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Egypte

22 janvier 2007
Haut Tribunal de la sûreté de l'Etat
Damanhour, Egypte

Le 22 janvier aura lieu à Damanhour le procès de 26 paysans de Sarando (région du Delta, Egypte) et de leur avocat, Muhammad Abd al-Aziz Salama (affaire 5631 du Haut tribunal de Damanhour - 2005) sous les chefs d'accusation de rassemblement illégal, de coups et blessures ayant donné la mort, de violation de propriété et destructions et, pour leur avocat, d'incitation à la rébellion. Le 4 mars 2005, les propriétaires avaient attaqué le hameau avec une centaine d'hommes armés et trois tracteurs, détruit les récoltes et tiré sur les maisons. Les paysans ayant résisté à leurs agresseurs, un des propriétaires avait été tué dans la bagarre, une centaine de personnes, agresseurs et agressés, blessées, les véhicules détruits.

Puis des dizaines de paysans et paysannes avaient été arrêtés par la police, puis torturés, pour qu'ils renoncent à leurs baux ou titres de propriété des terres qui leur avaient été cédées par la réforme agraire en 1961. Le propriétaire qui avait réussi à faire disparaître des titres de propriété depuis 1975, et à imposer des loyers exorbitants depuis 1997, tentait depuis 2004 de reprendre les baux et les terres par la force. Débouté trois fois en 2006 par la justice ordinaire, le propriétaire a obtenu fin 2006 qu'une juridiction d'exception accuse les paysans et leur avocat d'avoir délibérément provoqué les affrontements de mars 2005.  

Depuis la libération des baux agricoles en 1997, d'autres incidents graves ont eu lieu dans plusieurs villages égyptiens. Ils dûs aux anciens propriétaires ou leurs héritiers, qui usent de tous les moyens, légaux et illégaux, pour tenter de récupérer des terres ayant autrefois appartenues à leur famille, avec la complicité de fonctionnaires, de certains juges, policiers, préfets, députés, voire de ministres. Les affrontements qui s'ensuivent sont souvent très violents et sont suivis de nombreuses arrestations, d'emprisonnement arbitraires avec cas de tortures et de procès iniques assortis de lourdes peines. D'après le Centre de la Terre pour les Droits de l'Homme, ces affrontements ont fait de 2001 à 2004 171 morts et 945 blessés et ont donné lieu à 1642 arrestations.

Le juge chargé de l'instruction a déclaré être convaincu de la culpabilité de Muhammad. Ce jeune avocat de 25 ans, originaire de Damanhour, et les 26 paysans arrêtés dont 7 femmes, risquent plusieurs années de prison et de mauvais traitements. Ils n'ont pas de recours en appel et la défense n'a pas accès au dossier de l'enquête. Le juge appuyé par les Ministères de la justice et de l'intérieur, veut faire de ce verdict un exemple.

Envoyez vos protestations contre ce procès inique et la répression que subissent les paysans égyptiens aux ambassades d'Egypte de vos pays et aux autorités égyptiennes (ci-joint la liste des fax et emails). Exigez l'acquittement des paysans de Sarando et de leur avocat.

Merci d'envoyer une copie de votre envoi au Comité de défense des paysans de Sarando : egyptianpeasantsolidarity@gawab.com <mailto:egyptianpeasantsolidarity%40gawab.com>
afaqeg@yahoo.com <mailto:afaqeg%40yahoo.com>
15 janvier 2007
Le comité de défense des paysans de Sarando

2 Propositions de textes à adresser aux autorités égyptiennes (traduits de textes du comité de défense):

texte 1:

Nous avons malheureusement appris que vingt-six paysans  (19 hommes, 7 femmes, dont 4 étudiants et une jeune femme au foyer mineurs) du hameau de Sarando dans le gouvernorat de Behira en Egypte, ainsi que leur avocat, Mr Mohamed Abdelaziz Salama, seront jugés le 22 janvier 2007 par le tribunal pénal de Haute Sécurité d'Etat d'Exception à Damanhour, dans le procès n°5631/2005 du district de Damanhour. Ils sont accusés de: rassemblement de protestation, coups ayant causé la mort, violation de la propriété de terres agricoles d'autrui, destruction d'automobiles et tracteurs d'autrui. Nous avons également appris que les paysans de Sarando ont été attaqués le 4 mars 2005 par une centaine d'hommes armés, conduits par des descendants du précédant propriétaire des terres de Sarando, et qu'une partie de ces terres, conformément à la loi de réforme agraire de 1961, avaient été distribuées aux familles de Sarando. L'attaque des anciens propriétaires, suivie d'une intervention des forces de police qui ont occupé le village pendant plusieurs jours, a eu pour résultat: le décès de Mme Nafissa Marakby après son interrogatoire, l'arrestation de dizaines de paysans hommes et femmes, la fuite collective des habitants redoutant la violence de la police et des hommes de main du propriétaire, la destruction des récoltes de blé et de trèfle, trois procès contre les paysans avec les charges mentionnées précédemment.

Après que la Cour ait innocenté les paysans dans ces trois procès, le précédant propriétaire a lancé une quatrième accusation devant la Haute cour de Sécurité d'Etat d'Exception, incluant l'avocat des paysans, Mohamed Abdelaziz Salama, comme premier accusé d'incitation des paysans aux charges précédemment citées.

La Constitution égyptienne et les conventions internationales ratifiées par le gouvernement égyptien garantissent à tous les Égyptiens le droit de travailler, d'être protégés et en sécurité, ainsi que le droit d'être jugés par une juridiction ordinaire, qui accorde le droit d'accès au dossier d'accusation et le droit d'appel.

Nous vous demandons de faire appliquer la Constitution égyptienne, les conventions  internationales et les chartes internationales des droits de l'homme à tous les accusés, en transférant l'affaire devant un tribunal ordinaire, et en permettant à leurs avocats et aux organisations des droits de l'homme membres du collectif de défense d'accéder au dossier d'accusation et aux documents de l'enquête de police, afin de pouvoir défendre les accusés conformément à la loi.

Texte 2:

Les soussignés expriment leur solidarité avec les paysans de Sarando traduits comme accusés à la Haute Cour pénale de Sécurité de l'Etat d'Exception, étant convaincus de leur innoncence. La loi d'Exception appliquée par ce tribunal prive ces paysans de leur droit naturel à un jugement avec recours en appel, face aux accusations des héritiers des anciens grands propriétaires. Ces propriétaires nient que la réforme agraire a transféré la propriété des terres de Sarando aux paysans, qui se sont acquittés de toutes les obligations prévues par la loi de la réforme agraire depuis 50 ans. Les héritiers de ces bénéficiaires sont maintenant traduits comme accusés, alors qu'ils étaient en état de légitime défense le 4 mars 2005, victimes d'une agression, et que leurs biens étaient saccagés et leurs vies menacées par leurs agresseurs. Nous ne doutons pas que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour que la justice égyptienne,  qui se tient du côté du droit et de la justice, reconnaisse leur innocence.

Noms des accusés (affaire 5631, 2005) :

1. Muhammad 'Abd al-'Aziz Salama, 24 ans, avocat, Damanhour
2. Mustafa 'Abd al-Hamid al-Garaf
3. Muhammad Ragab Khalil
4. Abu Taleb Muhammad 'Abd Allah Abu Zina
5. 'Imad al-Din Muhammad Mahmoud
6. Muhammad Radi al-Garaf, 20 ans, étudiant, Sarando
7. Gamil 'Abd al-Mun'im Qabil
8. Muhammad Mahmoud 'Ateyya al-Chanawi, 21 ans, agent des forces de sécurité d'Alexandrie, Sarando
9. Ahmad 'Abd al-Hamid Khalaf
10. Muhammad Ibrahim 'Antar Dessouki al-Husri, 53 ans, Sarando
11. Karam 'Abd Allah al-Gizawi
12. 'Abd al-Razeq 'Abd al-Razeq Abu al-'Ala, 33 ans, ouvrier, Sarando
13. Muhammad 'Abd Allah al-Gizawi
14. Mabrouk Ahmad 'Abd al-'Aziz, 28 ans, paysan, Sarando
15. 'Abd al-Mun'im Mustafa Muhammad Basyuni, 62 ans, paysan, Sarando
16. Mustafa 'Abd al-Rahim Mustafa Muhammad, 20 ans, étudiant, Sarando
17. 'Ala' 'Abd al-Hamid 'Ali al-Fiqi, 17 ans, étudiant, Sarando
18. Gaber Sa'id Ali al-Fiqi, 19 ans, étudiant, Sarando
19. Adel 'Abd al-Mun'im al-Baqli
20. Salah 'Abd al-Gawad Muhammad 'Abd al-Gawad, 40 ans, ouvrier agricole, Sarando
21. Samah 'Abd al-Hamid 'Ali al-Garaf, 19 ans, maîtresse de maison, Sarando
22. Kawkab 'Abd al-Mun'im 'Abd al-Wahab Qabil, 44 ans, maîtresse de maison, Sarando
23. Rasmiyya Ahmad Muhammad Khalaf, 40 ans, maîtresse de maison, Sarando
24. Rania Samir Muhammad, 23 ans, maîtresse de maison, Sarando
25. Mabrouka Muhammad 'Abd al-'Aziz Qabil, 21 ans, maîtresse de maison, Sarando
26. Rahab Guma'a al-Nahrawi, 23 ans, maîtresse de maison, Sarando
27. 'Aida 'Abd Allah al-Gizawi
Envoyez vos appels et protestations aux adresses suivantes:
Présidence de la République
Mr Hosny Mubarak
Fax : 002023901998

Premier ministre
Mr Ahmed Nazif
Fax : 002027958016
Fax : 002027356449
primemin@idsc.gov.eg

Ministère de la Justice
Mr Mamdouh Marei
Fax : 002027958103
mojeb@idsc.gov.eg

Conseil National des Droits de l'Homme
Mr Gamal Mubarak
Fax : 002025745776
insan@nchr.org.eg

Avocat Général
Fax : 002025757165

Ministère Intérieur
Mr Habib El Adly
Fax : 002025792031
Fax : 002027957500
Moi1@idsc.gov.eg
Parlement
Fax : 002027942721

Club des Juges
Fax : 002025751053

Ministère Affaires étrangères
Mr Ahmed Abu El Ghit
Fax : 002025747839
Fax : 002025748822
minexter@idsc1.gov.eg

Ministère Agriculture
Mr Amin Abaza
Fax : 002027498128
Fax : 002027614263

Source :  http://www.aloufok.net
S?inspirant du sit-in libanais, Kéfaya est monté d?un cran dans ses revendications lors de la manifestation du 12 décembre.
Reportage publié dans  Al-Ahram Hebdo

Une scène familière au centre-ville. La marée noire de la police anti-émeutes envahit les lieux. Des milliers de policiers, portant leurs casques et armés de matraques et boucliers avec des dizaines de blindés occupent les rues, encerclant une foule de manifestants. Il est 13 heures, la manifestation,  annoncée la veille par le mouvement d?opposition Kéfaya et à laquelle elle a invité toutes les autres forces nationales de l?opposition à y participer, doit commencer. Georges Ishaq, un des principaux fondateurs du mouvement, a déclaré : « Aujourd?hui 12 décembre, la Journée mondiale des droits de l?homme est aussi une journée très importante pour le mouvement. Il s?agit du second anniversaire de notre première manifestation dans les rues et aussi de la commémoration des martyrs de Kéfaya que nous avons perdus l?année dernière durant les élections parlementaires ». Ces manifestants se sont divisés en deux grands groupes, l?un se massant devant le Syndicat des journalistes et l?autre devant celui des avocats. « Nous avions prévu environ 10 000 manifestants et nous étions censés nous réunir devant le Syndicat des journalistes puis faire le parcours jusqu?à arriver devant la Cour de cassation pour nous manifester. La sécurité nous a interrompus et nous a divisés en deux parties », lance Hoda Moustapha, partisane de Kéfaya. Que ce soit devant le Syndicat des journalistes ou celui des avocats, la scène est toujours la même. Les manifestants criaient avec enthousiasme et la sécurité les encerclait de plus près. Le pouvoir héréditaire, l?inflation, la corruption et la torture dans les prisons, autant de thèmes qui ont été dénoncés par les manifestants tout en exprimant leur colère à travers un tas de pancartes et de slogans assez variés : « Ô fils de notre pays, l?hérédité n?aura pas lieu » ; « Les réformes constitutionnelles ne sont qu?une farce ». Même l?hymne national est devenu un hymne de Kéfaya. « Ma patrie, ma patrie » s?est transformé en « Kéfaya, kéfaya, chaque tyran va avoir sa fin ».
Une occasion à ne pas laisser passer : un nouveau thème vient s?ajouter à la liste du programme de Kéfaya, à savoir « la désobéissance civile ». Le sit-in à la libanaise semble être le moteur de ce grand rassemblement. Ce fait qui a beaucoup influencé la rue arabe a poussé ces manifestants non seulement à imiter l?opposition libanaise, mais aussi à appeler la rue égyptienne à adopter une attitude pareille, « comme nos frères au Liban, la désobéissance civile totale est notre espoir pour aller en avant ». Réda Mohamad, partisan de Kéfaya, affirme : « Nous rêvons de faire comme le Liban ou même le quart de ce qu?a fait le Liban, mais nous avons besoin que le peuple soit plus audacieux ». Des photos de Hassan Nasrallah font leur apparition parmi cette foule dense. Il est presque 16h, les manifestants devenant de plus en  plus enflammés et la sécurité aussi plus musclée. Ils font donc appel aux fameux « karatékas  », ces groupes de policiers en civil, venus encercler peu à peu le cercle jusqu?à faire étouffer la foule qui commence à se disperser dans tous les sens.
Une image que l?on revoit dans toute manifestation. Beaucoup d?appelés, mais peu d?élus. Cependant, cette dernière, celle du 12 décembre, est hautement symbolique avec les scissions au sein du mouvement. Est-elle la dernière ? .
Chaïmaa  Abdel-Hamid
Aliaa Al-Korachi
Gauche. La rassembler en un grand mouvement et lui donner une nouvelle vigueur. L’idée n’est pas nouvelle mais elle n’a jamais été mise en pratique avec succès. Aujourd’hui, il est question de la ressusciter.

La tendance de l’union

La semaine dernière, ils étaient 200 activistes de gauche (des membres de certains mouvements communistes, ainsi que des membres de l’aile gauche du parti suspendu Al-Chaab et du Centre égyptien démocratique des droits de l’homme) à se réunir afin d’annoncer leur projet de créer la nouvelle Union de la gauche. En fait, l’idée de la création de ce courant avait commencé bien avant cette réunion constitutive qui a eu lieu au Syndicat des journalistes. L’idée appartient à feu Ahmad Nabil Al-Hilali. Ce fervent militant de gauche décédé récemment avait lancé l’initiative à l’intention de tous ceux qui souhaitent participer à la réforme de la gauche égyptienne. « Plusieurs milliers de militants ont participé aux funérailles d’Al-Hilali, ils le connaissaient tous en personne mais très peu savaient qu’il était secrétaire général du Parti socialiste du peuple. Nous avons ressenti à quel point l’encadrement partisan faisait défaut aux militants de la gauche », explique Samer Soliman, l’un des instigateurs de l’initiative pour illustrer l’effritement de la gauche.

C’est donc dans cette perspective qu’un groupe appartenant à la jeune génération a lancé l’idée, souhaitant rassembler les rangs derrière des objectifs et des plans d’action communs, dans l’espoir peut-être de pouvoir un jour créer un parti dans le vrai sens du terme.

Cette initiative intervient à un moment où la gauche égyptienne traverse une véritable crise. Lors des élections législatives d’octobre et de novembre 2005, la gauche officielle, représentée par les partis du Rassemblement unioniste progressiste (UPI) et du Parti nassérien, n’a obtenu que 5 sièges, contre 88 sièges raflés par la confrérie interdite mais tolérée des Frères musulmans. D’où la nécessité pour certaines composantes de la gauche d’opérer un renouveau de ce mouvement. « Cette union mettra l’accent sur l’action, pas sur les idéologies. Parmi les objectifs affichés, nous pouvons souligner en premier lieu la lutte contre le sionisme et l’expansionnisme américain qui vise notre région, la séparation entre la religion et l’Etat dans le but de créer un régime laïque, et la lutte contre certaines politiques économiques défavorables comme la privatisation », explique Emad Attiya, l’un des promoteurs de l’initiative.

Les auteurs de l’initiative reprochent aux responsables des partis officiels leur manque d’enthousiasme à l’égard de l’union escomptée. « Les indifférents au sein des partis de gauche leur ont fait perdre en popularité, c’est pour cela qu’on doit travailler pour rétablir la confiance populaire en la gauche », estime Amr Abdel-Rahmane, un adhérent à la nouvelle union. « Une deuxième réunion sera tenue en décembre pour annoncer officiellement la création de l’union. Actuellement, plusieurs groupes de travail ont été formés pour collecter des signatures et étudier les priorités des adhérents potentiels », ajoute-t-il.

Ibrahim Saadeddine, membre du parti du Rassemblement, reconnaît que les partis de gauche manquent de dirigeants et ne sont pas capables de se présenter en tant qu’alternative politique. « Malheureusement ces partis vivent une rupture avec la population et entre eux-mêmes. Face à des problèmes relatifs à l’enseignement ou à la santé, par exemple, les partis de gauche scandent des slogans qu’ils ne peuvent pas transformer en plans d’action », lance-t-il.

De leur côté, les responsables des partis de gauche ont affirmé n’avoir rien contre ce mouvement naissant. C’est ce qu’a affirmé, par exemple, le secrétaire général du parti du Rassemblement, Hussein Abdel-Razeq. « Depuis sa création, le parti du Rassemblement a toujours défendu le principe de la pluralité. Nous n’avons jamais prétendu représenter le seul et unique courant de la gauche, si un autre mouvement a du nouveau à ajouter, nous allons le seconder », affirme Abdel-Razeq.

Commentant cette dernière initiative en date, le chercheur Wahid Abdel-Méguid, du Centre d’Etudes Politiques et Stratégiques (CEPS) d’Al-Ahram, a estimé que ses chances de réussir sont minimes. « Le problème est complexe et se situe à plusieurs niveaux, affirme-t-il. Certains problèmes, comme le manque de traditions démocratiques, la recherche du leadership et des intérêts personnels, ne concernent pas uniquement la gauche, mais sont des phénomènes sociaux qui pèsent sur tous les partis, qu’ils soient libéraux, de gauche ou islamistes, et les empêchent d’avancer », poursuit Abdel-Méguid.

En ce qui concerne la gauche, il estime que des différends idéologiques séparent la gauche classique, le centre gauche et les nouvelles gauches. Mais outre les idéologies, ces divers courants adoptent des positions politiques parfois opposées. Certains sont très hostiles à l’égard des islamistes par exemple, au moment où d’autres n’excluent pas de coopérer avec eux. Il en est de même avec le régime, qui est diabolisé par certains et courtisé par d’autres. Pour l’instant, cette union annoncée est encore dans l’œuf, d’ici décembre, date de son annonce officielle, elle devra prouver sa viabilité.

Publié dans Al-Ahram Hebdo  (Semaine du 23 à 29 Août 2006, numéro 624)

Sabah Sabet
Chérif Albert

AFP Infos Mondiales International, mardi 2 août 2005 LE CAIRE - Près de 300 artistes et écrivains ont manifesté mardi au centre du Caire contre le président égyptien Hosni Moubarak qui brigue un cinquième mandat de six ans, au milieu d'un imposant dispositif de sécurité. Brandissant des portraits d'Oum Kalsoum, la plus célèbre chanteuse égyptienne, de comédiens populaires et d'écrivains, les manifestants se sont rassemblés sur la place Talaat Harb, au centre-ville, entourés de plus d'un millier de policiers. D'autres policiers déployés en grand nombre ont été postés en état d'alerte à l'issue des rues alentour prêts à intervenir. Le poète populaire Ahmed Fouad Negm a entonné avec la foule ses plus célèbres chansons contestataires qu'il avait écrites pour le chanteur aveugle cheikh Imam Issa, avec lequel il avait formé un duo emblématique de l'opposition au pouvoir depuis les années 1960. Les écrivains Sonaa Allah Ibrahim et Mohamed al-Boussati, des peintres, des poètes, des acteurs connus pour leur engagement politique pour la démocratie ont crié leur opposition à un nouveau mandat de M. Moubarak, au pouvoir depuis 24 ans. Des membres du groupe de l'opposition "Kefaya" (Ca suffit en arabe) se sont joints aux manifestants pour protester contre l'annonce jeudi de M. Moubarak de sa décision de présenter sa candidature à la présidentielle du 7 septembre. "Non à Moubarak", "La liberté maintenant" et "A bas Moubarak" pouvait-on lire sur des bouts de papiers portés ou collés par les manifestants sur leurs vêtements. "L'Egypte n'a jamais été aussi humiliée sur la scène nationale et internationale que durant ce régime despotique dont on ne voit pas la fin venir", a déclaré à l'AFP l'écrivain Mohamed al-Boussati. "La manifestation est un message à tous les régimes arabes basés sur l'oppression leur affirmant que les peuples sont opposés au monopole et à l'héridité du pouvoir", a déclaré M. Negm en référence à la fulgurante ascension politique de Gamal Moubarak, fils aîné du président pressenti comme son dauphin. "Notre but est de combattre la corruption et la dictature", a affirmé Sonaa Allah Ibrahim. Des membres du parti Al-Ghad de l'opposant Ayman Nour, dont le bureau donne sur la place où se déroulait la manifestation, sont sortis sur les balcons pour crier avec les manifestants et marquer leur solidarité.
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