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Europe

Nous avons déjà publié ( voir catégorie Europe) le point de vue de Yves Vandrame du groupe Ballon Rouge d'Aubagne après le référendum du 29 mai. Nous vous invitons aujourd'hui à prendre connaissance de celui de la LCR à travers sa contribution à la réunion nationale des collectif pour le NON qui a eu lieu le 25 juin contribution LCR N'hésitez pas à nous envoyer vos commentaires sur ces divers points de vue
Au moment où l'on voudrait limiter le débat sur la PAC entre la position de Blair qui voudrait tout simplement la liquider et Chirac qui voudrait s'y accrocher pour "défendre la paysannerie française", il est bon d'entendre un aitre son de cloche. Par exemple celui de la Confédération pysanne explicité dans un texte et consultable sur son site :A propos de la PAC
Bravo ! Le traité constitutionnel est rejeté. Il se limitait au statu-quo imposé par les bourgeoisies européennes, du supermarché économique. Les refus français et hollandais peuvent provoquer d’autres refus et encourager des débats dans toute l’union européenne. Des compromis seront trouvés. En attendant, nous subirons le traité de Nice encore plus réactionnaire que celui promis au référendum. Une démarche commune doit être revendiquée dans les 25 pays, sur la base de la proposition des Verts européens : une consultation le même jour pour tout l’électorat européen. Cela renforcerait l’identité européenne et le mouvement démocratique. Le débat sur l’Europe, nouveau et passionnel, n’en a pas moins été qu’un prétexte dans la montée du NON. L’occasion inespérée s’est offerte de sanctionner le pouvoir dans l’exutoire de toutes les colères justes ou plus douteuses engrangées depuis des décennies. Le résultat est édifiant. La droite et la gauche à la ramasse prouvent qu’elles ne peuvent plus réguler les suffrages, quand le bulletin de vote est devenu une arme pour perturber le système. Cette défaite humiliante à la face du monde, décrédibilise totalement Chirac. La leçon vaut pour le PS et ses alliés. Le système politique institutionnel subit une crise sans précédent. Cette victoire pour la démocratie peut donner une nouvelle vigueur dans la lutte des classes. Mais cette censure populaire doit être une victoire prudente pour éviter de grosses déconvenues. Surestimer l’impact de ce résultat pour mieux vendre ses propres mérites, on peut le comprendre de la part d’organisations qui ont beaucoup investi dans la campagne. Mais il faut mettre en garde contre certains excès. Tous les NON ne se conjuguent pas pour offrir une perspective politique. La dispersion est considérable entre camps ennemis. La lucidité impose de ne pas laisser l’idéologie de l’extrême droite profiter de cette victoire. Et ceux qui crient au triomphe du Non dans les quartiers Nord de Marseille, par exemple, devraient se calmer car le réveil risque d’être douloureux. La société française est traversée de courants ambigus, sous des discours divers. Ils viennent de loin et se sont accumulés : · des guerres coloniales jamais soldées, · du fabriquons français du PCF des années 70 comme solution frustre à nos maux, · du caractère chauvin des soi-disant exceptions françaises, culturelle et sociale, · et encore de l’isolement de la classe ouvrière issue de l’immigration souvent criminalisée dans sa pauvreté, · et exemple d‘actualité, avec le mot d’ordre de Chirac pour la défense démagogique d’un soi-disant modèle français. Aujourd’hui face aux incertitudes et aux bouleversements que nous subissons, des tendances marquantes, situent au-delà de nos frontières nationales, à l’étranger, la cause de nos inquiétudes. La mondialisation, l’Europe supra-nationale, les dites délocalisations, la modernisation des pays du 1/3 monde, les immigrés à nos portes, le dumping social des travailleurs d’Europe de l’Est, voilà dans tous les camps, sous des tonalités diverses où se situent la cible bien confuse et plus douteuse à attaquer. La où le capitalisme et ses forces expansionnistes portent la responsabilité de toutes nos difficultés, l’internationalisme défaillant ,n’arrive pas à surmonter les contradictions provoquées par le monde en marche, et souvent se trompe d’adversaire principal. Les ingrédients du racisme, de la xénophobie, du chauvinisme, de la préférence française, du repli sur soi n’ont plus besoin des discours de Le Pen. Ils s’inscrivent dans l’accouchement de cette période historique nouvelle et insaisissable. Ce n’est pas l’appellation non de gauche, qui permettra de se protéger et d’y voir plus clair. Car si la droite est une évidence, la notion actuelle de gauche laisse perplexe et se trouve dévalorisée. Que signifie cette estampille ? Pour certains, il s’agit de la critique des excès du système qualifié de libéral, formule passe partout, pour soutenir la recherche d’un ravalement de façade pour un capitalisme à visage humain. Pour nous, c’est sans détours déterminer le capitalisme comme l’ennemi, en considérant que le système n’est pas amendable et exige une transformation des règles du Jeu. Deux voies très différentes se confrontent. Parfois on peut faire un bout de chemin ensemble, mais surtout pas dans la confusion présente visiblement recherchée et entretenue. La dynamique naissante de cette joyeuse fronde, crée des espaces nouveaux pour le débat et l’action. Le Non anti-capitaliste pour se faire entendre doit être internationaliste, ouvert, solidaire. · nous devons mieux comprendre, l’Europe que nous voulons, Il faut préciser à ceux considérant encore que l’Europe est la cause de tous nos maux, que si nous détruisions l’Europe, nos maux sociaux en seraient encore aggravés. · être conscient que l’avenir passe par la définition des perspectives politiques globales et des mouvements qui les porteront contre ce pouvoir nocif. · enfin, il faut saisir l’opportunité d’un pouvoir affaibli pour renforcer les combats tendant à faire reculer le chômage, la précarité, la pauvreté et toutes les conséquences humaines des drames liés à la crise sociale. C’est sur ce front qu’on pourra juger si nous sommes en phase de changer de période, si des offensives sociales émergent. S’unir à la base et dans l’action pour développer ce front c’est possible après cet immense bras d’honneur. Et, c’est dans l’espace européen que la résistance sera efficace.
Pour une Europe Démocratique Solidaire Populaire et Sociale, refusons ce traité ! L’intégration des pays européens dans une union gommant les frontières nationales bouleverse l’histoire du XXième siècle de pays habitués à se déchirer. Par delà la langue et des traditions nationales différentes, dans l’espace commun, l’identité européenne prend racine. Désormais, les travailleurs et les peuples des 25 pays de l’UE sont unis contre des adversaires communs et revendiquent les mêmes exigences politiques et sociales. Ce processus d’intégration est une chance unique contre l’ordre établi, si la classe ouvrière parvient à se réorganiser et à s’unir. Pour construire ce rapport de force actuellement défavorable, le développement de mouvements et de réseaux politiques, de syndicats liant le local-national au global-européen est une nécessité. Le grand déficit aujourd’hui est politique, il faut s’emparer de la question européenne. C’est un espace de lutte primordial qu’il ne faut pas laisser à la merci des forces dominantes. En 1992, lors du précédent référendum le débat réel était OUI ou NON à l’existence de l’Europe supranationale. Elle est désormais acquise. Au travers du nouveau référendum la véritable question posée est : quelle Europe voulons-nous ? L’Europe économique, s’est construite à partir de rigides planifications protectionnistes. Les lois du marché, propres au libéralisme n’ont jamais constitué son mode de régulation économique et sociale interne. Cette citadelle est tout simplement CAPITALISTE, d’un capitalisme dominateur, où le rapport des forces est largement favorable aux détenteurs de capitaux. La redistribution sociale est devenue marginale. La grande confusion veut laisser croire qu’entre le libéralisme « néo ou ultra » et l’Europe des transformations radicales dont nous rêvons existe une 3ème voie, celle d’un système amendé : Capitalisme à visage humain… non libéral !!! . C’est le but recherché. Le NON d’aujourd’hui doit donc être un NON franc et clair à l’EUROPE CAPITALISTE. Le texte du traité est illisible et confus. Il reflète les compromis des bourgeoisies européennes pour maintenir l’Union en l’état actuel dans les domaines économiques et financiers. C’est paraît-il un progrès sur la traité de Nice, aujourd’hui décrit comme très négatif. Sauf qu’à l’époque, il fut présenté comme un succès pour le gouvernement de gauche. A tel point, qu’aucun ministre, aucun parti de la coalition PS, PC, Verts ne menacèrent Jospin de rompre l’alliance. Ce projet va à l’encontre d’une Europe Démocratique Solidaire Populaire et Sociale. Une Europe Démocratique : Aucun progrès réel dans l’intégration ne sera possible si le parlement européen n’exerce pas tous les pouvoirs législatifs et de contrôle de l’exécutif. Le parlement doit également contrôler les orientations et les choix monétaires de la Banque Centrale Européenne. Pour toutes les élections, le droit de vote doit être accordé à tous les communautaires, quel que soit leur lieu de résidence et aux extra-communautaires à partir d’un séjour minimal à déterminer. Une Europe Solidaire : Face à l’hégémonie des USA, l’avenir de la planète est lié à la capacité des pays du 1/3 monde et de l’Europe à établir des liens nouveaux. La paix et la stabilité passent par la lutte contre le sous-développement et ses inégalités planétaires. Le mode de fonctionnement des pays capitalistes développés, et la marche vers la modernisation des pays pauvres engagent l’avenir de la planète. La gestion publique planétaire de l’eau, des sources d’énergie, la protection de l’environnement sont des urgences absolues, dans le respect d’un même niveau de satisfaction des besoins pour tous. L’UE doit effacer toute volonté de domination et de néo-colonialisme. Les relations doivent être fondées sur l’égalité, les avantages réciproques dans le domaine économique, la non ingérence et la coexistence pacifique, sur le plan politique. Cette nouvelle mondialisation permettra de freiner l’influence des USA, de sortir du pacte de l’OTAN en se donnant une armée européenne à vocation défensive. Les progrès des moyens de communication et de déplacement imposent le principe de libre circulation des personnes. Cette exigence de notre temps s’opposera à l’espace de Shengen, symbole de la citadelle assiégée, fermant les yeux sur les misères qui l’entourent et qu’elle contribue à développer. Une Europe Populaire et Sociale : Après la prouesse de la mise en circulation de l’euro, ne pas avancer dans l’harmonisation sociale traduit une volonté politique délibérée. L’UE est la première puissance économique de la planète. Elle produit pourtant des inégalités sociales croissantes, du chômage, de la pauvreté, de la précarité. Bien sûr la régression sociale est orchestrée en France par le pouvoir national et l’Europe est souvent utilisée comme bouc émissaire des mauvais coups de nos gouvernements trop lâches pour les assumer. Rappelons l’exemple de la privatisation de France Télécom que Jospin attribua à des directives européennes qui n’ existaient pas. Actuellement, les syndicats de la SNCM et de la RTM à Marseille dénoncent des supercheries qui consistaient à faire endosser à l’Europe la responsabilité de mesures de privatisation. Cette confusion est volontairement entretenue pour noyer les responsabilités. La polémique autour de la mesure Bokenstein l’atteste. Pour combattre la mise en concurrence des travailleurs européens, il faut avancer rapidement vers l’harmonisation des lois fiscales, des lois du travail, des lois sociales en prenant bien sûr les éléments les plus positifs dans l’union. Il faut commencer par réaffirmer le droit égal pour tous les citoyens européens au savoir, au travail, au logement, à la santé. Il faut faire jouer la solidarité budgétaire en faveur des régions et des pays en retard économique par rapport à la moyenne européenne ; et plus particulièrement en faveur des nouveaux entrants pour éviter les risques de dumping social en favorisant l’alignement par le haut. Il faut refuser le piège consistant à dissocier la politique en France et l’élection européenne, elles sont imbriquées. La situation, en France est délétère. La mécontentement est très profond, le clan chiraquien, déconsidéré, s’isole. Un véritable étau va se refermer sur le pouvoir en place. L’Europe devient une sorte de prétexte pour se faire entendre, sur les sujets les plus divers. Visiblement, toutes les rancœurs, les frustrations, les colères vont s’exprimer dans le NON. Pour l’Europe, rien n’est irrémédiable, un compromis sera toujours possible. Mais cette affirmation du « ras le bol » général marque une crise politique majeure en France. Hormis le PC, tous les partis ayant gouverné le pays se retrouvent dans le camp du OUI. Une expression massive du NON symbolisera également le rejet des partis institutionnels et un encouragement aux développements de luttes sociales en France et dans l’Union Européenne qui sont devenues inséparables. CHIRAC DEVRA DÉMISSIONNER S’IL EST BATTU! Yves Vandrame
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