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mardi 17 octobre 2006 (23h48) :

 
de Patrick Mignard
sur  http://www.bellaciao.org/fr/

"Le poète a dit la vérité, il doit être exécuté"... Cette phrase issue d’une ritournelle d’une autre époque est hélas toujours d’actualité... de même que l’exécution traditionnelle des "porteurs de mauvaises nouvelles" dans certaines civilisations.

Celle ou celui qui ne marchait pas dans les "traces" de tout un chacun était soupçonné/e d’hérésie. Les temps ont changé et, si les réactions sont différentes, les réflexes eux, ont été conservés.

Ne pas suivre le chemin qui a été tracé devant soi paraît étrange, même s’il s’est avéré sans issu depuis longtemps.

LE SYNDROME DE « L’ECUREUIL EN CAGE »

Le discours a cela d’extraordinaire c’est qu’il peut donner l’impression de l’innovation et de la radicalité tout en demeurant parfaitement conservateur. Il y a bien longtemps que ce n’est plus la pratique qui qualifie l’attitude mais seulement le dire... avec tout ce qu’il a de mystificateur.... Faut-il donner des exemples ?

On peut être certes conservateur par choix et/ou intérêt politique, mais on peut tout aussi bien l’être tout en étant persuadé que l’on est au contraire parfaitement progressiste.

Comment cela se peut-il ?

En se persuadant petit à petit, que le chemin que l’on suit est le bon et ce malgré le fait de s’être chaque fois perdu.

Ce chemin, cette voie nous a été montré, enseigné, présenté comme la quintessence de ce qu’il y a de juste, de « naturel », de démocratique. Il ne nous viendrait pas à l’idée de remettre cette « vérité » en question... ça ne nous effleure pas l’esprit, nous l’avons totalement intégré, elle fait partie de nous même et bien entendu elle détermine nos comportements.

De même que sous l’Ancien Régime, et ce pendant des siècles, il ne venait pas à l’esprit de remettre en question la nature divine de l’autorité.... les rares qui s’y sont risqué l’ont chèrement payé, il ne nous viendrait pas à l’esprit de remettre en question ce qui nous a été présenté, une bonne fois pour toute, comme un processus absolument démocratique : l’élection.

Bien sûr nous protestons, contestons, critiquons, la situation actuelle,... mais quand il s’agit d’agir, de faire, nous reproduisons fidèlement ce que l’on nous a dit être « juste et démocratique ». Tels des écureuils en cage, nous nous agitons à faire tourner celle-ci en nous donnant l’impression d’avancer... Et aujourd’hui, après des décennies d’efforts, lorsque nous nous arrêtons pour reprendre notre souffle, nous constatons l’incroyable : rien n’a bougé. ... et même dans certains domaines nous avons commencé à reculer (social, environnement, ...).

A la surprise de celles et ceux qui ne veulent plus « pédaler dans le vide », la plupart reprennent, tel Sisyphe, cette « conquête de l’inutile » traitant les précédents de nihilistes ( ?) et déserteurs ( ?). Pour peu ils les brûleraient pour hérésie.

« Plutôt faire n’importe quoi que de sombrer dans la désespérance », telle semble être la philosophie de celles et ceux qui « jouent le jeu » et d’avoir le « nez dans le guidon » permet de ne pas voir le paysage désolé que l’on traverse et la destination qui sans cesse recule. Reconnaître lucidement la situation dans laquelle nous sommes est trop dur, trop déprimant, changer ses méthodes d’action, trop difficile...

L’OBSTINATION POUR SAUVER L’ESPOIR

Les articles, les discours (je sais de quoi je parle...) qui disent ce que l’on n’ose pas s’avouer, sont mal venus. La suspicion, voire l’insulte sont le lot quasi quotidien des « briseurs de rêve », de celles est ceux qui refusent de se taire et de faire « comme si... ». Et pourtant !...

La démocratie marchande ne conçoit la réflexion et la critique que dans le cadre qu’elle fixe, celui qui correspond à ses intérêts et avant tout à ceux du système qu’elle défend. Pour parvenir à un tel tour de force, elle a, comme tous les autres système dans l’Histoire, mais avec infiniment plus de moyens, mis en place tout un arsenal d’ « appareils idéologiques » qui, du berceau à la tombe, martèlent sa vérité. Hier c’était l’Eglise qui jouait ce rôle, aujourd’hui ce sont les médias, les « philosophes de Cour », voire chanteurs et sportifs,...

L’aliénation politique, car c’est bien de cela dont il s’agit, consiste à ne plus voir en terme de perspective que le cadre institutionnel qu’offre le système... Hier c’était le Ciel, aujourd’hui les urnes.

Toute la logorrhée militante est asservie à cet état de chose. L’union, la lutte, la mobilisation, le rassemblement, la dynamique, tous ces termes qui donnent à leurs utilisateurs l’illusion de la radicalité, tout cela ne concerne qu’une chose : l’élection. Les prononcer, indépendamment de ce qu’ils signifient, ... donne de l’espoir.

Bien sûr, il y a les luttes sociales que l’on soutien,... mais dont l’aboutissement ne peut se concevoir qu’en terme électoral... voyez le CPE, voyez le NON au référendum européen !...

La pratique sociale, la vraie, celle qui consiste à élaborer une alternative concrète au niveau des rapports sociaux, celle là, elle est totalement ignorée... sinon pratiquée, et encore pas en terme de stratégie politique, de manière marginale.

Le discours politique qui se fonde sur cette pratique ou qui fait de cette pratique l’axe stratégique du changement, est en grande partie ignoré, voire tourné en dérision par celles et ceux qui ne jurent que par les prochaines échéances électorales... Les échéances politiques, les espérances politiques, ne sont rythmées que par celles-ci... En dehors d’elles, il n’y a rien, ou quelques luttes qui n’ont de sens qu’en fonction de ce qu’elles peuvent électoralement rapporter ( ?).

La situation est bloquée, dans la société, mais aussi dans nos têtes.

Nier l’évidence est tragiquement devenu un réflexe de conservation, de protection. Devant l’impasse qui s’ouvre devant nous, devant notre impuissance collective à penser et à matérialiser la critique du système marchand, on préfère accepter ce qui est tant qu’il est encore supportable... ‘ « Il vaut mieux ça que rien » CQFD

GLISSEMENT PROGRESSIF VERS LA SCLEROSE

L’obstination à ne pas voir et à reproduire les schémas obsolètes a été élevée au rang de valeur cardinale de la citoyenneté. On en arrive ainsi, avec l’approbation quasi générale à faire « singer » à des enfants, dans les lieux même du Parlement, la « pratique de la démocratie »... ainsi la boucle est bouclée.

La pratique citoyenne officielle est devenue à la fois la plus sûre garantie que rien ne changera mais aussi la « béquille psychologique » du citoyen qui « veut faire quelque chose... », « s’engager »...

Hors du chemin tracé point de salut. Celle ou celui qui ne joue pas le jeu est disqualifié. Son opinion ne mérite même pas discussion.

L’espoir n’est plus véritablement dans « ce qui pourra se faire » mais dans le fait d’ « avoir pu imaginer que ça pouvait se faire », d’y avoir cru jusqu’au bout, d’avoir rêvé et fait rêver au changement. Tout « briseur de rêve » est à écarter d’urgence...

Pour exister politiquement, suivant les canons officiels, il faut se présenter aux élections. Toute autre attitude n’est plus, de fait, socialement admise. Le système étant ce qu’il est, et bien verrouillé, il n’est plus question de le toucher... Seuls quelques ménagements sont possibles, et c’est seulement dans ce cadre là, et lui seul, que l’on peut parler de « changement », de « rupture »... autrement dit, la sémantique s’est substituée à la pratique. Les faits n’ont plus de sens, seuls les mots en ont un ( ?).

Nous ne sommes plus aujourd’hui un peuple de citoyen-nes-s mais un peuple d’électeurs/trices, poussant l’absurdité de la situation jusqu’au bout : élire ou réélire des individus qui ont délibérément violé les règles de la citoyenneté. Pour la plupart, cette situation n’est pas désespérante, ce qui l’est, ou le serait, ce sont celles et ceux qui ne veulent plus se compromettre dans de telles bassesses et les dénoncent.

C’est en exerçant l’esprit critique et son libre arbitre que l’on est citoyen ? Qu’en est-il aujourd’hui individuellement et collectivement ?


De : Patrick Mignard
mardi 17 octobre 2006
La circulaire Sarkosy a fait naître des espoirs démesurés chez les sans-papiers. Dans l’immobilisme général, c’était la seule perspective bien fragile, pour certaines familles d’obtenir une régularisation. Mais cette circulaire à but électoral voulait prouver « sa poigne de fer » dans la gestion de l’immigration. Aujourd’hui la déception est grande et il n’y a pas d’autre choix que de continuer le combat et de l’amplifier.
Vouloir vivre et travailler en France ou dans l’Union Européenne pour les étrangers en situation illégale est légitime, juste et indispensable.

Ce ne sont pas des hordes de sauvages qui menacent de nous submerger. Il s’agit de citoyens principalement issus du tiers monde qui cherchent un lieu de vie et de reconnaissance pour échapper à la misère ou à des pouvoirs politiques d’oppression violente.

Les responsables politiques versent des larmes de crocodiles et considérant qu’il est impossible d’accueillir toutes les misères du monde, autant fermer quasiment les frontières. Pourtant la France est une puissance coloniale encore prédatrice dans de nombreux pays africains pillés depuis des décennies. La dette envers ces peuples est immense et le devoir d’accueil élémentaire. Dresser des murs aux frontières de l’Europe et faire l’autruche n’est plus possible.

La mondialisation dont profitent tant les grandes puissances capitalistes implique le droit de circuler pour tous les humains et pas seulement pour les marchandises et les capitaux.Et la libre circulation fonctionnera dans les deux sens, du Sud vers le Nord et pas seulement des pays riches vers le monde pauvre.

Le monde doit s’adapter à cette réalité nouvelle et incontournable.

Le combat des immigrés et des sans-papiers est notre combat.

Si nous cédons sur la défense des droits élémentaires de la personne humaine, ceux des pauvres, des étrangers et des sans-papiers, ceux de tous les sans-droits, c’est la loi du plus fort et le racisme qui gagnent et la fascisation qui se développe. Tout le peuple sera perdant.

Ballon Rouge a parrainé quatre familles en juin 2006. Une seule d’entre elles a aujourd’hui un espoir de régularisation. Que faire pour les autres familles, nos amies ? L’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, la Grèce et même Bush ont donné une réponse : la régularisation des sans-papiers. C’est la seule voie possible sur le plan humain, économique. Loin d’être un poids, par leur travail, ils produiront de la richesse pour leur pays d’accueil et celui d’origine.

Les candidats aux élections présidentielles doivent se prononcer clairement et ne pas manipuler l’épouvantail de l’immigration comme bouc émissaire de nos maux. Vouloir les rejeter et les condamner à la clandestinité est la pire des solutions. La question à résoudre est :
Comment organiser l’accueil, les droits et les devoirs de ceux qui frappent à notre porte ?
Comment transformer une difficulté passagère en une chance pour notre pays et pour l’Europe ?
Depuis des siècles des dizaines de millions d’étrangers sont venus s’installer en France. Inversement plus de trois millions de français vivent actuellement à l’étranger. C’est un mouvement de brassage naturel de population, c’est le vent de la modernité.

Nous proposons :

1/ améliorer d’urgence l’accueil des étrangers dans les services préfectoraux pour un minimum de respect de la personne humaine.

2/ supprimer pour toutes les anciennes colonies les visas pour entrer en France,  que Pasqua a imposés en 1986 et que la gauche a maintenus par la suite.

3/ supprimer toutes les restrictions de circulations imposées aux citoyens des nouveaux pays adhérents de l’UE

4/ régulariser les sans-papiers qui vivent en France (dans un délai à définir).

5/ faciliter le regroupement familial.

6/ accorder aux étrangers, travaillant et vivant dans notre pays, les mêmes droits qu’aux français.

7/ engager le débat pour faciliter la libre circulation des personnes. Cette revendication est fondamentale, elle s’accompagne d’efforts de soutien au développement pour les pays pauvres.

C’est au niveau de l’Union Européenne que ces revendications doivent trouver toute leur application.
En, attendant, les sans-papiers qui vivent en France et en Europe, n’ont aucune vocation à être expulsés.
Nous voulons contribuer à ce combat avec nos modestes moyens.
Et si vous voulez nous aider, vous serez les bienvenus.

mercredi 27 septembre 2006

BALLON ROUGE

En préparant les jours meilleurs

BP 520 – Le Charrel - 13681 Aubagne Cedex

contact@ballonrouge.org

http://ballonrouge.org

Communiqué du Mrap

Que le chef du Gouvernement, Dominique de Villepin n’ait « pas vu beaucoup d’idées nouvelles » dans les déclarations de Ségolène Royal en matière de sécurité ; qu’il ait de plus estimé « qu’elle avance dans des directions où d’ores et déjà nous agissons » en dit long sur la convergence des propositions de la candidate à la candidature avec celles du gouvernement Sarkozy-Villepin.


Que propose donc Mme Royal :


- Une politique plus ferme envers les familles qu’elle culpabilise et à qui elle veut imposer non seulement la mise sous tutelle des allocations familiales - afin de les fragiliser et de les appauvrir davantage -, mais de les obliger à « suivre des stages de parentalité », comme si les révoltes et les violences des jeunes avaient pour origine l’ignorance des parents et non des causes sociales de chômage, d’abandons de services public dans de nombreux secteurs urbains, d’insuffisance de mesures d’aides spécifiques aux écoles classées en ZEP ; de diminutions drastiques de subventions accordées aux associations de quartiers ; de misère et de très grande pauvreté.


- Ce que la dame appelle « des internats éducatifs de proximité », où elle veut enfermer « les huit ou dix élèves perturbateurs qui font la loi », risquent fort de ressembler aux maisons de redressement de sinistre mémoire ou aux centres fermés mis en place par le droite.


- Quant aux plus de seize ans, elle veut en faire des enfants de troupe et les encadrer dans « des systèmes à dimension militaire » !!! Ce dernier point se passe de tout commentaire.


Et Mme Royal a suggéré ces mesures, dignes des peintures de Dickens, à la veille de la Journée internationale de l’enfant !


Le Mrap ne peut qu’exprimer sa consternation scandalisée devant de telles propositions. Nous avions l’habitude de voir Sarkozy chasser avec succès sur les terres de l’extrême droite, et voilà que Mme Royal lui emboîte le pas. La concurrence dans le populisme le plus dangereux semble ne pas vouloir s’arrêter.

 


Le Mrap en appelle à l’esprit de responsabilité du parti socialiste et demande à ses dirigeants de se démarquer fermement de tels projets qui ne sauraient apporter aucune solution que répressive et creuser encore un peu plus le fossé qui sépare les nantis des laissés pour compte d’une société qui n’a jamais été aussi injuste.


Paris le 1er juin 2006

LE MONDE | 09.05.06 | 14h18  •  Mis à jour le 09.05.06 | 14h18

Il y a une semaine, dans ces colonnes, Olivier Besancenot a proposé que nous "causions" de l'éventualité d'une candidature unitaire de la gauche "antilibérale", lors de l'élection présidentielle de 2007. Je lui réponds bien volontiers que je suis prêt à causer avec lui comme avec beaucoup d'autres, à la condition toutefois que nous parlions sans arrière-pensées et, surtout, sans préalables. L'unité est une démarche qui, pour réussir et rassembler vraiment, ne supporte pas les considérations tactiques. Elle suppose, en revanche, une volonté qui transgresse les intérêts respectables mais identitaires des formations politiques qui en seraient parties prenantes. L'enjeu, en effet, n'est pas tant une coalition qu'une dynamique électorale.

Où en sommes-nous ? Un an après la victoire du non au référendum sur la ratification du projet de Constitution européenne, et quelques semaines après la mobilisation populaire victorieuse contre le CPE, l'alternative est clairement posée. Doit-on se résigner à ce que nos gouvernants - fussent-ils de gauche - conduisent des politiques d'adaptation à la mondialisation libérale, avec tous les dégâts sociaux collatéraux que l'on connaît ? Ou peut-on, dans les urnes et dans la rue, imposer de nouvelles orientations dont le fondement soit de combattre réellement le chômage, de redonner espoir à toute une génération et d'en finir avec l'exclusion sociale ?

La campagne présidentielle qui s'ouvre est l'occasion d'en débattre pour toutes celles et tous ceux qui sont scandalisés par les parachutes dorés des patrons du CAC 40, qui refusent d'offrir comme seule perspective aux jeunes un avenir de précarité, qui imaginent une société plus solidaire et plus démocratique, bref qui souhaitent remettre le monde en mouvement. Ce débat, me semble-t-il, appelle deux démarches intimement liées. D'une part, il s'agit bien de discuter du fond des choses, autrement dit d'un projet politique qui rompe avec la logique économique libérale et productiviste de ces vingt-cinq dernières années. D'autre part, il est décisif de partager la discussion avec l'ensemble des acteurs du mouvement social et pas seulement avec les appareils politiques.

Le spectacle qu'offre le Parti socialiste, hélas, n'est pas de nature à faire oublier le 21 avril 2002 et ses tristes conséquences. L'unité retrouvée dans la bataille contre le CPE camoufle mal un grand questionnement programmatique. Les sondages les plus flatteurs ne peuvent faire office de projet de transformation sociale. Les socialistes, par exemple, sont-ils tous d'accord pour revenir au contrat unique de travail à durée indéterminée ? Sont-ils tous d'accord pour mettre en chantier une nouvelle République ? Sont-ils tous d'accord pour la régularisation de tous les sans-papiers ? Sont-ils tous d'accord pour prendre acte de la volonté populaire de construire une Europe sociale et démocratique ?

La gauche qui combat la mondialisation libérale, en revanche, paraît plus homogène sur les grands enjeux de 2007. Il faut naturellement le vérifier et le valider. Mais, de la Ligue communiste révolutionnaire jusqu'au Verts, en passant par le Parti communiste, les alternatifs et tous les acteurs des mouvements sociaux, il semble qu'il y ait un large consensus aujourd'hui sur un programme de rupture avec la logique du tout-marché, du tout-libéral. Nous sommes, en effet, à peu près tous d'accord pour proposer un plan d'urgence et d'intégration sociale pour les plus démunis, pour assortir le contrat de travail d'une sécurité sociale professionnelle tout au long de la vie, pour considérer que les salariés ne doivent plus nécessairement être la variable d'ajustement pour les actionnaires, pour réclamer la proportionnelle aux législatives et une profonde réforme des institutions, pour exiger que les prochaines élections européennes soient "constituantes", pour imposer un moratoire sur les OGM et le projet d'EPR.

Ce large consensus ne suffirait cependant pas à dynamiser une candidature unitaire qui ne serait pas portée par toutes les composantes du mouvement social. Je comprends bien que Marie-George Buffet s'imagine la mieux à même de fédérer la gauche du "non", qu'Olivier Besancenot rêve d'incarner la "gauche anticapitaliste" ou même que la gauche des Verts ait tenté de promouvoir une candidature labellisée "gauche radicale". Mais la légitimité de l'unité ne peut se passer des acteurs syndicaux, associatifs ou "mouvementistes" qui espèrent et réclament, d'une manière ou d'une autre, un autre débouché électoral aux luttes que la dispersion entre de multiples candidatures à la gauche du PS.

C'est de cela qu'il convient désormais de discuter tous ensemble. L'un des enjeux majeurs du cycle électoral qui vient, ne l'oublions pas, est de briser la spirale de l'abstention et du découragement dans les couches de la population les plus exposées à l'exclusion ou à la souffrance sociale. Il n'y aura pas de remobilisation électorale sans processus démocratique de discussion et de conviction dans les milieux populaires, à commencer par les banlieues. A nous d'imaginer le chemin d'une proposition puis d'une désignation, quel que soit notre candidat ou notre candidate, dont le point d'aboutissement ait une portée symbolique autrement plus forte que le vote des seuls adhérents d'un parti.

Voilà ce dont je suis prêt à discuter avec Olivier et beaucoup d'autres, en ayant la ferme intention d'être disponible, le cas échéant, pour soutenir de toutes mes forces la candidature unitaire qui apparaîtrait la meilleure. J'y ajoute, toutefois, deux conditions. D'abord je souhaite qu'il s'agisse bien d'une démarche collective de campagne, bousculant les règles de l'aventure individuelle et donnant la priorité au collectif plutôt qu'à la starisation. Ensuite je considère que l'ennemi principal doit bien être désigné comme la droite et l'extrême droite, et non pas, indirectement ou subrepticement, comme le Parti socialiste. Si nous sommes d'accord, il n'y a plus beaucoup de temps à perdre. Causons, mais vite !

José Bové est membre de la Confédération paysanne.
Article paru dans l'édition du 10.05.06
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Vendredi 12 mai 2006, Bellaciao est convoqué par un juge d'instruction au Tribunal de Grande Instance de Saint Nazaire.

Une plainte pour diffamation a été déposée par les "Chantiers Navals de St Nazaire" suite à la publication sur le site du collectif Bellaciao du communiqué de l'USM-CGT du 16 septembre 2005 intitulé "Flibusterie des temps modernes" et consultable ici:
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=18759

Les "Chantiers Navals de St Nazaire" ne contestant pas les faits, mais prenant comme prétexte le language utilisé dans le communiqué de l'USM-CGT, ne chercheraient ils pas à museler, voire à faire fermer le site du collectif Bellaciao, et à faire payer à l'USM-CGT ses combats et victoires syndicales ?

Est-il encore possible de s'exprimer au "Pays des Droits de l'Homme" ?

Un média libre n'aurait plus le droit de relayer l'information du mouvement social ?

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