Pour une Europe Démocratique Solidaire Populaire et Sociale, refusons ce traité !
Lintégration des pays européens dans une union gommant les frontières nationales bouleverse lhistoire du XXième siècle de pays habitués à se déchirer. Par delà la langue et des traditions nationales différentes, dans lespace commun, lidentité européenne prend racine.
Désormais, les travailleurs et les peuples des 25 pays de lUE sont unis contre des adversaires communs et revendiquent les mêmes exigences politiques et sociales. Ce processus dintégration est une chance unique contre lordre établi, si la classe ouvrière parvient à se réorganiser et à sunir.
Pour construire ce rapport de force actuellement défavorable, le développement de mouvements et de réseaux politiques, de syndicats liant le local-national au global-européen est une nécessité. Le grand déficit aujourdhui est politique, il faut semparer de la question européenne.
Cest un espace de lutte primordial quil ne faut pas laisser à la merci des forces dominantes.
En 1992, lors du précédent référendum le débat réel était OUI ou NON à lexistence de lEurope supranationale. Elle est désormais acquise.
Au travers du nouveau référendum la véritable question posée est : quelle Europe voulons-nous ?
LEurope économique, sest construite à partir de rigides planifications protectionnistes. Les lois du marché, propres au libéralisme nont jamais constitué son mode de régulation économique et sociale interne. Cette citadelle est tout simplement CAPITALISTE, dun capitalisme dominateur, où le rapport des forces est largement favorable aux détenteurs de capitaux. La redistribution sociale est devenue marginale. La grande confusion veut laisser croire quentre le libéralisme « néo ou ultra » et lEurope des transformations radicales dont nous rêvons existe une 3ème voie, celle dun système amendé : Capitalisme à visage humain
non libéral !!! . Cest le but recherché.
Le NON daujourdhui doit donc être un NON franc et clair à lEUROPE CAPITALISTE.
Le texte du traité est illisible et confus. Il reflète les compromis des bourgeoisies européennes pour maintenir lUnion en létat actuel dans les domaines économiques et financiers. Cest paraît-il un progrès sur la traité de Nice, aujourdhui décrit comme très négatif. Sauf quà lépoque, il fut présenté comme un succès pour le gouvernement de gauche. A tel point, quaucun ministre, aucun parti de la coalition PS, PC, Verts ne menacèrent Jospin de rompre lalliance.
Ce projet va à lencontre dune Europe Démocratique Solidaire Populaire et Sociale.
Une Europe Démocratique :
Aucun progrès réel dans lintégration ne sera possible si le parlement européen nexerce pas tous les pouvoirs législatifs et de contrôle de lexécutif.
Le parlement doit également contrôler les orientations et les choix monétaires de la Banque Centrale Européenne.
Pour toutes les élections, le droit de vote doit être accordé à tous les communautaires, quel que soit leur lieu de résidence et aux extra-communautaires à partir dun séjour minimal à déterminer.
Une Europe Solidaire :
Face à lhégémonie des USA, lavenir de la planète est lié à la capacité des pays du 1/3 monde et de lEurope à établir des liens nouveaux. La paix et la stabilité passent par la lutte contre le sous-développement et ses inégalités planétaires.
Le mode de fonctionnement des pays capitalistes développés, et la marche vers la modernisation des pays pauvres engagent lavenir de la planète. La gestion publique planétaire de leau, des sources dénergie, la protection de lenvironnement sont des urgences absolues, dans le respect dun même niveau de satisfaction des besoins pour tous.
LUE doit effacer toute volonté de domination et de néo-colonialisme. Les relations doivent être fondées sur légalité, les avantages réciproques dans le domaine économique, la non ingérence et la coexistence pacifique, sur le plan politique. Cette nouvelle mondialisation permettra de freiner linfluence des USA, de sortir du pacte de lOTAN en se donnant une armée européenne à vocation défensive.
Les progrès des moyens de communication et de déplacement imposent le principe de libre circulation des personnes. Cette exigence de notre temps sopposera à lespace de Shengen, symbole de la citadelle assiégée, fermant les yeux sur les misères qui lentourent et quelle contribue à développer.
Une Europe Populaire et Sociale :
Après la prouesse de la mise en circulation de leuro, ne pas avancer dans lharmonisation sociale traduit une volonté politique délibérée. LUE est la première puissance économique de la planète. Elle produit pourtant des inégalités sociales croissantes, du chômage, de la pauvreté, de la précarité. Bien sûr la régression sociale est orchestrée en France par le pouvoir national et lEurope est souvent utilisée comme bouc émissaire des mauvais coups de nos gouvernements trop lâches pour les assumer. Rappelons lexemple de la privatisation de France Télécom que Jospin attribua à des directives européennes qui n existaient pas. Actuellement, les syndicats de la SNCM et de la RTM à Marseille dénoncent des supercheries qui consistaient à faire endosser à lEurope la responsabilité de mesures de privatisation. Cette confusion est volontairement entretenue pour noyer les responsabilités.
La polémique autour de la mesure Bokenstein latteste. Pour combattre la mise en concurrence des travailleurs européens, il faut avancer rapidement vers lharmonisation des lois fiscales, des lois du travail, des lois sociales en prenant bien sûr les éléments les plus positifs dans lunion. Il faut commencer par réaffirmer le droit égal pour tous les citoyens européens au savoir, au travail, au logement, à la santé.
Il faut faire jouer la solidarité budgétaire en faveur des régions et des pays en retard économique par rapport à la moyenne européenne ; et plus particulièrement en faveur des nouveaux entrants pour éviter les risques de dumping social en favorisant lalignement par le haut.
Il faut refuser le piège consistant à dissocier la politique en France et lélection européenne, elles sont imbriquées. La situation, en France est délétère. La mécontentement est très profond, le clan chiraquien, déconsidéré, sisole. Un véritable étau va se refermer sur le pouvoir en place. LEurope devient une sorte de prétexte pour se faire entendre, sur les sujets les plus divers. Visiblement, toutes les rancurs, les frustrations, les colères vont sexprimer dans le NON.
Pour lEurope, rien nest irrémédiable, un compromis sera toujours possible. Mais cette affirmation du « ras le bol » général marque une crise politique majeure en France. Hormis le PC, tous les partis ayant gouverné le pays se retrouvent dans le camp du OUI. Une expression massive du NON symbolisera également le rejet des partis institutionnels et un encouragement aux développements de luttes sociales en France et dans lUnion Européenne qui sont devenues inséparables.
CHIRAC DEVRA DÉMISSIONNER SIL EST BATTU!
Yves Vandrame
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