PARIS — Cécile Duflot (Verts), Olivier Besancenot (NPA), José Bové (Europe Ecologie) et le porte-parole du LKP guadeloupéen Elie Domota ont participé lundi soir à Paris à une réunion de "solidarité" avec le syndicat indépendantiste calédonien USTKE et demandé la libération immédiate de son président Gérard Jodar.
La Cour d'appel de Nouméa doit rendre un arrêt mardi quant au maintien en détention de M. Jodar, condamné à un an de prison ferme le 29 juin pour une opération menée à l'aéroport domestique de Nouméa qui avait dégénéré. Cinq autres syndicalistes sont en détention.
Environ 200 personnes, dont Mgr Jacques Gaillot, ont écouté Alphonse Pujapujane, vice-président de l'USTKE, dénoncer "un verdict politique contre l'USTKE et un procès complètement à charge".
La secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot est "venue demander la liberté syndicale et la liberté tout court pour M. Jodar". "Ce qui se passe là-bas est juste scandaleux, ce sont des pratiques néocoloniales inadmissibles", a-t-elle dit à la presse.
Olivier Besancenot a jugé inimaginable que "le secrétaire général d'une confédération syndicale puisse prendre du ferme (prison ferme) sans qu'il y ait une mobilisation de masse".
"On se mobilise ici pour leur libération et faire en sorte que cette justice coloniale et de classe ne s'applique pas", a-t-il dit.
Dénonçant la "justice coloniale française" et un "Etat policier", Elie Domota a estimé que "le gouvernement est en train de criminaliser, de diaboliser l'action syndicale".
Il a affirmé qu'"en Guadeloupe, des représentants du patronat et des békés propriétaires de bananeries avaient bloqué l'aéroport avec un camion-citerne rempli de kérosène" et "n'ont même pas été convoqués".
Le porte-parole du LKP a demandé "l'arrêt des poursuites contre tous les militants syndicaux" et que "l'Etat, complice de tout ce que peut faire le patronat", respecte ses engagements, notamment pour les prix des carburants outre-mer.
"Les rapports de l'autorité de la concurrence sont sortis et pourtant Mme Penchard (secrétaire d'Etat à l'Outre-mer) va annoncer (en Guadeloupe) une augmentation du prix de l'essence après avoir donné 44 millions d'euros à Total, ce n'est pas acceptable, nous sommes volés, couillonnés depuis des décennies", a-t-il déploré.
"J'espère que la justice aura compris que la logique de la répression n'aura pas de chances de changer des choses" en Nouvelle-Calédonie, a dit M. Bové, demandant "qu'on arrête de marginaliser les kanaks dans l'emploi".
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