dimanche 27 novembre 2011
Publié dans : Hebdo Tout est à nous
! 125 (24/11/11)Entretien avec Aziz Hmoudane, un militant du Mouvement du 20 février à Paris.
Que s’est-il passé le 20 février 2011 au Maroc ? Pourquoi ton mouvement porte-t-il ce nom ?
Une plateforme de revendications a été publiée et a circulé sur Facebook, comme dans les révolutions tunisienne et
égyptienne appelant à manifester le 20 février. Cette plateforme reposait sur plusieurs axes : justice économique et sociale, respect culturel (notamment reconnaissance de l’identité Tamazight),
respect des droits fondamentaux comme l’égalité entre hommes et femmes, la démocratie réelle, une Constitution reconnaissant la souveraineté du peuple marocain et la séparation des
pouvoirs.
Comme on l’a vu dans la rue, cet appel a su rassembler les jeunes et les moins jeunes. J’étais à Casa ce jour-là, on était bien 5 000 dans la rue.
Il y a eu des manifs dans tous les grandes villes du pays. Plusieurs organisations ont soutenu cet appel dès le début, leurs militants s’y sont investis de toutes
leurs forces. Cela a favorisé son audience. Depuis, le mouvement se développe et ne s’arrête plus.
La revendication-phare c’est la démocratie mais, si on lit bien cette lutte, le mouvement est bien plus profond que cela et la question sociale est très présente :
dans les manifs, les pancartes sur le logement, l’éducation, le chômage sont très très présentes.
C’est assez significatif, un des slogans repris partout est : « Séparation entre le pouvoir et la richesse ! » Les gens ne veulent plus du pouvoir de l’argent, ce
slogan est utilisé dans deux sens : « Ce ne sont pas aux riches de nous diriger » et « Répartition des richesses ! » (le roi est milliardaire et est un véritable homme d’affaires).
Enfin, ce mouvement revendique la démocratie mais la construit aussi en même temps. Il n’y a pas de coalition d’organisations qui décide pour tout le monde, mais
des assemblées générales toutes les semaines, dans les grandes villes marocaines, où chacun peut soumettre ses idées pour développer le mouvement et où les décisions sont prises
collectivement.
Elles rassemblent entre 200 et 300 personnes tous les mercredis à Casa. Seul un Collectif national d’appui (CNA) existe pour soutenir et aider au développement de
la mobilisation.
C’est l’élan révolutionnaire tunisiano-égyptien qui a fait se lever les Marocains ?
Oui et non. Oui, parce que dans le contexte international, spécifiquement régional, à l’instar des mouvements populaires contre les despotes Ben Ali et Moubarak, le
peuple marocain a été inspiré et a su se mobiliser. Non, parce que ce mouvement a une très longue histoire derrière lui, qui date du lendemain de la pseudo-indépendance et s’appuie sur des
structures militantes très dynamiques depuis plusieurs années. En 1962 déjà, les partis, progressistes, on va dire, comme les nationalistes et autres, revendiquaient une Constituante pour une
démocratie au Maroc. Elle a toujours été repoussée : la bataille pour la démocratie, c’est une très vieille histoire ! Les processus révolutionnaires dans le monde arabe ont permis au mouvement
marocain de surgir publiquement et de s’amplifier mais l’élan était bien antérieur. Depuis plusieurs années, il y avait des « coordinations contre la vie chère » dans différentes villes et le
Mouvement pour les droits humains (MDH) est aussi très ancien et dynamique (il existe aussi à l’étranger, en solidarité avec les prisonniers politiques marocains par exemple).
L’actualité pour votre mouvement tourne autour de la répression et du boycott des élections (pour renouveler les deux Chambres des représentants), c’était les
deux thèmes de votre rassemblement à Paris samedi dernier. Peux-tu nous en dire un peu plus ?
Le mouvement ne boycotte pas pour le plaisir de boycotter (les élections du 25 novembre) mais parce que le projet de Constitution renforce les pouvoirs du roi.
C’est une tromperie pour les Marocains ! Les réformettes du roi pour faire plaisir aux puissances occidentales et brouiller les cartes, ça ne passe plus ! D’ailleurs, on n’a qu’à regarder
l’attitude des prétendues démocraties : au dernier référendum, le oui l’a emporté à près de 98 %, résultat digne d’une dictature et ces pays ont tous applaudi !
Nous appelons au boycott des élections parce que nous voulons une Constituante, pas simplement changer de représentants au Parlement ! Nous voulons une démocratie
réelle, une constitution qui intègre la souveraineté du peuple. À travers ces élections, le régime veut dire au monde et aux Marocains qu’il est légitime : il craint vraiment une faible
participation. Le pouvoir a donc très peur, et il réprime. La répression s’accentue depuis plusieurs semaines car c’est celle d’un pouvoir despotique : alors que le pouvoir et son fonctionnement
sont menacés par notre mouvement, les coups pleuvent. Ils ont arrêté un jeune rappeur, El Haked (l’Enragé) qui se revendiquait du mouvement : la solidarité est grande avec lui, dans son quartier,
à Casa, les gens se mobilisent, ses chansons sont reprises dans les rues par les manifestants. Il est en détention provisoire depuis deux mois, ils ne l’ont même pas jugé parce qu’ils savent que
le dossier n’est pas solide et que cela créerait une mobilisation importante car des manifestations de soutien ont déjà été organisées à Casa.
Il y a beaucoup de prisonniers politiques depuis ces dernières semaines. La police procède à de nombreuses arrestations dans les maisons mais aussi dans la rue,
attrapant et enfermant les gens qui distribuent des tracts du mouvement. Ils ciblent les arrestations, ils veulent faire peur et désorganiser.
Aujourd’hui menacé, le régime n’hésite pas à instrumentaliser la misère contre le mouvement : il fait appel à ceux que l’ont appelle des bataljiya, des jeunes très
pauvres et sans principes qui sont achetés par le pouvoir pour taper sur les manifestants et les militants, pour les intimider.
Aujourd’hui, le peuple marocain s’est levé et n’accepte plus les vieilles règles du jeu : on l’a vu d’ailleurs lors du référendum sur la Constitution en juillet
dernier car nombre de Marocains ont répondu à l’appel au boycott du scrutin lancé par le Mouvement du 20 février et le CDT (2e syndicat au Maroc).
Heureusement, la vie politique et le mouvement social sont anciens, ancrés et très dynamiques depuis des années, malgré la répression.
C’est ça qui fait se lever ce mouvement aujourd’hui et met le pouvoir en difficulté profonde.
Que pouvons-nous faire en France pour soutenir le mouvement ?
Ici, le mouvement est organisé comme là-bas : nous fonctionnons par assemblées générales toutes les semaines le jeudi soir à la Bourse du travail de Paris, rue
Charlot. Tout le monde peut venir. Mais surtout, il faut en parler. Ne pas laisser la propagande du régime se rendre audible. Le pouvoir a très peur de l’opinion publique internationale pour
protéger le tourisme et les investissements étrangers. Les forces démocratiques françaises ont aidé depuis longtemps le mouvement marocain, cela doit continuer et se renforcer aujourd’hui. La
solidarité avec les prisonniers et le mouvement doit être permanente. C’est grâce à cette solidarité internationale qu’Hassan ii avait dû libérer les prisonniers politiques en 1994. Il faut
reprendre ces habitudes-là aujourd’hui car le mouvement continuera jusqu’à la satisfaction de ses revendications de liberté, de dignité, de démocratie et de justice sociale !
Propos recueillis par Sarah Benichou
Lettre des Indignés parisiens au Mouvement J14 pour la justice sociale en Israël, soumise à l’AG du 4 septembre 2011
1- Nous, indignés à Paris, partageons votre indignation et soutenons la volonté de justice sociale en Israël. Face aux prédateurs économiques, nationaux ou internationaux, le moment est venu pour un changement pacifique et légitime.
2-a Non-violent, asyndical, apartidaire mais politique, notre mouvement recherche une justice sociale basée sur l’égalité en droits de tous, selon les principes universels.
2-b Les valeurs humanistes que nous défendons s’appliquent à tous, quelle que soit l’origine et la croyance de chacun. Elles fondent la solidarité entre les individus et les peuples.
2-c Nous voulons faire avancer la solidarité entre tous les peuples. Cette solidarité nous semble nécessaire pour combattre une oppression internationale, et créer dans le monde que nous partageons les conditions pour la paix et la justice auxquelles nous aspirons tous.
2-d En tant qu’êtres humains revendiquant une démocratie réelle, nous ne pouvons soutenir aucun régime politique ne respectant pas le droit de toutes et de tous à la dignité et à la citoyenneté.
2-e L’égalité politique et le droit à la dignité sont indissociables du respect du droit de chaque peuple à disposer de lui-même.
2-f L’expulsion d'habitants de leurs terres et de leurs lieux de vie, la destruction de biens et de cultures, l’occupation et la confiscation de territoires est pour quelque raison que ce soit intolérable.
3- En France, le gouvernement encourage la xénophobie et le racisme. Il s’attaque au droit à la citoyenneté des immigrés. Il entretient des relations économiques meurtrières (vente d'armes, commerce ultralibéral) et mène des politiques guerrières. Nous les dénonçons comme irresponsables et criminelles.
4- Vous comme nous, nous nous apparentons à un mouvement global, dont les révolutions arabes sont le fer de lance. Est-ce possible sans prendre en compte l’indignation et les droits des Palestiniens ?
5- Même si cela est évidemment plus complexe à aborder dans un contexte de violence ou de guerre, nous vous demandons de nous répondre sur l’intérêt d’intégrer ces valeurs que nous considérons universelles. Cela vous permettrait d’engager un dialogue avec tous les Palestiniens, de prendre des initiatives innovantes et de vous intégrer aux mouvements qui exigent actuellement la justice sociale et la démocratie réelle. Si l’objectif est universel, cela passe par l’ensemble des peuples autour de la Méditerrannée.
.
’affiche de la Fête de l’Humanité 2011, éditée et placardée à des centaines de milliers d’exemplaires, cache un drapeau israélien au cœur d’une iconographie apparemment censée rendre
hommage aux révolutions arabes.
J’étais heureux de découvrir dans mon quartier la semaine dernière les affiches de l’édition 2011 de la Fête de l’Humanité. Voilà près de 10 ans que je suis fidèle à ce grand rendez-vous militant, lieu d’échanges, de réflexions et de rencontres. Mon attention a été retenue par cette grande affiche représentant une belle jeune femme basanée au poing levé sur fond rouge.
Ses yeux soulignés de khôl, son tatouage au henné et sa chevelure noire ondulée ne laissent aucun doute : il s’agit du portrait d’une Arabe, allégorie sans doute des luttes victorieuses de la jeunesse contre l’oppression, pour la dignité et la justice. Heureux de voir les camarades communistes rendre cet hommage mérité, je m’approche et découvre que les mèches colorées qui s’entrelacent avec ses cheveux sont en fait des guirlandes de drapeaux. Je m’attendais à découvrir d’abord les drapeaux de la Tunisie et de l’Egypte, pays dont les révolutions ont inspiré les suivants : Libye, Syrie, Bahrein, Yémen, etc… Cela me semblait la suite logique de cette iconographie, une dédicace à la mémoire de ces martyrs de la liberté et à leurs familles endeuillées.
Déformation militante ? C’est possible. Mes yeux ont été presque crevés par le drapeau israélien que je découvre dans les cheveux de cette beauté orientale. Ce drapeau, j’ai surtout l’habitude de le voir sur les tourelles des tanks qui assiègent et bombardent Gaza, sur les miradors de ces barrages militaires qui privent mes frères et sœurs de liberté de mouvement, sur les grillages de ces colonies qui rongent la terre de Palestine, et notamment Jérusalem, Al Qods. Comble de l’hypocrisie, le drapeau israélien est juxtaposé au drapeau palestinien, comme pour ces projets financés par le Centre Shimon Pérès pour la Paix, où les Palestiniens, pour exister et avoir le droit à la parole sont systématiquement affublés d’un compagnon-tuteur israélien.
Je me rappelle immédiatement cette affiche de la fédération 93 du PCF, diffusée au lendemain des massacres de Gaza et des manifestations historiques qui avaient traversé la France. Le slogan « un Etat Palestinien ! » y figurait sous les drapeaux palestinien et israélien, accolés. Dans les deux cas, le choix des images exprime l’analyse et le message politique du parti à un moment historique précis : quand les Arabes se lèvent en masse pour combattre l’oppression, le PCF nous rappelle qu’il faut se soucier du destin de l’Etat colonial sioniste. Il nous impose la normalisation de cette présence israélienne au cœur de notre révolte. Un mirador surplombe notre lutte.
Ce sont là les pensées qui m’ont immédiatement traversé. J’ai partagé mon sentiment de rejet et de dégoût avec l’ami qui m’accompagnait et lui ai dit : « cette année, je n’irais pas à la Fête de l’Humanité ». Je refuse de participer à un événement dont l’affiche, qui est l’image-symbole de ce rendez-vous aux 500 000 visiteurs, arbore le drapeau des crimes sionistes.
En regardant encore et encore cette affiche, je me rends compte combien son propos est inacceptable. D’abord, il n’est pas anodin que le symbole choisi pour les révolutions arabes soit une femme. Alors même que l’immense majorité des martyrs tombés pour la liberté sont des hommes, le choix d’une figure féminine reflète cette triste permanence du regard orientaliste : l’Arabe fait peur, à moins d’être une femme maquillée, tatouée, cheveux au vent. En choisissant de parer les cheveux de cette belle arabe d’une guirlande de drapeaux des cinq continents, les graphistes ont internationalisé, en fait désarabisé, les révolutions arabes, comme s’il était honteux de mettre tous les drapeaux des pays arabes en lutte. Hortefeux l’a rendu populaire, on connaît le dicton : « Quand il y’en a un peu, ça va, c’est quand il y’en a beaucoup que… ».
Moi qui pensais que les révolutions arabes avaient changé radicalement le regard porté sur nous, je suis triste de me rendre compte que, sans creuser beaucoup, on débusque encore cet imaginaire paternaliste qui opère jusque dans les rangs de ceux qui se prétendent nos meilleurs amis. Si, par faiblesse sans doute, je suis prêt à tolérer les manifestations ambigües de cet inconscient, il y a un principe inamovible : c’est moi ou le drapeau israélien. Soit j’obtiens des d’explications de la part des responsables de la Fête de l’Humanité sur le sens politique de ce drapeau israélien, soit j’inciterai tous mes frères et sœurs, Palestiniens, Arabes et anti-colonialistes à ne pas participer cette année à la Fête de l’Humanité.
lundi 22 août 2011 - 13h:13
Comité national palestinien du BDS - Communiqué
BNC (Comité national palestinien du BDS) - Communiqué
publié le mardi 23 août 2011.
Au cœur du débat sur les initiatives diplomatiques palestiniennes pour obtenir l’adhésion de la « Palestine » à l’ONU, de nombreuses questions légitimes sur la stratégie et la tactique
se posent parmi les personnes de conscience qui soutiennent la liberté, la justice et l’égalité pour le peuple palestinien. Comme pour la lutte contre l’Apartheid en Afrique du Sud, les groupes
solidaires de la Palestine et les militants sont convaincus comme nous que seules des formes concertées, efficaces et soutenues de solidarité, particulièrement sous la forme du boycott, des
désinvestissements et des sanctions (BDS), peuvent forcer Israël à rendre compte de ses obligations selon le droit international et mener à la plénitude des droits des Palestiniens.
Le Comité national palestinien du BDS (BNC), la plus vaste coalition de la société civile palestinienne, renouvelle et explique plus en détail ci-dessous les principes majeurs qui ont sous-tendu sa position sur cette question, exprimée dans notre déclaration du 1er juin 2011.
(1) Autodétermination
Le droit inaliénable le plus fondamental du peuple de Palestine est le droit à l’autodétermination. La fin de l’occupation est un des piliers de l’exercice de ce droit. Le droit à l’autodétermination, qui dans le cas des Palestiniens, est représenté par l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), est habituellement défini comme le droit de « tous les peuples à... déterminer librement, sans interférence extérieure, son statut politique et la poursuite de son développement économique, social et culturel » (1). C’est un droit détenu par tous les Palestiniens, indépendamment de leur localisation présente, en vertu du droit international et des principes de la souveraineté populaire et de la démocratie. Tous les Palestiniens, y compris les réfugiés du shatat (exil) et les citoyens palestiniens d’Israël ont le droit de participer à et d’être représentés par - à l’ONU et ailleurs - une OLP démocratique déterminant le statut politique et poursuivant le développement culturel, économique et social du peuple palestinien tout entier.
Au minimum, l’exercice du droit à l’autodétermination de tous les Palestiniens implique :
(2) OLP
Jusqu’à ce que le peuple palestinien exerce ses droits à l’autodétermination, l’OLP reste le seul représentant légitime représentant tous les Palestiniens à l’ONU et dans les autres forums internationaux, régionaux et multinationaux. Aucune alternative ne sera acceptée par la grande majorité du peuple palestinien.
(3) Complicité et responsabilité
Les États qui ont reconnu le droit des Palestiniens à un État sont encore plus obligés à mettre fin à leur complicité dans le maintien, l’escamotage ou même le renforcement du régime israélien d’occupation, de colonialisme et d’apartheid contre le peuple palestinien. Les États qui attribuent la reconnaissance de la souveraineté palestinienne et qui continuent leurs affaires comme d’habitude avec Israël sont plus qu’hypocrites ; ils trahissent leurs propres obligations légales et politiques à mettre fin aux violations graves et persistantes par Israël du droit international et des droits des Palestiniens.
BDS
Ci-dessous : extraits d’une déclaration de juin 2011 du BNC, le Comité national du BDS, plus vaste coalition de la société civile palestinienne -BDS France.
Septembre marquera le 20e anniversaire du début du « processus de paix » israélo-palestinien, largement admis comme un échec total, d’après tous les critères objectifs. Ce processus factice a servi de camouflage à une intense colonisation israélienne des terres palestiniennes, au déni permanent des droits élémentaires palestiniens, et au nettoyage ethnique graduel des Palestiniens, tout en donnant simultanément une fausse impression de construction de paix. Dans ce contexte, le BNC se réjouit de la reconnaissance, par une grande majorité des États du monde, du fait que le droit palestinien à la souveraineté et à la libération de l’occupation israélienne lui est dû depuis longtemps et ne devrait plus rester otage d’une « diplomatie » des USA fanatiquement partiale dans sa défense de l’expansionnisme israélien. Mais la reconnaissance d’une souveraineté palestinienne est clairement insuffisante en soi pour conduire à la fin réelle de l’occupation et du régime colonial d’Israël. Elle ne terminera pas non plus les décennies de système de discrimination raciale légalisé d’Israël qui correspond à la définition de l’apartheid par l’ONU, ni ne permettra aux millions de réfugiés palestiniens de revenir dans leurs foyers d’origine d’où ils ont été violemment déracinés et exilés.
Une reconnaissance diplomatique doit conduire à la protection du droit inaliénable à l’autodétermination du peuple palestinien tout entier, représenté par une OLP démocratisée et ouverte non seulement aux représentants des Palestiniens sous occupation, mais aussi aux exilés - la majorité du peuple palestinien - et aux citoyens discriminés d’Israël. Pour être plus qu’un symbole, cette reconnaissance doit être le prélude de sanctions efficaces et durables contre Israël, pour conduire à une pleine conformité avec ses obligations selon le droit international. Comme l’ont montrées la lutte pour abolir l’Apartheid en Afrique du Sud et les luttes actuelles pour la liberté et la justice dans la région arabe, les gouvernements du monde ne se retournent pas contre un régime d’oppression manifestement illégal et immoral sur de simples considérations éthiques ; les intérêts économiques et la dynamique des pouvoirs dominants pèsent bien plus lourd dans leurs considérations. En vérité, le discours militant et belliciste du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou devant le congrès US, couplé à la dernière soumission humiliante du président USA Barak Obama aux volontés israéliennes, montre sans doute possible que quiconque s’accroche à l’espoir que Washington est capable ou veut contribuer à la construction d’une paix juste dans notre région vit dans l’illusion.
La leçon clé apprise de l’Afrique du Sud, c’est que, pour que les gouvernements du monde mettent fin à leur complicité avec les violations graves et persistantes des droits humains et de la loi internationale par Israël, il doivent y être obligés par une pression massive, bien organisée, de mouvements sociaux de base et d’autres composantes de la société civile. Dans ce contexte, le BDS a fait la preuve d’être la stratégie la plus puissante et prometteuse de la solidarité internationale avec le peuple palestinien dans notre lutte pour l’autodétermination, la liberté, la justice et l’égalité.
Au vu de cela, le BNC, inspiré par la volonté et le pouvoir du peuple qui a fait naître le printemps arabe, appelle les personnes de conscience et les groupes de solidarité internationale à avancer dans la construction d’un mouvement BDS de masse aux États-Unis et ailleurs, dans les pays les plus puissants du monde, avant et après septembre. Seul un tel mouvement de masse peut garantir qu’une quelconque reconnaissance diplomatique de la souveraineté palestinienne émanant en septembre à l’ONU fera progresser les droits du peuple palestinien et fera monter le prix de l’occupation, du colonialisme de l’apartheid d’Israël en l’isolant encore plus avec les complices de ses crimes. Un fort mouvement de solidarité qui peut obliger les représentants élus, particulièrement aux USA, à être responsables devant le peuple, par opposition à un lobby sioniste servant le programme des intérêts coloniaux des militaristes d’Israël, qui entrent en conflit direct avec les intérêts des peuples américains et autres, c’est le seul espoir pour une paix complète et durable basée sur la justice.
(1) Déclaration relative aux principes du droit international touchant les relations amicales et la coopération entre les États conformément à la
Charte des Nations-Unies (24 oct. 1970) - Source
PCHR du 14 au 20 juillet 2011
Les Forces d’occupation israéliennes (FOI) poursuivent leurs agressions méthodiques contre les Palestiniens et leurs biens dans les Territoires palestiniens
occupés (TPO).
Durant la semaine du 14 au 20 juillet :
un travailleur palestinien a été tué pendant le bombardement par les avions israéliens d’un tunnel dans le sud de la bande de Gaza ;
9 Palestiniens, dont 6 civils, ont été blessés par les FOI dans la bande de Gaza et la Cisjordanie ;
les avions israéliens ont attaqué des bâtiments civils dans la bande de Gaza :
3 sites de formation et des tunnels ont été détruits ;
les FOI ont continué d’user de la force contre les manifestations non violentes en Cisjordanie :
un civil palestinien a été blessé ;
des dizaines de manifestants ont inhalé les lacrymogènes ;
des navires israéliens ont ouvert le feu sur des bateaux de pêche palestiniens dans la bande de Gaza ;
les FOI ont conduit 32 incursions dans les communautés palestiniennes en Cisjordanie et 2 limitées dans la bande de Gaza :
elles ont arrêté 13 civils palestiniens, dont un mineur ;
des bijoux en or ont été volés dans une maison de Tallouza, village proche de Naplouse ;
Israël a maintenu un siège total sur les TPO et l’isolement de la bande de Gaza du monde extérieur :
un civil palestinien a été arrêté sur un check-point militaire en Cisjordanie ;
les FOI ont poursuivi leurs activités de colonisation de la Cisjordanie et les colons israéliens leurs agressions contre les civils palestiniens et leurs biens
:
elles ont confisqué des réseaux d’irrigation dans le secteur d’al-Baq’a près d’Hébron ;
elles ont brûlé 3000 oliviers à Bourin, au sud de Naplouse ;
les colons ont attaqué 3 bergers palestiniens et blessé deux d’entre eux.
Des soldats israéliens ont mis le feu à des oliviers à Qatna, au nord-ouest de Jérusalem
Violations israéliennes recensées durant la semaine du 14 au 20 juillet 2011
1 - Incursions dans les zones palestiniennes et agressions contre les civils palestiniens et leurs biens en Cisjordane et dans la bande de
Gaza
Jeudi 14 juillet
1 h 30, les FOI entrent dans Til, village au sud-ouest de Naplouse, conduisent leur opération en fouillant des maisons ; elles arrêtent Mohammed Ibrahim ‘Assida, 23
ans.
2 h, dans Zawata, à l’ouest de Naplouse, où elles investissent la maison de Zaher Sidqi Mousa, 35 ans, et l’arrêtent.
3 h, dans Beit Ummar, au nord d’Hébron, elles fouillent des maisons et arrêtent 3 Palestiniens, dont un malade et un mineur :
Ahmed ‘Ali ‘Awadh, 19 ans, qui est malade ;
Wassim Jamal Bahar, 16 ans, et
‘Ali Mohammed Abu ‘Ayash, 25 ans.
Durant ces arrestations, les soldats israéliens ont violemment roué de coups le père d’Awadh. Celui-ci souffre de contusions à la jambe droite. Ils ont aussi plaqué
violemment sa mère contre un mur au point qu’elle a perdu connaissance.
3 h 30, des avions israéliens tirent un missile sur un tunnel à la frontière égyptienne près de la porte Saladin, dans le sud de Rafah. Le tunnel est détruit et un
travailleur, Mohammed Ibrahim al-Bayouk, 21 ans, de Khan Yunis, est porté manquant. Les secouristes palestiniens vont arriver à retrouver son corps vers 11 h, le samedi 16 juillet. En outre 5
Palestiniens sont blessés :
Jamal Ahmed Shurrab, 18 ans, travailleur de Khan Yunis, blessé par un éclat et souffrant de brûlures au visage ;
Fadel Jaber al-Ra’ei, 18 ans, travailleur de Khan Yunis, blessé par un éclat ;
Majdi Mohammed Abu Samah, 25 ans, travailleur de Beit Lahia, blessé par un éclat à la jambe gauche ;
Mohammed ‘Aatef al-Jamal, 29 ans, de Rafah, blessé par un éclat à la jambe gauche et souffrant d’ecchymoses à la poitrine, et
Wa’el ‘Azmi Abu Zuhri, 40 ans, de Rafah, blessé par un éclat et souffrant de fractures à l’épaule gauche.
10 h, les FOI entrent dans Turmos’iya, au nord de Ramallah.
10 h, des navires de la marine de guerre israélienne, ancrée au large de la côte de Deir al-Baleh, dans le centre de la bande de Gaza, ouvrent le feu sur des
bateaux de pêche palestiniens qui escortent un bateau de la solidarité internationale, le Olivia. Ils aspergent aussi le Olivia à coups de lances à incendie. Conséquences de ces agressions : 3
bateaux palestiniens qui se trouvaient à quelque 5 miles nautiques de la côté sont endommagés :
un bateau appartenant à Rajab Mohammed al-Hissi, de Gaza ville ;
un bateau appartenant à ‘Ali Mohammed Kabaja, du camp de réfugiés d’al-Shati, à Gaza ville, et
un bateau appartenant à Sa’id Mohammed Abu Riala, également du camp de réfugiés d’al-Shati.
10 h 45, dans al-Zawia, à l’ouest de Salfit, l’armée patrouille dans les rues, interroge des Palestiniens, puis se retire.
11 h, incursion dans ‘Obwin, au nord-ouest de Ramallah.
11 h 10, dans Bir Zeit, au nord de Ramallah.
11 h 20, dans Bedya, au nord-ouest de Salfit.
11 h 25, dans Mas’ha, même secteur.
23 h 30, un avion israélien tire un missile sur un site d’entraînement du mouvement al-Ahrar, à l’ouest de Khan Yunis, sud de la bande de Gaza. Le site est
endommagé, mais pas de victimes humaines.
Vendredi 15 juillet
Minuit, des avions israéliens tirent un missile sur un site d’entraînement des Brigades ‘Izziddin al-Qassam (la branche armée du Hamas) à l’ouest du lotissement
al-Maqqoussi, dans le nord-ouest de Gaza ville. 2 enfants palestiniens sont choqués.
Minuit cinq, des avions tirent un missile sur autre site d’entraînement des Brigades dans le sud-ouest de Gaza ville. Le site est gravement endommagé mais pas de
victimes humaines.
Minuit cinq : même opération sur autre site d’entraînement des Brigades à l’ouest de Gaza ville. Mêmes conséquences.
3 h 20, des avions israéliens tirent un missile sur un tunnel près de la porte Saladin, à la frontière égyptienne, au sud de Rafah. Sans dommages ni victimes ; et
un missile sur un autre tunnel près du camp de réfugiés d’Yibna, à Rafah. Sans dommages ni victimes.
3 h 30, incursion dans Jéricho.
10 h 30, dans Bitillu, au nord-ouest de Ramallah.
13 h, dans al-Bireh.
21 h, dans al-‘ouja, à l’est de Jéricho.
22 h, dans Fassayel, au nord de Jéricho.
Samedi 16 juillet
Minuit, un drone israélien tire un missile sur un militant des Brigades Al-Quds (branche armée du Jihad islamique) à l’est de Beit Hanoun, dans le nord de la bande
de Gaza. Celui-ci est blessé par un éclat dans le dos et au pied droit.
Une heure, les FOI entrent dans Ematin, à l’est de Qalqilya, opèrent sur la maison de la famille de Majdi Ibrahim Sawan, 23 ans, et le convoquent pour
interrogatoire.
1 h 50, dans al-Mazra’a al-Gharbiya, au nord-ouest de Ramallah.
2 h, dans Kufor Qaddoupm, au nord-est de Qalqilya.
10 h 45, dans Ematin à nouveau, même secteur.
13 h 30, dans Jéricho.
21 h 25, des navires de guerre israéliens, ancrés au large de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, tirent sur des bateaux de pêche palestiniens. Les
pêcheurs sont contraints de rentrer. Pas de victimes.
21 h 50, dans Beit Liqya, à l’ouest de Ramallah.
Dimanche 17 juillet
2 h du matin, incursion dans Taffouh, à l’ouest d’Hébron, où l’armée fouille des maisons et arrête 3 Palestiniens :
Tariq ‘Abdul Karim Erzaiqat, 22 ans ;
Fahmi Yousef al-Tarda, 21 ans, et
Majdi Ahmed al-Tarda, 20 ans.
9 h 40, les FOI pénètrent sur 200 mètres à l’intérieur et par l’est du camp de réfugiés d’al-Boreij, dans le centre de la bande de Gaza. Elles rasent des terres
palestiniennes le long de la frontière entre la bande de Gaza et Israël. Elles repassent la frontière vers 17 h 30.
13 h, les FOI entrent dans Qaryout, au sud-est de Naplouse. Elles patrouillent dans les rues, et se mettent à rouer de coups un Palestinien, Yazid Sarham Kassab, 30
ans, handicapé physique. Vers 17 h, elles arrêtent deux jeunes : ‘Abada Mo’men Mousa et Hamza Mohammed Mousa, tous deux de 14 ans. Les soldats menottent et bandent les yeux d’‘Abada. Sa mère
intervient pour les empêcher de l’arrêter, mais les soldats la rassurent, lui disent qu’ils le relâcheront dans dix minutes. Mais ils le gardent et l’emmènent hors du secteur. Sa mère et d’autres
civils tentent d’arrêter les soldats, qui aussitôt, se mettent à tirer sur eux des grenades lacrymogènes. Les FOI vont libérer ‘Abada vers 23 h 30, le même jour.
13 h, les FOI entrent dans Qalqilya, fouillent la maison de la famille d’Anees Fares ‘Amawi, 27 ans, et le convoquent pour interrogatoire.
Lundi 18 janvier
1 h 25, les FOI entrent dans Far’ata, à l’est de Qalqilya.
1 h 40, les FOI pénètrent sur 250 mètres à l’intérieur et par l’est du village de Khuza’a, à l’est de Khan Yunis, dans le sud de la bande de Gaza. Elles rasent des
terres palestiniennes le long de la frontière et retournent en Israël vers 7 h.
2 h, un drone israélien tire un missile sur un groupe des Brigandes ‘Izziddin al-Qassam (branche armée du Hamas) dans le village de Khuza’a. Deux membres du groupe
sont blessés, dont l’un dans un état grave.
2 h 20, incursion dans Safa, au nord d’Hébron, où l’armée fouille la maison de la famille d’Ahmed ‘Abdul Fattah al-Teet, 21 ans, qui souffre de diabète, et
l’arrête.
10 h, dans ‘Attil au nord de Tulkarem. L’armée patrouille dans les rues et monte un check-point sur la route qui relie Tulkarem aux villages au nord de la ville.
Les soldats arrêtent et fouillent les véhicules palestiniens et se retirent peu après.
14 h, après que soit passé le cortège funéraire d’un Palestinien décédé dans le cimetière islamique de Beit Ummar, au nord d’Hébron, les soldats israéliens postés à
proximité de la principale entrée de la ville tirent sur les Palestiniens des balles caoutchouc, lancent des lacrymogènes et des bombes assourdissantes.
‘Emad Ahmed Abu Hashem, 21 ans, est blessé par une balle caoutchouc. Aussitôt, des garçons palestiniens jettent des pierres sur l’occupant, et des affrontements
isolés éclatent entre les deux côtés. Les soldats israéliens attaquent Mousa Mahmoud Abu Hashashm, 56 ans, et Manal al-Ja’abari, 25 ans, qui travaillent pour l’organisation israélienne B’Tselem,
et Mohammed ‘Ayad ‘Awadh, 48 ans, un militant contre la colonisation israélienne. Les soldats tirent une grenade lacrymogène près d’al-Ja’bari, une grenade assourdissante près d’Abu Hashash et
bousculent ‘Awadh à plusieurs reprises. Ils empêchent aussi les trois militants de prendre des photos de la scène.
Mardi 19 juillet
Minuit et demi, incursion dans Tulkarem.
3 h, dans Taqqou’, au sud-est de Betlhéhem. L’armée fouille la maison de la famille de Sabri Mousa Jebrin, 21 ans, et l’arrête. Selon son frère, Tariq, 32 ans, les
soldats ont investi sa maison et celle de son père dans le quartier al-Sarra. Des soldats masqués ont défoncé la porte et sont entrés dans sa maison, ils ont vandalisé le mobilier et terrorisé la
famille. Puis les soldats l’on forcé à sortir de la maison pendant qu’ils la fouillaient.
3 h 30, incursion dans Jénine, l’armée pénètre dans la maison de la famille d’‘Ali ‘Ali Dummaj, 22 ans, et l’arrête.
21 h, dans Tallouza, au nord-est de Nablouse. L’armée investit de nombreuses maisons et arrête Hussam ‘Abdullah Abu Shaqra, 52 ans, et son fils, Rami, 23 ans. Les
soldats s’emparent aussi de bijoux en or, dont la valeur est estimée à 5000 dinars jordaniens (près de 5000 €).
Mercredi 20 juillet
Minuit et demi, des avions israéliens bombardent un site des Brigades ‘Izzidin al-Qassam (branche armée du Hamas) dans le quartier d’al-Shujaieya, dans l’est de
Gaza ville.
11 h 30, l’armée pénètre dans la rue al-Quds, dans le nord-ouest d’Hébron. Elle fouille une voiture appartenant à Nizam et Mowaffaq al-Haimouni, puis se
retire.
2 - Usage d’une force démesurée contre les manifestations non violentes protestant contre la construction du mur et la colonisation
Durant la dernière semaine, les FOI ont continuer d’user de la force contre les manifestations organisées par les Palestiniens avec des militants internationaux et
israéliens pour protester contre la construction du mur et les activités de colonisation de la Cisjordanie.
Un civil palestinien a été blessé et des dizaines d’autres et de militants étrangers ont respiré les lacrymogènes, et/ou pris des coups par les soldats de
l’occupation ; les FOI ont aussi arrêté 2 Palestiniens et un militant israélien.
Bil’in, à l’ouest de Ramallah : vendredi 15 juillet, après la prière, Palestiniens, militants internationaux et israéliens se dirigent en manifestation, non
violente, comme chaque semaine, vers le mur d’annexion qui vole les terres du village. Les soldats postés près du mur tirent à balles caoutchouc, lancent des lacrymogènes et des bombes sonores
sur les manifestants.
Eyad Mohammed Bernat, 38 ans, est blessé par une balle caoutchouc à la jambe droite. En outre, de nombreux manifestants inhalent les lacrymogènes, d’autres prennent
des coups.
Ni’lin, à l’ouest de Ramallah : après la prière ce même vendredi, la même manifestation hebdomadaire non violente se dirige vers le mur en construction dans le
village. L’agression des soldats israéliens a lieu près du mur. De nombreux manifestants inhalent les gaz, se sont tabasser par les soldats.
Nabi Saleh, au nord-ouest de Ramallah : toujours vendredi, la manifestation hebdomadaire non violente est organisée pour protester contre la confiscation de terres
dans le secteur de Wad al-Raya, entre Nabi Saleh et Deir Nizam. Quand les manifestants tentent d’arriver jusqu’aux terres convoitées par les colons israéliens de la colonie Halmish, l’armée
tire.
Outre les inhalations des lacrymogènes, 3 manifestants sont arrêtés, dont un militant israélien :
Eyad ‘Abdul Karim Tamimi, 41 ans, qui est libéré le lendemain matin ;
‘Alaa ’Abu Shousha, 21 ans, et
Eyala, 35 ans, militant israélien.
Les FOI transforment la maison de Yasser Tamimi en site militaire. Elles quittent la maison vers 18 h 30.
Lufor Qaddoum, au nord-est de Qalqilya : vendredi 15 juillet, après la prière, les Palestiniens organisent une manifestation dans le village pour protester contre
la fermeture qui se poursuit de l’entrée du village par les FOI. Les soldats empêchent les manifestants de s’approcher de l’entrée. Ceux-ci se dispersent vers 14 h.
Iraq Bourin, au sud de Naplouse : samedi matin, 16 juillet, des Palestiniens organisent une manifestation non violente à Iraq Bourin, pour protester contre la
confiscation de terres et les agressions des colons. Les manifestants se dirigent vers l’est du village où les FOI ont confisqué ces terres. Aussitôt, les soldats tirent sur les manifestants,
lancent des grenades lacrymogènes et assourdissantes sur eux.
3 - Maintien du bouclage sur les TPO
Israël maintient le bouclage serré des TPO, et ses restrictions aux déplacements des Palestiniens, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie, dont Jérusalem-Est
occupée.
Cisjordanie
La Cisjordanie est toujours totalement bouclée, et les déplacements des Palestiniens y sont toujours limités et contrôlés.
Jérusalem : les restrictions sont maintenues pour entrer et sortir de la cité. Des milliers de Palestiniens ne peuvent toujours y accéder, de Cisjordanie et de la
bande de Gaza. De nombreux check-points sont posés autour et dans la ville. Et les restrictions sont renforcées le vendredi, jour de prière, où de nombreux Palestiniens veulent aller prier à la
mosquée Al-Aqsa, dans la vieille ville palestinienne.
Ramallah :
jeudi 17 juillet, 5 h, les FOI reviennent sur le check-pont d’ ‘Attara, au nord de Ramallah, et
vendredi 15 juillet, 8 h, elles posent un check-point à l’entrée de Nabi Saleh, au nord-ouest.
Qalqilya :
jeudi 14 juillet, 8 h 55, les FOI posent un check-point à l’entrée d’‘Azzoun, à l’est de la ville ;
vendredi 15 juillet, elles en posent 4 autour de la ville ;
samedi 16 juillet, elles posent 3 check-points ;
dimanche 17 juillet, 9 h 45, elles posent un check-point au carrefour de Jeet, au nord-est, et
lundi 18 juillet, elles en posent 3 autour de la ville.
Jénine : samedi 16 juillet, les FOI posent un check-point au carrefour de Misliya, au sud de Jénine.
Tulkarem :
dimanche 17 juillet, 15 h, les FOI mettent un check-point au carrefour de Beit Leed, à l’est de Tulkarem ;
lundi 18 juillet, 9 h 30, un autre près de l’entrée sud de Tulkarem ;
11 h 50, un autre au carrefour de Qiffin, au nord ;
16 h 30, un au carrefour de Bal’a, à l’est ;
mardi soir, 19 juillet, les soldats sur le check-point d’Ennab, à l’est de Tulkarem, imposent des restrictions renforcées aux déplacements.
Jéricho : samedi 16 juillet, 17 h 30, les FOI posent un check-point à l’entrée d’al-Jiftlek, au nord de Jéricho.
Hébron : mercredi midi, 20 juillet, les FOI posent un certain nombre de check-points dans le sud et l’est d’Hébron.
Arrestations sur les check-points militaires
Vendredi 15 juillet, 11 h, les soldats qui patrouillent dans le sud d’Hébron arrêtent ‘Izzidin Mohammed Yaghmour, 17 ans, prétendant qu’il porte sur lui un petit
couteau.
4 - Activités de colonisations et agressions contre les Palestiniens et leurs biens par les colons israéliens
Israël poursuit la colonisation des TPO en violation du droit humanitaire international, et les colons leurs agressions contre les civils palestiniens.
Vendredi 15 juillet, 11 h, une dizaine au moins de colons de la colonie Yits’har, au sud de Naploouse, mettent le feu à des oliviers dans le secteur
d’al-Khirnaqa, dans le sud de Bourin. Les pompiers palestiniens parviennent à éteindre l’incendie, mais ce sont au moins 3000 oliviers qui ont brûlé.
Dimanche matin, 17 juillet, des bulldozers de colons israéliens rasent de vastes terrains palestiniens dans l’est de Sa’ir, village au nord-est d’Hébron,
avec l’objectif d’étendre la colonie Asfar qui s’est montée à l’est du village. Ces terres appartiennent à la famille Shalalda. Quand les propriétaires tentent de s’opposer à de telles
agressions, des colons armés les arrêtent et demandent à des soldats de venir les expulser de leurs terres. Lundi et mardi, les bulldozers ont poursuivi leur entreprise de démolition. Mardi, le
19 juillet, ils ont rasé au moins 5 dunums (5000 m²) de terres palestiniennes.
Lundi 18 juillet, 8 h, des colons de la colonie Maghroun, au sud-est de Ramallah, attaquent 3 bergers palestiniens du village de Mikhmas. Les colons se
servent de pierres et d’outils tranchants pour les attaquer. 2 bergers sont blessés :
Najat Muhareb Abu ‘Ali, 42 ans, souffre d’une fracture de la jambe gauche et est blessé à la tête, et
Ahmed ‘Abbas Abu ‘Ali, 42 ans, est blessé sur tout le corps.
Mardi 19 juillet, 7 h 30, les FOI entrent sur le secteur d’al-Baq’a, à l’est d’Hébron. Elles démontent le réseau d’irrigation de terrains palestiniens et les
confisquent. Selon différentes sources, les canalisations ainsi démontées couvraient 25 dunums (2,5 ha) de cultures (raisins et légumes) qui appartiennent à la famille al-Rajabi. Cette opération
est la quatrième du genre depuis le début de l’année dans ce même secteur, situé près de la route de contournement n° 60.
Document public
Pour plus d’informations, merci de vous rendre sur le site du PCHR, ou de le contacter à son bureau à Gaza ville par courriel : pchr@pchrgaza.org, ou par téléphone : (+972 (0)8 2824776 - 2825893).
Rapport hebdomadaire pour la période du 14 au 20 juillet 2011 : PCHR
traduction pour ce qui concerne Gaza : Jacques Salles, et la Cisjordanie : JPP
Commentaires