
Le président Thomas Sankara aurait aujourd’hui 62 ans le 21 décembre s’il n’avait pas été assassiné par les hommes de Blaise Compaoré, l’actuel président du Burkina
Faso et de Gilbert Diendéré, son actuel chef d’Etat Major particulier. Ce dernier a été élevé au rang de chevalier dans l’Ordre national de la légion d’honneur française lors d’un séjour en France
en mai 2008.
Le président Thomas Sankara représentait l’espoir de tout un continent et il incarne aujourd’hui le modèle du dirigeant, résolu, intègre, courageux et créatif. Il
dérangeait par ses prises de position sans concession contre les puissances occidentales, tandis qu’il mettait en place un nouveau mode de développement alternatif autocentré. Depuis, de nombreux
témoignages accréditent la thèse d’un complot international (voir le dossier à l’adressehttp://www.thomassankara.net/spip.php?article1104) .
Malheureusement tout semble fait pour empêcher qu’une enquête soit menée sur son assassinat, au Burkina, mais aussi dans les autres pays. Blaise Compaoré a été
invité en novembre 2011 à la Cour Pénal Internationale pour parler de paix alors que des voix se sont élevées durant le procès de Charles Taylor devant le Tribunal Spécial sur la Sierra Léone,
pour qu’il figure sur la banc des accusés, tandis que des lobbies puissants, en France et aux Etats Unis notamment, s’organisent pour défendre l’image de Blaise Compaoré sur la scène
internationale. Et pour cause, ce sont deux pays cités par les témoins libériens comme ayant participé au complot contre le président Thomas Sankara.
Notre campagne de signatures a cependant permis le dépôt d’une demande d’enquête parlementaire à l’Assemblée nationale en juillet 2011 (voir à l’adressehttp://www.thomassankara.net/spip.php?article1097) grâce notamment au soutien précieux de l’association SURVIE (http://www.survie.org)
Mais il faut augmenter la pression citoyenne sans laquelle la justice est impossible. L’année 2012 sera celle du 25e anniversaire de son assassinat. Elle doit être
celle de la vérité et de la justice. Nous appelons les citoyens, les partis et associations à amplifier la campagne par de nouvelles initiatives publiques.
Mais sans attendre une enquête judiciaire, nous appelons les journalistes à se lancer dans des investigations, les historiens à se lancer dans de nouvelles
recherche, les documentaristes à produite de nouveaux films, afin que l’on arrive enfin à connaitre toute la vérité sur l’assassinat de Thomas Sankara.
Nous appelons les élus, les membres de la commission des affaires étrangères, les candidats aux prochaines élections à se prononcer pour l’ouverture de l’enquête
parlementaire.
* Les animateurs de la campagne Justice pour Sankara Justice pour l’Afrique
* Veuillez envoyer vos commentaires à editor@pambazuka.org
30 novembre 2011 par
Alors que le nucléaire tend à s’imposer comme une question centrale de la campagne présidentielle, l’association Survie tient à souligner l’intérêt de la fiction Qui sème le vent que la chaîne Arte diffusera, ce vendredi 2 décembre à 20h40. Ce téléfilm interroge enfin un angle mort de la filière française de l’atome : les conditions sociales, environnementales et politiques dans lesquelles la Cogema puis Areva exploitent l’uranium africain depuis des décennies. La levée d’un tabou qui atomise l’argument de « l’indépendance énergétique » de la France.
Qui sème le vent [1] rappelle que l’uranium de nos centrales provient pour une large part du Niger [2], où la France a toujours jalousement veillé sur son approvisionnement, au prix d’une contamination de l’environnement à laquelle les populations locales sont exposées en permanence. La Commission de Recherche et d’Information Indépendantes sur la Radioactivité (CRIIRAD) a ainsi précisé que le scénario de ce film était basé, « en ce qui concerne l’impact radiologique de l’exploitation de l’uranium sur l’environnement, sur des constats effectués par [son] laboratoire » : ses différentes enquêtes et analyses indépendantes ont en effet démontré depuis plusieurs années la réalité du scandale environnemental de la présence de notre fleuron industriel au Nord Niger, mais sans qu’aucune enquête fiable sur les maladies radio-induites des habitants de la région n’ait encore pu briser l’omerta imposée par le numéro un mondial du nucléaire.
Le réalisme du film concerne également le contexte françafricain et les pires ingérences politiques liées à cette exploitation. Le scénario s’inspire, en les condensant en une histoire de quelques jours, de faits politiques qui retracent la réalité de la présence au Niger de la COGEMA puis d’Areva : soutien au renversement du chef de l’Etat en 1974 [3], complaisance envers le coup d’Etat constitutionnel du Président Tandja contre l’attribution de la mine d’Imouramen en 2009, (la France lâchera Mamadou Tandja en 2010 [4]), diplomatie parallèle [5], imbrication entre réseaux politiques, militaires et industriels [6], gestion cynique et sans scrupule de la vie d’otages [7].
Ce film est un outil pédagogique évident, qui montre par la fiction le vrai visage de la pseudo « indépendance énergétique » de la France, assise sur des décennies de pillage et de pollution : une « indépendance » qui a pour prix la confiscation de la souveraineté d’une autre nation. C’est notamment pour souligner cette hypocrisie que l’association Survie publiera en février 2012 Areva en Afrique, une face cachée du nucléaire français, Dossier Noir aux éditions Agones, afin que les débats sur la pertinence et l’intérêt du nucléaire en France intègrent pleinement les questions du pillage et de l’impérialisme liées à son développement.
Qui sème le vent sera diffusé sur Arte le vendredi 2 décembre à 20h40 et sera rediffusé le mardi 6 décembre à 14h45.
[1] Contacts presse film : Stanislas BAUDRY – 09 50 10 33 63 / 06 16 76 00 96 / sbaudry@madefor.fr Plus d’informations, le matériel presse, disponible sur www.arte.tv/fr
[2] Si les principaux producteurs d’uranium sont aujourd’hui le Kazakhstan, le Canada et l’Australie, près d’un tiers de l’uranium des centrales nucléaires françaises vient du Niger, premier fournisseur d’Areva puisque la moitié de sa production de 2010 était assurée par ses sites nigériens
[3] Diori Hamani, premier président du Niger, avait été opportunément renversé en 1974 alors qu’il tentait de renégocier avec la France le prix de l’uranium extrait par la Cogema.
[4] Concernant le renversement de Tandja en 2010, Jean Ping, alors président de l’Union Africaine, a reconnu que les services secrets de la France et des USA étaient au courant des préparatifs de coup d’état.
[5] En 2007, Areva recrute par exemple discrètement, à l’insu des autorités nigériennes, Laouel Kader, Secrétaire général du gouvernement nigérien de 1999 à 2007, pour en faire un conseiller Afrique du pôle minier du groupe, puis un conseiller pour le Niger d’Anne Lauvergeon.
[6] Ainsi, au plus fort des tensions entre le groupe français et Niamey, dans un contexte de renégociation du prix de l’uranium, le public avait appris à l’occasion de leur expulsion par le gouvernement nigérien que Gilles Denamur, ancien colonel de l’armée française, était alors le responsable de la sécurité d’Areva-Niger, filiale dirigée par Dominique Pin, ex-numéro deux de la cellule Afrique de l’Élysée de 1991 à 1995... c’est-à-dire une période pendant laquelle Anne Lauvergeon, devenue plus tard « atomic Anne », était devenue Secrétaire générale de l’Elysée !
[7] Toute la lumière reste à faire sur les conditions de décès des deux otages français enlevés le 7 janvier dernier à Niamey, et tués pendant l’assaut des troupes françaises contre les ravisseurs, au Mali, lors de l’opération "Archange foudroyant".
Communiqué de Survie, le 19 septembre 2011
Ce lundi 19 septembre à Bercy, le ministre français des Finances préside la réunion des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales de la zone
Franc, en présence du ministre de la coopération Henri de Raincourt. Tout un symbole : en pleine crise de la dette et de la monnaie européenne, ceux qui prétendent que la Françafrique n'existe
plus ne trouvent rien à redire au maintien d'un de ses principaux mécanismes institutionnels, le contrôle monétaire par le franc CFA.
La semaine dernière, les développements médiatiques autour des « révélations » de Robert Bourgi sont venus une fois de plus étayer les soupçons de corruption
de nombreuses personnalités politiques françaises de premier plan, dont l'actuel Président de la République. Mais l'association Survie rappelle que la nébuleuse criminelle de la
Françafrique ne se limite pas à des transferts de mallettes de billets, complétés depuis longtemps par des montages sophistiqués dans les paradis fiscaux[1]. Celle-ci repose surtout sur des
mécanismes institutionnels tels que le maintien du franc CFA, seul système monétaire colonial ayant survécu à la décolonisation. Les pays de la zone franc n'ont aucune marge de manœuvre en termes
de politique monétaire : depuis plus de 50 ans, ces décisions-là nécessitent l'accord de l'ancien colonisateur.
Cette quinzaine de pays monétairement vassalisés sont tenus de déposer la moitié de leurs réserves de changes sur un compte d'opérations au Trésor public français,
et le gouvernement français possède toujours la capacité statutaire de contrôler, par son droit de vote et de véto, toutes les instances des banques centrales (BCEAO en Afrique de l'Ouest[2],
BEAC en Afrique centrale et BCC pour les Comores). Il peut donc imposer les grandes orientations monétaires de ces pays, comme cela avait été le cas sous le gouvernement Balladur lors de la
dévaluation de 1994, dont les économies africaines ne se sont jamais relevées. Cette ingérence française est justifiée par l'assurance qu'elle prétend offrir aux marchés financiers, transposition
sur le plan monétaire du dogme de la « stabilité politique » qui permet à la France de soutenir les pires despotes du continent, en sous-entendant que ce serait pire sinon... Elle est aussi
présentée comme la garantie d'une prétendue « bonne gouvernance » de ces institutions monétaires ; cela n'a pourtant jamais empêché les dictateurs de se servir dans la caisse, et un câble
diplomatique révélé par Wikileaks (09PARIS608) cite un responsable de la BEAC selon lequel l'argent détourné était en partie canalisé « vers les partis politiques français. [...] Des deux côtés,
mais surtout à droite, spécialement Chirac et y compris Sarkozy ».
Alors que la crise budgétaire des Etats européens repose la question de la souveraineté monétaire face aux marchés financiers, pratiquement personne ne s'étonne que
les pays de la zone franc n'aient jamais eu ce droit souverain face à l'ancienne puissance coloniale : il est pourtant urgent que la France se désengage du système du Franc CFA. L'association
Survie appelle donc celles et ceux qui s'offusquent des livraisons de mallettes de billets de Robert Bourgi à ne pas seulement demander une enquête sur ces faits, mais à exiger un véritable
examen de la politique française en Afrique, sur ses volets occultes comme sur ses mécanismes institutionnels, sans hypocrisie ni tabou.
Contact presse :
Stéphanie Dubois de Prisque, chargée de communication
stephanie.duboisdeprisque@survie.org
01 44 61 03 25
[1]http://survie.org/francafrique/article/robert-bourgi-derriere-les
[2] Selon l'économiste togolais Kako Nubukpo, l'autorité de la France a été récemment réaffirmée lors de la création du Comité de Politique Monétaire de la BCAO
puisque « le représentant du Trésor Français y a une voix délibérative, alors que le Président de la Commission de l’UEMOA
[Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine] n’y détient qu’une voix consultative ! » (http://alternatives-economiques.fr/blogs/nubukpo/2011/09/14/reunion-de-la-zone-franc-a-paris-quelle-gestion-pour-le-franc-cfa-dans-un-monde-en-crise-3/
)
Claude Guéant n'est pas à une infamie près.
Il vient de gravement insulter les Comoriens de Marseille en les rendant responables de "beaucoup de violences".
Bien sûr il s'agit d'un pûr mensonge, les Comoriens eux connaissent bien, par contre, pour l'avoir subie la violence raciste et la violence de l'état français qui part ses lois iniques contre les immigrés est directement responsable de la mort des milliers de morts comoriens qui cherchent à atteindre l'île comorienne de Mayotte confisquée par la France. Une mobilisation large de protestation est nécessaire.
RASSEMBLEMENT DE PROTESTATION JEUDI 14 SEPTEMBRE
A 14 H 00 DEVANT LA PREFECTURE
à l'appel des organisations comoriennes de Marseille
Ibrahim Ali, victime de la violence raciste
Parmi les premières réactions celle du MRAP de Marseille
Claude Guéant récidive
Après avoir stigmatisé les « Roms », déclaré que les enfants d’immigrés réussissaient moins bien que les autres à l’école,
contredisant ainsi le rapport des chercheurs sur le sujet, le ministre Claude Guéant, qui voulait expliquer les causes de la violence à Marseille
déclare:
"Il y a une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences. Je ne peux pas la quantifier."
Le Mrap de Marseille est scandalisé par les propos xénophobes et par les déclarations infamantes d’un ministre de la République,
et dénonce ce qui s’apparente à de l’incitation à la haine raciale.
Tout cela démontre que la droite classique ne se distingue plus de l’extrême droite. Les Marseillais dans leur ensemble,
toutes populations confondues ne se laisseront pas abuser. Tout habitant et citoyen a droit au respect et de ne pas être
stigmatisé en raison de ses origines.
Le Mrap de Marseille et la fédération MRAP des Bouches du Rhône étudient d’ores et déjà les suites judiciaires à donner à cette affaire.
Nous savons tous à Marseille que le racisme tue.
Nous n’oublierons jamais Ibrahim Ali.
Marseille le 12 septembre 2011
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