Comores

imagette 16 9-1885464-2581527 Dimanche 21 février 2010, au 4, Chemin des Aygalades (13015 Marseille) à partir de 14heures, aura lieu une commémoration publique pour les 15 ans de la mort d'Ibrahim Ali, tué par des colleurs d'affiche du Front National le 21 février 1995. Pour ne jamais oublier qu'un frère est tombé sous les balles de la haine à 17 ans, voici un retour sur un drame inoubliable.
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Des manifestations contre la vie chère ont eu lieu hier mercredi 2 décembre à Mayotte.

A la suite d'affrontements sérieux  13 manifestants et un gendarme ont été blessés.
A cette occasion le préfet a punlié un communiqué. Un petit chef d'œuvre de discours colonial !
Comment ils sont même pas contents d'être français ces mahorais !

" Le communiqué du préfet Hubert Derache

La liberté de manifester est reconnue à tout citoyen qui l'exerce dans le respect des lois et règlements en vigueur. L'exercice de ce droit suppose que des libertés essentielles à la vie en société, comme la libre circulation ou la liberté de travailler, soient en même temps préservées pour les autres citoyens.

Alors que des négociations ont été engagées entre les responsables politiques mahorais et les représentants des collectifs d'usagers sur différents points de revendication, des manifestants, sans attendre la fin des discussions, ont bloqué, en toute illégalité, le boulevard des Crabes sur Petite Terre et paralysé ainsi toute activité sur l'île.

Comme je l'avais annoncé, les forces de l'ordre ont reçu la consigne de rétablir la liberté de circulation dès ce matin. Le principe d'une manifestation pacifique a été accepté après négociations avec les représentants des manifestants. Or, cet engagement n'a pas été tenu et les forces de l'ordre ont essuyé des jets de projectiles et fait face à des personnes, encagoulées et munies de pierres, dont l'intention était manifestement d'exercer des actions violentes et d'en découdre pour des raisons très éloignées des motifs de la manifestation.

Les rues des communes de Petite Terre sont depuis lors livrées à des bandes mobiles de délinquants qui harcèlent les forces de l'ordre, la caserne de gendarmerie de Pamandzi, le centre de rétention administrative ou même la caserne des pompiers de Pamandzi en érigeant des barrages sur l'ensemble des voies de circulation.

Des passants ont été extraits de leurs véhicules et violentés au seul motif qu'ils étaient d'origine européenne, et des maisons ont fait l'objet de jets de pierres pour le même motif. Plusieurs fonctionnaires de gendarmerie et de police ont été blessés, notamment des femmes.

Ces exactions, sont regardées avec consternation depuis la métropole. Elles ternissent l'image de Mayotte qui s'est engagée avec tant d'enthousiasme dans le processus de  départementalisation. Le préfet de Mayotte appelle donc la population au calme et à la raison et invite ceux qui se trouvent encore dans les rues à l'arrêt de violences inutiles et inqualifiables.

Seule la négociation pacifique permettra aux mahorais de faire entendre leurs revendications et leurs inquiétudes. " 


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Source : http://www.migrantsoutremer.org/A-Mayotte-nouvelles-victimes-de-la

Communiqué interassociatif
mercredi 2 décembre 2009

Mardi 24 novembre, un pécheur repérait onze rescapés après le naufrage, plus de 36 heures avant, d’un « kwassa », petite embarcation utilisée pour transporter les migrants d’Anjouan vers Mayotte. A bout de force, vingt-et-un auraient coulé. Les survivants décrivent la noyade d’au moins cinq enfants dont un nourrisson de 4 mois [1].

Nos associations ont retracé quelques itinéraires de vie des passagers. Ont notamment été relevés :
- parmi les décédés, une femme vivant depuis 19 ans sur le territoire français, mère de six enfants dont l’ainée a 18 ans, tous nés et scolarisés à Mayotte. Cette femme avait fait l’objet d’une reconduite à la frontière il y a trois semaines en dépit d’une situation familiale relevant d’un titre de séjour régulier.
- parmi les survivants, le père d’un enfant de 10 ans gravement malade. Cet enfant, régulièrement suivi par le Centre hospitalier de Mayotte, est en voie d’évacuation sanitaire à la Réunion. La demande de renouvellement de titre de séjour du père était en cours depuis février 2009. Malgré cela, il a été reconduit au mois de septembre dernier sans avoir pu contester le bien fondé de cette mesure.

Il s’agit de deux exemples parmi bien d’autres de cas rangés dans la catégorie de l’« immigration clandestine » fustigée par les rapports officiels en méconnaissance totale des réalités de l’archipel des Comores et des attaches multiples qui relient à Mayotte ces « non Mahorais » [2]. C’est contre eux que la France livre une guerre sans merci.

Dans son communiqué du 26 novembre, le ministre de l’Immigration en décrit le dispositif : un système de visa biométrique, une brigade mobile de recherche de la police aux frontières chargée spécifiquement de la lutte contre les filières en provenance des Comores, trois radars bientôt quatre sur les côtes de Mayotte, des vedettes de la police aux frontières, de la gendarmerie, et de la douane qui patrouillent en permanence dans la zone ; depuis le début de l’année, 258 embarcations interceptées, 17 555 étrangers en situation irrégulière reconduits aux Comores. Ces moyens exceptionnels sont d’autant plus efficaces qu’une législation dérogatoire prive les personnes interpellées de tout recours effectif [3]. Il s’agit bien d’un déploiement sécuritaire exceptionnel afin d’isoler une île de moins de 200 000 habitants de l’archipel dans lequel elle est insérée.

Partout dans le monde se dressent, sous des formes diverses, des murs contre les migrants. Aucun de ces murs n’empêche les migrations. Tous sont causes de morts et d’enrichissement de passeurs peu scrupuleux. Partout, ces guerres contre les migrants cherchent leur légitimation dans une indignation supposée vertueuse contre les filières clandestines, qui inciteraient les gens à prendre la mer contre des prix très élevés et leur feraient ainsi courir des risques insensés.

Mais nulle part autant qu’à Mayotte, la folie et la violence d’une politique sécuritaire coupant une petite île de son milieu à la fois naturel et historique doivent être dénoncées. Et, à Mayotte autant qu’ailleurs, la « grande émotion devant ce nouveau drame » issu de la politique gouvernementale relève d’un cynisme glacial.

Mamoudzou, Paris - 2 décembre 2009

Signataires :

A Mayotte
Collectif Migrants Mayotte : CCCP (coordination pour la concorde, la convivialité et la paix), Cimade (groupe de Mayotte), Médecins du Monde (mission de Mayotte), Resfim (réseau éducation sans frontières, île de Mayotte), Solidarité Mayotte
Secours Catholique (délégation Mayotte), LDH (section Mayotte)
Cimade, Gisti, LDH, Mrap, Secours catholique

[1] Voir les récits et témoignages en provenance de Mayotte

[2] Voir « la réalité de ce que dissimule le terme d’immigration clandestine à Mayotte - Contre-rapport de Migrants-Mayotte en écho au rapport Torre de la commission des finances du sénat » (septembre 2008)

[3] Voir Urgences pour Mayotte : fermeture du centre de rétention et accès à un recours effectif contre une mesure d’éloignement, six saisines interassociatives du 9 février 2009

Mardi 10 novembre  le vice-rectorat de  Mayotte, dans le cadre de la Commémoration nationale,  avait organisé un programme autour de la lecture de la lettre de Guy Môquet .
Certains diront, peut-être qu'il s'agit de "valeurs universelles de résistance et de liberté face à l'occupation". Certes.
Mais, là n'était pas l'objet de l'opération il s'agissait bien de faire entrer dans le crâne des petits mahorais qu'ils étaient de bons petits français et de forger leur "identité nationale".
C'est ainsi qu'a toujours agi le colonialisme s'appuyer sur de "grands principes universels" pour assurer sa domination.
Sauf que, cette fois encore, cela pourrait un jour se retourner contre eux.

Source :
 http://www.malango-actualite.com/article/mayotte _participation_a_la_journee_de_commemoration_nationale-6146.htm

Alain Castan
 
Ce lundi 27 octobre 2003, à 6 heures du matin, dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, et sur ordre du procureur de la République, les gendarmes de M'zouazia organisent une descente sur la plage du village d'Hamouro, connue pour abriter un grand nombre de familles anjouanaises : ils interpellent une vingtaine de sans-papiers qui seront envoyés à Anjouan. Les autres habitants des lieux - environ 80 personnes- ont échappé au contrôle après s’être enfuis.

A 7h30, débute une deuxième opération d'envergure, illégale celle-ci - toute destruction d'habitation est soumise à une décision du tribunal. Une fois les gendarmes partis, les agents communaux, emmenés par le maire de Bandrélé, Moussa Madi, arrivent sur la plage. Ils font rassembler leurs affaires aux “rescapés” de la première descente, puis mettent le feu aux cases en torchis. 28 d'entre elles, soit la quasi-totalité, sont détruites ; de nombreuses personnes qui n'ont pas eu le temps de récupérer leurs affaires, ou qui n’étaient pas là, les retrouvent calcinées. Aucun blessé n'est à déplorer.

Mardi 28 octobre, alors que le quotidien Flash Infos annonce que tout est bien qui finit bien puisque le projet d’aménagement d’un village traditionnel sur cette plage va pouvoir démarrer grâce à ces destructions (sic). Au passage, six ans plus tard, le projet touristique n'est toujours pas sorti des cartons et ne donne nul signe de vie.

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R.C. / E.T. pour Malongo actualités

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