Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>

Recherche

Asie

Fausto Giudice
 
 Révolte à Dubaibylone : La grève des travailleurs asiatiques amène les Émirats à envisager d’introduire un salaire minimum
www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=4064

++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
Qui a construit Thèbes aux sept portes ?
Dans les livres, on donne les noms des Rois…
Les Rois ont-ils traîné les blocs de pierre ?
Babylone, plusieurs fois détruite,
qui tant de fois l’a reconstruite ?
Dans quelles maisons de Lima la Dorée,
logèrent les ouvriers du bâtiment ?
Quand la Muraille de Chine fut terminée,
où allèrent, ce soir-là, les maçons ?

Bertolt Brecht, Questions que se pose un ouvrier qui lit
++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++

Dubai, nouvelle Babylone

 La nouvelle Babylone du XXIème siècle s’appelle Dubaï. Cet émirat pétrolier du Golfe a été pris d’une frénésie pharaonique et est en train de se transformer en un véritable cauchemar climatisé. Burj Dubai, la tour qui va dominer la nouvelle Babylone, sera la plus haute tour jamais construite. Le nombre de ses étages sera un secret jusqu’à l’achèvement du chantier. Mais la machine infernale vient de se gripper : les esclaves se sont révoltés. Ou dit en termes modernes, les ouvriers se sont mis en grève.

La grève ? C’est la seule activité exotique qui n’a pas droit de cité dans les Émirats arabes unis. Interrogé l’année dernière par l’émission de France2 Envoyé spécial sur les conditions de travail des ouvriers immigrés de ces chantiers babyloniens, le responsable émirati préféra laisser la parole à son conseiller français, lequel bafouilla : « Heu, travailler dans les Émirats, ce n’est pas la Sécu… »

En 2005, les 10 millions de travailleurs immigrés travaillant dans les pays du Conseil de Coopération des États arabes du Golfe : Arabie saoudite, Sultanat d'Oman, Koweït, Bahreïn, Qatar et Émirats arabes unis (Abou Dabi, Ajman, Charjah, Dubaï, Fujaïrah, Ras el Khaïmah et Oumm al Qaïwaïn) ont envoyé dans leurs pays 30 milliards de dollars. Un argent durement gagné. Sur les chantiers de Dubaï, il fait 45° Celsius à l’ombre. Il n’y a pas d’horaires. Les chantiers tournent 24 h sur 24. Pour aller des chantiers à leurs logements, dans ce qui est à juste titre appelé des camps, les ouvriers doivent attendre leurs bus pendant des heures. Pour eux, le cauchemar n’est même pas climatisé.

Les patrons des émirats pétroliers ont commencé à procéder à une substitution massive de main d’œuvre à partir de la première guerre du Golfe, remplaçant les travailleurs égyptiens, palestiniens, jordaniens, irakiens et yéménites par des ouvriers d’Asie, principalement de 5 pays : Inde, Bangladesh, Pakistan, Srilanka et Chine. Les Indiens sont les plus nombreux. Sur les 1,5 millions de travailleurs indiens dans les émirats, plus de la moitié travaillent à Dubai et 300 000 à Abou Dhabi. Ils viennent généralement de trois États de l’Union indienne : Rajasthan, Pendjab et Andhra Pradesh.


 Ce sont des ouvriers de la première génération, anciens paysans et ouvriers agricoles. Ils sont soit recrutés par des agences de négriers soit émigrent illégalement dans les Émirats. Ils touchent des salaires allant de 93 à 131 € par mois pour des journées de 12 heures et plus payées quelques Euros. Depuis deux ou trois ans, ces ouvriers se rendent compte qu’ils se sont faits bel et bien gruger : tout compte fait, ils auraient mieux fat d’aller s’employer dans une des zones spéciales qui poussent comme des champignons en Inde, de Delhi (Guraong) à Hyderabad (baptisée Cyberabad), où ils gagneraient autant sinon plus, avec l’avantage de rester dans leur pays.

En juin dernier, le gouvernement de Dubai a lancé une campagne de régularisation des ouvriers sans permis de séjour, leur laissant le choix entre un billet d’avion pour rentrer chez eux et un permis pour rester. 280 000 d’entre eux ont préféré repartir. Devant cette raréfaction de la main d’œuvre, on a assisté à un double phénomène : les travailleurs ont compris que la conjoncture était bonne pour revendiquer des augmentations de salaires et des meilleures conditions de travail et de vie, et les patrons ont commencé à recruter des travailleurs …au Tibet et en Corée du Nord !

Si les grèves sont exotiques dans les émirats, elles ne sont pas si rares que ça: à Dubaï, les dernières ont eu lieu en mars et avril 2006. 2500 ouvriers employés par la firme anglo-émiratie Al Naboodah Laing O'Rourke sur le chantier de Burj Dubai, la fameuse « plus haute tour du monde » avaient d’abord cessé le travail et s’étaient affrontés aux forces de répression (elles-mêmes composées en partie d'immigrés, en général yéménites). Ils réclamaient des choses banales : un meilleur salaire (ils gagnaient de 2,75 € pour un manœuvre à 5,25 € par jour pour un charpentier qualifié), des soins médicaux, un meilleur traitement par les contremaîtres. Cette grève avait été suivie, en avril, par celle des ouvriers de la Marina du « New Dubai », employés par la Al Ahmadiyah Contracting Company. Des affrontemnts violents avaient eu lieu, suivis par les habituelles expulsions des « meneurs violents ».


Le samedi 27 octobre de cette année, un nouveau cycle de grèves s’est ouvert sur les chantiers de Dubaibylone. Les premiers à se mettre en grève ont été les travailleurs de la zone industrielle de Jebel Ali et du quartier résidentiel en construction de Al Qusais. Ils ont affronté les policiers à coups de pierre et ont détruit un peu de matériel. Bref, un comportement de « non-civilisés », comme l’a dit un haut fonctionnaire émirati. 4500 ouvriers ont été arrêtés. Le gouvernement a d’abord annoncé leur expulsion, puis, sans doute rappelé à la raison par les patrons des chantiers, a finalement décidé de n’en expulser que 159, dont 90 Indiens. Les 4300 autres ont repris le travail le 31 octobre. Les résultats immédiatement visible de cette grève sont maigres : à l’entée du Camp de Sonapur, un bâtiment de béton de 3 étages où dorment les ouvriers, la société de construction a affiché une note annonçant que deux médecins commenceraient bientôt des visites pour s’enquérir des malades. Et le patron s’est aussi engagé à payer pour l’installation d’une climatisation dans le camp et pour les bonbonnes de gaz utilisées par les ouvriers pour faire cuire leur tambouille. Mais apparemment, il n’est pas question d’augmenter les salaires.
La deuxième grève a éclaté sur les chantiers de la Arabtech Construction Company le jeudi 1er novembre. Cette fois-ci, ce sont 40 000 travailleurs, dont 10 000 originaires de l’Andra Pradesh, qui ont cessé le travail. Leurs revendications : augmentation des salaires, améliorations des conditions de logement et de transport et suppression des amendes (prélevées sur les salaires) infligées sous n’importe quel prétexte. Les réactions n’ont pas traîné. Le ministère du Travail et la « cellule des droits de l’homme » du ministère de la Police ont créé un comité conjoint qui a visité les campements et discuté avec les grévistes. Des promesses d’amélioration leur ont été faites, notamment, chose incroyable, l’instauration d’une assurance-maladie. Bref, de quoi faire mentir le conseiller français cité plus haut… Les diplomates indiens sont aussi entrés dans la danse et la société de construction leur a juré promis de « réviser les salaires » dans les deux mois. Les grévistes ont donc repris le travail le samedi 3 novembre. Et le général Dhahi Khalfan Tamim, commandant en chef de la police de Dubai a fait une déclaration proprement extraordinaire : « Nous pourrions engager des poursuites contre les entreprises de construction qui traitent leurs travailleurs de manière inhumaine. »

Par leur lutte, les parias de Dubai font souffler un vent nouveau sur les Émirats.

 +++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++++
La grève des travailleurs asiatiques amène les Émirats à envisager d’introduire un salaire minimum

Source : The Associated Press
5 Novembre 2007
Traduit par Fausto Giudice

Une grève d'environ 40.000 ouvriers asiatiques du bâtiment à Dubaï - à son cinquième jour lundi 5 novembre - a incité le gouvernement à ordonner aux ministres et aux entreprises de construction de revoir les salaires et éventuellement d’instaurer un salaire minimum, dans une tentative d'éviter l'agitation sur le marché du travail. Les ouvriers ont refusé de travailler sur le chantier d'un hôtel qui fait partie du gratte-ciel le plus haut du monde, en construction dans cette ville du Golfe en plein boom : ils se plaignent des bas salaires, du coût de la vie qui a grimpé et des conditions de travail misérables. La grève, une atteinte à la frénésie de construction à Dubaï, a déclenché une crise du travail d’envergure dans cette ville-État du désert qui se vend sur le marché comme centre d’attraction du top business et du tourisme de luxe au Moyen-Orient. Elle a incité le gouvernement à annoncer la création d'une commission conjointe d’examen des salaires, composée de fonctionnaires et de représentants des entreprises de construction.

Cette démarche, rapportée par l'agence de presse d’État WAM dimanche, indique clairement que les Émirats prennent au sérieux les revendications des travailleurs et ne les rejettent pas comme étant le seul problème du secteur privé.

Venu Rajamany, consul général de l’Inde à Dubaï, a indiqué qu’un salaire minimum fixé par le gouvernement était de plus en plus susceptible d’être instauré. Il a été impliqué de près dans les négociations entre les ouvriers grévistes, le ministère du Travail et l’entreprise de construction Arabtech qui est derrière le projet d'hôtel de Burj Dubai. « L’instauration d’un salaire minimum pourrait être être l'une des solutions au problème », a dit Rajamany. « Si le ministère du Travail fournit une fourchette après des consultations avec les entreprises, cette fourchette sera un seuil en-dessous duquel aucune entreprise ne pourra descendre. »
 Un salaire minimum serait un pas sans précédent pour les Émirats, qui ont longtemps dépendu pour leur boom capitaliste du travail bon marché importé. Des appels d’Associated Press à des représentants d'Arabtech et aux responsables aux ressources humaines d’entreprises lundi n’ont reçu aucune réponse. Arabtech, un géant de la construction de Dubaï, construit également deux hautes tours résidentielles dans la zone financière de Dubaï, des penthouses en bord de mer et des villas dans le désert.
Les 40 000 ouvriers asiatiques se sont engagés à rester cantonnés dans les 26 camps de travail dispersés dans les sept États semi-autonomes émiratis, jusqu'à ce que leurs salaires soient augmentés d’au moins 55 US $ (38€). La compagnie paye actuellement aux ouvriers non-qualifiés 109 US $ (75€) par mois et 163 US $ (113€) aux ouvriers qualifiés.

« On en a assez de ces conditions. Nous avons besoin d'une augmentation de salaire immédiate », dit Mohamed Aslam, un ouvrier de 28 ans du Bangladesh.
Les grèves sont illégales dans les Émirats et les syndicats y sont interdits, mais la protestation des ouvriers asiatiques a persisté en dépit des menaces d’arrestation. La semaine dernière, 4 000 ouvriers asiatiques employés par Pauling Middle East Company LLC, une entreprise générale travaillant sur plusieurs projets à Dubaï, ont été arrêtés quand leur grèves pour de meilleurs salaires et contre les conditions de travail dures a tourné au soulèvement.
Environ 160 d'entre eux, suspectés d’avoir endommagé des véhicules de police par des jets de pierres, restent en prison, dans l’attente de poursuites judiciaires et probablement d’une expulsion.
La grève des 40 000 ouvriers asiatiques survient alors que les entrepreneurs ont du mal à trouver des travailleurs pour réaliser leurs projets ambitieux, après que plus de 300 000 ouvriers sont retournés en Asie ces trois derniers mois.

Le sous-Sécrétaire d’État au Travail des Émirats, Humaid bin Deemas a déclaré selon WAM qu’ «une étude serait réalisée dans les prochains jours » pour assurer les droits des travailleurs et protéger les intérêts des entreprises. Bin Deemas a exigé que les ouvriers « touchent l’intégralité de leurs salaires sans aucune déduction » et a rejeté les « excuses données par certaines entreprises pour justifier leur pratique consistant à retenir les salaires ».
 Les ouvriers se plaignent également des retards dans les versements de salaires et de ce que les entreprises déduisent aléatoirement de leurs salaires des montants pour le transport, les vacances ou les jours de maladie.
Bin Deemas a dit que de telles pratiques étaient illégales et « une forme inacceptable d'exploitation ». Il n’a toutefois pas indiqué si et quand les ouvriers grévistes obtiendraient des augmentations de salaires. Dimanche, les ouvriers ont rejeté une offre de l’entreprise pour augmenter leurs salaires dans deux mois. « On ne peut pas attendre », a dit un ouvrier dans le camp de travail de Jebel Ali. Il a refusé de donner son nom par crainte de représailles. « On reprendra le travail seulement quand nos revendications auront été satisfaites. « Il raconte qu'il partage une chambre avec 12 hommes et une salle de bains avec 59 ouvriers. Ils n'ont aucune assurance-maladie et aucun congé payé, et doivent se battre pour pouvoir monter dans l’ autobus qui les ramène à leur camp après une journée de travail de 12 heures. Trop peu d'autobus font la navette entre les chantiers de construction et les camps de travail, et les ouvriers doivent donc attendre des heures pour rentrer.

Assis devant un supermarché au camp de travail, Bal Raj, un ouvrier d'Arabtech de 36 ans qui a laissé ses trois enfants en Inde et est en grève, a dépensé ses dernières pièces pour une tasse de thé.
« Désormais, je ne sais pas comment je vais survivre », dit Raj.
Source :  http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-11-12%2019:58:18&log=invites
Reportage

LE MONDE | 04.06.07 | 14h50  •  Mis à jour le 04.06.07 | 14h50
 PÉKIN CORRESPONDANCE

Encadrés par un cordon de policiers, ils avancent lentement sur une grande avenue de la ville baignée par le soleil : "Protégeons la ville de Xiamen", "Protégeons nos enfants", lit-on sur des banderoles rouges. Sur les trottoirs, on applaudit au passage des manifestants, au nombre de 7 000 selon la presse de Hongkong. La foule scande "Servez le peuple !" en référence au slogan ("Servir le peuple") qui orne tous les bâtiments officiels en Chine. Capturées sur téléphone portable, les dizaines de clips vidéo de cette rare manifestation antipollution, qui a eu lieu vendredi 1er juin à Xiamen, ville portuaire de la province du Fujian située en face de Taïwan, circulent en Chine sur Internet.

Si les campagnes sont régulièrement le siège d'émeutes antipollution, il est inédit qu'une telle manifestation ait lieu dans une grande ville, et a fortiori à une date aussi proche du 4 juin, anniversaire des événements de la place Tiananmen.

Ancien comptoir occidental connu sous le nom d'Amoy, l'île de Xiamen est, depuis les années 1980, une zone économique spéciale de 2 millions d'habitants, au niveau de vie élevé. La population est descendue dans la rue pour s'opposer à la construction d'un gigantesque complexe pétrochimique destiné à produire du paraxylène, une substance utilisée dans la fabrication des polyesters et dangereuse pour la santé de ceux qui y sont exposés sans protection. Mercredi 30 mai, au terme d'une vaste campagne de SMS, le vice-maire avait déclaré que le projet était temporairement suspendu. Sceptiques, les habitants veulent plus d'assurances de la part d'un gouvernement local qui n'avait pas prévu de les consulter.

"BOMBE ATOMIQUE"

Depuis plusieurs semaines, les habitants de Xiamen ont organisé la plus grande manifestation par messages électroniques du monde, s'échangeant, selon l'agence Chine nouvelle, près d'un million de SMS de protestation, tels que : ce projet "est l'équivalent d'une bombe atomique sur Xiamen. De nombreuses personnes vont souffrir de leucémies". Révélée à l'origine par le Nanfang Dushi Bao, le journal progressiste de la province voisine du Guangdong, la nouvelle de cette fronde n'a pourtant pas fait les gros titres en Chine, où les médias ont pour consigne d'éviter le sensationnalisme autour d'un mouvement protestataire.

Décrit comme le plus gros projet industriel de l'histoire de Xiamen, ce complexe pétrochimique nécessitant un investissement de 1,4 milliard de dollars devait se trouver dans l'arrondissement de Haiceng, une zone prioritaire pour les capitaux en provenance de Taiwan située sur la partie continentale de Xiamen. A l'origine, la Tenglong Aromatic PX, entreprise à capitaux taïwanais, était censée s'installer à 7 kilomètres de l'agglomération. Mais les premières habitations sont désormais à 1 500 mètres du site retenu...

Celui qui, à Xiamen, a le premier donné l'alerte s'appelle Lian Yue. Contributeur régulier du Nanfang Dushi Bao et auteur d'un des blogs les plus caustiques qui soient sur le système politique chinois, il s'aperçoit, en mars, que le projet vient d'être l'objet de débats lors de la session annuelle de la Conférence consultative politique du peuple, une assemblée sans pouvoir de décision. Cent cinq députés, menés par un ingénieur, ont dénoncé les dangers cachés d'une telle implantation, qui a été approuvée par la toute puissante Commission du plan. Un article de la revue économique China Business fait savoir que la SEPA, l'Agence de protection de l'environnement, n'a eu aucun moyen de stopper le projet. L'information reste confidentielle et à Xiamen, personne n'est au courant de la polémique.

Lian Yue décide d'alerter les habitants en lançant sur son blog un appel à la résistance civile en 6 points dont voici le début : "1. D'abord, n'ayez pas peur. Discuter d'une proposition de la Conférence consultative du peuple n'est pas un crime et on ne vous arrêtera pas. 2. Si vous avez un blog, reproduisez l'article du China Business. Ce n'est pas un crime de le faire. 3. Si vous avez peur de le faire, parlez-en à vos amis, vos collègues, vos connaissances. 4. Si vous avez toujours peur, n'en parlez qu'à vos proches..." Les échos de son blog se répercutent largement sur Internet. Les habitants créent un blog collectif de protestation, tandis que des graffitis sauvages disent non au paraxylène. Le téléphone arabe, version électronique, fera le reste. Lian Yue, qui n'a pas répondu à nos e-mails, serait, selon la presse de Hongkong, assigné à résidence depuis deux jours.
Brice Pedroletti
Article paru dans l'édition du 05.06.07.
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3244,36-918555@51-905592,0.html
1er mai : Les syndicats cambodgiens veulent faire entendre leur voix
01-05-2007
 
    
En ce 1er mai, les syndicats souhaitent faire entendre leurs préoccupations. Si le Siorc a renoncé à monter un rassemblement par crainte de la répression, la CCAWDU organise une conférence de presse avant de compter se regrouper en face de l'Assemblée nationale.
Photo d'archive (manifestation syndicale organisée en juin 2005)
Salaires, justice, défense du syndicalisme... Les différentes organisations professionnelles cambodgiennes faisaient part hier de leurs exigences en ce 1er mai, moment traditionnel de revendications de la part du monde du travail. Le syndicat CCAWDU a prévu “d’organiser ce matin une conférence de presse devant l’usine River Rich, dans le district de Saang”, a annoncé son président Ath Thun. Celle-ci “portera sur la maltraitance des ouvriers, les licenciements abusifs de syndicalistes et le non-respect du Code du travail.” Le syndicat prévoit ensuite un rassemblement de 80 personnes, entre 10h30 et midi, face à l’Assemblée nationale, pour remettre une pétition exigeant une hausse des salaires, soit 80 dollars mensuels, pour les ouvriers du textile. Le texte réclame également le versement d’un dépôt de garantie de la part des chefs d’entreprise, qui servirait de fonds d’indemnisation pour les salariés en cas de fermeture d’usine. Ath Thun s’est entretenu hier après-midi avec les responsables de la municipalité de Phnom Penh, qui n’ont pas encore donné leur accord pour ce rassemblement.

Du côté du Syndicat indépendant des ouvriers du royaume du Cambodge (Siorc), le président Chea Mony soulignait hier “l’importance du 1er mai, partout dans le monde, pour la classe ouvrière” mais n’envisageait pas cependant d’organiser de rassemblement. “Toutes nos réunions publiques ont été réprimées dans le passé, je me suis moi-même fait arrêter lors de la célébration du 1er mai l’an passé. Nous ne voulons pas exposer les ouvriers à la répression”, a-t-il expliqué. Un de ses proches, Rong Chhun, président de l’Union des syndicats du Cambodge, a, lui, pris l’initiative d’écrire une lettre ouverte au Premier ministre, dans laquelle il s’inquiète notamment du niveau de vie des Cambodgiens, rappelant que les salaires stagnent alors que le prix des biens augmente. Chuon Monthol, à la tête de la Fédération des syndicats khmers, proche du gouvernement, a annoncé qu’il se rendrait le 1er mai dans deux usines, à la rencontre des ouvriers. “Les patrons et les ouvriers sont comme des partenaires”, a-t-il déclaré, jugeant irréaliste d’augmenter les salaires “sans quoi les usines vont fermer”. “Les manifestations et les grèves doivent faire l’objet de discussions préalables entre partenaires”, a-t-il insisté.
Enfin, sur le plan judiciaire, 242 associations, ONG et syndicats ont lancé hier un appel commun aux autorités “pour conduire une enquête professionnelle et approfondie” sur le meurtre du syndicaliste Hy Vuthy, assassiné en fevrier dernier, comme deux ans avant Chea Vichea et Ros Sovannareth. Aujourd’hui, un débat entre responsables syndicaux doit être radiodiffusé sur sept stations différentes, portant sur le thème des “menaces et assassinats menés contre les syndicalistes”.

Hier, au siège de l’ONG de défense des droits de l’Homme Licadho, plusieurs délégués syndicaux ont raconté leur licenciement de leur entreprise pour leurs activités militantes. “J’ai été mise à pied en octobre 2006 par la direction de l’usine Bright Sky pour avoir défendu les droits des ouvriers”, expliquait In Chhai Ting, ancienne déléguée du Siorc. “J’ai voulu retrouver du travail, mais je n’ai eu aucune réponse à ma candidature déposée dans 24 usines.” Explication : “Bright Sky a fait passer une note auprès du Gmac [le syndicat patronal] pour me discréditer. De tels fichiers sont ainsi dressés.” Seng Sœung, lui, fait le récit de son bras de fer avec la direction de l’usine River Rich : “Quand j’ai voulu monter une section de la CCAWDU, on a voulu me licencier en échange d’une indemnité de 300 dollars. Puis la direction m’a proposé une indemnité de 50 à 100 dollars le temps que j’aille trouver du travail ailleurs. J’ai refusé, je veux continuer à défendre les salariés de l’usine."

Duong Sokha
Source : http://www.cambodgesoir.info/    

par Éric Toussaint, Damien Millet, Renaud Vivien

La multinationale pétrolière TOTAL est actuellement prise dans les tourments judiciaires avec le procès de l’Erika et la mise en examen de son PDG pour une affaire de corruption dans l’obtention en 1997 d’un marché gazier en Iran. Mais le 28 mars dernier, elle échappait une nouvelle fois à la poursuite de son procès devant les juridictions belges pour complicité de crimes contre l’humanité en Birmanie. En effet, la Cour de cassation a définitivement dessaisi la justice belge de la plainte de quatre Birmans qui accusent la multinationale de complicité pour des crimes perpétrés par la junte militaire birmane entre 1995 et 1998.

Cet arrêt marque ainsi la fin d’un long feuilleton qui a commencé en 1996 aux Etats-Unis. En 1997, les tribunaux américains ont été les premiers à abandonner les poursuites, sous la pression diplomatique de l’Etat français qui considérait que cette action en justice contrevenait aux intérêts de la politique étrangère du pays. En 2002, une autre plainte était déposée en France mais une transaction financière mit fin à la procédure judiciaire. La Belgique représentait alors le dernier espoir pour les victimes birmanes en raison de la loi de compétence universelle du 26 juin 1993 qui autorisait les juridictions belges à poursuivre les auteurs de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide quel que soit le lieu de commission, la nationalité de l’auteur et de la victime. C’est sur le fondement de cette loi que les quatre Birmans déposèrent une plainte, le 25 avril 2002, devant les tribunaux belges contre TOTAL pour son soutien logistique et financier à la junte militaire responsable d’actes de torture, de déplacement forcé de population et de travail forcé. Autant d’actes qualifiées de « crimes contre l’humanité » par la Cour pénale internationale (CPI) dans l’article 7 de son statut [1].

Les péripéties judiciaires en Belgique liées à la compétence de ses tribunaux ont commencé le 5 août 2003, lorsque la loi de compétence universelle, qui était une véritable avancée juridique, fut abrogée suite à de nombreuses pressions de nature économique et diplomatique, des Etats-Unis notamment. Cette abrogation fut assortie de dispositions transitoires, dont l’article 29 qui permettait aux juridictions belges de poursuivre les actions en cours à condition qu’un des plaignants au moins ait la nationalité belge au moment de l’introduction de la plainte. En application de cet article, le Procureur général près la Cour de cassation décida, le 5 mai 2004, de rejeter la plainte puisqu’aucun des plaignants n’avait la nationalité belge. Cependant, un des Birmans avait la qualité de réfugié politique en Belgique au moment du dépôt de la plainte et était rattaché de ce fait aux autorités judiciaires belges. Par conséquent, cette décision de justice violait, d’une part, la Constitution belge qui interdit la discrimination dans l’accès à la justice, et d’autre part la Convention de Genève de 1951 relatif au statut des réfugiés qui impose également un égal accès aux tribunaux pour les nationaux et les réfugiés (article 16) [2]. La Cour de cassation posa alors la question suivante à la Cour d’arbitrage, seule juridiction compétente pour vérifier la conformité des lois à la Constitution : n’est-il pas discriminatoire, et donc contraire à la Constitution belge, de priver subitement le réfugié reconnu et résident en Belgique d’un recours qu’il avait valablement introduit devant les juridictions belges ? La Cour d’arbitrage répondit par l’affirmative et déclara l’article 29 inconstitutionnel dans un arrêt du 13 avril 2005. Mais de manière tout à fait surprenante, la Cour de Cassation décida de ne pas tenir compte de cette réponse puisqu’elle confirma le dessaisissement de la justice belge, le 29 juin 2005. La seule solution pour les plaignants était de saisir à nouveau la Cour d’arbitrage afin qu’elle annule purement et simplement l’article 29 qui fait obstacle à la recevabilité de leur plainte. C’est ce qu’elle a fait le 21 juin 2006, considérant que les réfugiés politiques ont les mêmes droits que les nationaux belges face aux tribunaux. Mais la Cour de cassation a persisté et retiré de manière définitive, le 28 mars 2007, le dossier TOTAL de la justice belge au motif qu’une rétractation ne peut être ordonnée que si elle est favorable au prévenu, c’est-à-dire TOTAL. L’attention se porte maintenant sur le Ministre de la Défense, Monsieur Flahaut, qui peut soit demander l’annulation de la décision de la Cour de cassation, soit donner une injonction de remise à l’instruction simple. Sans cela, la Belgique sera probablement bientôt condamnée par la Cour européenne des droits de l’Homme.

En plus d’être moralement injuste, cet arrêt de la Cour de cassation est critiquable du point de vue purement juridique sur quatre points.

Premièrement, elle viole le droit international qui est supérieur au droit belge. En effet, la Convention sur le statut des réfugiés citée précédemment a été ratifiée par la Belgique en 1953 ; elle s’impose donc au législateur belge qui a l’obligation de s’y conformer. Or, l’article 29 contesté par les plaignants viole la Convention de Genève. La Cour d’arbitrage y a remédié en annulant cet article 29. En refusant la rétractation, les juges de cassation appliquent donc une loi inconstitutionnelle déclarée nulle et non avenue et placent la Belgique dans une situation de violation du droit international.

Deuxièmement, en raison de l’effet rétroactif de l’annulation, les arrêts de la Cour de cassation deviennent dépourvus de base légale puisque l’article 29 est censé n’avoir jamais existé. Il était donc tout à fait possible pour la Cour de revenir sur son dessaisissement qui n’a plus de fondement juridique.

Troisièmement, en refusant de suivre la décision de la Cour d’arbitrage, la Cour de cassation empêche cette dernière de remplir son rôle constitutionnel. Bien qu’en droit belge il n’y ait pas de hiérarchie entre ces deux Cours suprêmes, on peut alors se demander l’utilité de poser à la Cour d’arbitrage une question de constitutionnalité si les autres juges ne tiennent pas compte de sa réponse.

Quatrièmement, cette « guerre des juges » entraîne un déni de justice puisque TOTAL, en tant que personne morale, ne sera plus jamais inquiétée par la justice pour cette affaire alors qu’il est question ici de crimes contre l’humanité. En raison de leur extrême gravité, ces crimes ont un régime juridique spécial puisqu’ils sont imprescriptibles en vertu de la Convention sur l’imprescriptibilité des crimes de guerre et contre l’humanité du 26 novembre 1968. Malgré leur caractère particulier, la Cour de cassation a préféré appliquer le principe selon lequel la rétractation ne peut se faire au détriment du prévenu plutôt que de respecter un impératif juridique supérieur qui est de juger les auteurs de crimes contre l’humanité, crimes de guerre et génocides.

Alors que la communauté internationale parle de mettre fin à l’impunité pour ceux qui ont commis ce genre de crimes, il paraît inadmissible et contradictoire de ne pas juger TOTAL sachant qu’il existe de fortes présomptions de sa culpabilité. En effet, TOTAL ne pouvait pas ne pas être au courant des atteintes aux droits fondamentaux par la junte militaire birmane qui assurait la sécurité du gazoduc. Les rapports de l’Organisation internationale du Travail (OIT) établissent clairement le recours régulier au travail forcé en Birmanie. D’ailleurs, en 1997, les tribunaux américains dans le procès contre UNOCAL (avec qui TOTAL était accusée avant d’être sauvée par l’Etat français) ont estimé que UNOCAL « savait ou aurait dû savoir que l’armée birmane commettait des abus ».

Aujourd’hui, il est impératif de tirer les conséquences de cette affaire pour que l’impunité des sociétés transnationales cesse. Pour cela, l’adoption d’un Code international contraignant pour les obliger à respecter les droits humains fondamentaux est une étape importante, ce qui implique d’en finir avec le Global Compact [3] et autres codes de conduite non contraignants qui sont des échecs complets. Il faut aussi que la violation des droits humains soit sanctionnée efficacement par une juridiction internationale qui ne pourrait se heurter à des problèmes de compétence. En attendant de voir émerger une telle juridiction ou d’autres lois de compétence universelle, les tribunaux étatiques doivent pleinement exercer leur compétence lorsque les transnationales violent les textes de droits humains. Rappelons que TOTAL a adhéré aux principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme (1948), à ceux de l’Organisation internationale du travail, aux principes directeurs de l’OCDE à l’intention des entreprises multinationales, ainsi qu’à ceux du Pacte mondial de l’ONU [4].

Enfin, cette lutte contre l’impunité est directement liée à l’émancipation des peuples puisque TOTAL, par exemple, est présent dans 130 pays (majoritairement dans le Tiers-monde). En effet, comment garantir les besoins fondamentaux des populations quand une transnationale accusée de violer les droits humains est implantée sur leur territoire et facilite la commission de crimes par les gouvernements ? De nombreuses transnationales du Nord profitent des politiques d’ouverture des marchés imposées par la Banque mondiale, le FMI et l’OMC pour piller les ressources naturelles du Tiers-monde. Il est temps de mettre fin à ce pillage et de les juger quand elles sont responsables de violations de droits humains. Dans le cas de la RDC, le procès entamé en décembre 2006 contre la société minière australo-canadienne Anvil Mining, dont les investissements sont garantis par la Banque mondiale, ouvre la voie. Le défi majeur est qu’il puisse se poursuivre sans ingérence politique.

Notes:

[1] Le Statut la Cour pénale internationale est entré en vigueur le 1er juillet 2002.

[2] Article 16.1. Tout réfugié aura, sur le territoire des Etats contractants, libre et facile accès devant les tribunaux.

[3] Le Global Compact est un partenariat entre ONU, des ONG et le secteur privé lancé en 1999 lors du Forum économique de Davos. Il rassemble 1000 entreprises et 100 transnationales dont Total.

[4] http://birmanie.total.com/fr/news/p_5_3.htm

Source : http://www.cadtm.org/


Les millions de travailleurs migrants qui contribuent à la croissance économique en Chine sont traités comme des exclus dans les villes chinoises, selon un rapport récent d'Amnesty International. En dépit des réformes récentes, ils sont exclus du système de santé et du système scolaire, vivent dans des conditions éprouvantes dans des logements surpeuplés et sont régulièrement exploités de la pire manière par leurs employeurs.

«Ce qu'on appelle le «miracle» économique chinois existe au prix d'un coût humain terrible ˆ les travailleurs ruraux qui migrent dans les villes sont victimes de la pire exploitation au travail, selon Catherine Baber, directrice adjointe pour l'Asie-Pacifique à Amnesty International. «Ils sont contraints de faire de nombreuses heures supplémentaires, n'ont souvent pas droit à des congés maladie et travaillent dans des conditions dangereuses pour des salaires de misère.

«En plus d'être exploitées par leurs employeurs, les familles de migrants se heurtent à des règlements discriminatoires mis en place par le gouvernement dans tous les domaines du quotidien.Ils n'ont pas droit à une allocation logement ni à l'assurance santé dont peuvent bénéficier les résidents urbains permanents et leurs enfants se retrouvent, de fait, exclus du système scolaire.»

On estime qu'il y a entre 150 et 200 millions de travailleurs ruraux ayant migré vers les villes à la recherche d'un travail en Chine et leur nombre risque de croître dans les dix années à venir. Dans certaines villes, ils constituent la majorité de la population.

Les migrants internes sont tenus de se faire enregistrer comme résidents temporaires auprès des autorités locales dans le cadre du système d'enregistrement des ménages (hukou). Ceux qui parviennent au bout de la procédure, souvent longue et laborieuse, se heurtent malgré tout souvent à la discrimination au niveau des logements, de l'éducation, de la santé et de l'emploi, en raison de leur statut temporaire. Les nombreux autres qui ne parviennent pas au bout de la procédure d'enregistrement restent sans statut légal, ce qui les rend vulnérables à diverses formes d'exploitation de la part des policiers, des propriétaires, des employés et des résidents locaux.

«Le gouvernement central a pris certaines mesures pour améliorer le sort des travailleurs migrants, mais la question la plus importante reste sans réponse ˆ le système du hukou continue d'établir une discrimination entre les personnes sur la base de leur origine sociale, estime Catherine Baber. Le gouvernement doit réformer le système du hukou et pousser les autorités locales à appliquer les lois existantes qui visent à assurer à tous l'accès aux soins, à des conditions de travail équitables et à l'enseignement primaire gratuit.»

Les patrons ont recours à toute une série de tactiques pour empêcher leurs employés de quitter leur emploi. Les migrants internes ont souvent des arriérés de salaires, ce qui signifie que ceux qui partent perdent au moins deux ou trois mois de salaire. Les employeurs retiennent souvent à dessein les salaires avant le Nouvel An lunaire pour être sûrs que leurs ouvriers reviendront après les fêtes ˆ rendant ainsi impossible l'achat de billets de train à des millions de migrants au moment des fêtes. Les patrons forcent souvent de manière illégale les ouvriers à laisser un dépôt de garantie, dans le but de les empêcher de changer d'emploi. Du fait du statut incertain que leur confère le système des certificats de résidence (hukou), les migrants internes ne portent généralement pas plainte.

Ce type de tactiques permet aux patrons de pallier à la pénurie grandissante de main d'˛uvre sans avoir à augmenter les salaires. Ceci explique en partie pourquoi les salaires n'ont pas augmenté de façon significative en réponse à la pénurie de main d'˛uvre, comme on pourrait s'y attendre dans des conditions normales de marché.

Madame Zhang, migrante de vingt et un ans, travaillait dans une usine textile de la banlieue de Pékin. Les ouvrières n'avaient pas été payées depuis trois mois, aussi avaient-elles décidé de partir. Enfermées dans l'usine, elles n'étaient autorisées à la quitter que sur présentation d'un billet de sortie. Finalement, l'une d'entre elles réussit à s'emparer de la clé de la grille d'entrée et elles firent une sortie en masse, forçant le garde à l'entrée à les laisser passer. Madame Zhang se souvient : «A ce moment-là, nous étions vraiment contentes de nous... En fait, certaines parmi nous ont perdu quatre mois de salaire.»

Des millions d'enfants de travailleurs migrants sont aussi touchés et luttent pour avoir le droit d'aller à l'école. Dans de nombreux endroits, ils sont effectivement exclus du système scolaire ; en l'absence de hukou, les parents doivent s'acquitter de frais d'inscription demandés uniquement aux migrants ou payer des frais d'inscription très élevés.

«La Chine s'est engagée à faire bénéficier tous ses citoyens d'un enseignement primaire gratuit, mais en dépit des efforts du gouvernement central, les écoles d'État continuent d'imposer des frais de scolarité qui rendent l'éducation primaire inabordable, particulièrement pour les enfants de migrants, a déclaré Catherine Baber. Ces millions d'enfants sont l'avenir de la Chine : le gouvernement doit leur donner l'accès à l'éducation.»

Le rapport sur la Chine CHINA Internal migrants : discrimination and abuse ˆ The human cost of an economic &#8220;miracle&#8221; sera disponible à partir du 1er mars 00h01 TU sur le site : http://web.amnesty.org/library/index/engasa170082007

Source : http://web.amnesty.org/library/Index/FRAASA170092007
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés