Tunisie

Des milliers de Tunisiens, hommes, femmes, enfants ont fêté, samedi 14 janvier, à Tunis le premier anniversaire de la chute du président Ben Ali. Ils se sont rassemblés sur l’avenue Bourguiba à Tunis, ont réclamé leur droit au travail et à la dingité mais surtout la poursuite du processus révolutionnaire.

 

 

 

Des manifestants ont défilé sur l'avenue en criant: «Le peuple tunisien est libre et ne veut pas de l'ingérence américaine ni de celle du Qatar!», alors que l'émir de ce pays, cheikh Hamad ben Khalifa Al-Thani, est actuellement l'invité des autorités tunisiennes, en compagnie d'autres leaders arabes dont le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, et le chef du Conseil national de transition libyen, Moustapha Abdeljalil.


Il y un an

 

 

  

 TUNISIE : LE VOTE DE L'ARTICLE 8 CONSACRE UNE DISCRIMINATION ET INSTAURE UNE CITOYENNETÉ A DEUX VITESSES ! 

IL FAUT L'ABROGER.

 

En ce jour de célébration de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, une grande partie des Tunisiens résidant à l’étranger est considérée comme des citoyens de seconde zone ! 

Au moment, où à Paris le Sénat propose le droit de vote des étrangers aux élections locales, contre l'avis de la droite et de l'extrême droite raciste qui stigmatise le vote des tunisiens de France pour l'assemblée constituante, celle-ci tunisienne vote une disposition discriminatoire et instaure une citoyenneté à deux vitesses ! 

L’article 8 de loi portant organisation provisoire des pouvoirs publics en Tunisie a été adopté par une majorité de députés. Selon cet article, pour être candidat aux élections présidentielles il faut être, « musulman, jouir exclusivement de la nationalité tunisienne, de père et de mère tunisiens … ».

Ce vote conserve les dispositions du régime de Ben Ali et considère des centaines de milliers de Tunisiens, les binationaux et les non musulmans comme des citoyens de seconde zone. 

En outre, le nouvel article est en total contradiction avec la Déclaration universelle des droits de l’Homme dans son article 2 qui stipule que "Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation …" et de l'article 21: " Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis. [… ]... Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.". 

Par ailleurs ce vote constitue un recul notoire par rapport au code électoral de l'assemblée constituante voté par la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, qui avait accordé le droit de vote et d'éligibilité à tous les Tunisiens sans exclusion. 

Fidèle à sa tradition de lutte pour l'égalité des droits, la F.T.C.R. dénonce l'interdiction faite à une catégorie de Tunisiens de se présenter à l'élection présidentielle. 

En ce jour de célébration de la déclaration universelle des droits de l'Homme. La F.T.C.R. demande à l'Assemblée constituante de réviser cet article afin d'accorder le droit d'éligibilité aux Tunisiens sans discriminations ou distinctions aux bi-nationaux; sous réserve du respect exclusif de la souveraineté nationale tunisienne, en proposant par exemple l'abstention de l'élu bi-national à la présidence de participer à d'autres élections dans d'autres pays étrangers durant le mandat. 

La F.T.C.R. rappelle que les Tunisiennes et les Tunisiens ont fait leur Révolution pour que les droits soient étendus à tous les citoyens et les lois discriminatoires abolies. 

Les Tunisiens résidant à l’étranger ont participé aux mobilisations qui ont abouti à la chute de la dictature. Ils ont soutenu âprement le combat pour les libertés et la démocratie. Ils ont accueilli et soutenu les exilés et réfugiés politique de toutes les tendances. Enfin certains militants de la FTCR ont, de l'avis de tous les observateurs nationaux ou internationaux, contribué d'une manière décisive à la transition démocratique que nous vivons. 

La bi-nationalité n'est que la conséquence naturelle des mouvements migratoires que connait le monde, elle ne saurait être un fardeau. Les migrations et leur conséquences doivent être considérées comme porteuses d’une nouvelle citoyenneté et d'une égalité des droits aux delà des frontières.

 

VIVE LA RÉPUBLIQUE TUNISIENNE LIBRE ET DÉMOCRATIQUE 

LES TUNISIENS DE L’ÉTRANGER, CITOYENS A PART ENTIÈRE

 

Paris le 10 décembre 2011

 

Tarek BEN HIBA, Président de la FTCR


08 Novembre 2011 Par Les invités de Mediapart
Edition : Les invités de Mediapart
 

Nawel Gafsia et Henri Braun, avocats, dénoncent l'attitude de la France envers la Tunisie, exhortée par le gouvernement à ne pas franchir la «ligne rouge» après la victoire du parti Ennahdha lors des élections.

 

 _____

Après s'être signalée par un soutien sans faille à Ben Ali, depuis son accession au pouvoir en 1987 jusqu'aux dernières heures précédant sa chute le 14 janvier 2011, la France, par la voix de son ministre des affaires étrangères, Alain Juppé, s'exprimant sur France Inter le 26 octobre, menace la Tunisie de rétorsions économiques en cas de franchissement d'une curieuse «ligne rouge». De quoi s'agit-il? Alain Juppé ne semble pas satisfait du résultat des élections qui se sont pourtant déroulées pour la toute première fois de façon démocratique et transparente. Oscillant entre paternalisme et menaces, il somme les Tunisiens de respecter les valeurs de l'alternance démocratique, des droits de l'homme et de l'égalité homme-femme. Il n'admettra pas de régression dans des domaines pour lesquels la Tunisie est «évoluée».

Faut-il en rire ou en pleurer? Pendant le long règne de Ben Ali, les autorités françaises ne se sont jamais inquiétées des traitements inhumains et dégradants, des tortures subies par les opposants de toute tendance, des islamistes aux militants de gauche. Tout au contraire, le despote a reçu un soutien sans faille d'une classe politique française quasiment unanime et de chaudes félicitations pour son action en faveur des droits de la femme. Ni les persécutions subies par l'Association des Femmes Démocrates, ni les agressions physiques d'opposantes comme la journaliste Sihem Bensedrine et l'avocate Radhia Nasraoui, ni les tortures infligées aux militantes et épouses de militants du parti Ennahdha dans les caves du Ministère de l'intérieur, avenue Bourguiba, n'ont fait l'objet d'une condamnation officielle.

La légendaire «hospitalité tunisienne» et de luxueuses vacances au soleil ont favorisé la multiplication de déclarations étonnantes de responsables politiques comme Philippe Séguin, Bertrand Delanoë ou Frédéric Mitterrand. Les plus choquantes en raison de leur portée demeurent celles de deux présidents de la République en exercice. En avril 2008, Nicolas Sarkozy assure que «l'espace des libertés progresse» en Tunisie. En décembre 2003, Jacques Chirac, dans un élan lyrique d'inspiration soviétique, assène que «le premier des droits de l'homme c'est de manger» au moment même où Radhia Nasraoui menait une grève de la faim depuis plus de cinquante jours.

Après avoir, pendant la révolution, proposé au despote de l'aider à réprimer dans le sang les manifestants par l'envoi d'un inquiétant «savoir-faire» français, voilà maintenant que la France s'érige en donneuse de leçons de démocratie et de respect des droits de l'homme à un peuple qui s'est libéré d'un despote et d'une partie des responsables de son régime policier sans la moindre aide extérieure.

Il faut en finir une bonne fois pour toutes avec le mépris vis-à-vis du peuple tunisien qui perdure depuis l'instauration du protectorat français en 1881. La «mission civilisatrice» de la France n'a eu pour effet que de déstructurer durablement une société. Pendant les manifestations révolutionnaires, le peuple dans la rue scandait l'hymne national: «Lorsqu'un jour le Peuple veut vivre, Force est pour le destin de répondre». Ces mots d'Abou Kacem Ecchebi, poète mort à l'âge de 25 ans pendant la période coloniale, devront à l'avenir retentir aux oreilles des dirigeants français mais aussi de ceux qui exerceront le pouvoir en Tunisie.

Le peuple tunisien rejette définitivement la tutelle post-coloniale et doit œuvrer pour la justice sociale, maintenant que la mobilisation pour la liberté et la dignité a permis la chute de la dictature. Que le parti Ennahdha ait obtenu un nombre important de voix est l'affaire des Tunisiens qui ont su conquérir leur liberté en dépit de la France et qui sauront bien la conserver sans elle.

La France est-elle d'ailleurs en mesure de se pavaner sur la scène internationale au moment où, pour ne prendre qu'un exemple de la dérive vers un Etat policier, elle met en œuvre une politique d'immigration de plus en plus répressive et de plus en plus discriminatoire? A la xénophobie érigée en principe de gouvernement depuis la volonté de fermer les frontières dans les années 70 et 80 est venu s'ajouter récemment une politique raciale dont les Rroms, comme trop souvent dans l'histoire, ont été les premières victimes. Victimes de rafles, d'un harcèlement policier constant et d'expulsions massives, ils ont été rejoints récemment par de nouveaux compagnons d'infortune: les Tunisiens passés par Lampedusa et titulaires de permis de séjours italiens. Cette racialisation de la politique d'immigration a été opérée par de simples circulaires, visant expressément les Rroms dans un cas, les Tunisiens dans l'autre. Ces deux groupes ont fait l'objet d'une véritable chasse à l'homme sur une base raciale, par des policiers qui ne relevaient les identités que dans le but de recopier manuellement le nom et le prénom des personnes sur des décisions stéréotypées d'obligation de quitter le territoire.

Les expulsions de Rroms vers la Roumanie et la Bulgarie ainsi que de Tunisiens vers l'Italie ont pour objectif principal d'améliorer le chiffre des «reconduites à la frontière», préoccupation obsessionnelle des dirigeants du «pays des droits de l'homme». Tout ceci serait grotesque, puisque les expulsés peuvent revenir dès le lendemain, si ce ciblage ethnique n'avait des conséquences tragiques. Harcelés, pourchassés, persécutés, les victimes de la pression policière sont contraintes de se terrer dans des squats insalubres et dangereux. Dans les dernières semaines, on a dénombré six morts, dont des Tunisiens, dans un incendie à Pantin et une victime roumaine dans un autre incendie dans le XXe arrondissement de Paris. La politique du chiffre, combien de morts?

La France ne se déshonore-t-elle pas en construisant un gigantesque camp d'internement administratif destiné à accueillir des familles de sans-papiers à deux pas de l'aéroport de Roissy alors que le nombre de sans-logis et de mal-logés ne cesse de s'accroître?

La France n'est-elle pas en train de «franchir une ligne rouge»?



(traduction de l’arabe)
L’instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) a publié le soir du 27 octobre 2011, les résultats provisoires des élections de l’assemblée constituante. Le mouvement Nahdha est arrivé en tête, suivi respectivement par le congrès pour la République (CPR), le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), la pétition populaire pour la liberté, la justice et le développement… le parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) a obtenu seulement trois sièges à Sfax, Kairouan et Siliana.
Le PCOT a bien noté que ces élections, les premières depuis la révolution, étaient pluralistes, ouvertes à tous les partis et à toutes les tendances idéologiques et politiques. Il ne peut toutefois s'empêcher de souligner les irrégularités qui les ont entachées, dans un souci de vérité, loin de la langue de bois héritée de l’ère Ben Ali, qui excelle dans l'éloge et occulte la vérité au peuple.
1.       Selon les chiffres officiels de l’ISIE, le taux de participation n’a pas dépassé les 48,9%, ce qui signifie que la majorité des électeurs (3.867.197 électeurs sur 7.569.824) n’ont pas pris part au vote. Il convient de s'interroger sur les causes de cette faible participation, notamment au vu des circonstances politiques et sociales générales dans lesquelles le scrutin s'est déroulé.
2.       L’argent a joué un rôle sale et dangereux dans ces élections. Par la « publicité politique » qui n'a échappé à personne, par la corruption à grande échelle, sous forme de « cadeaux » aux électeurs et de « services sociaux et de bienfaisance ». Des actes qui ont perduré jusqu'au jour des élections et face auxquels l’ISIE s’est montrée impuissante.
3.       Les médias encore sous le contrôle des agents de l’ancien régime, y compris les médias publics, ont favorisé certaines forces politiques au détriment d’autres. Ils n’ont pas permis à l'opinion publique de comprendre les enjeux des élections de l’assemblée constituante, ils ont, au contraire, privilégié des thématiques secondaires et semé la confusion autour de questions relatives aux croyances.
4.       La religion a été gravement instrumentalisée dans les mosquées et dans l’espace public lors de ces élections. A titre d’exemple, la plupart des prêches du vendredi 21 octobre, soit deux jours seulement avant les élections, ont appelé de manière implicite ou explicite à voter pour certaines parties contre d’autres, sous prétexte qu’elles représentent la religion ou que leurs membres font leurs prières, ce qui n'est pas sans nous rappeler les pratiques de l’ère Ben Ali.
5.       L’instrumentalisation de la religion allait de pair avec de basses campagnes de calomnie contre les forces révolutionnaires et démocratiques comme notre parti. Orchestrées par des forces réactionnaires et contre-révolutionnaires, ces campagnes visaient le détournement de l’attention du peuple des véritables enjeux politiques, économiques, sociaux et culturels mais aussi sa division sur la base de critères religieux.
6.       Plusieurs irrégularités ont été commises le jour du vote, y compris par des membres des bureaux de vote. Des voitures et des bus privés ont été utilisés pour ramener des électeurs surtout ceux qui ne se sont pas inscrits volontairement, la campagne électorale s'est poursuivie jusqu’au jour du scrutin, notamment devant les bureaux de vote afin d’inciter à voter pour certaines listes, de la nourriture et des boissons ont été distribués à l’intérieur des bureaux…
Rapportées par des instances de surveillances, des rapports indépendants et d’observateurs, ces infractions aux principes d'élections démocratiques entachent l’honnêteté des élections et leur transparence. Elles ont influé d'une manière ou d’une autre les résultats des élections. Les tentatives de l’ISIE de minimiser leur importance révèle son incapacité à les contrecarrer.
7.       Les reports successifs de l'annonce des résultats interrogent sur la transparence des élections. Les jours à venir pourraient révéler les causes de ces multiples ajournements.
8.       Le PCOT qui a participé à ce scrutin, a été le premier à appeler à l'élection d'une assemblée constituante pour rompre avec la tyrannie. Il a mené une campagne propre sur le plan financier et politique mais aussi éthique. Il a mis l’accent sur les propositions et les programmes, comptant sur la volonté de ses militantes et ses militants. Il a aussi fait face à une grande campagne diffamatoire et subi un blocus médiatique flagrant.
Les résultats obtenues par le PCOT sont faibles, ils ne reflètent pas son implication sur le terrain, son enracinement, son histoire militante et son rôle avant-gardiste dans la révolution tunisienne contre la dictature. S’il est vrai que ces résultats sont liés au climat général évoqué plus haut, les instances du parti ne manqueront pas d'évaluer et d'analyser les responsabilités qui nous incombent.
9.       Au delà de ces résultats, le PCOT continuera à lutter sans relâche, aux côtés des travailleurs et des couches populaires, pour l’accomplissement des objectifs de la révolution et pour l’instauration d'un véritable changement démocratique, patriotique et populaire.
Lors de cette campagne, le PCOT a pu gagner de nombreux sympathisants, convaincus par son programme, ses positions, sa crédibilité et ses principes, ils constitueront la base solide d'un nouveau départ pour lever les défis à venir.
A cette occasion, le PCOT tient à saluer, toutes celles et ceux qui l’ont soutenu et lui ont accordé leur vote, il les assure que ses représentants dans l’assemblée constituante défendront avec acharnement la mission pour laquelle ils ont été élus.

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés