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Mais pour qui allons-nous voter ?

Par georges LABICA

mercredi 17 janvier 2007

"Présidentielles 2007 : La cave de l’aveugle ?", par georges LABICA

Publié le mercredi 17 janvier 2007 par le site Europalestine

La conjoncture actuelle

Elle se caractérise par le glissement à droite des principales forces politiques. Elle a pour conséquence que n’a jamais été offert à l’électeur un tel éventail d’options de droite : Le Pen, De Villiers, Sarkozy, Bayrou, Royal.

Le discours sécuritaire, devenu l’idéologie dominante, légitime tous les dispositifs du libéralisme, dernière phase du capitalisme mondialisé, en les déclarant indépassables.

Le système

Quand il n’est pas purement et simplement ignoré, il fait à peine l’objet d’allusions (la VIè République ?) et jamais de déclarations programmatiques précises. Or, il faut rappeler qu’il n’est pas démocratique : des secteurs entiers de l’opinion, donc de forces sociales, sont exclus de toute représentation, à la fois par le jeu de la collecte de signatures pour être candidat (encore aggravée par la décision d’interdit du PS), et du mécanisme électoral ; rôle figuratif/consultatif du parlement et sa soumission à un gouvernement lui-même soustrait à l’aval électoral ; plébiscite d’un individu investi de pouvoirs monarchiques.

Le système produit deux effets : l’existence d’organisations partidaires vouées au jeu électoral, afin de préserver ou accroître leurs positions acquises, -politiques, morales et financières ; le nombre d’abstentionnistes, qui n’a cessé d’enfler, au point de former la majorité de l’électorat, et qui est traité hors comptabilité des suffrages. Avec deux conséquences communes à toutes nos démocraties « modèles » occidentales : le bipartisme qui s’affirme, en France, d’élection en élection et risque fort de se voir consacré, au prochain scrutin ; des élus, Président inclus, minoritaires, donc, en bon principe « républicain », inaptes à exercer des fonctions de l’exécutif. Est, dans les deux cas, entériné le fossé, déjà béant, entre « élites » et peuple.

Ce verrou (faut-il le redire ?) garantit la domination des puissances monopolistes, à travers notamment les médias qu’elles contrôlent. Leur association (de malfaiteurs) a distribué les rôles de la prochaine consultation.

Les postulants/concurrents.

On sait par quelles manipulations, de loin venues, a été installé sur le devant de la scène électorale, le couple Sarkozy/Royal. Or, il semble désormais qu’il faille faire son deuil de l’alternative qui pouvait lui être opposée. Pour rappel : elle consistait à définir un programme anti-libéral sur le rassemblement des forces sociales qui s’étaient engagées dans les luttes contre la constitution européenne et le CPE en particulier, la révolte des banlieues, quant à elles, ne trouvant ni relais, ni porte-parole. On peut spéculer sur les raisons de l’échec, sans se priver, bien sûr, de désigner des coupables. Je dirai plus directement que, face au défi de constituer la force unitaire (trans- et hors partis), nécessaire à la réplique qui le refusait, le système, une fois encore, l’a emporté.

Il s’agissait de courage, d’invention, peut-être d’aventure. Qu’a-t-on vu ? Les incohérences d’AG sans base politique réelle, les réflexes de boutiques et, s’agissant du principal acteur, cette majorité du PS qui avait choisi le non, les grandes gueules, de Fabius à Emmanueli et autres Montebourg, se fondant dans le brouillard d’un congrès sans aspérités doctrinales. Des traîtres ? Plutôt des repentis, attestant que la logique de classe n’avait été pour eux qu’une récréation sans conséquence. Et l’homme de convictions (d’idées ou de principes), Chevénement, venait, à son tour, pour un plat de lentilles, conforter leur bonne conscience. Il ne restait plus qu’à l’enfant de ce brouillard, Mme Royal, à fédérer les fantômes. On repartait ainsi pour les vieilles antiennes du vote « utile » et du vote « barrage », où se sont épuisées des générations entières de militants de gauche, jusqu’à la pantalonnade des 80% de Chirac, en 2002.

Hypothèses

Faut-il donc voter Royal ? Plusieurs attitudes sont possibles : la pince sur le nez ; la résignation, le réalisme, la confiance, l’espérance. Au nom de quels arguments ? On invoque, avec le concours de quelques philosophes qui se sont eux-mêmes appelés en renfort, bien qu’ils n’aient pas plus de compétence en la matière que n’importe quel citoyen, l’existence de « contradictions » au sein du PS, passibles de faire éclater son unité de façade et sur lesquelles pourraient « peser » des formations associées davantage orientées à gauche. Il n’est pourtant pas nécessaire de rappeler ce qui s’est produit, il y a peu, avec la bien singulière « Gauche plurielle », ni de renvoyer aux expériences historiques, pour émettre quelques doutes sur les capacités actuelles du PS. Ce parti est en passe de perdre son S pour ne plus représenter que les couches moyennes supérieures et les cadres (cf. les nouveaux adhérents, plus de 166% dans le 92, dont il est peu probable qu’ils appartiennent aux « quartiers »), alors qu’un un fort taux de prolos vote FN. Il est clair en effet que la ligne Royal, même si elle n’aboutit pas, comme le suggère le chroniqueur italien, Cesare Martinetti, de La Stampa, à un ticket Sarkozy/Royal, sera plus en phase avec Bayrou qu’avec Buffet. Pour certains, c’est précisément cet ancrage droitier qui ouvrirait la voie à une gauche radicale, capable de réussir où les comités du non ont échoué. Plus audacieusement encore, en s’appuyant sur l’analogie Royal/Sarkozy, qui, chacun dans son camp, a fonctionné comme un aimant agglomérant la grenaille, on peut se prendre à espérer que la force attractive cessant, de nouvelles cartes seraient distribuées...au centre droit. En attendant et en laissant de côté les engagements sociaux inhérents au verbe électoraliste, manquent les assurances sur les deux questions discriminantes que sont l’Europe et le conflit du Proche-Orient, entre autres. Si, à propos de la Palestine, on avance que Royal a été mal conseillée, il y a lieu de s’inquiéter sérieusement quant à l’aptitude de Madame « Je veux », à remplir la fonction de premier magistrat de France. Si le désir enfin et le plaisir de barrer la route à un Sarkozy n’est nullement illégitime et emporte de choisir, entre deux maux, le moindre, on peut quand même préférer n’être pas malade. Le recours à José Bové ? Il est trop tard, la casse est faite et son résultat, l’émiettement des candidatures, ne fera que renforcer le chantage au vote « utile ». En outre, le personnage, pour qui les révolutions ne sont que ringardises du siècle précédent (entendons le XIXè), ne se déclare pas hostile à une association avec le PS.

Que faire ?

Car c’est bien là le fond du problème, la leçon de la conjoncture actuelle, qui contraint à briser avec les illusions traditionnelles, en rejetant le principe même d’une alliance, on d’une compromission, avec le PS. Volonté, en votant blanc, de garder les mains blanches ou, en s’abstenant, de laisser courir ? Certes non, mais bien de coller au plus près de la situation concrète d’aujourd’hui, qui en appelle, ne craignons pas de le dire, à un sursaut révolutionnaire. Ce qui signifie dénoncer l’électoralisme qui colle à la peau, quoi que l’on en ait, autrement dit la réduction du citoyen aux intermittences des scrutins. Il faudra bien que le moment vienne où les bulletins blancs et nuls, ajoutés aux abstentionnistes et aux non-inscrits, ne soient plus considérés comme de la merde, mais comme une expression politique, pas plus éclectique, après tout, que ne le furent les votes anti Europe. Il n’est pour autant pas question de se substituer au mouvement de masse, dont il est évident, sous les effets conjugués de la dégradation des conditions de travail et d’existence, du conditionnement médiatique et des servilités syndicales, qu’il n’est pas mûr pour engager, de façon concertée, le procès d’un changement radical, dont les formes seront nécessairement inédites. Est-ce songe creux le refus de croire que ce pays a été à ce point domestiqué qu’il a abandonné la lutte de classe, qui a fait l’originalité de son histoire ?

La tâche, dès lors, pour chacun, consiste à contribuer, quelle que soit la modestie de ses moyens et, s’agissant d’intellectuels, uniquement de leurs mots rendus inaudibles, à la prise de conscience et à soutenir, contre tous les consensus dominants, toutes les colères, toutes les contestations qui travaillent notre société."

Georges Labica, Philosophe, Historien, Enseignant

CAPJPO-EuroPalestine

Point de vue sur l’échec des collectifs antiléraux

L’échec des comités antilibéraux était certainement prévisible et inévitable.
Il n’en reste pas moins que nombre de militants se trouvent une nouvelle fois, amèrement déçus devant l’impossibilité que s’affirme une alternative indépendante et clairement anticapitaliste.
Pour certains cela serait du aux manoeuvres du PCF, pour d’autres au cavalier seul de la LCR, pour d’autres encore aux deux à la fois.
Mais en réalité pour avoir une idée des causes de cet échec il est nécessaire de remonter à l’origine de ces comités, c’est à dire à la victoire du Non et à la campagne du “Non de gauche”.
En effet, en raison de la défaite que cela a représenté pour le PS et pour le gouvernement il a trop souvent été considéré que cette victoire était avant tout celle du “Non de gauche”, une victoire des “antilibéraux” contre les “libéraux”. Et la portée de la campagne “unitaire” a été surestimée.
C’était faire peu de cas de l’importance du vote FN qui ne s’est pas volatilisé depuis les présidentielles de 2002 et dans une moindre mesure des “souverainistes” de droite comme de gauche. Non, tous ceux qui ont contribué à cette défaite du pouvoir et du PS n’étaient pas de gauche, n’étaient pas des “antilibéraux” et encore moins des anticapitalistes. Pour beaucoup, il s’agissait d’une illusion et pour d’autres d’une véritable escroquerie politique.
Et, même à gauche, même parmi ceux qui avaient participé à la campagne, il y avait des politiciens, issus du PS qui en avaient fait leur cheval de bataille pour leurs querelles internes et qui n’étaient pas plus “antilibéraux” que d’autres qui avaient voté oui.
Il y avait aussi ceux, tels les dirigeants du PCF qui y voyaient le moyen de se refaire une santé ou plutôt de sauver les meubles, et d’essayer de créer un rapport de force plus favorable pour négocier le moment venu, dans de meilleures conditions avec le PS. C’est la raison pour laquelle Marie George Buffet s’est toujours gardée de s’engager sur une non participation de son part à un futur gouvernement PS.
C’est bien ce qu’avait pointé, à juste titre, mais un peu tard, la LCR en se retirant des collectifs. Cette décision l’a alors placée dans une position délicate, créant des divisions en son sein et lui faisant jouer le rôle du diviseur. Non la LCR ne porte pas la responsabilité de la division mais celle d’une campagne commune avec des transfuges provisoires du PS et avec les dirigeants du PCF qui a répandu des illusions.
Les collectifs tels qu’ils se sont créés, souvent à l’initiative du PCF, n’ont été qu’une machine électorale, ne se plaçant que dans cette perspective. Ils ne se sont que rarement, en tant que tels engagés dans les luttes. Quant leur plateforme ce n’était qu’une plateforme électorale locale, très franco-française ne faisant qu’une place marginale au global, à l’ouverture sur le monde, à la définition d’une nouvelle politique étrangère dans un moment où la situation internationale est d’une particulière gravité. Un comble pour des “altermondialistes”!

Aujourd’hui la vérité a enfin éclaté. Le PCF dont la candidate peut se prévaloir du vote de plus de 50 % des votants dans les comités pour se présenter comme la “candidate antilibérale” va essayer, même au prix d’une nouvelle vague de départs de son parti, de négocier en cas de victoire de Ségolène Royale, quelques strapontins au gouvernement, la sauvegarde de son groupe à l’assemblée nationale et de quelques municipalités.
D’autres parmi les opposants feront de même, par d’autres voies, et un grand nombre de ceux qui s’étaient sincèrement engagés dans ces comités se retrouveront une nouvelle fois, déçus et orphelins d’un espoir.
Il ne reste plus à ces militants, et à d’autres qui n’ont pas participé aux collectifs parce qu’ils n’y ont pas cru, qu’ils soient ou non membres d’une organisation politique à reprendre tout à zéro car l’histoire ne connaît pas les raccourcis.
Il faut se mettre autour d’une table, ou plutôt d’un grand nombre de tables, sans penser à préparer les prochaines échéances électorales, pour fédérer durablement les réseaux militants actifs dans les luttes sociales, la solidarité internationale et avec les sans papiers et construire avec patience une véritable alternative, innovante sur le plan organisationnel, indépendante, délibérément internationaliste et anticapitaliste.
Alain Castan
La question du droit au logement, même si elle ne l’avait jamais vraiment quittée,  revient avec encore plus de force sur le devant de la scène ces temps ci et c’est heureux.

 L’action menée par « Les Enfants de Don Quichotte » ne peut que conforter ceux et celles qui se battent et essaient de se faire entendre quotidiennement pour le respect de ce droit bafoué.

 Si l’annonce de la possible mise en place d’un droit au logement opposable peut constituer un pas en avant appréciable pour celles et ceux qui sont engagés dans la lutte y compris juridique, cela ne répond pas à l’urgence.

 Hébergements saturés et parfois indignes,  appartements laissés vides encourageant la spéculation, constructions neuves réservées aux hauts revenus, taudis hors de prix loués par des marchands de sommeil sans scrupules qui profitent de la situation, travailleurs sociaux bafoués dans leur métier même parce que réduits à l’impuissance, familles condamnées à l’indignité de situations dont elles ne sont en rien responsables,… quand ce n’est pas le froid qui tue... Dans nombre de grandes villes le nombre d’appartements vides se chiffre par dizaines de milliers alors que les pouvoirs publics se refusent aux réquisitions que la loi a prévu et que la simple humanité commanderait…

 C’est dans ce cadre que le comité chômeurs des Bouches du Rhône ce week-end encore a réquisitionné 5 appartements pour 5 familles dans une situation intolérable. Ne pas le faire aurait d’ailleurs constitué, pour certaines d’entre elles, une non assistance à personne en danger. Ces 5 réquisitions s’ajoutent à la liste des 422 déjà faites au cours de l’existence du comité, réquisitions qui non seulement ont permis qu’autant de familles aient un toit, mais aussi mis parfois en échec des projets spéculatifs ou de destruction de logements sociaux sans contrepartie de construction équivalente. Nous pensons que ce type d’actions doit s’étendre et se multiplier.

 Aussi pour faire avancer ensemble ce droit au logement, dans l’attente d’une vraie réforme revenant à une réelle aide à la pierre sous l’égide du service public qui seule pourra répondre au besoin de logements sociaux, nous lançons un appel :

 ►    Dans nos départements exigeons des maires et des préfets  qu’ils assument leurs responsabilités !

 ►    En l’absence de  réponse à l’urgence, prenons nos responsabilités d’acteurs de solidarité :réquisitionnons nous mêmes les appartements laissés vides !

 ►    Il y a des périodes de l’histoire où la nécessaire insurrection des consciences ne peut suffire si elle ne se traduit pas en actes…

 Pour ce qui nous concerne nous continuerons à nous y employer…

 Marseille le 8 janvier 2007

 
Appel du 6 décembre 2006

Au nom de Malik, d'Abdel, de Zyed, de Bouna, et de toutes les autres victimes

Il y a vingt ans, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, des fonctionnaires de l'Etat Français tuaient à coups de gourdin le jeune Malik Oussekine. Malik, avait eu pour seul tort de se trouver aux alentours d'une manifestation d'étudiants contre la réforme Devaquet. Le même soir à Aubervilliers, un policier qui n'était pas en service assassine Abdel Benhiayia. Il y a un an à peine, Zyed et Bouna sont morts par électrocution dans l'enceinte d'un poste électrique suite à une poursuite policière.

Chaque année l'actualité nous livre en pâture la mort violente de jeunes gens tués lors de contrôles policiers ou de courses poursuites. A chaque mouvement social, chaque révolte, la réaction du pouvoir est l'écrasement.
La mort violente de Malik Oussekine est symbolique  d’une chasse aux jeunes qui n'a jamais cessé, causant la mort de plusieurs centaines de personnes.
Elle frappe d'abord les plus défavorisés, les plus discriminés, ceux que les hommes politiques  n'hésitent même  pas à traiter de sauvageons, de racailles: ces personnes qui ont le tort d’habiter les banlieues. Elle frappe ensuite tous les jeunes qui se révoltent et ne veulent pas de la précarisation.

L'insécurité sociale ne cesse de s'aggraver: lois de la sécurité quotidienne et intérieur (LSQ, LSI), loi de prévention de la délinquance, le code sur l'entrée et du séjour des étrangers, et des demandeurs d'asile (CESEDA).
Pour une grande partie de la population, la seule promesse est l'aggravation de l'exploitation et de la paupérisation.

Car en dépit du harcèlement des cités, en dépit de l'instauration en 2005 d'un  état d'urgence ranimant le souvenir de  la guerre d'Algérie; en dépit de la multiplication des interventions policières  jusqu'à l'intérieur des écoles, en dépit de la présence des forces de l'ordre  au coeur même des manifestations; en dépit de la télésurveillance, du fichage  génétique et de tant de nouveautés orwelliennes présentes et à venir, les conditions d'une vie tranquille n'existent toujours pas dans les cités, pour la bonne raison que l'insécurité sociale ne cesse de s'aggraver, tandis que les raisons de se rebeller ne cessent de s'accumuler.
C'est pourquoi, nous affirmons le caractère profondément  politique des mouvements des jeunes qu'il s'agisse des révoltes de novembre 2005, des manifestations des lycéens contre la loi Fillon en 2004 ou du mouvement contre le CPE en 2006.

Les dernières révoltes étaient des affirmations porteuses d'espoir d'une autre politique. Parce qu'une société qui a peur est condamnée aux passions séniles et mortifères du tout-sécuritaire, l'Etat doit amnistier tous ceux qui ont participé à ces dernières révoltes (Novembre 2005 et CPE)  et rendre justice à tous ceux qui  sont victimes de cette répression. Au nom de Malik, d'Abdel, de Zyed, de Bouna, et de toutes les autres victimes, nous rappelons à tous leurs devoirs de mémoire. Pour nous, il est temps de contraindre l'Etat à mettre fin à l’offensive sans merci qu'il mène contre sa jeunesse, ses précaires, ses immigrés...

Nous vous invitons à participer à la journée du  06 décembre 2006 : à 16h pour le dépôt d'un bouquet de rose à la mémoire de Malik Oussekine, 
20 rue Monsieur-le-Prince 75006 Paris.

à 19h30 au CICP au 21 ter rue Voltaire 75011 Paris pour la projection du film documentaire "insécurité", suivit d'un débat et d'une intervention musicale (Akli.D, Rost et Kalash).

Premiers signataires : Ac le feu, Asiad, A toutes les victimes, Banlieus actives, Cedetim, Fasti, Hacktivismes, Les Indigènes de la république, Ipam, Que fait la police, Sud éducation,  Veto, Voix d’Elles Rebelles, Sierra maestra, Scalp, Réseau Nopasaran…

Sarah Oussekine, Fabienne Messica, Maurice Rajsfus, Serge Quadruppani


 Sarkosy crie au feu, et quand l’incendie éclate, il envoie les forces de « l’ORDRE » pour ajouter au désordre et entretenir les braises. Pour répondre au bus brûlé à Marseille et au drame d’une jeune victime sénégalaise atrocement blessée, le gouvernement dépêche des compagnies de CRS en renfort.
Pourtant, depuis la révolte des quartiers pauvres en 2005, la surpopulation policière n’a rien amélioré.
Personne ne peut nier l’état social de milieux populaires laissés à l’abandon. La pauvreté, toutes les précarités, les dérives de la vie en ghetto les écrasent. Le pouvoir ne fournit aucune solution pour améliorer les conditions de vie, l’accès au savoir et au travail.
La directive est claire : l’ordre doit régner, l’ordre avant tout !
A Marseille, les coupables présumés, un petit groupe d’adolescents sont le fruit d’une société déshumanisée. Elle a laissé croupir leurs parents dans le mépris et l’humiliation, prisonniers de l’ascenseur social en panne.
Le scénario des violences aveugles, sinon encouragé du moins manipulé, permet tous les discours des champions de l’ordre à tout prix, à la recherche d’un écho pré-électoral dans la population.
C’est l’oppression et la répression qui étouffent la démocratie. La police se substitue aux travailleurs sociaux et la justice est soumise à l’idéologie sécuritaire… contre les pauvres.
Toutes les injustices et les inégalités sociales insupportables, le racisme, sont camouflés et soumis à cet impératif. C’est un processus qui contribue à la fascisation de notre société.
Mais là où il y a oppression, il y a révolte !
La grande question est de savoir si dans les quartiers pauvres, cette révolte va s’enfermer dans le chaos, le nihilisme, l’autodestruction. Ou si le pouvoir politique et le système capitaliste responsables de tous les maux seront identifiés comme la cible à atteindre.
En attendant, les immigrés et les sans-papiers sont obligés de se terrer pour échapper aux rafles policières.

 
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BALLON ROUGE
En préparant les jours meilleurs
 
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