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Egypte

Des manifestants tentent de jeter à terre un mur de protection érigé récemment près de l'ambassade israélienne.
L'ambassade israélienne au Caire a été prise d'assaut vendredi par des centaines de manifestants, forçant le décret de l'état d'alerte dans le pays. L'ambassadeur, sa famille et le personnel diplomatique ont dû fuir, se dirigeant vers l'aéroport dans l'attente d'un rapatriement.

Après avoir démoli le mur qui protégeait l'ambassade - le mur avait été installé après de récentes manifestations devant l'édifice -, les manifestants ont envahi l'ambassade où ils ont fait du saccage.

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a d'ailleurs demandé l'aide des Américains pour « protéger l'ambassade des manifestants ».


Un véhicule incendié
Selon les bilans préliminaires, l'intervention des forces de l'ordre a fait quelque 500 blessés. Les policiers ont utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Les violences se poursuivaient toujours au petit matin, selon Akli Aït Abdallah, correspondant de Radio-Canada au Caire. Les images filmées au cours de la nuit montrent plusieurs brasiers dans les rues de la ville, dont des véhicules de police incendiés.

D'après Radio-Canada.ca

La place al-Tahrir au Caire a été à nouveau occupée, vendredi. Les manifestants exprimaient leur mécontentement et leur déception par rapport aux promesses non-tenues de la révolution populaire égyptienne.
 « Aucune des demandes de la révolution n’a été réalisée », explique Ibrahim Ali, 38 ans, technicien Agricole de Beheira, dans le nord de l’Égypte. A l’instar d’Ibrahim, plusieurs milliers de personnes s’étaient donnés rendez-vous place al-Tahrir pour faire pression sur le Conseil suprême des forces armées, dont la gestion du pays mécontente une importante partie de la population.
Autorisation de manifester, mais...
Comme c’est le cas depuis le renversement de Hosni Moubarak, le 11 février, cette nouvelle manifestation se déroulaità l’appel d’organisation laïques de gauche, notamment des mouvements de jeunes militants. Le rassemblement a été boycotté par les frères musulmans et par plusieurs mouvements islamistes. ( d'après une dépèche de l'Afp)

 

 

vendredi 05 août 2011 à 13h14
D'après l'agence Belga

Le gouvernement égyptien a décidé de dissoudre le conseil d'administration de la principale fédération syndicale - la seule sous Hosni Moubarak - cédant ainsi à une revendication persistante des manifestants depuis la chute de son régime, rapporte vendredi la presse locale.

Le conseil des ministres a considéré comme nulles les dernières élections de la Fédération égyptienne des syndicats des travailleurs (ETUF) pour 2006-2011, jugées frauduleuses, et donné son accord à la dissolution de son conseil d'administration, selon les quotidiens Al-Ahram (gouvernemental) et Al-Masri Al-Yom (indépendant). L'ETUF était accusée d'être corrompue et d'avoir été aux ordres de l'ancien régime. La dissolution de son conseil d'administration était l'une principales revendications des manifestants après la chute de l'ex-président Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire le 11 février. L'ETUF était la seule fédération syndicale autorisée sous M. Moubarak. Depuis, une autre fédération "indépendante" a été créée. Un conseil d'administration temporaire a été nommé pour gérer la fédération jusqu'à la tenue de nouvelles élections. Le Centre des services aux syndicats et travailleurs (CTUWS), une ONG, a salué dans un communiqué cette annonce comme "une victoire pour la révolution égyptienne".

Des affrontements ont éclaté entre des travailleurs d'une zone industrielle de la ville d'Ismaïlia (nord-est) et la police militaire, faisant 38 blessés, ont indiqué à l'AFP des témoins et des sources médicales. Au moins 5.000 travailleurs de la zone franche d'Ismaïlia en grève ont tenté de sortir du complexe industriel et ont été bloqués par la police militaire, ont rapporté des témoins. La zone est située sur la rive ouest du canal de Suez et quelque 80 usines spécialisées dans le textile et le cuir y sont installées.
La police a tiré en l'air et bloqué la sortie du complexe. Les travailleurs ont ensuite lancé des pierres en direction des policiers qui ont répondu par des jets des mêmes projectiles.

Les heurts ont fait 36 blessés parmi les ouvriers et deux parmi les policiers. Selon une source médicale, 23 des blessés ont été hospitalisés. Les ouvriers observent depuis hier un mouvement de grève pour réclamer une hausse de leur salaire minimum à 1.200 Livres égyptiennes (environ 200 dollars). Ils demandent également des contrats à long-terme et la réduction de la main d'oeuvre étrangère.

Selon AFP le 26 juillet 2011

le 09.07.11 | El Watan
        
000-nic592480_550753_465x348.jpgAprès une période de reflux de plusieurs semaines, la révolution démocratique égyptienne est en train de connaître un second souffle. Déçus par le retard accusé dans la mise en place des réformes politiques promises par le pouvoir militaire au printemps dernier, des milliers d’Egyptiens se sont donné rendez-vous, hier, sur l’emblématique place Tahrir, au Caire, pour exiger davantage de droits et le jugement des éléments des services de sécurité impliqués dans la répression sauvage du soulèvement des mois de janvier et février derniers.
 

Ils réclament particulièrement la tête de ceux qui ont causé la mort de près 900 manifestants. A ce jour, seul un policier a été condamné par contumace. Beaucoup de gens estiment également que rien n’a vraiment changé depuis la chute de Moubarak. Le mécontentement est général. En plus du Caire, des rassemblements regroupant des dizaines de milliers de personnes ont eu lieu à Alexandrie et à Suez. Ayant perdu une partie de ses illusions, la rue égyptienne demande maintenant rien de moins que le limogeage immédiat des responsables (militaires et civils) de l’ancien régime encore en poste dans le gouvernement et la levée de la loi sur l’état d’urgence en vigueur depuis 30 ans.
La relaxe, en début de semaine, de trois ex-ministres de Hosni Moubarak inculpés dans des affaires de corruption a aggravé le sentiment de frustration de la population.

Contre toute attente, un tribunal a décidé aussi d’accorder à 10 agents de police la liberté sous caution alors qu’ils avaient été présentés comme les assassins présumés de jeunes manifestants. Face à une telle situation d’impunité, les parents des Egyptiens morts durant les manifestations sont sortis cette semaine dans la rue pour réclamer justice. Le pouvoir a bien essayé de se rattraper pour calmer la population en remerciant notamment les maires élus sous M. Moubarak. L’initiative n’a cependant pas permis de calmer la colère de la rue.
Portée au pinacle au lendemain de la chute de Moubarak pour sa retenue durant le printemps arabe, l’armée égyptienne est aujourd’hui la cible d’importantes critiques. La population égyptienne l’accuse ouvertement de chercher à freiner les réformes politiques et à sauver certaines personnalités proches de Moubarak. En fait, l’armée égyptienne est aujourd’hui dans une position des plus inconfortables, c’est le moins qu’on puisse dire.


Moubarak tombe, un maréchal le remplace


Jusqu’à présent, les forces armées égyptiennes se sont comportées comme un allié de la «révolution». Ce statut présente néanmoins des avantages et des inconvénients. Comme en Tunisie, la société égyptienne, grâce à l’armée, n’a pas souffert des drames sanglants qui suivent généralement une révolution. L’inconvénient est que même si elle a protégé la révolution, l’armée n’est pas révolutionnaire. Comme dans de nombreux pays arabes, elle est seulement favorable à des réformes définies et limitées. On ne peut pas vraiment dire, donc, comme cela a pu être dit ici et là, que le peuple et l’armée sont sur la même longueur d’onde. C’est la raison pour laquelle le peuple tente de maintenir une pression constante sur les militaires pour obtenir satisfaction à ses demandes.
Le tout est de savoir maintenant si le Conseil suprême des forces armées est prêt à céder un jour le pouvoir aux civils. Quoi qu’il en soit, les Egyptiens paraissent prêts à payer le prix qu’il faut pour arracher leur liberté. Il est certainement juste de dire que l’évolution de la «révolution démocratique» égyptienne déterminera aussi le devenir des autres révoltes dans le monde arabe.

Organisés à l’appel de mouvements de jeunes favorables à la démocratie et de partis laïcs, les rassemblements organisés hier à travers les grandes villes égyptiennes – et que le mouvement des Frères musulmans a rallié à la dernière minute – interviennent cinq mois après la chute du président Hosni Moubarak. Preuve de leur détermination : les manifestants présents place Tahrir brandissaient des banderoles réclamant la «Réalisation des promesses du printemps arabe». «Notre révolution continue», pouvait-on lire sur une autre banderole. Un manifestant portait une pancarte où était écrit : «Nous n’avons pas vu de changement. Nous avons renversé Moubarak, mais nous avons un maréchal à la place», allusion faite au maréchal Hussein Tantaoui, chef du Conseil militaire qui dirige le pays.

Zine Cherfaoui

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