Non catégorisé

mardi 20 décembre 2011 - 07h:29

Publié sur le site Info-Palestine.net


La marque française de prêt-à-porter a exigé que le travail de Larissa Sansour, artiste originaire de Bethléem, soit retiré d’un important concours de photographie.
(JPG)
Projet "Nation Estate" de Larissa Sansour - Olivier...

Le prestigieux Prix Lacoste Elysée, remis par le Musée de l’Elysée en Suisse et parrainé par la marque de prêt-à-porter Lacoste, est doté d’une récompense de 25 000 euros.

Larissa Sansour figurait parmi les huit derniers artistes pouvant prétendre au Prix 2011. Pourtant, au cours du mois de décembre, la société Lacoste a fait part de son refus de soutenir le travail de Larissa Sansour, le qualifiant de trop « pro-palestinien ». Un jury se réunira en janvier 2012 pour désigner le lauréat du Prix.

Etant nominée, Larissa Sansour, qui a bénéficié d’une bourse de 4 000 euros, avait reçu carte blanche avec pour seule contrainte, celle de présenter un portfolio. En novembre, trois des ses photos, faisant partie du projet intitulé Nation Estate, avaient été sélectionnées et elle avait reçu les félicitations des organisateurs pour son travail et son professionnalisme. Son nom figurait alors officiellement dans les plaquettes et sur le site Internet en tant que candidate à la remise du Prix. Depuis, son nom a été retiré et son projet n’apparaît plus dans l’édition du magazine d’art Art Review qui avait réalisé une présentation des différents artistes concourant à la remise du Prix.

Pour occulter les motifs de son éviction, il lui a été demandé d’approuver une déclaration évoquant son désir de ne plus participer à la compétition « afin de se consacrer à d’autres opportunités ». Larissa Sansour a refusé.

Elle se dit « très triste et choquée par cette attitude. Cette année, la Palestine a été admise officiellement à l’UNESCO et pourtant on continue à essayer de nous faire taire. En tant qu’artiste investie politiquement, j’ai l’habitude d’être confrontée à des oppositions, mais je n’avais jamais censurée par les mêmes personnes qui, en premier lieu, avaient sélectionné mon travail. Le préjudice et la censure de Lacoste posent la question de l’implication de sociétés privées dans l’art. C’est très préoccupant. »

Le travail de Larissa Sansour qui avait été sélectionné s’intitule Nation Estate. Il s’articule autour de la demande d’adhésion de la Palestine à l’O.N.U. Nation Estate dépeint un État palestinien imaginaire recréé sous les traits d’un gratte-ciel unique abritant l’ensemble de la population palestinienne. Dans ce nouvel État, les habitants ont recréé leurs villes perdues à chaque étage : Jérusalem au 3e étage, Ramallah au 4e, Bethléem (ville natale de Larissa) au 5e, etc.

Regrettant la décision de Lacoste de censurer le travail de Larissa Sansour, le Musée de l’Elysée a proposé une exposition en dehors du projet parrainé par le créateur. Le Musée de l’Elysée se trouve à Lausanne en Suisse. Ceci est la deuxième édition du Prix Lacoste Elysée.

Pour plus d’informations et pour toute demande d’entretien, merci de contacter Larissa Sansour ou son assistant Soren Lind au +44 784 9011 977 ou par e-mail : info@larissasansour.com

Biographie

Larissa Sansour, née à Jérusalem, a étudié les Beaux-arts à Copenhague, Londres et New York. Artiste polyvalente, elle s’investit dans le dialogue politique et s’exprime à travers différents supports comme la vidéo, la photographie, le documentaire expérimental, les livres et Internet. Ses travaux sont visibles dans des galeries, musées, festivals de cinéma et publications artistiques dans le monde entier. Parmi les dernières expositions qui lui ont été entièrement consacrées : Kulturhuste à Stockholm, Depo à Istanbul, Galerie la BANK à Paris et Jack the Pelican à New York.

Elle a participé aux biennales d’Istanbul, Busan et Liverpool. Son travail a été exposé à la Tate Modern de Londres, au Brooklyn Museum de New York, lors de la troisième triennale de Guangzhou, à l’Alternative Space LOOP à Séoul, à l’Institut du Monde Arabe à Paris, à Iniva à Londres, à la Haus der Kulturen der Welt à Berlin, à la galerie Al Hoash de Jérusalem, au Centre Pompidou à Paris, au Museo Reina Sofia à Madrid, au MOCA à Hiroshima et à PhotoCairo4 au Caire.

Son film « A Space Exodus » a été nominé dans la catégorie Meilleur Court Métrage lors du Festival International du Film de Dubai.

Elle vit et travaille à Londres.

Son site Web : http://www.larissasansour.com

Présentation du film « A Space Exodus »

 

 



 

Sans-titre-1.jpgVous pouvez trouver tous nos articles (et d'autres) sur la page facebook d'Internationalistes 13

http://www.facebook.com/pages/Internationalistes13/308229089196171?sk=wall

Par Larbi, 27/11/ 2011

La logique démocratique aurait voulu que les législatives marocaines soient considérées comme un échec en raison de la désaffection des électeurs. L’exception marocaine, encore une, est de considérer que 6 millions de Marocains qui se déplacent aux urnes (sur plus de 13 millions d’inscrits et 21 millions en âge de voter) est un franc succès.

_lections.jpg

Lire la suite

dimanche 27 novembre 2011

Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 125 (24/11/11)Entretien avec Aziz Hmoudane, un militant du Mouvement du 20 février à Paris.

Que s’est-il passé le 20 février 2011 au Maroc ? Pourquoi ton mouvement porte-t-il ce nom ?


Mouvement-du-20-fevrier-maroc-mohammed-vi.jpgUne plateforme de revendications a été publiée et a circulé sur Facebook, comme dans les révolutions tunisienne et égyptienne appelant à manifester le 20 février. Cette plateforme reposait sur plusieurs axes : justice économique et sociale, respect culturel (notamment reconnaissance de l’identité Tamazight), respect des droits fondamentaux comme l’égalité entre hommes et femmes, la démocratie réelle, une Constitution reconnaissant la souveraineté du peuple marocain et la séparation des pouvoirs.

Comme on l’a vu dans la rue, cet appel a su rassembler les jeunes et les moins jeunes. J’étais à Casa ce jour-là, on était bien 5 000 dans la rue.

Il y a eu des manifs dans tous les grandes villes du pays. Plusieurs organisations ont soutenu cet appel dès le début, leurs militants s’y sont investis de toutes leurs forces. Cela a favorisé son audience. Depuis, le mouvement se développe et ne s’arrête plus.

La revendication-phare c’est la démocratie mais, si on lit bien cette lutte, le mouvement est bien plus profond que cela et la question sociale est très présente : dans les manifs, les pancartes sur le logement, l’éducation, le chômage sont très très présentes.

C’est assez significatif, un des slogans repris partout est : « Séparation entre le pouvoir et la richesse ! » Les gens ne veulent plus du pouvoir de l’argent, ce slogan est utilisé dans deux sens : « Ce ne sont pas aux riches de nous diriger » et « Répartition des richesses ! » (le roi est milliardaire et est un véritable homme d’affaires).

Enfin, ce mouvement revendique la démocratie mais la construit aussi en même temps. Il n’y a pas de coalition d’organisations qui décide pour tout le monde, mais des assemblées générales toutes les semaines, dans les grandes villes marocaines, où chacun peut soumettre ses idées pour développer le mouvement et où les décisions sont prises collectivement.

Elles rassemblent entre 200 et 300 personnes tous les mercredis à Casa. Seul un Collectif national d’appui (CNA) existe pour soutenir et aider au développement de la mobilisation.

C’est l’élan révolutionnaire tunisiano-égyptien qui a fait se lever les Marocains ?
Oui et non. Oui, parce que dans le contexte international, spécifiquement régional, à l’instar des mouvements populaires contre les despotes Ben Ali et Moubarak, le peuple marocain a été inspiré et a su se mobiliser. Non, parce que ce mouvement a une très longue histoire derrière lui, qui date du lendemain de la pseudo-indépendance et s’appuie sur des structures militantes très dynamiques depuis plusieurs années. En 1962 déjà, les partis, progressistes, on va dire, comme les nationalistes et autres, revendiquaient une Constituante pour une démocratie au Maroc. Elle a toujours été repoussée : la bataille pour la démocratie, c’est une très vieille histoire ! Les processus révolutionnaires dans le monde arabe ont permis au mouvement marocain de surgir publiquement et de s’amplifier mais l’élan était bien antérieur. Depuis plusieurs années, il y avait des « coordinations contre la vie chère » dans différentes villes et le Mouvement pour les droits humains (MDH) est aussi très ancien et dynamique (il existe aussi à l’étranger, en solidarité avec les prisonniers politiques marocains par exemple).

L’actualité pour votre mouvement tourne autour de la répression et du boycott des élections (pour renouveler les deux Chambres des représentants), c’était les deux thèmes de votre rassemblement à Paris samedi dernier. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Le mouvement ne boycotte pas pour le plaisir de boycotter (les élections du 25 novembre) mais parce que le projet de Constitution renforce les pouvoirs du roi. C’est une tromperie pour les Marocains ! Les réformettes du roi pour faire plaisir aux puissances occidentales et brouiller les cartes, ça ne passe plus ! D’ailleurs, on n’a qu’à regarder l’attitude des prétendues démocraties : au dernier référendum, le oui l’a emporté à près de 98 %, résultat digne d’une dictature et ces pays ont tous applaudi !

Nous appelons au boycott des élections parce que nous voulons une Constituante, pas simplement changer de représentants au Parlement ! Nous voulons une démocratie réelle, une constitution qui intègre la souveraineté du peuple. À travers ces élections, le régime veut dire au monde et aux Marocains qu’il est légitime : il craint vraiment une faible participation. Le pouvoir a donc très peur, et il réprime. La répression s’accentue depuis plusieurs semaines car c’est celle d’un pouvoir despotique : alors que le pouvoir et son fonctionnement sont menacés par notre mouvement, les coups pleuvent. Ils ont arrêté un jeune rappeur, El Haked (l’Enragé) qui se revendiquait du mouvement : la solidarité est grande avec lui, dans son quartier, à Casa, les gens se mobilisent, ses chansons sont reprises dans les rues par les manifestants. Il est en détention provisoire depuis deux mois, ils ne l’ont même pas jugé parce qu’ils savent que le dossier n’est pas solide et que cela créerait une mobilisation importante car des manifestations de soutien ont déjà été organisées à Casa.

Il y a beaucoup de prisonniers politiques depuis ces dernières semaines. La police procède à de nombreuses arrestations dans les maisons mais aussi dans la rue, attrapant et enfermant les gens qui distribuent des tracts du mouvement. Ils ciblent les arrestations, ils veulent faire peur et désorganiser.

Aujourd’hui menacé, le régime n’hésite pas à instrumentaliser la misère contre le mouvement : il fait appel à ceux que l’ont appelle des bataljiya, des jeunes très pauvres et sans principes qui sont achetés par le pouvoir pour taper sur les manifestants et les militants, pour les intimider.

Aujourd’hui, le peuple marocain s’est levé et n’accepte plus les vieilles règles du jeu : on l’a vu d’ailleurs lors du référendum sur la Constitution en juillet dernier car nombre de Marocains ont répondu à l’appel au boycott du scrutin lancé par le Mouvement du 20 février et le CDT (2e syndicat au Maroc).

Heureusement, la vie politique et le mouvement social sont anciens, ancrés et très dynamiques depuis des années, malgré la répression.
C’est ça qui fait se lever ce mouvement aujourd’hui et met le pouvoir en difficulté profonde.

Que pouvons-nous faire en France pour soutenir le mouvement ?
Ici, le mouvement est organisé comme là-bas : nous fonctionnons par assemblées générales toutes les semaines le jeudi soir à la Bourse du travail de Paris, rue Charlot. Tout le monde peut venir. Mais surtout, il faut en parler. Ne pas laisser la propagande du régime se rendre audible. Le pouvoir a très peur de l’opinion publique internationale pour protéger le tourisme et les investissements étrangers. Les forces démocratiques françaises ont aidé depuis longtemps le mouvement marocain, cela doit continuer et se renforcer aujourd’hui. La solidarité avec les prisonniers et le mouvement doit être permanente. C’est grâce à cette solidarité internationale qu’Hassan ii avait dû libérer les prisonniers politiques en 1994. Il faut reprendre ces habitudes-là aujourd’hui car le mouvement continuera jusqu’à la satisfaction de ses revendications de liberté, de dignité, de démocratie et de justice sociale !

Propos recueillis par Sarah Benichou

 

Lettre des Indignés parisiens au Mouvement J14 pour la justice sociale en Israël, soumise à l’AG du 4 septembre 2011

 

 

1- Nous, indignés à Paris, partageons votre indignation et soutenons la volonté de justice sociale en Israël. Face aux prédateurs économiques, nationaux ou internationaux, le moment est venu pour un changement pacifique et légitime.

 

2-a Non-violent, asyndical,  apartidaire mais politique, notre mouvement recherche une justice sociale basée sur l’égalité en droits de tous, selon les principes universels.

 

2-b Les valeurs humanistes que nous défendons s’appliquent à tous, quelle que soit l’origine et la croyance de chacun. Elles fondent la solidarité entre les individus et les peuples.

 

2-c Nous voulons faire avancer la solidarité entre tous les peuples. Cette solidarité nous semble nécessaire pour combattre une oppression internationale, et créer dans le monde que nous partageons les conditions pour la paix et la justice auxquelles nous aspirons tous.

 

2-d En tant qu’êtres humains revendiquant une démocratie réelle, nous ne pouvons soutenir aucun régime politique ne respectant pas le droit de toutes et de tous à la dignité et à la citoyenneté. 

 

2-e L’égalité politique et le droit à la dignité sont indissociables du respect du droit de chaque peuple à disposer de lui-même.

 

2-f L’expulsion d'habitants de leurs terres et de leurs lieux de vie, la destruction de biens et de cultures, l’occupation et la confiscation de territoires est pour quelque raison que ce soit intolérable.

 

3- En France, le gouvernement encourage la xénophobie et le racisme. Il s’attaque au droit à la citoyenneté des immigrés. Il entretient des relations économiques meurtrières (vente d'armes, commerce ultralibéral) et mène des politiques guerrières. Nous les dénonçons comme irresponsables et criminelles. 

 

4- Vous comme nous, nous nous apparentons à un mouvement global, dont les révolutions arabes sont le fer de lance. Est-ce possible sans prendre en compte  l’indignation et les droits des Palestiniens ?

 

5- Même si cela est évidemment plus complexe à aborder dans un contexte de violence ou de guerre, nous vous demandons de nous répondre sur l’intérêt d’intégrer ces valeurs que nous considérons universelles. Cela vous permettrait d’engager un dialogue avec tous les Palestiniens, de prendre des initiatives innovantes et de vous intégrer aux mouvements qui exigent actuellement la justice sociale et la démocratie réelle. Si l’objectif est universel, cela passe par l’ensemble des peuples autour de la Méditerrannée.

 

.

 

 

 

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés