assistant Professor, Department of Politics and Public Administration, Ryerson University, Toronto (Canada)

95. Hakan TAHMEZ, Spokesperson of the Peace Assembly (Turkey)

96. Farooq TARIQ, Spokesperson of the LPP (Pakistan)

97. Alper TAS, President of ÖDP (Turkey)

98. Eric TOUSSAINT, CADTM (Belgique)

99. Terry TOWNSEND, Editor, Links International Journal of Socialist Renewal (Australia)

100. Enzo TRAVERSO, Assistant Professor at the University of Picardie (France) 101. Charles-André UDRY, Editor (Switzerland)

102. Ahmet ÜMIT, Writer (Turkey)

103. Murat UYURKULAK, Writer (Turkey)

104. Achin VANAIK, Professor of International Relations and Global Politics, Head of the Department of Political Science, University of Delhi (India)

105. Pierre VANEK, Secretary of solidaritéS and former MP of the Federal Parliament (Switzerland)

106. Vikramabahu KARUNARATNE, University of Peradeniya (Sri Lanka)

107. Esther VIVAS, member of the Centro de Estudios sobre Movimientos Sociales de la Universidad Pompeu Fabra (Catalonia)

108. Peter WATERMAN, Reinventing Labour (Netherlands)

Nouvelles signatures :

109. Yigit BENER, Writer, (Turkey)

110. Wilfred DCOSTA, Indian Social Action Forum (INSAF) (India)

111. Sonny MELENCIO, Chairperson Partido Lakas ng Masa, (Party of the Laboring Masses) (Philippines)

112. Reihana MOHIDEEN, Transform Asia (Philippines)

113. David BROWN, Wanneroo, Western (Australia)

Pour signer l’appel :
solidaritythailand@gmail.com

Liste mise à jour

Danielle Sabai et Jean Sanuk
Le 17 mai 2010, plus de 1800 travailleurs de Honda Foshan ont décidé de cesser le travail afin d’obtenir de la direction des augmentations de salaire et l’amélioration de leurs conditions de travail. Dans cette usine, 80% des employés sont des étudiants d’écoles techniques qui gagnent 900 yuans par mois, c’est-à-dire environ 110 euros. En tant qu’étudiants, ils ne sont pas protégés par les lois du travail et sont soumis à un contrat de travail maison élaboré par Honda. Leur salaire est en dessous du salaire minimum et ils n’ont pas de couverture sociale. Ils n’ont pas le statut de travailleurs réguliers. Ces étudiants-travailleurs sont logés dans des dortoirs fournit par l’entreprise et ne quittent pratiquement pas l’usine durant les rares périodes de repos. D’où un sentiment d’enfermement carcéral qui explique leur révolte.

Face à la détermination des grévistes, la direction a commencé par licencier les dirigeants des grévistes. Elle a ensuite cherché à les diviser en faisant des propositions différentes entre les travailleurs réguliers et les travailleurs-étudiants. Cette stratégie a au contraire renforcé la solidarité entre les  employés. Comme l’usine de Foshan fabrique des composants pour les autres usines automobiles du groupe en Chine, la production de Honda s’est retrouvée paralysée dans l’ensemble du pays après 10 jours d’épreuve de force. C’est une première. Au bout de deux semaines de grève, la direction se résignait à augmenter d’environ 35 % le salaire des ouvriers réguliers et de plus de 70 % celui des travailleurs étudiants.

 

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Source : Extrême Asie

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