Un jeune soldat du 13e bataillon de Chasseurs Alpins basé à Chambéry est mort aujourd’hui en Afghanistan, hier un autre jeune chasseur alpin avait été blessé.

Pour Sarkozy ""Ce soldat a payé de sa vie l’engagement de la France au service de la paix et de la sécurité du peuple afghan".

Mais qui peut encore croire que l’objectif de cette guerre serait la paix, la démocratie ou encore le droit des femmes alors qu’à la conférence de Londres, à la fin du mois dernier, les puissances impérialistes se sont prononcés pour un accord entre le gouvernement fantoche d’ Hamid Karzaï, organisateur de fraudes électorales massives, et les chefs de guerre et anciens ministres talibans prêts à retourner leur veste par appât du gain  ?

Comme le dit notre camarade Laurent Ripart, élu du NPA au conseil municipal de Chambéry dans son communiqué, il est temps d’en finir avec cette sale guerre, l’OTAN et les troupes françaises n’ont rien à faire en Afghanistan !

Rappel :

Célébration du 11 novembre à Chambéry : le NPA s'invite à la commémoration

Rafle de l’armée israélienne dans le camp de réfugiés de Shu’fat

lundi 8 février 2010 - 21h:24

Ma’an News Agency


 


Des dizaines de Palestiniens, dont des journalistes, ont été blessés après que des affrontements violents aient éclaté lundi dans le camp de réfugiés de Shu’fat, la police israélienne et des forces paramilitaires prenant d’assaut le camp et procédant à des dizaines d’enlèvements.
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Les rafles de l’armée israélienne sont quasi-quotidiennes
dans les territoires palestiniens sous occupation.

Des affrontements ont éclaté près du poste de contrôle militaire à l’entrée principale du camp, de jeunes Palestiniens jetant des pierres et des bouteilles vides vers les soldats israéliens, tandis que ceux-ci tiraient des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc et des grenades à gaz paralysant.

Plusieurs correspondants et photographes de presse ont été blessés. Parmi eux se trouvaient Samir Abu Gharbiyya, un cameraman travaillant pour Al-Jazeera International, Amir Abed Rabbo, cameraman de Panet News, et Diala Juweihan, travaillant pour Al Quds Press.

Le correspondant de Ma’an à Jérusalem, qui était également sur les lieux, a déclaré que trois officiers israéliens avaient été blessés.

Quelques heures auparavant, un important déploiement de forces israéliennes avait envahi les quartiers d’As-Salam, Ras Khamis, et Ras Shahada dans le camp, au nord de Jérusalem-Est occupée, et kidnappé plus de 60 Palestiniens appartenant à des mouvements salafistes et au Fatah, a rapporté le correspondant de Ma’an.

La rafle se poursuivait maison par maison, sous prétexte de localiser des armes.

Parmi les personnes enlevées se trouvaient Fawzi Muheisin, Amir Ad-Dibs, Mu’taz Ad-Dibs, Hamza Ad-Dibs, Oudaï Abu As-Sa’d, Ibrahim Ad-Dib’i, Hasan Abu At-Tein, Ali Issa, et plus de 20 ouvriers de la construction venant de la Cisjordanie et qui résidaient dans le camp. Amir Ad-Dibs est le fils d’un membre du Fatah et selon les habitants, sa mère a été jetée au sol au cours de l’enlèvement de son fils.

Le nombre exact de personnes kidnappées au cours de la rafle est incertain, les témoins l’estimant à plus de 60.

Les forces israéliennes d’occupation ont déclaré que 11 des détenus étaient « recherchés » et a confirmé que l’opération était encore en cours.

Ce samedi, des affrontements avaient éclaté entre de jeunes Palestiniens et les soldats israéliens du poste de contrôle militaire à l’entrée du camp de réfugiés, les jeunes Palestiniens protestant contre la politique d’inspection qu’ils considèrent comme humiliante. Un certain nombre de plaintes ont été déposées contre des soldats israéliens chargés du contrôle à l’entrée du camp de Shu’fat ces dernières semaines.

Le camp de réfugiés de Shu’fat abrite plus de 25 000 réfugiés palestiniens, dont la plupart ont été chassés de leurs foyers dans Jérusalem. Le camp est isolé de Jérusalem par un mur de séparation et deux postes de contrôle militaires ont été construits à l’entrée ouest du ghetto pour surveiller les mouvements des Palestiniens.

Les habitants doivent, pour vaquer à leurs affaires, passer quotidiennement par ces points de contrôle.

Plus tôt ce lundi, le camp de réfugiés d’Anata a également été pris d’assaut et on signale un certain nombre d’enlèvements.

Dans le même temps, les forces israéliennes ont attaqué les villages de Hajja et Azzun à l’est de Qalqiliya, et kidnappé six adolescents.

Des habitants ont déclaré à Ma’an que les forces israéliennes avaient attaqué Hajja à l’aube et enlevé Munjid Atif Hassan, âgé de 17 ans, et Muhammad Arif Thiab, âgé de 17 ans aussi, après avoir fouillé leurs maisons. A Azzun, les habitants ont donné les noms de ceux qui ont été pris : Amjad Jamal Shilo, 19 ans, Jafar Abdul-Karim, 16 ans, Adham Shahir Salim, 17 ans, et Mustafa Bilal Hussein, 17 ans.

Les soldats israéliens ont aussi enlevé 10 Palestiniens à Qalqiliya, Ramallah, Bethléem et Hébron juste avant l’aube. L’armée d’occupation a dit avoir trouvé un fusil de fabrication artisanal lors de la perquisition d’une maison à Beit Ummar, au nord d’Hébron.

8 février 2010 - Ma’an News Agency - Vous pouvez consulter cet article à :
http://www.maannews.net/eng/ViewDet...
Traduction : Info-Palestine.net

Appel de personnalités solidaires des grévistes sans papiers

Plusieurs milliers de travailleurs sans papiers sont en grève, certains depuis le 12 octobre 2009, pour obtenir la reconnaissance de leurs droits de salariés, à commencer par le droit au séjour. 2300 entreprises, petites mais aussi très grandes, sont concernées.  Employés dans le bâtiment, la restauration, la sécurité, l'interim, le nettoyage, l'aide à la personne, ils occupent des emplois utiles, souvent pénibles et mal payés. Ils sont à la merci de leurs employeurs et parfois surexploités parce qu'ouvriers et sans papiers. Ils ont trouvé le courage  de se lever pour que n'existe plus dans ce pays une catégorie de travailleurs livrée sans droits au bon vouloir des patrons.

Ils recourent aux moyens de lutte légitimes des travailleurs : la grève et l'occupation des locaux. Mais, c'en est trop pour le gouvernement qui fait systématiquement expulser les grévistes (50 opérations à ce jour). C'est, de fait, vouloir leur interdire l'exercice de leur droit de grève en les privant de lieu où l'exercer.

Aujourd'hui, ce sont les locaux du Faf-Sab, 8 rue du Regard à Paris, qui sont menacés. Occupés principalement par des travailleurs de toutes petites entreprises du bâtiment, ils peuvent être évacués à tout moment.  Prolongeant le geste de solidarité des personnalités venues le 6 janvier partager la galette des rois avec les grévistes, nous déclarons prendre ce piquet de grève et les grévistes eux-mêmes sous notre protection comme nous l'avions fait pour les familles sans papiers. L'idée qu'ils puissent être jetés à la rue nous indigne. Nous demandons qu'ils puissent exercer leurs droits légitimes de travailleurs, la grève.

Si la police intervenait, nous nous engageons à faire le maximum pour nous rendre sur place pour protester, témoigner du caractère déshonorant de ces méthodes et proclamer notre solidarité avec ces travailleurs en lutte.

 

Prénom :

Nom :

Qualité :

Signature à renvoyer à getmr@wanadoo.fr

Tel portable si vous souhaitez être alerté(e) par SMS au moment de l’évacuation :

(vous pouvez aussi envoyer votre n° de portable par SMS au 06 12 17 63 81 (Richard Moyon, RESF)

 Solidarité financière avec les grévistes :

http://www.solidarites.soutiens.org/category/archives/sanspapiers/


Premiers signataires :

Mona ACHACHE, réalisatrice.

Chantal AKERMAN, cinéaste

Barmak AKRAM, réalisateur

Rabah AMEUR-ZAÎMECHE, cinéaste

Pouria AMIRSHAHI, secrétaire national PS

Michel ANDRIEU, cinéaste

Solveig ANSPACH, cinéaste

Stéphane ARNOUX, cinéaste, Paris

Yvan ATTAL, cinéaste, comédien

Jacques AUDIARD, cinéaste

Azzouz BEGAG, écrivain

Josiane BALASKO, cinéaste, comédienne

Fanny BASTIEN, artiste comédienne

Jean-Jacques BEINEX, cinéaste

Veronika BEIWEIS, comédienne

Lucas BELVAUX, cinéaste

Luc BERAUD, cinéaste

Charles BERLING, comédien

Julie BERTUCELLI , cinéaste

Olivier BESANCENOT porte-parole NPA

Martine BILLARD, Députée de Paris, PG

Juliette BINOCHE, comédienne

Simone BITTON, réalisatrice

Francine BLANCHE, dirigeante CGT

Laurent BOUHNIK, cinéaste

Jacques BOUTAULT, Maire 2e arrt Paris

Jean-Eric BRANAA, Montrouge-Démocrates

Isabelle BROUE, cinéaste

Judith BRUNEAU, directrice de production

Dominique CABRERA, cinéaste

Bernard CAMPAN, cinéaste, comédien

Robin CAMPILLO, réalisateur

Laurent CANTET, cinéaste

Isabelle CARRE, comédienne

CHARB, Dessinateur Charlie Hebdo

Jean-Paul CIVEYRAC, cinéaste

Benoît COHEN, cinéaste

Jean-Louis COMOLLI, cinéaste

Eric COQUEREL, secrétaire national du PG

Alexis CORBIERE, Adjoint Maire du 12ème

Anthony CORDIER, cinéaste

Catherine CORSINI, cinéaste

Constantin COSTA-GAVRAS,  cinéaste

Annick COUPE, porte parole Solidaires

Harlem DESIR, secrétaire national PS

Arnaud DESPLECHIN, réalisateur

Antoine DESROSIERES,  cinéaste

Ariane DOUBLET, cinéaste

Rahma EL MADANI, Cinéaste

Pascale FERRAN, réalisatrice

Marina FOÏS, comédienne

Dan FRANCK, écrivain

Hélène FRANCO, magistrate, PG

Jacques GAILLOT, évêque de Parténia

Jacques GENEREUX, cinéaste

Marc GENTIL, animateur culturel

Sylvain GEORGE, cinéaste

Anne GERLES, comédienne

Thomas GILOU, cinéaste

Isabelle GIORDANO, journaliste

Christophe GIRARD, Adjoint au Maire de Paris chargé de la Culture

Frédéric GOLDBRONN, réalisateur

Romain GOUPIL, cinéaste

Bernadette GROISON, secrétaire générale FSU

Robert GUEDIGUIAN, cinéaste

Cédric KAHN, cinéaste

Sam KARMANN, réalisateur, acteur

Abdellatif KECHICHE, cinéaste

Cédric KLAPISCH, cinéaste

Christophe LABAS-LAFITE  comédien

Lola LAFON, auteure

Christophe LAMOTTE, cinéaste

Valérie LANG, comédienne

Pierre LAURENT, coordinateur national du PCF

Véronique LE GOAZIOU, sociologue

Serge LE PERON, cinéaste

Aurélie LE ROC'H, auteur, comédienne

Marie-Noëlle LIENEMANN

Vincent LINDON, cinéaste

Philippe LIORET, réalisateur

Virginie LLUCH, chef d'entreprise

Olivier LORELLE, cinéaste

François LUCIANI, cinéaste

Noémie LVOVSKY, cinéaste

Jacques MAILLOT, cinéaste

Noël MAMERE, député Verts

Gilles MARCHAND, réalisateur

Yvon MARCIANO, cinéaste

Tonie MARSHALL, réalisatrice, actrice

Sandrine MAZETIER, députée PS

Jean Luc MELENCHON, Député européen, PG

Claude MILLER, cinéaste

Dominik MOLL, réalisateur

Gérard MORDILLAT, cinéaste

Christian OLIVIER, Têtes Raides

Mehdi OURAOUI, secrétaire national PS

Henri PENA-RUIZ, essayiste

Christophe PERIE, auteur, réalisateur

Marc PESCHANSKI, chercheur INSERM

Nicolas PHILIBERT, réalisateur

Christian PIERREL, porte-parole national du PCOF

Guillaume PIGEARD DE GURBERT, professeur, Fort-de-France

José PINHEIRO, cinéaste

Séverine POUPIN-VEQUE, comédienne

Atiq RAHIMI, écrivain, prix Goncourt

Alain RAOUST, cinéaste

Michèle RAY-GAVRAS, productrice

Sandrine RAY, cinéaste

Chantal RICHARD, cinéaste

Jean-Henri ROGER, cinéaste

Bruno ROLLAND, cinéaste

Richard ROUSSEAU, directeur de casting

Vincent ROTTIERS, comédien

Christophe RUGGIA, cinéaste

Pierre SANTINI, comédien, metteur en scène

Pierre SCHOELLER, cinéaste

Claire SIMON, cinéaste

Abderrahmane SISSAKO, cinéaste

Marion STALENS, cinéaste

Bertrand TAVERNIER, cinéaste

Pierre TRIVIDIC, cinéaste

Robert VALBON, metteur en scène

Marie VERMILLARD, cinéaste

Jean Charles VESCOVO, PG

Dominique VOYNET Les Verts

Erick ZONCA, cinéaste

 

 

 


En Algérie, l’année commence sous le signe de la contestation sociale. Des actions se développent où les travailleurs s’organisent indépendamment du syndicat officiel, l’UGTA.

Barrages routiers, manifestations, grèves, les actions de protestation se sont multipliées ces dernières semaines pour l’emploi, la couverture sanitaire, les retraites, les transports et infrastructures routières et l’absence de biens essentiels comme l’eau, le gaz et l’assainissement.
Dans certains cas, les autorités locales ont rapidement calmé le jeu en accordant telle ou telle amélioration mineure mais, dans les entreprises, les conflits sont importants et difficiles. Les travailleurs trouvent face à eux le patronat, la direction des entreprises, le pouvoir mais également, bien souvent, le syndicat UGTA.
En grève depuis le 10 janvier pour faire respecter la convention collective, les 250 ouvriers de l’usine de production de verre Africaver (wilaya de Jijel) ont suspendu le 24 janvier leur mouvement pour quinze jours dans l’attente d’une réponse de la direction.
Le 12 janvier, 7 500 sidérurgistes d’Arcelor-Mittal sont entrés en grève contre la fermeture de la cokerie et la perspective de plus de 320 licenciements. Poursuivis en justice, menacés de ne pas être payés en février, ils ont repris le travail quinze jours plus tard avec la promesse d’un plan de réhabilitation de la cokerie. Le conflit n’en est pas pour autant terminé car les représailles sont arrivées : poursuites et sanctions de certains militants syndicaux, heures de délégation supprimées, retenues sur salaire.
Mais la grève des 5 000 ouvriers de la Société nationale de véhicules industriels (SNVI) de Rouiba (Mitidja) avec sa violente répression policière contre les travailleurs ouvre, peut-être, une nouvelle période pour le mouvement ouvrier algérien. La grève a été déclenchée contre l’accord direction-UGTA, pour l’augmentation des salaires et contre la suppression du droit de départ à la retraite anticipée ou sans condition d’âge basé sur 32 ans de service. Manifestations devant le siège du syndicat, barrages routiers et affrontements ont ponctué le mouvement.
La colère gronde contre l’UGTA, accusée d’avoir « livré les travailleurs à l’injustice et à l’exploitation en cédant sur leurs droits », selon les propos d’un travailleur rapportés par le quotidien El Watan.
«  Le pouvoir d’achat ne cesse de dégringoler et notre situation de se dégrader. Les hauts responsables voient leurs revenus croître sans cesse et nous autres, simples travailleurs, subissons le diktat d’un pouvoir qui n’a d’yeux que pour les intérêts restreints d’une certaine classe », déclare un autre. Trahis, menacés de licenciements ou de retenues de jours de grève par les représentants même de l’UGTA, c’est la mort dans l’âme que les travailleurs ont repris leur poste, neuf jours plus tard, en attendant l’ouverture des négociations pour lesquelles ils ont décidé de créer un « comité de suivi » indépendant du syndicat.
Dans tout le pays, la contestation s’étend, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UGTA, instrument du pouvoir, l’un des rares syndicats au monde à avoir approuvé un programme d’ajustement structurel du FMI, aujourd’hui profondément discrédité.
De nombreux syndicats autonomes se sont créés et sont à l’origine des mouvements, en cours ou sur le point de se déclencher, dans l’enseignement, la santé, les transports, etc.
L’appel que viennent de lancer les syndicats autonomes de la fonction publique pour la création d’une nouvelle confédération est une initiative particulièrement importante que tous les syndicalistes de lutte de classe doivent soutenir.

Alain Castan  (Tout est à nous n°41 du 4 février 2010)

Voir également : "entre repression et manipulation : le courageux combat des syndicats autonomes algériens" par François Della Sudda (Comité international de soutien au syndicalisme
autonome algérien – CISA)  CISA Algérie CISA Algérie



 



MST: «Nous continuerons à organiser le peuple pour la lutte»

Entretien avec Joba Alves *

En 2009, le MST (Mouvement des sans-terre) a organisé d’importantes journées de lutte et de mobilisation. Elle devait replacer la Réforme Agraire au centre des préoccupations du gouvernement Lula et de la société. Pour le MST, la démocratisation de l’accès à la terre constitue encore une des possibilités de sortie de crise. Or, le MST s’est affronté à diverses offensives et tentatives de criminalisation de la part de ses ennemis. La politique du gouvernement Lula a abouti à la création d’une Commission Parlementaire Mixte d’Enquête (CPMI) qui est, en fait, dirigée contre la Réforme Agraire. Dans cet entretien, réalisé le 23 décembre 2009, Joba Alves dresse un bilan politique des luttes du MST en 2009 et présente les défis à relever pour l’année 2010. (Réd.)

Quels furent les principaux foyers de lutte du mouvement cette année ? Et pourquoi ?

Nous avons prioritairement centré notre action sur la volonté d’imposer le thème de la Réforme Agraire au gouvernement et à la société brésilienne, question qui était jusque-là peu présente dans l’agenda politique et qui avait été pratiquement abandonnée par le gouvernement en tant que politique publique.

Le gouvernement a opéré un choix en faveur l’agronégoce (agrobusiness) comme modèle de développement de la campagne brésilienne et ne retient la réalisation de la Réforme Agraire que comme mesure compensatoire permettant d’apporter une solution à des conflits sociaux isolés.

Nous avons mené des luttes pour l’installation des plus de 90’000 familles vivant dans des campements. Mais au-delà de cela, nous exigeons le rétablissement de la ligne budgétaire prévue pour la Réforme Agraire. Elle a subi des coupes par le gouvernement qui a prétendu que c’était la crise économique qui l’obligeait à prendre ces mesures.

Fait également partie de notre lutte l’exigence d’une actualisation des indices de productivité qui ne sont plus mis à jour depuis plus de 30 ans (l’ordonnance en vigueur utilise encore des données du recensement concernant l’agriculture et l’élevage de 1975 pour mesurer la productivité moyenne des fazendas dans chacune des 450 micro régions du pays). Cela a d’ailleurs constitué un des points d’achoppement dans la lutte contre le latifundium.

Fait également partie de nos revendications une meilleure politique de développement pour les campements (dans lesquels des familles sont regroupées dans l’attente de l’attribution de terres). Sur ce point, nos luttes ont joué un rôle fondamental, tant du point de vue de la démonstration de force qui a été faite sur le campement [de la capitale Brasilia] au mois d’août dernier que par la jonction que l’on a pu ainsi établir avec la société, un élément qui joue un rôle essentiel dans les conquêtes qui peuvent être les nôtres.

Nous avons poursuivi notre confrontation avec les entreprises transnationales de l’agriculture qui continuent d’étendre leur processus de domination et de contrôle de la production, du territoire et des ressources naturelles qu’elles veulent établir à travers l’agronégoce.

Du côté de la lutte politique, nous avons apporté notre contribution sur des thèmes tels que la crise financière, en menant amplement le débat avec des forces de la classe ouvrière afin de parvenir à une compréhension commune de la crise et de ses effets. Et nous nous sommes également mis d’accord sur un agenda commun de luttes avec différents secteurs populaires du pays, visant ainsi à une unité entre les divers mouvements sociaux.

Nous défendons également l’idée d’un contrôle populaire et national sur les ressources naturelles (et la fonction stratégique que celles-ci remplissent pour la conquête de notre souveraineté), ce que nous avons exprimé à l’occasion de la campagne de défense du pétrole [suite aux importantes découvertes], où nous avons contribué à donner un caractère national à cette question.

Nous avons également mené une activité importante en défense de l’environnement et nous avons établi des liens avec divers secteurs contre des modifications dévastatrices du Code Forestier [une législation environnementale datant de 1965 qui a des objectifs très ambitieux mais… qui n’ont jamais été véritablement respectés] proposées par le secteur de l’agronégoce. Nous avons la certitude que la destruction de la législation sur l’environnement causera encore une plus grande dégradation de la nature pour ne servir qu’à l’expansion de l’agronégoce.

Quel est le bilan du processus de Réforme Agraire au cours de cette année ? Y a-t-il eu la moindre avancée ?

Nous avons obtenu des victoires politiques symboliques, mais il y a eu peu d’avancée dans le domaine économique. Du point de vue des désappropriations, il n’y a rien à fêter. Il n’y a pas eu un nombre significatif d’installations de familles [vivant encore dans des campements]. Au contraire, ce fut l’année la plus mauvaise en ce qui concerne la quantité d’installations effectuées. On peut même dire qu’il n’y a pratiquement rien eu.

Nos conquêtes se sont faites sur le champ politique, comme l’obtention de la promesse de la part du gouvernement d’actualiser les indices de productivité – une revendication historique des mouvements de lutte pour la Réforme Agraire dans le pays, [car ces indices déterminent la possibilité de désappropriation des terres – contre paiement – des grands propriétaires].

Quant à la désappropriation de la fazenda Nova Alegria, à Felisburgo [dans l’Etat de Minas Gerais] [1], en plus de représenter une victoire symbolique et historique, elle constitue un nouveau précédent important en ce qui concerne les désappropriations de terres dans le pays. On a en effet utilisé le critère de la fonction sociale environnementale, ce qui jusque-là était chose inédite dans le pays et peut à l’avenir rendre possibles de nouvelles désappropriations.

Une autre victoire sur le champ politique fut la conquête des terres de Syngenta [la transnationale helvétique, leader mondial, avec Monsanto, de la production de semences OGM, d’herbicides, de fongicides, etc.; elle a son siège à Bâle] dans l’Etat du Paraná, qui a imposé une défaite aux transnationales [2]. Cette victoire porte le nom de notre camarade Keno [3] et marque l’histoire de la résistance.

Sont symboliques également les condamnations subies par l’Etat brésilien au sein de l’Organisation des Etats Américains (OEA), qui inflige une défaite morale non seulement aux latifundistes (qui, parce qu’ils sont liés à la partie la plus puissante de l’appareil judiciaire brésilien, resteront impunis), mais également à l’ensemble des institutions brésiliennes qui ont criminalisé les mouvements sociaux et agissent avec partialité.

Cela signifie une reconnaissance internationale des persécutions infligées aux luttes populaires par certains secteurs de l’Etat brésilien. Dans ce même sens, la mise sur pied du campement national à Brasilia (réalisé durant le mois d’août 2009 dans la capitale par plus de deux mille militants) a représenté une grande démonstration de force politique et d’unité et a montré le fort soutien populaire dont jouit le MST sur la question de la réforme agraire.

Et quelles conquêtes peut-on mettre en avant ?

Notre victoire principale a été de parvenir à replacer la Réforme Agraire au centre des préoccupations du gouvernement et de la société – en dépit d’un rapport de force très défavorable – et de parvenir, en même temps, à imposer des défaites – même si ce n’est que sur le terrain politique et symbolique – aux secteurs les plus réactionnaires du pays.

Nous avons aussi été capables de donner des réponses face aux attaques portées par le latifundium, allié aux secteurs du Pouvoir Judiciaire, des médias et de la Police Militaire dans les Etats du Rio Grande do Sul, de São Paulo, de Pernambuco et du Pará. Là, notre base a non seulement participé activement aux luttes de masse, mais elle a su aussi mobiliser de larges secteurs de la société qui se sont positionnés en défense du MST et de la Réforme Agraire.

Le Campement National de Brasilia a fait la démonstration de la force politique du MST en parvenant à imposer la question de la Réforme Agraire à la société et au gouvernement et à imposer également le respectà nos ennemis et au gouvernement fédéral.

Il faut aussi que nous valorisions les diverses initiatives et actions de solidarité prises en défense du MST par d’innombrables secteurs de la société face aux processus de criminalisation imposés par nos ennemis.

Il faut que nous sachions interpréter et valoriser la conquête de Felisburgo et la victoire contre la compagnie Syngenta dans l’Etat du Paraná, en mesurant l’importance que celles-ci revêtent dans la lutte pour la Réforme Agraire.

Comment évaluez-vous la position politique et les actions du gouvernement fédéral et de l’Incra [Institut National de la Colonisation et de la Réforme Agraire] en 2009 ?

Le gouvernement fédéral a pris une option claire en faveur de l’agronégoce comme étant le modèle devant être appliqué dans les zones rurales brésiliennes et il a agi avec mépris à l’égard de la Réforme Agraire qu’il est en train de ne traiter que comme une sorte de politique compensatoire qui n’est appliquée qu’en situation de conflit social et non comme une politique d’Etat visant à combattre le latifundium et la concentration de la terre.

Le gouvernement fédéral poursuit la même politique que son prédécesseur [Fernando Henrique Cardoso, président de 1995 à 2002], en incorporant les projets de colonisation en Amazonie aux données sur le nombre de familles installées et en incluant dans les données la régularisation des terres de petits agriculteurs et la réinstallation de familles sur des lotissements débarrassés d’anciens campements. Ce sont des actions importantes, mais qui ne s’attaquent en rien à la structure de la concentration foncière.

Le gouvernement mise également sur des politiques qui favorisent la concentration de la terre, comme la politique proposée par le gouvernement pour la production d’éthanol et de biodiesel, qui doit selon eux suivre le modèle de l’agronégoce. Ce sont des options qui font de notre pays celui où la concentration de la terre est la plus élevée, comme l’a attesté le dernier recensement agraire [terre, culture et élevage].

Une grande partie du groupe parlementaire des ruralistes [le lobby des gros propriétaires terriens] constitue la base sur laquelle s’appuie le gouvernement fédéral de Lula pour gagner lors de votations importantes devant le Congrès et à la veille d’une période électorale.

Nous avons assisté, au cours de l’année, à des épisodes comme l’assassinat d’Elton Brum [4] dans l’Etat de Santa Catarina, la fermeture des écoles itinérantes [5], des tentatives de criminalisation dans les Etats du Pará et de Pernambuco. De quelle manière le pouvoir judiciaire est-il impliqué en 2009 dans ce processus de recrudescence de la criminalisation du MST ?

En vérité, une grande partie du Pouvoir Judiciaire brésilien a depuis toujours été compromis avec le latifundium. Il a toujours été très agile pour réprimer les actions des mouvements sociaux, spécialement la lutte pour la terre, alors qu’il a toujours traîné les pieds et s’est montré partial dans ses décisions concernant les crimes commis par le latifundium.

Il n’y a qu’à porter le regard vers les assassinats commis contre des travailleurs ruraux par des fazendeiros, pratiquement aucun n’a été jugé. En plus de cela, plus de 15’000 familles sont actuellement empêchées de s’installer, simplement en raison d’action de juges qui ont suspendu les procédures d’installation.

Il y a un élément nouveau qui est celui des déclarations politiques faites publiquement par tel ou tel membre du Pouvoir Judiciaire en défense explicite de l’agronégoce et contre les mouvements sociaux, particulièrement le MST. La meilleure illustration de cette nouveauté est le président du STF [le Tribunal Fédéral Suprême], Gilmar Mendes. Ses initiatives incitent d’autres juges à adopter le même comportement, de même que cela légitime la violence contre les mouvements sociaux.

Il existe une articulation étroite entre le latifundium, le pouvoir judiciaire et les médias: l’un commande, l’autre exécute et un autre encore distribue l’information en donnant sa version des faits et en créant des scandales. Les attitudes du président du STF, Gilmar Mendes, représentent l’exemple même de cette relation de promiscuité, de compromission avec le projet des élites brésiliennes, qui considèrent l’agronégoce comme le modèle à suivre et à défendre dans les zones rurales

Ce n’est pas par hasard que Gilmar Mendes s’est prononcé politiquement contre les actions des mouvements sociaux et en particulier le MST. Malgré les différents crimes commis par l’agronégoce, les assassinats, les conditions de travail proches de l’esclavage, le blanchiment d’argent et bien d’autres choses encore, il n’existe aucune prise de position de la part du ministre contre tout cela. Au contraire, celui-ci s’est positionné en défense de ces criminels, comme cela s’est produit avec les deux Habeas Corpus qu’il a concédés au banquier Daniel Dantas [6].

Toujours dans ce contexte de criminalisation, que signale la création d’une Commission Parlementaire Mixte d’Enquête ?

Cette commission représente le conflit existant entre deux modèles pour les zones rurales: celui de l’agronégoce contre celui de la petite agriculture, modèle défendu par les mouvements sociaux, qui, pour le latifundium, représentent un obstacle à la consolidation totale de l’agronégoce.

En effet, en plus de mener une lutte directe pour la défense de la Réforme Agraire et la défense du territoire, les mouvements sociaux agissent également dans la dénonciation des crimes commis par l’agronégoce et ses sbires, ce qui fait à ces milieux une très mauvaise publicité auprès de la société et de la communauté internationale.

Les mouvements sociaux actifs dans les zones rurales représentent donc l’ultime obstacle que l’agronégoce doit écarter de son chemin. Car ces gens détiennent la majorité au Parlement, le contrôle des grandes entreprises, le soutien de pratiquement tout le Pouvoir Judiciaire et l’appui du gouvernement fédéral.

En plus de cela, ils ont mis en place tous les moyens possibles pour essayer d’imposer une défaite morale à leurs ennemis. Ils ont appris qu’il n’est plus possible d’avoir comme seule forme de confrontation avec les mouvements sociaux la répression physique, les assassinats et la prison. Ils ont perçu que la société n’accepte plus cette pratique qui continue pourtant d’exister. Ils agissent donc maintenant dans le sens de démoraliser les mouvements sociaux, en essayant d’imposer une image de vandales, de corrompus et de criminels à tous ceux qui mènent une lutte sociale.

Ils veulent retirer tout le caractère social des revendications, en même temps qu’ils ont besoin d’améliorer leur image face à la société. Ils criminalisent donc la Réforme Agraire pour se «décriminaliser» eux-mêmes, en utilisant la presse et la prise de position publique de personnes d’autorité connues. Ce ne sont certainement pas les actions réalisées sur les terres brûlées par l’entreprise Cutrale [7], ni le spectacle médiatique fait autour de celle-ci, ni encore les affrontements sur les terres de Dantas dans l’Etat du Pará, qui ont fait que la Commission d’Enquête soit mise sur pied !

Ils ont besoin de battre la Réforme Agraire et cette Commission fait partie de ce processus de criminalisation qui maintenant coordonne les différentes formes de criminalisation qui sont menées par l’Etat et ses divers instruments, dans un affrontement organisé au niveau national avec toute la mise en spectacle par les médias que cela suppose.

Cette Commission n’a pas de légitimité. Ni par son contenu ni même par les gens qui la proposent, eux dont l’historique des crimes va des conditions de travail proches de l’esclavage à la corruption et l’implication politique avec des entreprises de l’agronégoce. La société brésilienne a largement condamné cette CPI et les manifestations d’appui reçues par le MST, provenant des secteurs les plus divers de la société, ont été nombreuses. Que ce soit par l’organisation d’actions de soutien à travers tout le pays ou par la reconnaissance manifestée par des institutions faisant partie de l’Etat lui-même, le MST a été largement félicité pour son engagement en faveur de la Réforme Agraire.

Quelles sont les perspectives et les principaux défis devant être relevés en 2010 par le MST et par la classe ouvrière en général ?

Nous aurons une année bien courte pour remplir toutes nos tâches et affronter les énormes défis politiques et les difficultés organisationnelles internes. C’est une année d’élections nationales et de Coupe du Monde de football [fait culturel d’importance au Brésil] deux événements qui concernent toute la société brésilienne.

Il faut que nous avancions dans le débat sur les contradictions de l’agronégoce, qui, dans des temps de changements climatiques, est celui qui répand du poison sur les tables brésiliennes et a causé d’innombrables violences contre les populations de la campagne, des sans-terre comme des indigènes, des quilombolas [communautés noires issues, à l’origine, d’esclaves ayant échappé à leur propriétaire] comme des ribeirinhos [désignation générique des peuples brésiliens vivant au bord des fleuves amazoniens], etc.

Il faut que nous luttions avec la société contre la proposition de modification du Code Forestier faite par le latifundium. Cette modification donne non seulement plus d’espace à l’agronégoce, mais signifie également une dégradation de l’environnement.

Il faut que nous discutions avec la société sur le fait que la Réforme Agraire n’a jamais été aussi nécessaire à notre pays que maintenant, que l’on considère la question sous l’angle de la justice sociale ou de l’aggravation des problèmes dans les grands centres urbains. C’est un thème incontournable pour la survie même de l’humanité sur notre planète, qui doit affronter la question du réchauffement global et des changements climatiques. Il faut montrer à la société comment le modèle de l’agronégoce, contrôlé par les entreprises transnationales, met en danger la souveraineté alimentaire du pays. Pour le moment, celui-ci ne produit que des produits alimentaires pollués, puisque que le Brésil s’est transformé en plus grand consommateur mondial de produits chimiques et autres poisons agricoles et qu’il porte ainsi la responsabilité des altérations climatiques et du déséquilibre de l’environnement qui affectent toute la population, mais plus gravement encore les personnes qui vivent entassées dans les grands centres.

Nous, Brésiliens, nous avons de grandes responsabilités sur la scène mondiale et plus encore les mouvements sociaux de la campagne, qui représentent une partie de la solution à apporter aux problèmes des changements climatiques. Si d’un côté l’agronégoce est le grand responsable du réchauffement global, la Réforme Agraire, elle, est une réponse écologique au réchauffement climatique car cette réforme implique un type d’agriculture capable d’absorber, en partie, l’excédent de gaz à effet de serre avec, en plus, une production d’aliments respectueuse de l’environnement.

Pour sauver la planète, il est nécessaire d’empêcher l’avancée de l’agronégoce et des grands projets affectant les zones rurales. Pour cela, il sera nécessaire de saisir quels sont les grands problèmes de la société afin de coordonner nos différentes contributions. Ainsi, nous visons à une large alliance avec les secteurs urbains, dans la perspective de pousser la société à s’engager plus concrètement dans la Réforme Agraire. Si cela ne se produit pas, la Réforme Agraire restera isolée à la campagne et là, elle restera vulnérable face aux attaques portées par les secteurs conservateurs de l’élite brésilienne.

Ce sera une année de luttes nombreuses, en dépit d’un calendrier court, où nous devrons nous attacher à combiner nos luttes spécifiques avec les revendications de l’ensemble des travailleurs et des secteurs progressistes. Ce n’est que de cette manière que nous pourrons affronter le processus de criminalisation des mouvements sociaux, qui sera intense. Non pas en nous positionnant en tant que victimes, mais en promouvant un bon débat sur les véritables problèmes du peuple brésilien et en démontrant les contradictions du modèle de développement brésilien, qui est un modèle insoutenable du point de vue social, environnemental, économique et politique.

Nous continuerons à organiser le peuple pour la lutte et à débattre avec la société tout entière sur la nécessité d’un autre modèle capable de dépasser la pauvreté et la misère ainsi que toutes les contradictions engendrées par le modèle économique, social et politique actuel. (Traduction A l’Encontre)

* Joba Alves est membre de la coordination nationale du MST.

1. Depuis le 1er mai 2002, près de 200 familles occupent la fazenda d’Adriano Chafik à Felisburgo dans l’Etat de Minas Gerais. Le 20 novembre 2004, 5 personnes sont assassinées lors de l’attaque du campement par une milice de 18 hommes armés, commanditée par le propriétaire. Toutes les tentes où vivaient les familles sont également incendiées

2. En fin 2000, Novartis and AstraZeneca (anglo-suédois) fusionnent leurs départements consacrés à l’agrobusiness et forme Syngenta. Syngenta a une politique d’acquisition, silencieuse, de jeunes compagnies prometteuses.

3. Le paysan sans-terre Valmir Mota de Oliveira, dit Keno, a été tué par une milice armée, le 21 octobre 2007, à Santa Tereza do Oeste, dans l’Etat du Paraná.

4. Lepaysan sans-terre Elton Brum a été assassiné par la Brigade Militaire de l’Etat du Rio Grande do Sul lors de l’évacuation d’une Fazenda occupée à São Gabriel . Durant cette action, des dizaines de personnes, y compris des femmes et des enfants, ont été blessés par des projectiles.

5. De écoles itinérantes ont été créées il y a 13 ans par le MST afin de tenter de scolariser les enfants des sans-terre vivant dans les campements. Dès le mois de février de 2009, plusieurs ont été fermées, notamment sous le prétexte qu’elles donnent une éducation socialiste aux enfants.

6. Par l’Habeas Corpus qui lui a été accordé par le président du STF, Gilmar Mendes, le 29 mai 2009, Daniel Dantas a échappé à la prison préventive. Le banquier Dantas est le propriétaire de la Fazenda Espíritu Santo à Eldorado dos Carajás (Etat du Pará) qui est occupée depuis le mois de février 2009. Le 18 avril, des tueurs à gage y ont assassiné par balle neuf sans-terre et ont retenu en otages trois membres du MST revenant d’une manifestation.

7. L’entreprise Cutrale [dans l’Etat de São Paulo], l’une des plus grandes entreprises agricoles du Brésil, gère la plus grande plantation d’oranges au Brésil (elle contrôle 30% du jus d’orange mondial). Il semble qu’elle ait brûlé volontairement des hectares entiers afin de criminaliser le MST qui occupait une partie de la propriété depuis le mois d’octobre 2009.

(29 décembre 2009)

 

source : http://www.alencontre.org/Brazil/BresilMST12_09.html

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