L'Union pour la Méditerranée ne représente que l'Europe marchande, au détriment des peuples
Le 7 juin s'ouvrira à Barcelone le 2e sommet de l'Union pour la Méditerranée auquel sont invités les chefs d'état ou de gouvernement des 43 pays adhérents dont 27 de l'Union européenne et 16 du sud de la Méditerranée et du Moyen-Orient.
On se souvient des fastes élyséens les 13 et 14 juillet 2008 pour le lancement de cette "union". Elle devait dans l'esprit du gouvernement français rééquilibrer l'Europe en s'appuyant sur les relations anciennes (et coloniales) de la France, donner à son président la stature d'un "grand leader" international, favoriser les intérêts des grands groupes français qui voyaient se créer ainsi un "grand marché", un réservoir de main d'œuvre à proximité, les possibilités de réguler l'immigration africaine repoussant sur la rive sud les frontières de la forteresse Europe.
Cette tentative de relance d'une "union" moribonde poursuit les mêmes objectifs que le processus de Barcelone dont elle est issue : rassembler l'Europe et les pays du sud de la Méditerranée autour de l’économie de marché, le libre-échange (sauf pour les produits agricoles de la rive sud) et la libre circulation des capitaux (mais pas celle des êtres humains).
En plus en mettant à son ordre du jour une relance du "processus de paix au Proche-Orient" et, à cette occasion, la signature d'un accord d'association économique entre l'Union européenne et la Syrie, seul pays de la rive Sud de la Méditerranée à ne pas avoir conclu d'accord de ce type, ce sommet n'ouvre pas la voie à des initiatives condamnant Israël pour ses crimes et ses violations du droit international. Il cherche, tout au contraire à avancer vers la normalisation des relations des pays arabes avec Israël, sur le dos du peuple palestinien.
Une certitude. De ce sommet, les peuples seront absents. Absents les combattantes et les combattants de la liberté contre les dictatures, absents les travailleurs en lutte d'Algérie, du Maroc, de Tunisie, absents tous ces migrants africains, abandonnés dans le désert ou perdus en mer, expulsés ou parqués dans les camps des deux rives.
Il faudra bien qu'un jour ils s'invitent.
Le 3 juillet 2008, avant même la fondation du NPA les militants de Marseille organisaient une manifestation à l'occasion des Med Business Days, réunissant les patrons de 39 pays, préparatoires aux discussions sur l’Union pour la Méditerranée. A cette occasion, ils lançaient l'idée d'une première rencontre des organisations politiques anticapitalistes des pays riverains ou proches de la Méditerranée afin de commencer à envisager des actions communes et renforcer la solidarité.
Reprise au niveau national, cette initiative est maintenant entrée en phase de réalisation.
C'est probablement au premier trimestre 2011 qu'elle aura lieu à Marseille. Elle pourrait se tenir autour de 3 thèmes : la crise et ses conséquences, les résistances à la crise ; militarisation, logiques de guerre et d'occupation, résistances et solidarité ; l'Europe forteresse, la libre circulation des personnes.
Alain Castan
Tout est à nous ! n° 51 du 15 avril 2010
A deux mois de la réunion, hypothétique, du 2e sommet dans la capitale catalane, l’Union pour la Méditerranée (UPM) semble mourir chaque jour un peu plus. Hier à
Barcelone, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase d’un ensemble géopolitique régional hétéroclite miné dès sa naissance. En effet, réunis pour adopter une « stratégie pour l’eau en
Méditerranée » censée garantir l’accès de cette ressource rare et empêcher de nouveaux conflits dans la région, les représentants des 43 pays ont buté sur l’opposition d’Israël à faire une
quelconque référence aux « territoires palestiniens ». « On est au milieu du gué, les discussions achoppent toujours », a déclaré, en début d’après-midi, une source européenne en marge de la IVe
conférence euro-méditerranéenne à l’AFP.
Signe que l’UPM n’est, au mieux, qu’une coquille vide et au pire un objet géopolitique non identifié, on a du mal à s’entendre même sur des formules sémantiques. Déjà fortement paralysée, voire
condamnée à rejoindre les sigles creux de l’histoire, l’UPM, créée en 2008 à Paris pour servir de sauf-conduit diplomatique au président Sarkozy fraîchement élu, n’est plus qu’un « machin » de
trop destiné plus à rendre Israël plus fréquentable chez les Arabes que de lui forcer la main à la discipline. Preuve que même son initiateur a lui-même lâché le morceau, le conseiller de Sarkozy
Henry Guaino a reconnu, il y a quelques jours à Paris, qu’il n’était même pas sûr que le sommet de juin à Barcelone aura lieu !
Face au chef de la diplomatie espagnole – qui assure la présidence de l’Union européenne –, Miguel Angel Moratinos qui promettait une « grande surprise », Guaino affichait un pessimisme «
réaliste ». Est-il en effet raisonnable de croire à une réanimation de l’UPM alors qu’Israël – un vice-président de cette institution – n’a peut-être jamais été aussi agressif envers un autre
vice-président, la Palestine ? A quoi servirait-il aux pays arabes de palabrer à Barcelone avec un pays qui continue sa politique de colonisation sauvage en Cisjordanie, qui veut expulser les
Palestiniens de leurs terres, qui mène une politique de judaïsation d’Al Qods et, par-dessus tout, au nez et à la barbe de la communauté internationale ? Il n’y a, objectivement, aucune raison
qui puisse amener les partenaires arabes de l’UPM à s’asseoir à la même table avec Israël, alors même que celui-ci nargue Paris, Washington et bien sûr l’ONU. C’est dire que la signature de
l’acte de décès de ce « mort-né » qu’est l’UPM ne serait tout compte fait qu’une œuvre de salubrité géopolitique.
EW.
Source http://journaldz.com/?p=4564
La Rencontre nationale des comités
pour un Nouveau parti anticapitaliste, réunie les 28-29 juin s’insurge contre le prochain sommet de chefs d’Etat initié par Nicolas Sarkozy, lançant « L’Union pour la Méditerranée » les 13 et 14
juillet prochain à Paris.
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