Le front du 14 janvier - Paris organise une rencontre débat
"Le front du 14 janvier - Paris et les élections de l'assemblée constituante en Tunisie",
vendredi 17 juin 2011 à 18h30 au
CICP, 21 ter rue Voltaire 75011 Paris (M° rue des boulets ligne 9)
Rencontres avec 5 signataires de la pétition lancée par le collectif "D'ailleurs Nous Sommes d'Ici" : http://dailleursnoussommesdici.org/
Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 103 (19/05/11)
Farah Ibrahim
est membre de l’Union des Jeunes Démocrates Libanais. Invitée lors des premières rencontres anticapitalistes méditerranéennes à Marseille les 7 et 8 mai 2011, elle a répondu à nos
questions.
Peux-tu présenter ton organisation politique ?
C’est une association de jeunesse de gauche et laïque au Liban. L’organisation travaille avec les jeunes libanais pour améliorer leur participation à la vie
politique , améliorer leur conscience politique et essayer de faire changer le système politique en vue d’établir un état laïque et de justice sociale.
Quelles campagnes avez-vous menées ces derniers temps ?
L’UJDL travaille sur plusieurs campagnes : cela fait 10 ans que nous luttons pour diminuer l’âge légal du droit de vote à 18 ans, on a réussi l’an dernier à imposer
cette loi avec beaucoup d’autres associations de jeunes. Depuis longtemps aussi nous sommes membres de la résistance libanaise, on a participé à la résistance contre l’invasion israélienne en
1982, nous avons aussi soutenu les immigrés en 2006 suite à l’invasion israélienne, on les a aidés à trouver un logement, plusieurs personnes ont dû quitter leurs régions à l’époque. On mène
aussi d’autres campagnes, par exemple, on se bat pour pouvoir enlever le titre de la religion sur la carte d’identité parce que l’on pense que préciser la religion sur les papiers ne sert qu’à
diviser les gens et ne permet pas de faire du libanais un simple citoyen. A présent on fait partie du noyau du mouvement qui se bat pour la chute du régime confessionnel au Liban. Ca fait plus de
deux mois qu’on organise des manifestations, des débats, dans les quartiers, dans les rues, pour gagner sur cette question.
Comment vivez-vous les révolutions arabes ?
Nous sommes très influencés par toutes les vagues de révolutions qui se font dans le monde arabe. Tous les pays arabes sont bien reliés d’un point de vue politique
et chaque changement dans un pays influence les autres pays. On soutient toutes les révolutions arabes, parce que l’on pense que c’est leur droit d’améliorer leur état de vie, de lutter contre
leurs dictatures qui ne sont que des alliances avec les impérialismes internationaux, qui volent les richesses du pays alors que toute le peuple vit dans la misère. Au Liban, les gens ont été
éblouis par ces révolutions, ils auraient aimé les transposer ici. Des jeunes, motivés ont lancé un processus pour faire chuter le régime confessionnel au Liban. Chez nous c’est un peu
particulier, il y a une alliance entre la bourgeoisie libanaise et un système confessionnel. C’est pour cela que sur les slogans des révolutions arabes nous avons rajouté : « Le peuple veut la
chute du régime confessionnel ». Nous avons participé à plusieurs manifestations de soutien à ces révolutions, la dernière c’était le premier mai. On espère motiver le plus grand nombre de
personnes à participer à ce mouvement. On pense qu’au Liban, il faut lutter contre la classe dirigeante qui vole les richesses du pays, qui affaiblit le secteur public et améliore le secteur
privé. Chez nous la classe dirigeante bourgeoise libanaise divise les gens et les classe par leur religion. Les bourgeois profitent de ce régime confessionnel pour pouvoir monter les gens les uns
contre les autres. Pourtant, tout le peuple vit dans la misère, la pauvreté, les jeunes vivent dans le chômage….On est dans une situation similaire à celle des peuples arabes, sauf que chez nous
le peuple n’est pas uni, il est divisé par des causes crées par la classe bourgeoise. Notre travail c’est de réunir les gens sur des projets et des droits communs. La lutte des communistes
libanais est double : d’un côté la lutte nationale contre l’impérialisme et ses outils dans la région que sont Israël et son gouvernement, d’un autre côté la lutte sociale, de classe contre la
bourgeoisie libanaise, pour le partage des richesses, le droit aux services publics, aux prestations sociales. On ne peut pas séparer ces deux choses, on ne peut pas faire la lutte des classes
sans faire la lutte contre l’impérialisme, on pense que tout est lié et que c’est ce programme que doivent porter les communistes au Liban.
Qu’as-tu pensé de ces premières rencontres anticapitalistes méditerranéennes ?
J’étais contente de pouvoir rencontrer plus personnellement des personnes qui ont été impliquées directement dans les révolutions arabes, j’ai pu mieux comprendre
ce qui s’était passé sur le terrain. J’avais déjà beaucoup d’espoir et là j’en ai encore plus, on est vraiment dans un processus révolutionnaire sur tous les niveaux : politique, économique,
social et culturel. Cependant il faut lutter contre les contre-révolutions. Je suis très contente d’être ici, parce qu’il ne faut pas laisser ce processus se faire voler par les puissances
impérialistes. On sent quand même que le soutien commence à s’établir, et c’est très bien de continuer.
Appel solennel au gouvernement français suite à la catastrophe nucléaire au Japon
Manifestation unitaire Samedi 19 mars à 15h00 aux Réformés à Marseille
Le peuple japonais affronte actuellement une tragédie sans précédent. Une catastrophe naturelle, avec des conséquences humaines, sanitaires et économiques. Et une
catastrophe nucléaire majeure.
A ce jour, quatre réacteurs nucléaires ont subi une série d’explosions, et connaissent actuellement de graves difficultés de refroidissement du coeur de chacun de
ces réacteurs, partiellement en fusion. Une fusion totale des coeurs, voire une explosion avec une grande quantité de rejets radioactifs, n'est pas à exclure. Malgré une communication
d'informations parcellaires ou contradictoires, nous pressentons que nous sommes face à une situation d'une gravité sans précédent.
La situation au Japon est d’ores et déjà alarmante et s’aggrave d'heure en heure. Des centaines de travailleurs japonais sacrifient actuellement leur vie pour
tenter d’éviter que le pire ne se produise.
Alors même que la catastrophe est en cours, des quantités massives de substances radioactives ont été libérées dans l’atmosphère et l’océan. Des taux de
radioactivité plusieurs centaines de fois supérieurs à la normale sont déjà mesurés à plus de 100 km de la centrale de Fukushima. C’est une vaste région du Japon qui subit à l’heure actuelle une
contamination radioactive qui pourrait se propager à tout le pays, voire au-delà.
Nous, associations, syndicats et partis politiques, exprimons toute notre solidarité au peuple japonais et en premier lieu aux travailleurs du nucléaire qui tentent
d’éviter le pire au péril de leur vie.
Cette situation alarmante nous rappelle que le nucléaire est une énergie qui n'est ni propre, ni sûre, ni à même de répondre au défi majeur du changement
climatique, et qu'il soumet les populations et les travailleurs à des risques insensés, d’un bout à l’autre de la filière. Plus encore lorsque les centrales sont vieillissantes : au Japon, le
réacteur n°1 de Fukushima Daiichi devait être arrêté définitivement le mois dernier, mais la prolongation de son fonctionnement pendant 10 ans venait d'être décidée... Quel choix tragique
!
Ce nouvel accident nucléaire majeur met à nouveau à jour les risques inhérents à toute installation nucléaire et met à mal de façon définitive et indéniable
le mythe de la sûreté et de la sécurité du nucléaire.
L'impuissance dramatique de l'homme face à l'emballement des réacteurs au Japon a provoqué la remise en question immédiate du nucléaire dans plusieurs pays
(Allemagne, Suisse, Inde, États-Unis...)
En France, la politique énergétique a toujours échappé au débat démocratique, et plus particulièrement le développement de la filière électronucléaire. Les
décisions sont prises au plus haut niveau de l'État, sans que les citoyens ne soient jamais consultés, alors que cette question concerne pourtant l’avenir de la population tout
entière.
Sera-t-il nécessaire d’attendre un nouvel accident nucléaire pour que les autorités françaises organisent enfin un réel débat sur le modèle énergétique français en
toute indépendance de l’industrie nucléaire et de son lobby ?
Pour faire face à la pénurie croissante des ressources fossiles, aux risques inacceptables du nucléaire, et à la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet
de serre, les solutions alternatives existent, aujourd’hui. Elles s'appuient sur la réduction de nos consommations, par la sobriété et l'efficacité énergétique, et sur le développement des
énergies renouvelables. Cette transition énergétique est inéluctable, ses modalités et sa planification nécessitent la tenue d'un grand débat démocratique et citoyen.
Le Président Sarkozy a annoncé que la France devait tirer les conséquences de l'accident japonais. Nous prenons aujourd'hui sa déclaration au mot.
NUCLÉAIRE : NOUS VOULONS AVOIR LE CHOIX !
Nous, associations, syndicats et partis politiques, adressons solennellement ces demandes communes au gouvernement français :
Nous voulons:
- L’arrêt de tous les projets électronucléaires en cours (EPR de Flamanville, ligne THT Cotentin-Maine, EPR de Penly, ITER, Bure et projets de centres de stockage
des déchets nucléaires issus de la filière électronucléaire) tant que les citoyens n'auront pas été en mesure de se prononcer démocratiquement sur notre politique énergétique et sur le recours à
l'énergie nucléaire, y compris si nécessaire par un référendum
- Le renoncement à la prolongation de l’exploitation des réacteurs ayant atteint ou dépassé les 30 ans de fonctionnement
- L’arrêt complet de tous les projets portés à l'étranger par l'industrie nucléaire française
Parce que la situation au Japon exige de ne pas se taire sur le drame que ce pays subit et sur la menace permanente que l’industrie nucléaire fait peser sur les
peuples, au Japon comme en France :
Nous appelons tou-te-s les citoyen-nes à manifester leur solidarité avec le peuple japonais et à se réapproprier la question du recours au nucléaire et de la
politique énergétique, en organisant des rassemblements dans toutes les villes de France.
Nous appelons également tous les citoyen-nes, associations, partis politiques, syndicats, artistes et personnalités à rejoindre un GRAND RASSEMBLEMENT à Paris,
dimanche 20 mars 2011, à 15 h devant l'Assemblée Nationale*.
Dans le 13 : Europe Écologie, le NPA, le PG, la Gauche Unitaire, les Alternatifs, Survie, les Amis de la Terre et Greenpeace ont décidé de s'associer pour organiser
ensemble une manifestation sur la base de cet appel.
Manifestations dans toute la France
A Marseille samedi 19 mars à 15h des Réformés (haut de la Canebière) à la Préfecture.
Déclaration d'Olivier Besancenot.
« L'idée du monde n'est vivante que de s'autoriser des imaginaires du monde, où s'annonce que mon lieu inlassablement conjoint à d'autres, et en quoi sans bouger il
s'aventure, et comme il m'emporte dans se mouvement immobile. » Edouard Glissant, « D'un traité du tout-monde ».
Poète et écrivain majeur, Edouard Glissant est mort, hier 3 février, à Paris, à l'âge de 82 ans.
Avec lui disparaît un homme engagé, un écrivain qui a forgé – parmi de nombreux autres - le concept de mondialité et de créolité, voulant ainsi affirmer le
phénomène de métissage comme marqueur de l'évolution du monde.
C'est ainsi qu'aux vieilles identiés nationales ou ethniques il a substitué des identités fondé sur le mélange des langues, des cultures.
Originaire d'un territoire colonisé, la Martinique, il signe en 1960 le Manifeste des 121 pour le droit à l'insoumission dans la guerre d'Algérie et fonde en 1961
le « Front antilloguyanais », activités anticolonialistes qui lui valent une assignation à résidence en France, de 1959 à 1965.
En 2009 il est l'un des principaux artisans du "Manifeste des intellectuels antillais" avec Patrick Chamoiseau avec lequel il avait déjà écrit en 2007 «
Quand les murs tombent. L'identité nationale hors-la-loi ? » dénonçant la mise en place du ministère de l'identité nationale et appelant à résister à l'édification de murs
identitaires.
Le NPA tient à rendre hommage à l'homme engagé, au poète et à l'écrivain dont l'oeuvre est en étroite relation avec l'évolution du monde d'aujourd'hui.
Le 4 février 2011.
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