Liban

Liberté pour la Palestine… Liberté pour Gaza
 
Pour mettre fin au blocus qui encercle le peuple palestinien
Et en signe de solidarité avec la Flottille de la liberté
 
En réponse à l’appel lancé par les partis et les forces de la gauche libanaise, une manifestation a eu lieu, ce dimanche à 11 heures, devant le siège de l’ambassade des Etats-Unis au Liban.
Les manifestants ont scandé des slogans contre le nouveau crime perpétré par l’armée israélienne contre la « Flottille de la liberté », ainsi que contre l’administration des Etats-Unis qui supervise et protège les criminels. De plus, des banderoles portaient des mots d’ordre rappelant les droits du peuple palestinien, dont le droit au retour et à la construction d’un Etat indépendant ayant Al Qods pour capitale.
A leur arrivée à la Place de Aoukar, les manifestants ont écouté quatre interventions faites par D. Marie NASSIF-DEBS, vice Secrétaire général du Parti Communiste libanais, Ali FAYÇAL, membre du BP du Front démocratique pour la libération de la  Palestine (FDPLP), Abou Firas, membre du BP du Parti du peuple palestinien, et Nazih HAMZAH, secrétaire du Parti démocratique populaire.
 
Les interventions ont insisté sur les points suivants :
 
1.            La condamnation du rôle des Etats-Unis dans la supervision des agressions israéliennes et leur appui au terrorisme d’Etat pratiqué par le gouvernement israélien contre le peuple palestinien et tous les peuples de la région, notamment ceux du Liban et de l’Irak.
2.            L’assurance que seules la résistance et la lutte peuvent casser le blocus imposé au peuple palestinien.
3.            La condamnation des positions prises par la Ligue arabe, notamment à la suite du massacre qui a eu lieu contre les militants de la « Flottille de la liberté », surtout que la réunion des ministres des Affaires étrangères arabes n’a pris aucune décision claire contre Israël, se contentant de proclamer son appui à la décision du Conseil de sécurité en ce qui concerne la création d’une commission d’enquête.
4.            La solidarité inconditionnelle avec les aspirations du peuple palestinien à retourner sur la terre des ancêtres et à construire l’Etat indépendant de la Palestine.
5.            L’appel à tous les partis, à toutes les organisations non gouvernementales arabes et internationales à poursuivre leur œuvre de solidarité et leurs activités afin de mettre fin au blocus imposé aux citoyens de Gaza.
6.            L’insistance sur l’unité nationale et populaire qui doit prévaloir entre les Palestiniens ; et, ce, afin de pouvoir faire face aux projets sionistes appuyés par l’administration des Etats-Unis.
7.            L’insistance sur le rôle de la Gauche arabe dans les initiatives et les actions communes afin de consolider la résistance contre l’occupation israélienne et étasunienne des territoires arabes ;
 
Beyrouth, le dimanche 6 juin 2010

Beyrouth, 16-17-18 Janvier 2009

Une conférence nommée "Forum international de Beyrouth. Pour soutenir la résistance anti-impérialiste des peuples et la construction des alternatives à la globalisation" doit se tenir à Beyrouth du 16 au 18 janvier.

Il regroupera plusieurs dizaines d'organisations anti-guerre, syndicales, politiques et associatives, venues du monde arabe et d'ailleurs ( notamment une délégation du Npa). Au Liban, l’organisation et la logistique seront assurées notamment par le Parti communiste libanais et l'Union de la Jeunesse Démocratique (jeunesse du PCL), ainsi que par le Centre de Recherche du Hezbollah.

Il y aura par ailleurs une forte représentation arabe (mouvement kifaya égyptien, fédération des syndicats marocains, etc...) et des pays du sud (forum de Calcutta, orgas latinos américaines, etc....).
La Conférence de solidarité avec la résistance, les organisations prenantes de la Conférence anti-guerre du Caire qui se tient chaque année sont par ailleurs toutes partie prenante du processus.

Texte de l'appel

Forum International de Beyrouth : Pour soutenir la Résistance Anti-impérialiste des peuples et la construction des Alternatives à la Globalisation Beyrouth, 16-17-18 Janvier 2009

Mardi 9 décembre 2008

Chers amis, chers camarades,

Nous avons le plaisir de vous annoncer la tenue à Beyrouth du Forum International des Alternatives et de soutien aux résistances des peuples du Proche Orient, et de vous inviter à participer pleinement aux travaux de ce forum.

A un moment crucial et grave du système global actuel en crise, caractérisé par un capitalisme qui se fait toujours plus prédateur, marqué par un retour du colonialisme direct, par une main mise sur les ressources naturelles, par un totalitarisme de marché, par une marginalisation et appauvrissement accéléré, par un recul de l’Etat social et un effondrement des institutions démocratiques, par des catastrophes écologiques ..., les organisateurs de ce Forum auraient pour objectif :

1- Soutenir les résistances anti impérialistes des peuples du Proche Orient, et défendre le droit à la résistance des peuples.

2- Converger les luttes anti système et anti impérialistes des peuples du Sud et du Nord face aux ravages engendrés par la dictature des marchés financiers et par le déploiement mondialisé incontrôlé des transnationales.

3- Participer à la construction des alternatives au néolibéralisme et refuser le diktat des institutions internationales telles la BM, FMI, OMC...

4- Défendre les biens et les services publics comme l’Eau, le droit à la santé, à la sécurité alimentaires, et à l’école et résister à la marchandisation de ces secteurs...

5- Défendre la culture comme patrimoine de l’Humanité. Lutter pour un monde fondé sur la reconnaissance du statut non marchand des produits culturels et des connaissances scientifiques, et de l’éducation.



Un grand nombre des mouvements et associations constituent la plate forme de ce Forum dont :

International Campaign against American and Zionist Occupation (the Cairo Conference),

The Center for Studies and Documentation in Beirut,

The National Gathering to Support the Choice of Resistance (Lebanon),

The International Anti-Imperialist and Peoples’ Solidarity Forum (the Calcutta- India Conference),

Stop War Campaign (London),

Le Parti communiste Libanais,

L’union de la Jeunesse démocratique (Liban),

Réseau des organisations de la jeunesse Palestinienne,
The party of Dignity (Egypt),

The popular campaign to break the siege on Gaza,

KIFAYA (le mouvement égyptien pour le changement),

Union of Democratic youth (Lebanon),

Egyptian women issues Association,

Palestinian youth organizations network (Palestine),

Fédération des Syndicats marocains,

AMCI (The Medi terranean agency for International cooperation (Marocco),

Arab youth council - and the walkto the arab parliament (Marocco),

Data and strategic studies center (Syria),

El Badil regroupement anti globalisation (Syria),

Campaign Genoa 2001 Greece, l’altra lambardia-Sulatesta, Anti- imperialist Camp (Grèce),

Socialist thinking forum (Jordan),

Organisation des socialistes révolutionnaires (Egypt), (à suivre ... )

Les Ateliers

1- Atelier sur le soutien à la Résistance des peuples du Moyen - Orient

Cet atelier se veut un développement des sujets insuffisamment abordés dans la littérature politique actuelle, plus spécialement le droit à la Résistance en tant que valeur intrinsèque ; une condition nécessaire au retour d’un équilibre sur la scène internationale. L’atelier portera aussi sur l’expérience et l’évaluation de la résistance ainsi que les conditions sociales qui ont favorisé la prise de conscience identitaire et la mise en place de cultures et de systèmes, économiques, sociaux et politiques plus équitables et plus humains. L’atelier tournera autour de l’élaboration d’une solidarité objective entre les divers mouvements de résistance forgée sur une vision révolutionnaire de classe et non de compassion.

2- Atelier sur l’Anti-impérialisme et la Solidarité entre les Peuples

Cet atelier se focalisera sur l’Impérialisme, et le chapitre noir qu’il laisse dans l’histoire de l’humanité. L’atelier révèlera les raisons qu’a l’Impérialisme de guerroyer, d’envahir les pays, d’imposer la loi du marché, de contrôler les ressources, de subjuguer les peuples, de militariser l’économie et d’imposer le néolibéralisme comme destin aux peuples de la planète. L’atelier aura pour ambition de déclencher un processus de convergence entre résistances anti impérialistes, mouvements sociaux, forces politiques, et réseaux alternatifs ... en vue de mettre en place une lutte mondiale unie contre l’Impérialisme et le néolibéralisme. Il cherchera à promouvoir une action conjointe entre les peuples pour faire face aux projets impérialistes du Grand Moyen-Orient, de L’Union pour la Méditerranée, de l’ALCA, et d’autres stratégies d’invasion.

3- Construire des alternatives au néolibéralisme

La privatisation et la marchandisation à outrance entraînent des effets dévastateurs sans précédents : la destruction de la biodiversité, la menace écologique, le gaspillage des ressources renouvelables ou non (pétrole et eau en particulier), l’anéantissement des sociétés paysannes menacées d’expulsions massives de leurs terres. Tous ces domaines doivent être gérés comme autant de biens communs de l’humanité. Dans ces domaines, la décision ne devrait pas relever du marché, mais des pouvoirs politiques des nations et des peuples.

Deux thèmes seront à débattre dans cet Atelier :
A- Les Alternatives et les propositions posées à l’échelle internationale et régionales dans des domaines touchant à la gestion des biens communs (l’Eau), à la sécurité alimentaire (agriculture, petite pêche...) et à, l’ensemble des questions écologiques... Nécessité de sortir ces domaines de négociations de l’OMC... et de passer de la conscience collective des défis à la construction d’agents sociaux actifs de la transformation.
B- Régionalisation : Pour une régionalisation au service des peuples, qui renforcera le Sud dans les négociations globales. Dégager les conditions d’une coopération alternative au sein de chaque grande région, en liaison étroite avec l’action des mouvements sociaux. Penser la question de l’intégration régionale dans une perspective nouvelle, fondée sur des avantages coopératifs, et non plus sur des avantages comparatifs. Etudier le modèle latino-américain (renforcer l’ALBA contre ALCA).

4- L’Atelier des Parlementaires

Cet atelier est destiné aux parlementaires, aux membres de conseils élus de l’UE, aux membres de l’Union des Parlementaires de l’Amérique du Sud, à ceux de l’Union des Parlementaires Arabes et aux parlementaires de tous les pays du Sud.
Les participants chercheront à établir les bases d’un partenariat Sud-Sud et d’un partenariat Nord-Sud équitables, à échanger les expériences en vue de construire un consensus politique, économique et culturel alternatif à la mondialisation néolibérale et militarisée et à l’hégémonisme des Etats-Unis et de leurs alliés.
L’atelier portera aussi sur la responsabilité des élus dans l’engagement à construire des alternatives, à renforcer les services publiques, à défendre les biens publiques, ... Il débattra aussi des questions politiques d’intérêt parlementaire et d’une grande portée pour les peuples du Proche Orient, telles : l’application de la résolution européenne visant à cesser le partenariat Euro-Israélien, l’application de la résolution de la cour de La Haye de supprimer le mur de séparation en Palestine, et l’application de tout autre résolution aboutissant à un rétablissement des droits légitimes des peuples.

5- Atelier sur la défense des droits civils et politiques

L’atelier vise à discuter la poursuite des activités du Tribunal International des Citoyens tenu à Bruxelles pour juger les crimes de guerre israéliens, en vue de poursuivre juridiquement les criminels et à engager des plaintes individuelles dans les tribunaux européens. On se penchera sur l’expérience du Tribunal permanent des Peuples, et sur les perspectives de tenir d’autres tribunaux pour juger les institutions internationales responsables des famines, de la pauvreté, de l’endettement illégal des pays du tiers-monde. De même pour juger les multinationales responsables des crimes écologiques (Monsanto, Bechtel...) et les agences de sécurité privées commettant leurs crimes sous couvert de l’occupation ...

6- Atelier Médias et Télécommunications

Le droit à l’information entre en contradiction avec la logique générale du système médiatique. Il faut donc lutter contre cette entreprise de « formatage » et prendre des initiatives législatives visant à garantir l’autonomie des rédactions par rapport aux actionnaires et propriétaires, en encourageant, là où elles n’existent pas, la création de sociétés de journalistes, et favoriser les médias alternatifs sous toutes leurs formes (papier, radio, télévision, internet), qui jouent déjà un rôle important pour une information pluraliste et non soumise aux diktats de la finance et des multinationales. C’est pourquoi il faut exiger des gouvernements que ces médias bénéficient de conditions réglementaires et fiscales privilégiées. Un Observatoire des Médias alternatifs pourrait identifier les législations les plus avancées existant actuellement dans le monde. L’atelier sera animé par les média alternatives telles Télé Sour, Ajjazira, Vive TV, Al-Manar...

7- Atelier Culture - Diversité culturelle contre monoculture

Les politiques néolibérales conduisent à la marchandisation des produits culturels et à la privatisation des grands services sociaux, notamment de l’éducation et de la santé.
Cette option entraîne la production en masse de produits para-culturels de basse qualité, la soumission de la recherche aux priorités exclusives de la rentabilité à court terme, la dégradation - voire l’exclusion - de l’éducation pour les classes populaires.
Cet atelier traitera les formes d’identification culturelle face à la politique de l’exclusion et la réduction des champs de liberté. Et traitera la question démocratique dans sa dimension culturelle. L’expérience confirme qu’une démocratie politique qui ne repose pas sur une démocratie économique et culturelle ne sert pas à grand-chose. A l’idée d’une démocratie culturelle s’est substituée celle, non moins obscène, d’une massification industrielle des cultures, pseudo-melting-pot dont on se sert pour masquer la prédominance de l’une d’elles.

Pour toute information pratique écrire à :
socialforumbeirut@yahoo.fr

 
Marie NASSIF-DEBS
Beyrouth, le 24 octobre 2007
 

 
 
 
 
 
Y a-t-il possibilité de parvenir à un consensus entre le  rassemblement dit du « 8 mars » et celui dit du « 14 mars » ou bien la situation au Liban se dirige implacablement vers l’escalade et la déflagration ?
 
Depuis quelque temps, les Libanais effeuillent les marguerites… Une tempérance, même minime, dans les propos émis par les antagonistes en présence leur donne une dose d’espérance qu’ils perdent aussitôt qu’ils écoutent d’autres propos comportant une certaine violence verbale.
 
Le pire est toujours à craindre, donc. Malgré l’optimisme de Bernard Kouchner, lors de sa dernière visite à Beyrouth, durant laquelle il a dansé la « dabké »(1)  avant d’appeler les députés libanais à respecter l’échéance des présidentielles.
 
Le pire est toujours à craindre. Parce que le Liban a perdu toute autonomie.
 
Ce ne sont pas ses dirigeants, élus selon une loi faite, à leur mesure, par le tuteur syrien de l’époque, le colonel Ghazi Kanaan (mort, depuis), qui décident ce qu’il faut faire dans leur pays ou de leur pays. Les décideurs sont les grandes puissances internationales ou les puissances régionales qui s’entrecroisent, tantôt, et tantôt s’entretuent.
 
Ainsi, durant les trois semaines passées, nous avons eu droit à des déclarations successives de George Bush, Dick Chenny, Condoleeza Rice et d’autres encore, lors des visites des leaders politiques libanais de la majorité à Washington, stigmatisant l’immixtion syrienne dans les affaires intérieures de notre pays et oubliant toutes les violations israéliennes contre notre territoire national.
 
Nous avons eu droit, également, à une visite du représentant du ministère de la défense étasunienne, Eric Edelmann, venu, au nom de son ministre, « poursuivre la mission commencée par le chef des armées, l’amiral Falon » et concernant « la coopération entre les Etats-Unis et le Liban pour une nouvelle stratégie militaire ». De plus, nous reçûmes successivement les trois ministres des affaires étrangères de la France, du Portugal et de l’Italie, en même temps que celui de la Turquie (venu en médiateur entre le Liban et la Syrie). Et, nous attendons, dans les prochains jours, des émissaires haut placés des pays arabes dont, en premier lieu, le ministre égyptien des affaires étrangères.
 
Tous veulent « aider » le Liban à sortir de l’impasse des élections présidentielles et empêcher une nouvelle guerre fratricide dont l’ombre épaisse enveloppe le Liban et qui se profile dans les milliers de nouveaux jeunes miliciens armés enrôlés par les deux camps opposés.
 
Caricature que tout cela ? Ce n’est, malheureusement, que la pure vérité.
 
La situation politique et économique du Liban est, désormais, et plus qu’à aucun autre moment de son histoire moderne, étroitement liée à la volonté de l’administration étasunienne, présidée par George Bush et appuyée par Israël et quelques régimes arabes dits « tempérés » (tels que l’Arabie saoudite, l’Egypte et la Jordanie), mais aussi, en partie, à celle de la Syrie et de l’Iran.
 
L’enjeu : la deuxième étape du projet du « Nouveau Moyen Orient » que les Etats-Unis, toutes tendances confondues, ont entrepris en Irak et dont ils veulent poursuivre la réalisation au Liban et en Palestine, et ce afin de mettre la région pétrolière et méditerranéenne arabe sous leur coupe, ce qui leur permettra d’avancer, d’une part, en direction de la Caspienne et de contrôler, ainsi, à eux seuls, les 75% des sources d’énergie dans le monde. Sans oublier, d’autre part, le contrôle des voies de transport et des prix de cette énergie.
 
En quoi consiste le « Nouveau Moyen Orient » par rapport au Liban?
 
Comme en Irak, où le Parti démocratique étasunien a pris la décision (non obligatoire) de diviser le pays en trois Etats(2), il est prévu (dit-on) que le Liban sera divisé en trois cantons : un canton druze et maronite (correspondant aux limites du « Petit Liban », créé en 1920 par les Français), un autre, chiite, dans la Békaa et un troisième, sunnite, au Nord du pays. La partie frontalière sud sera un prolongement du premier canton qui fera une petite place aux 350 000 Palestiniens dont Israël refuse le droit au retour(3), mais loin des frontières…
 
Un rôle de propagandiste échut à la Suisse qui, par le truchement de son ambassade à Beyrouth, est sortie de sa neutralité coutumière et a invité, il y a une quinzaine de jours, un groupe d’intellectuels libanais afin de leur expliquer les avantages du système fédéral appliqué chez elle, comme si le Liban était formé d’ethnies et de nationalités différentes qui ne parlent pas la même langue et n’avaient pas, au départ, une histoire commune…
 
Et, tandis que les élections présidentielles sont reportées au lundi 12 novembre (en principe), à cause du sommet Bush-Sarkozy sur le Liban, mais aussi de la conférence (arabe) sur l’Irak, la valse des rencontres entre des leaders de « la majorité » et de « l’opposition » vient de commencer, afin de faire en sorte que l’échéance des présidentielles puisse se dérouler dans le calme. Cependant, les appréhensions restent très fortes, surtout que certains voient dans les accusations lancées par Walid Joumblatt contre le Hezbollah(4) (et qui ont, à nouveau, envenimé le climat politique) une tentative de la part de Washington d’acculer la Syrie au pied du mur, non au Liban mais en ce qui concerne la situation explosive en Irak.
 
En d’autres termes : ni Washington ni Damas ne sont pressés de faciliter la recherche d’une solution avant d’avoir résolu les quelques grands points qui les opposent l’un à l’autre. D’où le Liban restera ballotté par les vents contraires jusqu’aux dix derniers jours de l’échéance présidentielle, c’est-à-dire jusqu’au 24 novembre. Parce que le problème de choisir un président de la République n’est pas le seul point inextricable ; il y a aussi la phase politique ultérieure : Qu’en sera-t-il de la composition du gouvernement et qui en sera le chef ?
 
Fouad Sanioura (candidat étasunien par excellence) restera-t-il à son poste ou bien il y aura, là aussi, un candidat de consensus ? Qu’adviendra- t-il de la résolution 1559 concernant les armes du Hezbollah ? Quelle sera l’attitude de l’ONU à propos du refus d’Israël d’admettre que les fermes de Chebaa sont terres libanaises et quelle position prendront les troupes de la FINUL vis-à-vis des violations israéliennes de la résolution 1701 ?
 
Beaucoup de questions difficiles que se posent les citoyens d’un pays qui a perdu les derniers aspects de souveraineté qui lui restaient.
 
Seule une conférence des partis et forces politiques à l’échelle nationale pourra, peut-être le sauver (momentanément) . Une conférence qui aura pour ordre du jour de stabiliser la paix civile et de discuter des réformes politiques nécessaires à court terme pour remettre le Liban sur pied.
 
Les Etats-Unis et leurs alliés (dont la France) laisseront-ils faire ou bien les enjeux pétroliers primeront et on subira, une fois de plus, les conséquences sanglantes d’une politique aveugle dont le seul mot d’ordre est : la fuite en avant pour sortir de l’impasse.
 
 
 
Marie NASSIF-DEBS
Beyrouth, le 24 octobre 2007
 
http://www.aloufok. net/article. php3?id_article= 4237
Les derniers évènements vont ouvrir les yeux aux innocents qui s’étaient réjouis du départ de l’armée syrienne du Liban.
En effet, après l’échec de la nouvelle invasion du pays tentée par Israël en Juillet 2006, on passe aux choses sérieuses et l’armée US va reprendre pied dans le pays.

Les médias libanais confirment en effet la prochaine installation de l’armée US dans le Nord du pays.
Cette décision, prise par l’Amiral FALLON, commandant du CENTCOM – commandement US pour l’Europe et le Moyen-Orient – fait suite à des visites conduites sur le terrain au printemps 2007 par des officiers généraux US et turcs. (Elle semble également éclairer la position de l’Amiral FALLON qui ne veut pas d’attaque contre l’Iran, au moins tant qu’il n’est pas prêt.)

Il s’agit d’une installation lourde, en l’occurrence  une base aérienne.
Elle sera située à KEIAT  en bord de mer à quelques kilomètres de la frontière syrienne. Emplacement remarquable pour contrôler tout l’espace entre la frontière turque et la frontière israélienne. De plus, si les actuelles tensions entre ANKARA et WASHINGTON  devaient rendre difficile l’utilisation par l’US AIR FORCE de la base turque de DIYARBAKIR, la base de KEIAT pourrait être utilisée à sa place pour lancer, par-dessus la Syrie, des raids  sur le Nord Irak ou sur le Nord Iran.

Il s’agit  du grand retour de l’armée US sur le sol libanais après son départ en 1984. Celui-ci  fit suite à l’attentat suicide qui, le 23 Octobre 1983, avait coûté la vie à 241  marines US dans leur caserne de Beyrouth. Le même jour  56 soldats français perdaient la vie dans un second attentat à quelques kilomètres du précédent. Ces attentats, attribués au Hezbollah qui ne les a jamais revendiqués, a été  considéré par VICTOR et HOY OSTROVSKI dans leur livre « BY WAY OF DECEPTION » (St Martins Press 1990)  comme une opération montée par le Mossad et correspondant à une volonté du gouvernement israélien de chasser  les troupes US et françaises du Liban où elles se  trouvaient  en réponse au massacre de Sabra et Chatila (Septembre 1982) et pour permettre le départ de l’OLP vers Tunis. 

Il faut l’interpréter comme une reprise en gestion directe de la guerre du Proche-Orient par l’armée US et comme un terme mis au recours au sous-traitant israélien  dont les dernières performances militaires  n’ont pas été convaincantes, malgré les flots de dollars investis.

Cette reprise en mains est la conséquence du retour sur la scène diplomatico-militaire internationale de la Russie qui fournit du matériel militaire à la Syrie et entretient avec la Turquie des relations de plus en plus confiantes.



Cette décision de stratégie militaire régionale a aussi des incidences locales :

- le chantier d’aménagement de la base  - il s’agit pour l’instant d’un simple aérodrome  qu’il va falloir transformer en forteresse – ne saurait échapper au principal groupe de travaux publics au Liban : le groupe HARIRI. Les bons esprits qui font métier de lutter contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme n’iront certainement pas regarder dans les comptes du groupe HARIRI pour voir si les travaux de KEIAT sont surfacturés : il n’y aura ni appel d’offres, ni audit .....

- la base de KEIAT est à une dizaine de kilomètres au nord du camp palestinien de NAHR EL BARED  d’où il sera possible de suivre à l’œil nu tous les mouvements d’avion. Les militaires US auraient bien aimé que ce regard indiscret – la direction du camp passe pour très prosyrienne – soit supprimé. Malgré l’opération menée par le groupe mal connu : FATAH AL ISLAM ayant conduit à sa destruction partielle le camp demeure parce que les réfugiés n’ont pas d’autre endroit où aller. A moins qu’avec les superbénéfices qu’il fera à KEIAT le groupe HARIRI ne fasse un geste « humanitaire » pour les reloger à bonne distance des bombardiers et des aviateurs US.
Source : Comaguer  comaguer@nomade.fr

Le projet étasunien, préparé pour la région arabe, continue à frapper à la porte de ses Etats, l’un à la suite de l’autre, tantôt sous le nom du « Grand Moyen Orient », qui porte le manteau de la démocratie, coloré par les appels au changement des structures politiques du passé, tantôt sous le nom du « Moyen Orient nouveau » qui adopte la « tempérance », à travers le rassemblement de quelques régimes présidentiels (mais à caractère militaire) ou monarchiques arabes, afin de mettre fin à toutes les formes de résistance et d’entrer de plain pied dans l’ère mondiale nouvelle où la lutte arabo-israélienne n’a plus de mise…

Et, tandis que le vent de la discorde passe de l’Irak en Palestine et au Liban, soufflant à travers les divisions et les combats confessionnels ou partisans, des dizaines de victimes tombent, chaque jour, emportés par les objectifs du projet précité ; et le terrorisme progresse, prenant de nouvelles formes qui rappellent à s’y méprendre un autre terrorisme, celui qui fut pratiqué, durant la première moitié du siècle dernier,  par les sionistes en Palestine: des groupes armés, à nouvelles consonances, sont créés tandis que d’autres sont renouvelés… Tous, sur des bases militaires et financières solides. Quant à l’appui, il leur vient, directement ou indirectement, de Washington et de Tel Aviv, en premier lieu, mais aussi de certains régimes qui entourent l’Irak et le Liban et dont les dirigeants ne savent pas, dirait-on, qu’ils se jettent dans la gueule du loup en soutenant ces terroristes qui ne manqueraient pas, à la première occasion, de se retourner contre eux. D’ailleurs, la radicalité du projet de ces groupes terroristes les rapproche du projet américain pour la région, avec lequel ils s’étaient déjà entrecoupés, durant les années quatre-vingts du vingtième siècle, quand il s’est agi de détruire la force de l’ex Union soviétique et d’imploser la région des Balkans. Ce qui veut dire que les deux projets peuvent se trouver de nouveaux points communs et que ce est dit, chaque jour, à propos de l’aide présentée à ces groupes par les Ultras de l’administration de Georges W. Bush, les « Born again Christians », représentés par le vice-président étasunien Dick Chenney, ne relève pas de la simple rumeur visant à nuire à l’image de l’oncle Sam…

 

Le projet étasunien :

Piétinement ou changement de cap ?

Deux questions s’imposent, ici : le projet étasunien pour la région arabe a-t-il échoué? Piétine-t-il ou bien les changements introduits ne sont pas fondamentaux et relèvent seulement de la manière utilisée pour l’exécution, et non des objectifs fixés ?

Certains voient que ce projet a échoué dans la réalisation des objectifs qui lui furent fixés, puisque les projets de changements politiques, c’est-à-dire le renouvellement de certaines formes archaïques du pouvoir (comme en Arabie Saoudite) grâce à de nouvelles équipes formées à « l’occidentale », piétinent. Ce piétinement, poursuivent-ils, a obligé les Etats-Unis à en changer, à diverses reprises, la forme et le contenu ; ce qui veut dire que le projet du « Nouveau Moyen Orient » est différent de celui qui parlait du « Moyen Orient élargi » et, avant cela, du « Grand Moyen Orient ».

Et pour appuyer leurs dires, ils appellent à leur secours un groupe de raisons, tous réels, et de manifestations, dont :

1. Le projet a, d’une part, échoué sous les coups de la Résistance au Liban, à asseoir le rôle de dirigeant qui y était échu à Israël et qui se résumait dans la direction de cette région après une période de normalisation des relations avec les régimes arabes… Israël, aujourd’hui, surtout à la suite de l’échec de son agression de juillet-août 2006, est au plus bas : le rapport du juge Vinograd exprime clairement que la société israélienne est très perturbée, vu l’incapacité de ses gouverneurs à la défendre.

2.Le projet a, d’autre part, échoué en Irak , après avoir reçu des coups mortels en Afghanistan, et le coût payé devient de plus en plus grand, tant en vies humaines (plus de cent morts et beaucoup de blessés et d’handicapés) que sur les plans financier et politique.

3. L’échec du projet se voit, surtout, au sein de l’administration étasunienne, surtout à la suite de l’échec cuisant au Congress et les appels, devenus de plus en plus pressants, visant à mettre un agenda pour le retrait des troupes de la « coalition » hors d’Irak, tel que le préconise le rapport Baker-Hamilton.

4. L’échec se voit, enfin, dans les propositions contenues dans le rapport Baker-Hamilton et concernant la nécessité de négocier avec la Syrie et l’Iran (après que les Etats-Unis aient reculé le projet d’un coup porté à ce pays). A cela s’ajoute la remise en question de la politique que la Maison blanche applique dans la région du Golfe arabique, en général, et vis-à-vis des tentatives turques dans la région du Kurdistan irakien.

Toutes ces données sont réelles et importantes, il est vrai. Cependant, elles ne montrent qu’une partie de l’image ; de même, elles ne font  pas cas de certains phénomènes essentiels.

 

Les projets étasuniens… et le terrorisme

En effet, ces raisons ne prennent pas en considération une caractéristique qui marqua la politique étasunienne depuis la période dite de « la guerre froide » et jusqu’à nos jours (période dite de guerre contre le « terrorisme », dans lequel les Etats-Unis incluent les Résistances nées contre l’immixtion de Washington dans le monde et le Terrorisme qu’il a créé) : le pragmatisme en politique. Ce qui veut dire que les plans, mis au point pour réaliser les projets, ne sont pas rigides ; bien au contraire, ils sont changés en fonction de la nécessité du moment…

Sur cette base, nous devrions dire que les Etats-Unis n’ont pas présenté trois projets pour le seul Moyen Orient, mais un seul, et que ce projet n’a pas commencé dans les années quatre-vingt-dix, mais, plutôt, dans les années soixante-dix, puisque sa première copie détaillée fut présentée par Henry Kissinger, le Secrétaire d’Etat étasunien du moment.

Ce projet se résume dans la nécessité d’émietter la région arabe en mini Etats confessionnelles (entendre : sunnites et chiites) et ethniques qui se font la guerre entre eux et qui ont, tous, besoin de la protection de la Grande puissance qui régit la Planète. Il est vrai qu’Israël n’a pas pu réaliser les performances qui lui étaient demandées et que les troupes de Washington ont dû intervenir directement, mais le projet n’a pas subi des changements, seule la manière de le réaliser a changé… jusqu’à maintenant, puisqu’il est dit que les troupes étasuniennes auraient les seules régions pétrolières à protéger tandis qu’elles cèderaient graduellement la tâche de la sécurité dans le reste de l’Irak aux autochtones, après leur avoir pourvu l’entraînement et les armes nécessaires (ce qui ne veut pas dire que ces autochtones feraient mieux là où Israël avait échoué). Donc, ce que visent les Etats-Unis, c’est le retour à la « vietnamisation », mais une « vietnamisation » modifiée, à partir de l’expérience déjà vécue et de la situation du moment.

Et, tandis que ce projet est mis à feu doux, que le pétrole du Golfe arabique, dont celui de l’Irak, est exploité à outrance et qu’on prépare la mainmise de Washington sur la région « pétrolière » du Darfour soudanais, la région arabe est émiettée, à l’exemple des Balkans, le mouvement de libération arabe fait ce qu’il peut pour contrecarrer la politique étasunienne, mais il n’est pas encore assez fort, après les déboires qu’il avait subis dans la dernière décennie du siècle passé.

 

« L’Irakisation » ou le sort réservé à la Palestine et au Liban ?

Tout cela nous amène à la nécessité de nous arrêter sur les points suivants :

1.Nous nous trouvons, aujourd’hui, au commencement de l’étape durant laquelle les Etats-Unis cherchent à légitimer l’émiettement de l’Irak en trois Etats dans lesquels, chaque jour, la lutte fratricide tue des dizaines de personnes, sans compter les blessés, et éloigne encore plus les chances d’un retour à l’unité. D’ailleurs, tout le monde mesure exactement les répercussions de cette lutte fratricide, de caractère confessionnel sunnite-chiite, non seulement sur l’Irak, mais sur la région arabe tout entière. Et, là, une question se pose : les Etats-Unis cherchent-ils à imploser toute la région du Golfe arabique, dont l’Arabie saoudite, anticipant ainsi sur la possibilité que les mouvements « salafistes » fondamentalistes (qu’ils avaient, eux-mêmes, formés pour faire face au communisme) ne mettent la main sur le gouvernement de ce pays et, par suite, sur les sources d’énergie que son sol recèle ?

2. La scission, très dangereuse, de la Palestine en deux parties dirigées par deux gouvernements et les événements sanglants qui avaient précédé cette scission ne présagent que des malheurs, surtout que l’aviation israélienne poursuit ses « missions » meurtrières dans les deux régions et que le « mur» s’étend et dans tous les sens, dessinant les nouvelles frontières de « l’Etat d’Israël ». Sans oublier le retour au projet formé par Ariel Sharon et basé sur le « transfert » de quelques 300 000 familles palestiniennes vers la Jordanie qui deviendra un Etat confédéral jordano-palestinien et dont les frontières, comme celles de la Palestine occupée, resteraient fermées à un possible retour des réfugiés disséminés dans les pays arabes voisins, dont le Liban qui accueille, actuellement, à lui seul quelques 370 000 réfugiés.

3. Quant au Liban, les derniers événements sanglants qui se déroulent toujours au camp palestinien de Nahr El-Bared (au nord du pays) ont montré clairement l’avance prise par le projet terroriste étasunien qui se recoupe, comme nous l’avons déjà précisé, avec le projet « salafiste ». Et ce qui est le plus inquiétant, c’est l’éclosion de dizaines de groupes armés qui gagnent de plus en plus de terrain à l’intérieur des camps palestiniens au Liban et qui jouent de plus en plus un rôle ouvert dont l’influence sur la situation intérieure libanaise ne présage rien de bon. En même temps, les Etats-Unis augmentent leurs pressions, tant à travers les délégués nombreux qui ont presque élu domicile chez nous que par les ingérences de l’ambassadeur Jeffry Fieltman. Et tout cela laisse des empreintes indélébiles sur la situation politique ainsi que sur l’économie.

4. Les discussions vont bon train sur la question de la présidence de la République et la possibilité d’avoir recours, une fois de plus, à la création de « deux gouvernements », comme entre 1988 et 1990, si les parties en présence ne s’entendent pas avant la date fatidique de septembre sur un nouveau président pour remplacer Emile Lahoud. Cette perspective suscite, surtout parmi les forces de gauche, beaucoup d’appréhension.

 

Comment faire face ?

Le Liban est confronté, une nouvelle fois, à une situation extrêmement dangereuse, à cause de la guerre des tranchées menée par le gouvernement et aussi par l’opposition qui ont ouvert les portes du pays aux vents des conflits internationaux et régionaux. Et cette situation vient de s’envenimer, plus encore, par l’explosion qui a tué six soldats espagnols de la FINUL.

Que doivent faire les Libanais, les masses libanaises s’entend ? Quelle initiative doivent-ils adopter ?

La seule manière de faire face à cette crise dangereuse en perspective réside, peut-être, dans les propositions émises, il y a plus d’un an, par les Parti Communiste libanais, à la suite du vote de la résolution 1559 par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Les principaux points de cette initiative : la création d’un gouvernement de salut national dont le but sera de promulguer une nouvelle loi électorale, des élections anticipées suivies de l’élection d’un nouveau président de la République et de la création d’un gouvernement d’entente nationale sur la base de l’application des réformes prévues par l’Accord de Taëf, devenu partie intégrante de la Constitution libanaise.

                                                          

                                                                           Marie NASSIF-DEBS

                        

                                                                     (A partir d’un article écrit le 21/6/2007)

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