Source le Courriers des Balkans (correspondant à Bucarest)
Il a neigé à petits flocons tout le weekend, mais cela n’a pas tenu. Les « indignés » roumains, eux, tiennent bon. Certes moins nombreux et moins
vaillants qu’il y a dix jours, il ont occupé la place de l’Université de Bucarest pour la dixième journée consécutive. Malgré le froid, le gel et la neige, les Roumains continuent de crier leur
colère. Quelques éclaircissements sur les causes de la révolte, alors que les syndicats entrent dans l’action.
Par Julia Beurq
le 23 janvier 2012
La neige s’est transformée en boue. La colère des premiers jours en désenchantement. Les voix se sont éraillées, mais le thé bouillant préparé par certains
manifestants remonte le moral à tous. Même si l’animation et l’excitation du début sont retombées, selon George, l’un des initiateurs du mouvement Occupy Bucharest [1], « tous ces débats qui ont
enfin lieu dans la société roumaine sont un oasis de santé pour les Roumains. Ils se sont tus pendant 22 ans, voilà d’où vient la multitude de voix qu’on entend. Notre sens civique était
difficile à faire renaître, mais une fois qu’il a pris racine, il est bien là ».
Pourtant, les journalistes sont moins présents. Les télévisions ont coupé le fil de nouvelles qui transmettait le mécontentement général au gouvernement et au
président. À croire que ce dernier n’entend rien : aucune déclaration officielle n’a filtré, Trajan Basescu n’a pas dit un mot sur les protestations qui ont lieu dans tout le pays. Certains le
comparent déjà à Ion Illiescu, le premier président après la chute du communisme, qui avait lancé en 1990 à propos des manifestants : « laisser les mariner dans leur jus ! ». Pourtant, à entendre
nombre de protestataires, « ce n’est pas le froid qui nous fait peur ! Nous avons eu la patience de rester dix jours sur la place, et nous continuerons jusqu’à ce les choses changent ». Une
enseignante rajoute, « nous sommes un peuple tolérant, mais nous sommes arrivés à la limite de notre patience ».
Une révolte tardive
Depuis deux ans, les Roumains avaient bien des raisons de descendre dans la rue. C’est ce qu’ils ont fait à plusieurs reprises, en protestant à l’appel des
syndicats contre les mesures d’austérité, mais sans succès malgré leur nombre. Entre la baisse de 25% des salaires des fonctionnaires, celle de 15% des retraites, l’augmentation de la TVA, à 24%,
les diminutions des aides sociales, les prétextes sont nombreux. Narcis Iordache, collaborateur du site anti-corruption Romania Curata confirme : « j’ai la sensation que cela aurait dû commencer
il y a bien longtemps. L’été a vu les prémisses de cette révolte, lorsqu’il a y a eu de petits rassemblements à Bucarest, et de plus importants dans toute l’Europe. Mais là, il y a eu un
déclencheur qui a tout fait exploser ». Ce « déclencheur » a été la démission du docteur Arafat, initiateur du service d’urgence en Roumanie à la suite de l’entrée dans le débat public de la
réforme de la santé.
Avant cet événement, le gouvernement avait également engagé sa responsabilité sur une série de loi – sans les faire voter au Parlement – qui ont amplifié
l’insatisfaction générale. Il s’agit du nouveau Code du travail adopté en février dernier et de la loi concernant le regroupement des élections locales et parlementaires qui attend d’ailleurs
d’être validée par la Cour constitutionnelle, saisie par l’opposition. Selon Narcis Iordache, « la manière dont ces lois ont été passées illustre clairement qu’il y a un gouffre entre le pouvoir
et le peuple. Les citoyens ressentent qu’il n’existe pas de dialogue entre eux et le gouvernement si ce dernier prend des décisions sans les consulter. Ils veulent qu’on les respectent ainsi que
leur point de vue. »
Une presse discréditée et la soif de démocratie
D’autres banderoles sont apparues au fil des jours : « images truquées dans une presse manipulée », « presse indépendante = 0 ». Ces slogans très critiques à
l’égard du « quatrième pouvoir » illustrent bien le manque total de crédibilité de la presse et notamment de la télévision. Dans un pays où les conglomérats de presse appartiennent à des magnats
proche des partis politiques, ces critiques ne sont pas surprenantes et se ressentent lors des manifestations : certains journalistes ont été insultés, une camionnette de la télévision publique a
reçu des pierres. Selon Mircea Toma, fondateur d’Active Watch, l’agence de surveillance de la presse créée en 1994, « la presse abandonne son professionnalisme. Elle a basculé en faveur de
certains acteurs politiques et donc cela se retourne contre les journalistes. » Toujours selon lui, « la presse reste tout de même un vecteur d’influence » et c’est par elle que le peuple
transmet au pouvoir ses doléances.
Des doléances qui parlent d’elle-même : « A bas les voleurs ! », « Tous les partis sont corrompus », « Démocratie réelle maintenant ». Les statistiques montrent que
la participation des Roumains aux élections diminuent tous les ans et que la confiance dans les partis politiques se restreint. Selon une étude publiée en mai 2009 par l’Institut pour les
politiques publiques, la participation aux élections législatives en 1990 était de 86,2%. En 2008, elle est tombée à 39,2%. Ce qui n’étonne pas George, du mouvement Occupy Bucharest, « il faut
trouver une autre forme de système et redonner du pouvoir au citoyen, afin que son implication dans la société soit plus active ».
La suite du mouvement ? Alex, le collègue de George prend la parole, « le prochain pas, c’est l’arrivée des syndicats et celui d’après, la grève qui amènera une
pression publique et économique ». La grève, pour le moment, n’est pas prévue au programme, mais les syndicats sont enfin entrés dans la danse : trois manifestations sont prévues cette
semaine.
Les militants écologistes russes Sergey Oudaltsov, leader du Front de Gauche, et Yaroslav Nikitenko, tous deux militants actifs de la défense de la forêt de Khimki, près de Moscou, doivent être libérés immédiatement.
Pour la 14ème fois depuis le début de l’année 2011, l'infatigable défenseur de la forêt de Khimki, Sergey Oudaltsov, a été arrêté le 4 décembre dernier sans aucun motif et avant même d'avoir pu manifester contre la fraude électorale massive.
Après avoir passé plusieurs jours en détention préventive, il a été condamné à 10 jours de prison dimanche dernier, le 25 décembre. Cette décision d'un tribunal de Moscou est tombée au lendemain d'une manifestation de plusieurs dizaines de milliers de personnes protestant contre les fraudes aux élections législatives du 4 décembre. Ces élections ont été remportées par le parti Russie unie de Vladimir Poutine, candidat à la présidentielle de 2012.
Malgré une grève de la faim et de la soif, Sergey Oudaltsov est toujours en détention. Reconnu coupable de résistance à la police, Oudaltsov a été ramené à l'hôpital dimanche soir après avoir souffert d'un malaise au tribunal. Son avocat a précisé que Sergey Oudaltsov faisait appel. Selon Amnesty International, sa vie est en danger.
Plusieurs centaines de manifestant-e-s et figures de l'opposition s’étaient regroupées le jour de Noël devant et au sein de l’enceinte du Tribunal moscovite pour apporter leur soutien au militant Oudaltsov, estimant qu'il étant harcelé par le pouvoir. Ils ont été violemment expulsés malgré la présence de journalistes. L’un des manifestants, Yaroslav Nikitenko, a été appréhendé et également condamné à 10 jours d’emprisonnement.
Yaroslav Nikitenko était présent avec nous en juillet dernier au rassemblement des opposants au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes, en compagnie d'Evgenia Tchirikova, pour dénoncer les méfaits des projets Vinci ici et ailleurs.
La convergence des luttes de Khimki et Notre Dame des Landes, est le symbole d’un même combat écologique et démocratique qui dépasse les frontières.
La coordination nationale des opposants à Notre Dame Des Landes, solidaire du combat contre la dévastation de la forêt de Khimki par Vinci, exige des autorités russes la libération de Yaroslav Nikitenko et de Serguei Oudaltsov, condamnés pour délit d'opinion.
Le 31 décembre 2011
AITEC, ALTERNATIFS, Alliance Écologiste Indépendante, AMIS DE LA TERRE, ATTAC France, FASE, NPA, JEUNES ECOLOGISTES, RELOCALISONS
Les élections en Russie se sont passées comme d’habitude, avec des falsifications massives et la pression des pouvoirs pour assurer la victoire du parti du pouvoir « Russie Unie ». Ce qui change, c’est l’ampleur des protestations contre ces falsifications. Cette fois, une grande partie de la population se lève pour témoigner : « nous n’avons pas voté pour vous ! » Les chiffres signifient peu de choses (rappelons-les quand même : 49,54% pour « Russie Unie », 19,16% pour le Parti communiste, на третьем —13,22% pour « Russie Juste » et 11,66% pour le parti du nationaliste démagogique Jirinovski). Le parti du pouvoir a donc perdu la majorité constitutionnelle à la Douma et est passé sous la barre des 50%. Mais pour une grande partie des commentateurs, ce chiffre surévalue le réel score de « Russie Unie » de 10 à 15%. Et, de toute façon, c’est un résultat purement « dessiné », comme disent les Russes. Il résulte d’une concession faite au mécontentement croissant d’une grande partie de la population envers le « Parti des escrocs et des voleurs » (ainsi qu’est couramment désigné le parti au pouvoir, formule inventée et popularisée par le blogger Alexeï Nabalny).
En effet, au début de la campagne, les gouverneurs régionaux recevaient du Centre fédéral des objectifs de l’ordre de 60-70% des voix. Manque de bol, ce geste du prince n’a pas suffi à calmer la colère, au contraire. Dès le lendemain des élections, presque 10 milles personnes étaient dans la rue à manifester à Moscou, un peu moins à Saint-Pétersbourg. Plus de 300 personnes ont été arrêtées à Moscou, autour de 200 à Saint-Pétersbourg. Ce qui n’a pas empêché les mobilisations de continuer les jours suivants, ainsi que les arrestations. Comment expliquer ce revirement de situation, alors que la majorité des électeurs, depuis un certain temps, s’étaient habitués à ce que leurs voix ne valent pas grand chose ? Qui sont ces gens qui sortent dans la rue malgré la menace des arrestations ?
La mobilisation résulte en grande partie de l’impopularité croissante du parti au pouvoir, non seulement du fait de sa politique antisociale, mais également et surtout à cause de l’arrogance de ses représentants, de leur mépris pour les simples citoyens, de leur corruption et appât du gain. Le slogan le plus populaire pendant la campagne électorale, en tout cas parmi ceux qui s’intéressent un tant soit peu à la politique était « Votez pour n’importe quel parti, sauf celui des escrocs et des voleurs ! » Et l’espoir était né, d’arriver à faire la nique à ce parti de bureaucrates et dirigeants présomptueux qui se croient tout permis.
Beaucoup plus que lors des précédentes élections, les simples citoyens se sont mobilisés pour être observateurs lors des élections, pour l’un ou l’autre parti d’opposition ou même de façon indépendante (une campagne pour inciter les gens à se porter volontaires pour être observateur a été menée, entre autre, par l’association « GOLOS », dénoncée par le pouvoir pour être à la solde de « puissances étrangères »). Et une chose est d’entendre vaguement parler de fraudes, une autre est de se faire éjecter manu militari d’un bureau de vote parce qu’on est trop gênant, d’assister à des bourages d’urnes, de voir arriver des bus entiers de votants étroitement encadrés, d’avoir un protocole dans les mains et de retrouver des chiffres complètement différents sur le site officiel de la Commission électorale centrale ou régionale. Internet regorge de vidéos et de témoignages indignés publiés par ces observateurs. C’est personnel, c’est ahurissant, ça choque !
Beaucoup parmi ces observateurs sont descendus dans la rue, beaucoup de leurs amis, collègues, parents. Et puis tous ceux qui s’activent dans les réseaux sociaux du Net, et tous ceux, déçus, qui s’attendaient à une défaite plus marquée de Russie Unie.
Beaucoup de jeunes, beaucoup plus irrévérencieux que leurs aînés, qui amènent un nouveau style, un autre rapport à l’autorité.
Enormément de gens nouveaux, qui n’avaient jamais jusque-là mis le pied dans une quelconque manif. Et certains, parmi ces novices, se sont dès la première fois retrouvés au poste, à attendre le jugement jusqu’à 48 heures, dans des commissariats absolument pas préparés à détenir tant de monde, entassés les uns sur les autres, sans nourriture. Pour finalement se voir condamner à des peines allant jusqu’à 15 jours de détention ! Et bien, à en juger par les témoignages qui percent les murs de la prison, au lieu d’être intimidés et de faire amende honorable, ces « novices » entament des grèves de la faim et se radicalisent. Ou bien reprennent le chemin de la rue une fois libérés.
Indignation devant les falsifications, la brutalité et le cynisme dans les fraudes, colère d’avoir été déssaisi de sa voix, solidarité avec ceux qui ont été injustement arrêtés pour avoir simplement voulu manifester pacifiquement leur rejet d’élections truquées – voilà les ingrédients de la mobilisation qui fait désormais boule de neige.
Avec, en plus, l’appui de faiseurs d’opinion populaires dans leur domaine. Parmi eux, il y a de tout : des journalistes, des chanteurs et autres artistes, des chroniqueurs (y compris mondains). C’est aussi un signe, quand ces gens se mettent ouvertement à critiquer : la protestation de rue deviendrait-elle à la mode ? (elle était jusque-là le monopole des « râtés » ou des « idiots »).
D’autant plus que, pour une fois (ce n’était pas arrivé depuis la Péréstroïka), les évènements se passent dans la capitale, c’est Moscou, la bourgeoise repue, l’intellectuelle, la privilégiée, qui montre l’exemple. Les médias ne peuvent ignorer des manifestations aussi massives à Moscou (à part les deux chaînes de télévision officielles), le pays tout entier suit attentivement ce qui s’y passe, et embraie. Le 10 décembre une journée nationale de protestation contre les falsifications se prépare un peu partout dans le pays.
Les partis d’opposition parlementaires jouent les seconds rôles, empruntent le train en marche (et encore, pas tous et pas dans toutes les régions, et dans des mesures plus ou moins importantes). Les gens s’organisent en premier lieu par eux-mêmes, au travers des réseaux sociaux et le Net. Ou bien utilisent des évènements organisés par les partis politiques, mais pour s’en saisir complètement.
Un mot en particulier sur la droite libérale (les Boris Nemtsov, Ilia Iachine ou Garry Kasparov présentés par la presse française comme les figures de proue de la mobilisation). Premièrement, la mobilisation est complètement spontanée et « grass root », sans leaders reconnus, et surtout sans affiliation partisane, ni envers les partis de l’opposition systémique (représentés à la Douma fédérale), ni envers ceux de l’opposition non systémique. Tout au plus peut-on parler de sympathies pour tel ou tel leader d’opinion (notamment le blogger déjà cité Navalny). Mais aucun parti, aucun mouvement – politique ou sociale – ne peut se vanter d’organiser le mouvement de colère actuel, encore moins de le représenter. Or c’est justement ce que s’activent à faire, en premier lieu, les vedettes du show-politique citées plus haut, qui dirigent des organisations anti-Poutine du type « Autre Russie » ou Solidarnost. En faire les fers de lance de la mobilisation actuelle en Russie, c’est se tromper lourdement, c’est confondre la « Révolution orange » d’Ukraine avec le mouvement de révolte spontané, largement autoorganisé et repoussant toute instrumentalisation (les gens veulent justement se réapproprier leur voix !) qui se développe actuellement en Russie. Pour preuve de la piété démocratique de Nemtsov, par exemple, il suffit de citer le dernier scandale en date : dans la nuit du 8 au 9 décembre, dans le dos des organisateurs officiels, Nemtsov s’est accordé avec la Mairie de Moscou pour déplacer le grand rassemblement du 10 décembre de la Place de la Révolution à la Place « Bolotnaïa » (qui porte bien son nom « marécageuse ») – sans consulter personne parmi les personnes-clés de la mobilisation, et alors que l’un des organisateurs officiels, Sergueï Udaltsov (Front de gauche) gisait sur un lit d’hôpital après une grève de la faim entamée en prison, et qu’une personne phare symboliquement pour le mouvement, Alexeï Navalny, purgeait sa peine de prison de 15 jours, consécutive à la manifestation du 5 décembre à Moscou.
Autre caractéristique à noter : la présence plutôt timide des mouvements sociaux, et a fortiori des syndicats. Ici joue la crainte de s’engager dans un combat trop clairement politique et le manque de souplesse des ces mouvements pour s’ouvrir à des causes non directement liées à leur objet premier de lutte. Mais si les mouvements sociaux participent peu en tant que tels, la plupart de leurs militants sont sur le terrain. A Moscou, par exemple, Evgenia Tchirikova, leader du mouvement de défense de la forêt de Khimki (banlieue de Moscou) et star montante des nouveaux mouvements sociaux, fait partie des figures emblématiques de la mobilisation dans la capitale.
Bref, c’est une atmosphère de démocratie de rue qui se met en place, assez étrangère à la Russie post-soviétique jusque-là. Le réveil de ceux qui refusent de se faire manipuler sans donner de la voix. Un grand test pour la durabilité et les perspectives de ce mouvement aura lieu demain, 10 décembre, lors de la journée nationale de protestation.
Carine Clément, 9 décembre 2011
La
situation se tend encore plus au Kazhakstan,
APPEL A LA SOLIDARITE
• La grève des travailleurs du pétrole à l’Ouest du Kazakhstan en est à son 3ème mois
• Des centaines de grévistes ont été licenciés et l’avocate du syndicat, condamnée à 6 ans de prison
• L’employeur intransigeant refuse les négociations
• Et maintenant, un gréviste assassiné !
Les négociations entre les employeurs et le syndicat représentant les travailleurs pour l’implantation de coefficients de salaires pour le travail dangereux ont été
interrompues quand les employeurs ont utilisé les agents de sécurité et la police pour empêcher nos représentants élus, y compris l’avocate du syndicat Natalia Sokolova, de participer au Conseil
d’Arbitrage.
Suite à une courte grève de la faim début mai, des milliers de travailleurs sont entrés en grève. Les employeurs avaient l’aide des tribunaux et de la police. Des
centaines de grévistes ont été licenciés. Deux des négociateurs élus par le syndicat, Natalia Sokolova et Akzhanat Aminov, ont été arrêtés à la requête de l’employeur et Natalia Sokolova a déjà
été condamnée à 6 ans de prison pour « agitation de conflit social ». Le juge n’a autorisé aucun témoin de la défense ni expert indépendant pendant son procès. La maison d’un autre des
négociateurs a été incendiée par des inconnus. A présent, l’un de nos leaders, Zhalsylyk Turbaev, a été assassiné.
Le conflit dure depuis plus de 3 mois. Les grévistes et leurs familles manifestent devant la porte des employeurs chaque jour sous un soleil de plomb. A cause de la
perte de salaires, la situation économique des grévistes et de leurs familles empire à chaque heure.
A l’heure actuelle, nous demandons la reprise des négociations. Nos seules conditions sont que notre avocate, Natalia Sokolova, et le syndicaliste Akzhanat Aminiv
soient immédiatement libérés de prison, et que tous les travailleurs qui ont été licenciés soient réembauchés selon leurs anciens contrats.
Nous appelons tous les syndicats et les militants travailleurs du Kazakhstan, de Russie, d’Europe et du monde à soutenir nos justes revendications et à organiser
une campagne de solidarité. Nous avons énormément besoin de votre aide et de votre soutien, parce que les employeurs, aidés par l’état, écrasent nos droits du travail, ils essaient de détruire
notre droit à une représentation syndicale. Nos leaders et nos représentants élus sont derrière les barreaux, et un grand nombre d’autres militants sont inculpés de charges criminelles. Des
centaines de grévistes ont été licenciées.
Les travailleurs sont déterminés à se battre jusqu’au bout. Mais avec votre soutien nous serons beaucoup plus forts et nous pouvons venir à bout de la résistance
des employeurs et de l’état qui les supporte.
Les messages de protestation peuvent être envoyés à :
doverie@kmg.kz (L’entreprise KazMunaiGaz)
info@mangystau.kz (le gouvernement local)
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