Le 5 décembre 1952 Ferhat Hached, fondateur et leader de l'UGTT, est assassiné par la Main rouge, organisation armée secrète, exécuteur des basses œuvres des
colonialistes et du gouvernement français.
Encore aujourd'hui la france refuse de reconnaître sa responsabilté alors que les témoignages se sont accumulés.
Jean Tabet était un combattant de toutes les luttes anticolonialistes, un antifasciste efficace, grand initiateur des Salons du livre antifasciste de >Gardanne et de Port de Bouc, un ardent défenseur du mouvement de la lecture publique ayant marqué la trajectoire de nombreux bibliothécaires ou travailleurs du livre.
Il fut aussi pour nombre d'entre nous un ami, une référence chaleureuse, attentive mais exigeant et sans concession.
Alain Castan
Le journal algérien le Matin lui a rendu un bel hommage que nous publions ci-dessous :
Du FLN à Curiel en passant par Ben Barka, il fut de tous les combats de l'anticolonialisme. Récemment encore, il a décliné une
invitation à la commémoration du cinquantième anniversaire du 1er Novembre ne voulant pas cautionner un "pouvoir qui avait emprisonné Benchicou et Hafnaoui Ghoul"...Jean laisse un vide impossible
à combler. Son portrait par M. Kaouah.
L'anticolonialisme a ses Justes. Certes moins connus et honorés que leurs homologues, femmes et hommes qui sauvèrent d'une mort certaine des juifs durant la
déferlante nazie sur le monde. Les Justes de l'anticolonialisme ont pris fait et cause pour "les damnés de la terre", les colonisés qui aspiraient à vivre dans la dignité et la
liberté.
Les Maghrébins, les Algériens, plus particulièrement, ont trouvé à leurs côtés, cette avant-garde, certes réduite mais exemplaire. Ces militants européens, français
singulièrement, ont dû lutter à contre-courant de leur propre société, vivre parfois douloureusement des ruptures avec leur propre famille, prendre leurs distances avec leur parti, leur église,
leur communauté et vivre dans le danger, subir l'excommunication et la prison. Et parfois, au bout du chemin, se retrouver seuls, leur héroïsme ignoré quant à l'hostilité et l'incompréhension des
leurs pouvaient s'ajouter le manque de reconnaissance, sinon l'ingratitude. Ils ont accompagné activement les pays colonisés dans leur mouvement de libération, soutenu généralement leurs options
progressistes ou considéré qu'ils n'étaient pas dans leur vocation de peser sur leurs choix post-indépendances. Mais ils ne sont jamais restés indifférents au sort des peuples anciennement
colonisés. Ils sont restés solidaires de manière ou d'une autre, quitte à susciter l'agacement, voire l'ire des gouvernants de ces peuples, à travers les avatars des indépendances.
En ce mois de mars, 45e anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie aux termes des Accords d'Evian, Jour de la Victoire, Youm Annasr pour les Algériens, il
est hautement pertinent de retracer le parcours emblématique de l'un de ces Justes de l'anticolonialisme : Jean Tabet. Pour ce dernier les images les plus prégnantes s'ancrent à partir de juillet
62. "J'ai un souvenir extraordinaire de cette période. J'ai l'impression, je me trompe peut-être mais quand je vois les images et les joies de la Libération de la France, j'ai l'impression de
joie de ce type. C'est-à-dire un peuple cherchant à se faire lui-même pour la première fois. Par exemple, j'ai assisté à la journée de l'arbre, c'était extraordinaire, beaucoup d'élan populaire.
Il y avait beaucoup de gens qui apprenaient à lire, qui apprenaient à d'autres à lire. J'ai été dans une école de La Casbah où j'ai enseigné à mi-temps, j'ai pu voir la soif d'apprendre, de
s'instruire. On dit que la révolution mange ses enfants. Avant qu'elle ne le fasse, il y a de sacrés bons moments quand même ! Un peu à l'assaut du ciel pour reprendre la vieille
expression".
Mais comment lui est-elle venue cette conscience des damnés de la terre, lui qui appartenait à un milieu relativement aisé ? Pour Jean Tabet, cette sensibilité au
drame des laissés-pour-compte remonte à sa prime jeunesse. : "Dès mon jeune âge, j'ai été fasciné par les plus grandes aventures humaines du XXe siècle, des Brigades Internationales de la guerre
d'Espagne, de la Résistance. Deux références utiles et justes. J'ai très mal vécu la guerre d'Algérie, je l'ai vécue comme une agression contre un peuple qui voulait être libre. Pour moi, j'avais
le sentiment qu'on jouait le rôle de nos ennemis la Gestapo, la dureté du fascisme. Donc, j'ai glissé comme ça de l'antifascisme à l'anti-colonialisme. Ce qui est au fond assez
logique.
De Ben Barka au FLN
La façon dont se comportait l'armée française en Algérie était totalement inadmissible. Je sais que ce n'était pas le cas de tout le monde. Il fallait trouver les
moyens d'aider les gens qui luttaient pour leur liberté, qui luttaient pour leur indépendance. Et cette vieille phrase m'a toujours frappé : un peuple qui asservit un autre peuple est lui-même
asservi. C'est vrai, c'est évident. En plus je savais que moi-même j'allais être appelé au service militaire. Il n'en était pas question. Je n'allais pas accepter d'aller servir en Algérie pour
massacrer les gens en lutte pour leur liberté". Né au Maroc, Jean Tabet était par ailleurs déjà engagé aux côtés du Mouvement de libération nationale marocain dont il fit connaissance de sa
figure phare, Mehdi Ben Barka. Jean Tabet parle de ce dernier comme avec l'émotion de la première rencontre : Je le rencontrais souvent. La première fois c'était dans un café que nous nous sommes
parlé sérieusement, "Une vieille phrase m'a toujours frappé : un peuple qui asservit un autre peuple est lui-même asservi." Il m'a dit : “Si tu veux je te fais découvrir un Maroc autre que celui
que tu connais. Or, j'avais quitté enfant le Maroc et j'avais une vision, une impression du Maroc. Il m'a envoyé à plusieurs reprises en mission au Maroc parmi les gens de son parti. La misère,
je l'avais vue mais grâce aux militants de son parti, j'ai vu l'analyse, si on peut dire, de la misère. La guerre d'Algérie était en cours. Et je lui ai dit que je voulais être mis en contact
avec le FLN pour aider ce dernier". Avant de poursuivre, nous lui demandons de revenir de nous évoquer son initiative d'interviewer Ben Barka.
Jean Tabet aime être précis : "C'est un peu plus compliqué que cela. D'abord, j'ai apporté mon aide au FLN. Vu que Ben Barka ne m'avait pas encore donné de contact
avec le FLN, j'ai été au procès Jeanson. Il y avait une femme enceinte de l'un des condamnés algériens du procès Jeanson. Il y avait des parachutistes qui voulaient tabasser tout le monde, et en
particulier cette femme enceinte. On l'a protégée. Elle aurait pu croire que j'étais un flic quand même mais je lui ai dit que je voulais avoir un contact avec le FLN. Et deux jours après,
quelqu'un est venu me recruter dans les réseaux de soutien au FLN, réseau Curiel. Donc vers la fin 1961, début 62, j'ai interviewé Ben Barka dans une publication clandestine, Vérité
anticolonialiste. Et Ben Barka m'a dit : il faut maintenant que tous ceux qui ont aidé le FLN réfléchissent à aider d'autres mouvements de libération nationale." Nécessairement en Afrique
?
Jean Tabet poursuit : "Quand je suis parti au Maroc parce que j'étais grillé dans le cadre du réseau parce que les Algériens avec lesquels j'étais en rapport
avaient été arrêtés tous et que j'étais appelé au service militaire, au lieu de partir comme la plupart en Suisse ou en Belgique pour me réfugier, je suis parti au Maroc et Ben Barka m'a ouvert
les contacts avec tous les autres mouvements nationaux de libération, ceux des colonies africaines, l'Union des populations du Cameroun, les mouvements des colonies portugaises, le CNOCP,(Comité
de coordination des organisations nationalistes des colonies portugaises présidé par Aquino de Braganca, Amilcar Cabral qui passait régulièrement)…. Rabat était un pays pourri mais qui était
obligé quand même de donner le change et d'accueillir quelques mouvements de libération. Ce qui préfigure ce qui se fera plus tard en Algérie indépendante à une échelle plus large. Il y avait
aussi l'ANC d'Afrique du Sud, le Sawaba du Niger …". Revenant à son destin personnel, il cite ces lignes tirées du livre Un homme à part de Gilles Perrault consacré à Henri Curiel : "Je voulais
être un révolutionnaire professionnel selon la définition de Lénine".
Rencontre d'Henri Curiel
Aujourd'hui, une telle définition définit un bureaucrate de la politique. Que faut-il entendre par cela ? Jean Tabet met en perspective sa profession de foi : "Dans
les partis français, on appelle cela permanent. Je distingue cette notion l'une de l'autre. Dans un projet révolutionnaire cela ne veut pas dire permanent ou carriériste d'un parti. Le fait de
penser d'avoir sauvé quelques vies du FLN qui étaient pourchassées, d'avoir fait évader de prison d'autres m'a démontré directement qu'en militantisme, il est toujours difficile de se rendre
compte dans l'immédiat de son utilité. Or, là je me rends compte très vite d'avoir été utile.
Quand je rencontre ces peuples d'Afrique qui luttent pour leur indépendance, qu'ils sont isolés du point de vue des forces démocratiques européennes, je me dit
qu'il faut établir le lien avec eux. C'est un chantier extraordinaire. Henri Curiel, qui était en prison à la même époque, était en train de penser comment les réseaux d'aide au FLN devaient se
transformer en réseaux d'aide à l'ensemble des Mouvements de libération en lutte. Cela convergeait parfaitement avec l'idée de Ben Barka. Je rencontre enfin Henri (Curiel) qui sort de
prison.C'est le choc, je comprends que ce qui chez moi était spontané, un peu fou, est chez lui argumenté, ossaturé, théorisé. Il me touche énormément avec sa façon de mettre en valeur ses
interlocuteurs, sa simplicité, son immense rayonnement humain. J'avais l'impression de ne rien pouvoir lui refuser. C'est ainsi que je me retrouve à Alger avec Didar dirigeant un groupe de
l'organisation Solidarité en Algérie. Les liens vont s'étendre avec Saint- Domingue, le Venezuela, Cuba."
Henri Curiel, Ben Barka, deux destins révolutionnaires tragiques. En ce qui concerne le premier, on connaît davantage son combat mais on sait peu sur les tenants et
aboutissants de son assassinat ? Comment Jean Tabet voit-il la postérité de Curiel ? "Je crois que lui a été vraiment un révolutionnaire au sens qu'il a épousé un certain nombre de causes
importantes dans le monde, qu'elles soient anti-colonialistes ou anti-fascistes"… Nous lui faisons remarquer qu'il venait d'Egypte. Jean Tabet nous reprend : "Oui. Mais on ne peut pas dire en ce
sens qu'il était un tiers-mondiste. Mais il vient, comme nous Français, du Tiers-monde. C'est un grand bourgeois qui a pris conscience très jeune de la misère qui régnait en Egypte, qui a
d'ailleurs donné sa très belle demeure à l'ambassade d'Algérie en Egypte.C'est le don de toute sa fortune". Il en avait héritée sans doute, car il ne devait pas être très fort en affaires,
faisons-nous remarquer.
"Pas du tout. C'est vraiment donner un sens à sa vie que de travailler avec des gens comme ça … Mehdi Ben Barka était quelqu'un d'extraordinaire. Une énergie, une
vitalité comme je n'en ai vu chez personne d'autre. Il n'arrêtait jamais de travailler. Une vraie mitrailleuse. Il recevait dix personnes à la fois, menait quatre conversations en même temps.
Pour aller plus vite, il organisait des rendez-vous dans sa voiture ! Un phénomène! Après, quand j'ai connu Henri (Curiel) je n'ai eu de cesse de les faire se rencontrer, ce qui se fera plus
tard…. Vous aidez pour des faux-papiers, des passages de frontières ou des stages de formation. Tout ce qui peut être utile à des Mouvements en lutte pour leur émancipation.
Ce qu'on appelle très simplement la solidarité internationale. Il faut savoir qu'en cette période-là, plein de leaders progressistes, je ne vais pas les citer, ont
été assassinés par l'impérialisme, soit américain, soit français. Ce sont les leaders de l'union des populations du Cameroun, tel Félix Moumié ; Amilcar Cabral de Guinée-Bissau, de Lumumba au
Congo…C'était une politique radicale pour éliminer les leaders importants. Curiel, finalement, qui aidait ces Mouvements finira de la même façon. Eliminé par les mêmes forces". Nous lui faisons
remarquer que l'on pouvait penser que ce type de liquidation était terminé à la fin des années soixante dix ? Jean Tabet explique : "Ce n'était pas du tout terminé, à l'époque de Giscard
d'Estaing, bien au contraire. D'abord énormément de Palestiniens sont tombés. Mon ami Mohamed Boudia a été assassiné à Paris. Un Algérien qui avait épousé la cause palestinienne. Il avait été tué
par le Mossad". Est-ce vraiment confirmé ? Pour l'ami de Boudia : "C'est évident. Il y a eu le représentant de l'OLP qui a été tué. Mais aussi des antifascistes espagnols ont été
liquidés.
J'avais un ami imprimeur, son ouvrier espagnol avait été liquidé. Il y a eu en fait des dizaines d'assassinats politiques en plein Paris.Mais les Français ont
tendance à l'oublier. Comme l'a dit quelqu'un, Henri Curiel était un mutant en avance sur son temps. Je dirais qu'Henri et Ben Barka étaient des mutants. Nous avons tellement besoin de mutants
aujourd'hui". Pour Jean Tabet, la plongée dans l'histoire n'a pour but une quelconque autosatisfaction personnelle, c'est plutôt une exigence dialectique pour affronter les enjeux du présent et
du futur. Pour cela, il cite souvent la phrase d'Antonio Gramsci : "Pour savoir où l'on va, il faut savoir d'où l'on vient".
Durant "la décennie rouge", Jean Tabet fut aux premières lignes de la solidarité avec le peuple algérien martyrisé par le terrorisme intégriste. Intraitable
visà-vis de l'impérialisme, il l'est autant à l'égard de ce qu'il qualifie de "néo-fascisme" et dont il décèle et dénonce les funestes connections. Toujours confiant dans les nouvelles "formes de
regroupement ou de résistance" qui intègrent "le combat des femmes, l'écologie, l'action contre le travail des enfants, les associations antiracistes et pour la démocratie et antifascistes, les
forces qui s'engagent contre la dictature et pour la démocratie, l'action des sans-papiers".
Parmi ses divers engagements, il fait partie du Comité de rédaction de la revue Recherches internationales dirigée par l'économiste Michel Rogalski. Ami de longue
date du peuple algérien, dont le combat mérite entière justice et satisfaction de ses aspirations sociales et démocratiques à ses yeux, de Jean Tabet lequel ne fait pas dans la complaisance. En
témoigne sa solidarité avec les journalistes algériens, particulièrement "bouleversé par le sort réservé à MM. Benchicou et Hafnaoui Ghoul" qui le fit décliner en 2004 une invitation à la
commémoration du cinquantième anniversaire du 1er Novembre. .. Jean Tabet cite rarement, nous semble-t-il, les poètes. Mais quand il le fait, c'est à bon escient, et avec une éclairante
concision.
C'est le cas d'Hölderlin dont il cite ce vers : "Là où croît le danger, croît aussi ce qui sauve". Belle devise pour Jean Tabet, ce compagnon de Curiel et de Ben
Barka ! En arabe, Tabet, peut signifier : debout, constant. Un mutant, somme toute, dans ce monde où le reniement est fréquent.
Propos recueillis par Abdelmadjid Kaouah
http://www.lematindz.net/news/6064-la-mort-dun-grand.html
Il y a cinquante ans, le 17 octobre 1961, à l’appel du Front de Libération Nationale algérien (FLN), 20 000 à 30 000 Algériens de Paris manifestent contre la terreur d'Etat et le couvre-feu qui leur est imposé, contre les violences policières qu’ils subissent quotidiennement et pour affirmer la revendication d’indépendance nationale de l’Algérie, à cette époque acquise de manière certaine. Disposant d’un permis de tuer, la police se déchaîne sur les manifestants, les arrête, les tabasse, les tue, jette leurs corps dans la Seine. Aucun chiffre précis ne peut être avancé à ce jour, du fait de l’opacité et des négations de l’État français, mais il est admis par les études les plus sérieuses que, en septembre et octobre 1961, plusieurs centaines d’Algériens ont été tués par la police parisienne.
Si les finalités n’étaient pas les mêmes, comment ne pas établir un parallèle entre les techniques de police utilisées par Vichy et celles utilisées pour traquer les militants algériens de Paris dans les années 1950 et au début des années 1960 ? Les deux systèmes ont en effet plusieurs points communs. Soumis à une législation d’exception, traqués, raflés, transportés dans des véhicules mis à disposition de la police par la RATP, les Algériens étaient conduits dans des camps et des « centres de tri ». Ils y étaient parfois détenus de longues semaines, recensés, questionnés, passés à tabac, torturés, quand ils n’étaient pas tués à la sauvette, le tout sous la direction de Maurice Papon, passé de la traque des Juifs et des résistants en France à celle des anticolonialistes dès 1945 en Algérie et au Maroc. Papon a dirigé, à partir de mars 1958, une Préfecture de Police de Paris rapidement transformée en machine de guerre contre le FLN et l'ensemble des Algériens.
Comment ne pas voir que ce qui se joue dans le souvenir d’octobre 1961 a des résonances profondes aujourd’hui ?En Palestine, soumise au joug colonialiste, l'armée israélienne recycle et perfectionne les méthodes répressives « contre-insurrectionnelles » inventées par les militaires français après leur cinglante défaite à Diên Biên Phu, mises en oeuvre en Algérie et transposées à Paris à la fin des années 1950.
En France, si les conditions ne sont pas les mêmes, la police semble souvent continuer à jouir d’une impunité lorsqu’elle cause la
mort de jeunes hommes, le plus souvent basanés, le plus souvent habitants des quartiers populaires, au nom du prétendu combat de l'Etat contre « l'ennemi intérieur ».
À l’heure où l'Etat organise la réhabilitation du colonialisme, l’UJFP - qui compte dans ses rangs de nombreux camarades qui ont lutté dans ou avec le mouvement de libération algérien – soutient toutes les manifestations organisées en France à l’occasion du cinquantième anniversaire du 17 octobre 1961. Que ce soit pour l'histoire de la destruction des Juifs en Europe ou celle de la guerre d'Algérie, nous préférons la vérité des faits et la compréhension des engrenages qui ont conduit à ces crimes, aux reconnaissances étatiques derrière lesquelles se cachent des instrumentalisations malhonnêtes de nos histoires.
Octobre 1961 est la date d’un massacre d’Etat faisant suite à un long cycle deviolences et d'assassinats qui s'est étendu sur plusieurs semaines. Mais le 17 octobre 1961 est aussi la date d’un combat: celui de femmes et d’hommes dressés dans les rues contre le racisme, contre les violences policières et contre le colonialisme.
À nous de continuer dignement leur combat.
Le BN de l’UJFP le 10 octobre 2011
Le 17 octobre 1961, il y a tout juste cinquante ans, répondant au couvre-feu imposé par la police aux Algériens de Paris, la fédération de France du Fln avait appelé à une grande manifestation pacifique. Sous les ordres de Papon, la police parisienne a réagi avec une violence et une sauvagerie typiquement coloniale. Ce jour-là, il y eut un grand nombre de morts et plus encore de blessés. Les corps étaient jetés dans la Seine par les policiers en furie. Les historiens ont dénombré près de 200 morts et disparus. Pourtant, ce crime resta sous silence ou presque pendant plus de vingt ans. Et, alors que Maurice Papon a été condamné pour les crimes qu’il a commis sous l’occupation nazie, il n’a jamais été inquiété par la Justice pour celui-là.
Le Collectif provençal Sortir du Colonialisme demande la reconnaissance de ce crime comme crime d’Etat. Il exige aussi pour aujourd’hui une autre politique d’accueil face aux dérapages à répétitions du couple Guéant – Hortefeux et à la chasse aux sans-papiers et aux roms, qui sapent un peu plus chaque jour la devise de notre république : Liberté, égalité fraternité.
Le Collectif appelle à un rassemblement le 17 octobre 2011, à 18h30, aux pieds des escaliers de la Gare Saint-Charles, en haut du boulevard d’Athènes. La manifestation défilera sur la Canebière jusqu’au Vieux Port.
Organisation partie prenante de cette initiative :
Association nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis (ANPNPA) - Fédération tunisienne des citoyens des deux rives (FTCR) - Comité solidarité Maghreb (CSM) - Comité Frantz Fanon - Forum Mediterraneo 2013 - Ligue des droits de l’Homme (LDH) - Association Ancrages - Association l’Arche - LDH Toulon - Afriki Théâtri - Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) – Espace Franco Algérien Paca - Parti de Gauche (PG) - Parti Communiste (PCF) – Survie 13 - Rouge Vif 13 - France Algérie Aix - Femmes méditerranéennes et citoyennes du Pays d’Aix - Association des Comoriens de Marseille - Association des Femmes Comoriennes - Europe Ecologie les Verts (EELV) - Association Harahouna - Parti des Indigènes de la République (PIR) - L’Ecomotive – Réseau France Orient Culture - Union juive française pour la paix (Ujfp) - Femmes de la Méditerranée - Union de la communauté algérienne - AFASPA 13 - Mrap 13 - Gauche Unitaire - Parti Occitan - Régions et peuples solidaires – ATTAC Marseille.
Agenda des initiatives autour du 17 octobre :
· Dimanche 16 octobre : L’Union des universitaires algériens et franco algériens (UFAC)
organise une rencontre débat à partir de 14 h au CRDP, 31 bd d’Athènes à Marseille.
· Dimanche 16 octobre : de 16h à 21 h aux Mobiles, en haut de la Canebière « Paris – 17 octobre 1961 – amnésie à la française » Plus d’infos sur http://www.primitivi.org
· Lundi 17 octobre à 19h : projection du film de Mehdi Lallaoui « Le silence du fleuve » suivi d’une conférence de Radoine Bengriche (historien). Association Ancrage, 42 bd d’Annam 13016 Marseille.
· Lundi 17 octobre à 20h30 : projection du film « Hors la loi » de Rachid Bouchared à
l’Ecomotive (en bas des escaliers de la gare Saint-Charles).
· Jeudi 20 octobre à 20 h au cinéma Le Royal, à Toulon, diffusion du film documentaire « Ici on noie les Algériens – 17 octobre 1961 » de Yasmina Adi, organisée par la LDH Toulon.
Contact pour le Collectif Provençal Sortir du Colonialisme,
Jacques Soncin
Jacques.soncin@sfr.fr
06 08 24 57 76
Nous sommes nombreux à connaître Jean Tabet, militant anticolonialiste et antifascistes, un acteur incontournable du mouvement de la lecture publique. Pour les bibliothécaires il a été un formateur exigeant et passionné, pour les militants un compagon de lutte tout aussi exigeant, passionné et fraternel. Dans une conversation avec Rina Sherman, Jean Tabet, bibliothécaire parle de sa vie, de son parcours, de ses rencontres avec Henri Curiel, Mehdi Ben Barka, entre autres. "Un homme hors du commun"…
Alain Castan

Pour commander le film :
http://www.rinasherman.com/Film%20Video/VOICES/JeanTabet/Lueurdespoir.html
VidéoHD, 1h30', 2011, Production: ACA LTFA Distribution: LabelKantoor
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