D'un côté, une multinationale qui engrange, année après année, de substantiels bénéfices; de l'autre, des milliers d'employés qui réclament une importante hausse des salaires. Ce sont là les ingrédients d'un conflit social pour le moins banal. Sauf que rien n'est plus banal lorsqu'il est question de Freeport et de sa gigantesque mine de Timika, qui posséderait la plus importante réserve de cuivre et d'or du monde. Certes, Freeport McMoRan a connu au cours des derniers mois de longues grèves, violentes même comme celle qui touche le site de Cerro Verde au Pérou, mais aucune n'a égalé, ni en durée, ni en intensité, le mouvement social qui affecte Timika depuis le 15 septembre dernier.
La compagnie avait pourtant eu un avant-goût de la détermination de ses employés indonésiens au cours du mois de juillet. Du 4 au 11 juillet, plusieurs milliers d'entre eux avaient en effet cessé le travail, quitté le site de production de Tembagapura et provoqué l'arrêt total des activités de la mine en en bloquantl'accès. Tous réclamaient une substantielle hausse des salaires ainsi que la réintégration des leaders syndicaux licenciés. Freeport tenta de minorer le mouvement en mettant en avant les divisions des chefs syndicaux ainsi qu'un syndicat jaune, Tongoi Papua, constitué exclusivement de Papous, mais la mobilisation fut massive. La situation donna bien lieu à quelques tensions, notamment entre policiers et ouvriers papous grévistes, mais ne dégénéra pas en violences.
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